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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur israélien Eran Riklis adapte à l'écran le roman autobiographique d'Azar Nafisi, une professeure de littérature née à Téhéran où elle a vécu et enseigné avant de s'exiler à Washington en 1997...

Les premières images du film nous montrent Azar et son mari, passant la frontière iranienne pour rentrer dans leur pays suite à l'instauration d'une république islamique, résultat de la Révolution iranienne de 1979, un soulèvement populaire contre le régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu puis abandonné par l'Occident...

Azar Nafisi incarnée par la toujours aussi merveilleuse Golshifteh Farahani), reprend donc le chemin de la faculté pour partager son amour des classiques de la littérature occidentale et encourage ses étudiants à la lecture des ouvrages interdits par le régime car jugés subversifs tels que "Lolita" de Nabokov, "Orgueil et préjugés" de Jane Austen ou "Gatsby le magnifique" de F. Scott Fitzgerald...

Très appréciée par sa classe, Azar Nafisi déchante rapidement quand elle est rattrapée par l'implantation de lois strictes basées sur la charia, que le régime théocratique impose aux iraniens et notamment aux femmes en les obligeant notamment à porter le voile...

Dépitée, elle se résout à quitter la faculté et décide de réunir secrètement sept de ses étudiantes pour continuer son enseignement dans le refuge de son appartement...

Très incarné par ces femmes au regard déterminé, le film pêche par un scénario construit de façon erratique puisqu'il mélange les époques dans un désordre qui ne nous permet pas de nous associer au sort de ces femmes ostracisées et violentées... Qui plus est, la personnalité du personnage principal et des personnages secondaires y compris celle du mari d'Azar ne sont pas approfondies ou souffrent d'ellipses qui rendent leur comportement incompréhensible au regard des événements qu'ils subissent... Quant aux enfants d'Azar, ils sont invisibilisés dans le film qui ne nous montre aucune scène de famille, recentrant toute l'attention du spectateur sur le questionnement personnel de la professeure...

Enfin on ne peut que s'étonner de passages impensables comme les rencontres régulières dans l'espace public entre Azar et son mentor, alors que la loi islamique interdit formellement aux femmes de s'asseoir à côté d'un homme qui n'est pas son mari...

Dommage... mais le film mérite bien évidemment d'être vu pour dénoncer le sort réservé aux iraniens et surtout aux iraniennes !

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