
Le réalisateur Brady Corbet et sa femme Mona Fastwold (scénariste du film), ont toujours été fascinés par l'architecture, l'oncle du premier et le grand-père de la seconde étant architectes. Pour concevoir leur héros, ils sont allés chercher conseil auprès de l’historien de l’architecture Jean-Louis Cohen et ont inventé le personnage de László Tóth formé au Bauhaus, déporté durant la guerre et contraint de repartir à zéro aux Etats-Unis...
Le film débute par l'arrivée de László Tóth (incarné par Adrien Brody), à Ellis Island où sa première vision est la statue de la Liberté...
Livré à lui-même en terre étrangère, László pose ses valises en Pennsylvanie où Harry, le fils de l’éminent et fortuné industriel Harrison Lee Van Buren (Guy Pearce) lui demande de concevoir une bibliothèque pour son père...
Durant 3 heures 1/2, nous suivons le parcours glorieux mais semé d'embûches de cet architecte de talent, à qui l'industriel Van Buren finit par confier un grand projet dans le style brutaliste (issu du mouvement moderne, qui s'est d’abord popularisé en France, au Royaume-Uni et en Europe de l’Est dans les années 50, il se caractérise par des bâtiments épurés, sans ornements, de dimensions souvent imposantes et qui mettent en avant des matériaux bruts, comme le béton ou la brique).
Marqué à jamais par son internement à Buchenwald, László Tóth, artiste visionnaire et monomaniaque, développe des relations complexes avec son mécène et son environnement professionnel mais a également beaucoup de mal à retrouver un équilibre personnel avec sa femme Erzsébet (Felicity Jones), elle-même rescapée de Dachau, qu'il réussit à faire quitter l'Europe pour le rejoindre...
Le film est entièrement construit autour du personnage d'Adrien Brody qui éclipse par son charisme fiévreux tous les autres protagonistes de cette page d'histoire... et vient de recevoir l'Oscar du meilleur acteur !
Difficile de dire si j'ai aimé le film ou non... il m'a intéressée pour ses dimensions esthétique et historique, j'ai beaucoup aimé revoir Adrien Brody dans un rôle à la mesure de celui qu'il tenait dans "Le pianiste", mais je suis restée étrangement à l'extérieur sans doute du fait de son côté manichéen et prévisible ?