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Le Centre Pompidou consacre une monographie à Suzanne Valadon (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération.
À la marge des courants dominants de son époque, elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme (elle est la première femme à peindre en grand format un nu masculin de face).
Riche de plus de deux-cents peintures et dessins, les deux médiums de prédilection de l’artiste –, réparties en cinq sections thématiques, l'exposition retrace son rôle précurseur, souvent sous-estimé, dans la naissance de la modernité artistique.
Née Marie Clémentine Valadon, elle adopte le prénom de « Suzanne » que lui donne Henri de Toulouse Lautrec, en référence à l'épisode biblique de Suzanne et les Vieillards.
Modèle favorite du tout-Montmartre dès l'âge de 15 ans, elle perfectionne dans les ateliers d'artiste sa maîtrise du dessin qu'elle pratique depuis l'enfance. Elle observe les techniques picturales, fait la connaissance du peintre Pierre Puvis de Chavannes et pose également pour Auguste Renoir qui devient aussi son amant.
Elle a plusieurs admirateurs dont Miguel Utrillo, un ingénieur catalan, promoteur des arts, peintre, homme de lettres et critique d'art (journaliste)
À 18 ans, elle attend un fils, Maurice, qui naît le . C'est à ce moment qu'elle réalise sa première œuvre signée Suzanne Valadon : un autoportrait au pastel. À cette époque, elle fait des dessins, surtout des portraits, à la mine de plomb, au fusain et à la sanguine.
Miquel Utrillo, qui s'intéresse à l'enfant, vient régulièrement en visite chez les Valadon. En 1886, Marie-Clémentine et sa mère déménagent dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite, ils font connaissance. Elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse. Elle l'accompagne partout pendant ses escapades nocturnes. Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par elle, il lui conseille de les montrer à Edgar Degas. Très enthousiaste (Suzanne Valadon devient son élève et sa protégée), il encourage ses efforts en lui achetant ses premiers dessins.
Elle devient la maîtresse de Paul Mousis, agent de change et ami d'Erik Satie, qu'elle épouse en 1896. Le couple s'installe alors au 12, rue Cortot, en haut de la butte Montmartre. Ce mariage lui donne une stabilité financière qui lui permet de se consacrer à sa peinture et à l'éducation de son fils.
Il faut attendre 1892 pour que Suzanne Valadon commence à pratiquer la peinture à l'huile. Elle peint des natures mortes, des bouquets et des paysages marqués par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle s'inspire aussi de son entourage, ainsi elle brosse les portraits de son fils et de sa mère. Elle peint également des nus.
Son mariage prend fin en 1909, année où elle expose au Salon d'automne à Paris (dont elle deviendra Sociétaire jusqu'en 1933). Elle se met en ménage avec l'ami de son fils, le peintre André Utter (1886-1948), qu’elle épouse en 1914. Cette union, houleuse, durera près de trente ans. André Utter en Adam et elle-même en Eve figurent sur l'une de ses toiles les plus connues : Adam et Eve
Autoportraits : pastel (18 ans), puis dessins, puis peinture à l'huile
Portraits familiaux avec sa mère, son fils, André Hutter et sa famille - Adam et Eve
Le réel : peintures et dessins
Natures mortes et paysages
Portraits de commande
Peintres contemporains : Marie Laurencin, Renoir, Toulouse Lautrec, Matisse, Henner, Erik Satie, Juliette Roche, Emilie Charmy