
Difficile d'adapter au cinéma un chef d’œuvre de littérature !
Enthousiasmé par le livre, Olivier Assayas a longtemps hésité puis s'est laissé convaincre par Emmanuel Carrère de la faisabilité du projet...
Il lui a d'abord fallu trouver un interprète pour Poutine et son choix s'est arrêté sur Jude Law qu'il connaissait puisqu'ils étaient membres du jury du festival de Cannes 2011...
Toutefois pas question de le grimer : l'acteur devait s'imposer par sa présence et sa gestuelle, ce qu'il réussit à faire la plupart du temps mais difficile d'oublier la séduction naturelle de Jude Law...
Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, le propos est tellement complexe et ardu qu'il est nécessaire de résumer le livre de Giuliano da Empoli publié en 2022, composé en grande partie de confidences sous forme de dialogues...
Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov (incarné par un Paul Dano ambigu à souhait), trace sa voie. D’abord producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, Vladimir Poutine.
Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images et les prises de position de celui qui est devenu le nouveau "Tsar".
Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie.
Le scénario (trop long : il dure 2h30) est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille, chaque décision son envers.
Je n'ai pas regretté de voir le film car il m'a donné envie de relire le Grand Prix du roman de l'Académie !