Monteur et scénariste, Felipe Galvez Haberle réalise un premier long métrage épique pour dénoncer la brutalité des conquêtes de territoires au Chili...
1901, Terre de Feu, un éleveur de moutons charge trois hommes de partir en expédition pour tuer les "bêtes" qui s'attaquent à ses troupeaux, en l'occurrence les Selknam, des chasseurs nomades...
Dans les magnifiques décors naturels de cette région immense et désolée, les hommes armés massacrent et violent les populations autochtones pour "pacifier" la route vers l'Océan Atlantique...
Vu à travers le regard de Segundo, un métis choisi pour ses talents de tireur, le film prend une force particulière en opposant colons et colonisés...
La deuxième partie du film va encore plus loin dans la réflexion en mettant en scène un représentant de l'Etat chilien, chargé en 1908, d'imposer une nouvelle identité nationale, lavée des massacres jusque-là revendiqués...
Malgré quelques longueurs et un propos un peu démonstratif, le film mérite toute notre attention !
Écrit à quatre mains par Julien Delpech et Alexandre Foulon et magnifiquement joué par 7 talentueux comédiens qui interprètent une trentaine de personnages, le spectacle nous tient en haleine et nous émeut durant 1 heure 1/2 !
1894, l’affaire Dreyfus divise la France. En plein succès littéraire et contre l'avis de son éditeur qui le presse de continuer à écrire, Émile Zola s'empare de l'affaire. Depuis son studio de cinéma, Georges Méliès, lui, s’engage à dénoncer un mensonge d’État. Malgré les menaces et soutenus par leurs femmes respectives, l’un écrit "J'accuse", l’article le plus connu de l’histoire, l’autre réalise le premier film censuré au monde.
"Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour ! J’attends." écrit Zola à la fin de sa lettre ouverte au président de la République, publiée le 13 janvier 1898 en première page du quotidien parisien L'Aurore ! Fausses rumeurs et antisémitisme de l'Armée et de la société civile n’arrêtent pas ces Téméraires, qui, armés de leur courage et d’un sens du devoir hors du commun font éclater la vérité : l'Histoire est en marche, rien ne l'arrêtera plus !
Romain Lagarde, qui est de tous les plans, campe un Zola plus vrai que nature, partagé entre sa tendresse pour sa femme Alexandrine et son amour pour Jeanne qui lui donna deux enfants ; quant à Arnaud Allain, il joue avec sensibilité un capitaine Dreyfus défait et dépassé par la haine qui déferle sur lui...
Sur un rythme soutenu qui retrace l'affaire à la façon d'un feuilleton aux multiples protagonistes, le spectacle offre quelques magiques moments de tendresse entre Zola et les deux femmes de sa vie...
Une mise en scène inventive autour d'une immense commode à tiroirs qui sert d'unique décor à transformations... et dissimule même un piano sur lequel les acteurs à tour de rôle nous jouent quelques pages musicales, un vrai grand moment de théâtre !