
Deuxième réalisation de John Patton Ford, ce film contient tous les ingrédients du drame en raison d’une série de meurtres frappant une famille très riche, exécutés par Becket, le fils de l’une des héritières, reniée après avoir été mise enceinte par un homme de condition modeste.
C’est donc ce fils, que l’on voit devenir adulte et vivre chichement d’un emploi ennuyeux et peu rémunérateur, qui décide de venger sa mère et de récupérer la fortune de la famille en supprimant méthodiquement tous ses membres.
Les premiers meurtres éliminent des héritiers, oisifs et présentant peu d’intérêt dans des épisodes d’une comédie noire joyeusement excentrique, avec des scènes d’enterrement répétées, et l’arrivée du FBI qui commence à s’intéresser à une telle hécatombe.
Nous voyons ensuite entrer dans la vie du héros deux femmes que tout oppose, la première, Julia, amie d’enfance qui renoue avec lui et va le piéger en imaginant un plan machiavélique, et la seconde, Ruth, avec laquelle il se fiance et se projette dans un avenir à deux.
La machination de la femme fatale vient bousculer la perspective du film et en rendre sa conclusion cynique et peu crédible.
La distribution réunit Glen Powell (Becket), Margaret Qualley (Julia), Jessica Henwick (Ruth), dans les rôles principaux, avec une mention spéciale à Ed Harris qui incarne le patriarche et le dernier membre survivant de la famille, lui-même éliminé dans une scène grandiose.
Au total, on ne s’ennuie pas, mais le déroulement des dernières péripéties, dont on ne saisit pas tout de suite la perversité sous-jacente, peut donner l’impression d’une fin quelque peu bâclée.