
La réalisatrice italienne Maura Delpero dont c'est le premier long métrage, nous interroge sur l'instinct maternel... Elle nous plonge dans un foyer pour filles mères tenu par des religieuses en Argentine où l'avortement est toujours interdit...
Trois actrices formidables de vérité dont les deux premières sont des non professionnelles, nous présentent les différentes figures du sentiment maternel : d'un côté, Lu(ciana) (Agustina Malale) et (Fa)tima (Denise Carrizo) deux adolescentes de 17 ans qui vivent leur maternité précoce de façon très différente ; de l'autre côté Paola (Lidiya Liberman), une jeune religieuse italienne qui vient terminer son noviciat dans le foyer argentin...
Lu qui refuse de ne plus être qu'une mère, s'habille de façon provocante et saisit toutes les occasions d'aller retrouver son mec même si celui-ci a déjà pu se révéler violent... Tima quant à elle, mère d'un petit garçon et enceinte de sa future fille, semble se résigner à son sort : dolente, elle admire et redoute la vitalité agressive de Luciana, à laquelle elle passe tous ses caprices !
Quand Lu fugue en abandonnant sa petite Nina (délicieuse Isabelle Cilia), Tima accueille la fillette avec fatalité mais se voit voler l'affection de celle-ci par la sœur Paola sur le point de prononcer ses voeux, qui s'investit au-delà du rôle d'éducatrice qui lui est dévolu...
Passionnant jeu de regards et de gestes tendres entre cette enfant déjà femme qui regarde sa mère avec amour et reporte son besoin d'affection sur Paola... Paola, qui à la différence de la mère supérieure et de son équipe, n'a semble-t-il pas complètement renoncé à la maternité ou du moins semble être aspirée presque malgré elle dans le désir charnel d'enfant...
Une belle réflexion sur la réalité de ce que c'est d'être mère, que l'on soit adolescente ou jeune adulte, que l'enfant soit désiré ou non, que l'enfant soit possible ou interdit...
Un film à voir avant qu'il ne disparaisse des écrans !