Basile (excellent Fabrice Scott) peint le portrait d'un bel homme qu'il a rencontré et dont il est tombé éperdument amoureux : Dorian Gray (fascinant Valentin de Carbonnières)...
Harry (charismatique Thomas le Douarec), le meilleur ami de Basile s'invite à la séance de pose et entreprend de séduire à son tour Dorian Gray dont il devient le mentor et le mauvais génie...
Effrayé à l'idée de perdre la beauté de sa jeunesse, Dorian Gray fait un vœu : seul son portrait dont il est si fier, vieillira !
Le jeune dandy se lance alors sans retenue dans une vie de plaisir et de débauche, n'hésitant pas à tuer ceux qui le déçoivent (comme sa fiancée interprétée par Lucile Marquis) ou se mettent sur sa route...
Le roman devenu mythe moderne prend vie sur scène grâce à la mise en scène inventive de Thomas Le Douarec qui a adapté l'unique roman éponyme d'Oscar Wilde au théâtre du Lucernaire...
Le décor et les costumes sont british à souhait : une simple banquette évoque un salon à la Sherlock Holmes, un arrière plan de mâts de bateaux nous entraîne sur les quais d'un port où deux silhouettes enveloppées de brume se disent adieu, un piano droit dans une lumière crue nous plonge dans un cabaret mal famé où une très belle femme chante son désespoir...
L'intrigue avance et nous scotche sur nos sièges tant les répliques sont riches et font mouche à chaque coup...
Oscar Wilde malgré sa misogynie a décidément encore beaucoup de choses à nous dire !
Quelques longueurs ne nuisent pas au spectacle qui connait un tel succès qu'il joue les prolongations dès le 5 avril dans la salle de la Comédie des Champs Elysées...
A voir assurément !