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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Snobé depuis 30 ans, le cinéma indien est brillamment revenu à Cannes en 2024, en emportant le Grand Prix avec le second long métrage de fiction de Payal Kapadia , une réalisatrice indienne de 38 ans native de Bombay, parlant l'hindi, le marathi, le gujarati (il y a 22 langues officielles en Inde) et l'anglais...

Le film nous plonge dès les premières images dans le maelstrom de Mumbai (Bombay), dont les habitants qui survivent souvent avec difficulté n'ont pas le droit de se plaindre car dans cette mégalopole cosmopolite, il y a du travail et on peut manger à sa faim...

Prabha (Kani Kusruti) et Anu (Divya Prabha) , les deux héroïnes du film travaillent comme infirmières dans un hôpital : collègues, elles sont aussi colocataires d'un minuscule appartement qu'elles rejoignent après un long trajet en transport en commun...

Prabha est une très belle femme, hyper-responsable dans son métier qu'elle exerce avec un désir profond d'aider les femmes à maîtriser leur fertilité, alors qu'elle-même a dû accepter un mariage forcé avec un homme qu'elle ne connaissait pas - qui l'a quittée peu de temps après leur mariage pour aller travailler en usine en Allemagne et dont elle n'a pas de de nouvelles depuis un an...

Anu est une jeune femme rieuse, un peu panier percé, amoureuse d'un musulman attentionné qu'elle ne peut pas présenter à sa famille du fait de sa religion... mais avec qui elle aimerait trouver un endroit pour faire l'amour...

Le scénario du film traduit avec habilité et délicatesse l'ambition de la réalisatrice qui souhaite témoigner de la timide émancipation des femmes en Inde, grâce à leur courage et à leur solidarité alors qu'elles sont emprisonnées dans les injonctions patriarcales et ce même si elles sont indépendantes financièrement...

La seconde partie du film nous emmène dans un village côtier dans le Sud du pays où Prabha et Anu accompagnent Parvaty, une cuisinière d'âge mûr expulsée de son logement qu'elle occupe depuis 22 ans puisqu'elle n'a plus de titre de propriété depuis le décès de son mari...

Les trois générations de femmes se retrouvent dans un environnement complètement différent où le soleil et la proximité de la mer offrent une sensation de liberté qui autorise le conte éveillé et donne l'espoir d'un avenir en couleurs...

Un film à voir pour ses interprètes qui sont merveilleuses d'authenticité mais également pour mieux apprécier la chance des femmes occidentales qui ne sont pas encore arrivées à la fin de leur combat mais ont fait un immense chemin !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

François Ozon s'est inspiré d'une anecdote de son enfance pour l'introduction de son dernier opus, qu'il situe en Bourgogne près de Cosne sur Loire ...

Michelle (merveilleuse Hélène Vincent), une grand-mère apparemment bien sous tous rapports, vit une retraite paisible dans une jolie maison d'un petit village, pas loin de sa meilleure amie Marie-Claude (formidable Josiane Balasko)

A la Toussaint, sa fille Valérie (Ludivine Sagnier caricaturée en femme acrimonieuse), vient lui rendre visite et déposer son fils Lucas pour la semaine de vacances. Michelle s'affaire en cuisine pour leur préparer un délicieux déjeuner composé d'une quiche accompagnée d'une poêlée de champignons, qu'elle a cueillis elle-même...

Quand Michelle revient de promenade avec son petit fils, elle trouve sa fille inanimée sur un brancard de secouristes : seule Valérie a mangé des champignons...

Dans une mise en scène un peu désordonnée, le réalisateur aborde beaucoup (trop) de thèmes : la relation mère/fille ou mère/fils, la culpabilité, le rejet, la peur de (mal) vieillir, la mort... mais aussi l'amour, l'amitié, la beauté de la nature...

Filmant les visages au plus près de leurs rides ou de leur douleur, le réalisateur interroge la complexité de ses personnages...

Construit comme une chronique provinciale doublée d'un polar, le scénario nous perd dans ses anecdotes et nous glace dans ses ellipses...

Un film noir, dérangeant qui ne m'a pas complètement séduite et m'a laissé un sentiment de malaise...

Heureusement qu'Hélène Vincent dans un rôle à la fois solaire et amoral et Josiane Balasko dans un rôle plus en demi-teinte mais touchant arrivent à nous captiver jusqu'à la dernière image !

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