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Récompensé par le Grand Prix à Cannes, le dernier film du réalisateur danois et norvégien Joachim Trier nous invite à entrer dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la trahison d'un père qui a abandonné sa femme et ses filles pour poursuivre librement sa carrière de scénariste...
Joachim Trier a eu l’idée de ce film lorsque sa propre maison familiale a été mise en vente...
Lui et son équipe ont consacré beaucoup de temps à trouver la maison idéale à Oslo, demeure qui devait non seulement servir de décor, mais incarner physiquement la mémoire affective des personnages et refléter le poids des relations humaines, des non-dits et des secrets enfouis de génération en génération...
Lorsque la mère meurt, le père Gustav Borg (Stellan Skarsgard, 1m91, 74 ans, impressionnant de froideur et d'émotions contenues) revient et se heurte à l'hostilité de Nora (extraordinaire Renate Reinsve révélée dans Julie en 12 chapitres du même Joachim Trier), sa fille aînée devenue comédienne de renom, paralysée par le trac mais incapable d'envisager un autre métier...
Lorsque son père lui parle d'incarner le rôle principal d'une jeune femme suicidaire dans son nouveau film alors qu'il n'en a pas réalisé depuis 15 ans, Nora refuse catégoriquement et se mure dans sa douleur, ne trouvant de réconfort qu'auprès de sa jeune sœur Agnes (délicieuse Inga Ibsdotter Lilleaas) qui semble avoir trouvé son propre équilibre en fondant sa propre famille...
Impossible de raconter en détail la richesse de ce film qui dure 2 heures 14 et nous immerge dans ce drame dont les personnages progressent peu à peu vers la lumière d'un improbable pardon...
La présence d'Elle Fanning qui accepte de jouer le rôle refusé par Nora, rajoute une dimension à la confrontation entre le père revenu de Suède, auréolé de gloire, égotiste et vieillissant et la fille blessée qui a endossé la douleur de sa mère et s'est "oubliée" pour que sa sœur cadette puisse vivre une enfance épanouie...
Le film nous offre une rare réflexion sur les liens familiaux, des scènes magiques entre les deux sœurs et des échanges de regards et/ou des dialogues passionnants entre le père et la fille... sans oublier la maison qui est un personnage à part entière !