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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Auréolée par 5 Molières, la nouvelle pièce de Jean-Philippe Daguerre nous plonge dans la vie d'une famille de mineurs à la fin des années 50 à Noeux Les Mines...

Nous ne sommes pas chez Zola, ni chez les Bisounours mais chez Daguerre dont le talent pour faire revivre des époques, comme l'Occupation avec "Adieu Monsieur Haffmann" n'est plus à démontrer...

Sans pathos mais avec humour, il nous fait partager la fierté de ces hommes qui sont mineurs de père en fils, le courage de ces femmes qui sont le ciment de ce mode de vie...

Il nous parle aussi d'amitié, d'amour, d'accueil de l'autre, de l'immigré : d'abord des polonais vite intégrés car catholiques puis des marocains dont ils partagent beaucoup de valeurs... et de solidarité : Philippe Daguerre est excellent dans le rôle du médecin qui a quitté Paris et sa clientèle bourgeoise pour soigner des vrais gens !

A ses côtés, cinq acteurs de grand talent interprètent :

- le père Sosthène (Jean-Jacques Vanier), philosophe à ses heures,  très fier du poste de télévision qu'il vient d'acquérir en compensation de sa silicose, poste sur lequel il va pouvoir suivre la coupe du monde de football en Suède et les exploits de l'enfant du pays, Raymond Kopaszewski dit Kopa,

- la mère Simone (Raphaëlle Cambray récompensée comme meilleure actrice dans un second rôle) qui tient le troquet local comme sa mère et sa grand-mère où Sosthène et son ami Bartek (Aladin Reibel), syndicaliste polonais au cœur brisé par le décès de son épouse se retrouvent pour boire et parler de leurs fils, 

- Pierre (Théo Dusoulié) et Vlad (Julien Ratel), les deux amis inséparables qui ont choisi le métier de leurs pères et partagent leur goût pour la musique...

Quand Leila (Juliette Béhar, prix de la révélation féminine), une jeune marocaine intègre le groupe des accordéonistes, la rivalité s'installe entre les deux amis qui tombent tous les deux follement amoureux de la jolie rebelle... 

Le travail sur le décor est très astucieux puisqu'il fait ressortir sur le fond gris de la mine, la chaleur du bistrot où chacun se retrouve pour se confier et oublier les dures conditions de travail - et l'accordéon dont les trois héros jouent à la perfection compose à lui seul un personnage à part entière...

La pièce reprend au théâtre du Palais Royal et fait salle comble ! 

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