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Clovis Cornillac, qui s'est vu confier l'adaptation du second roman de la trilogie de Pierre Lemaître, réussit son pari : "mettre toute son énergie au service du film"...
Une pléiade d'excellents acteurs nous plongent dans l'histoire de la vengeance de Madeleine Péricourt (formidable Léa Drucker), fille de Marcel et sœur d'Edouard, la gueule cassée d'Au revoir là-haut...
Nous sommes en 1929, Madeleine réunit tout le gratin de la finance et de la politique pour l'enterrement de son père dont le catafalque trône au milieu de la magnifique cour de l'hôtel particulier des Péricourt...
Tout est prêt pour la cérémonie quand le drame survient : Paul 10 ans, le fils de Madeleine, choisit ce moment pour se défenestrer et atterrir sur le cercueil de son grand-père...
Madeleine fait courageusement face mais, mal conseillée par des hommes cupides, elle va perdre toute sa fortune...
La seconde partie du film nous raconte avec délectation la vengeance de cette femme bafouée par ceux en qui elle avait mis sa confiance... de manipulée, elle devient manipulatrice et trouve des alliés improbables en la personne de son ancien chauffeur interprété avec brio par Clovis Cornillac, de Léonce son ancienne gouvernante (délicieuse Alice Isaaz), de Vladi la nounou polonaise de son fils qui ne parle pas un mot de français, de Solange Gallinato (géniale Fanny Ardant), une diva dont s'est entiché Paul et qui va oser tenir tête aux nazis...
Couleurs de l'incendie, c'est la revanche des femmes et des petites gens sur les pouvoirs installés : Olivier Gourmet excelle dans le rôle d'un député ridicule qui ne pense qu'à une chose : gagner suffisamment d'argent et à n'importe quel prix pour arriver à marier ses deux gourdes de jumelles et Benoit Poelvoorde incarne avec talent l'homme de confiance de la famille qui va trahir pour servir ses intérêts...
Du bel ouvrage, une belle reconstitution, un plaisant moment de cinéma même si l'on peut regretter que le film n'ait pas la puissance ni l'originalité de la réalisation d'Albert Dupontel dans Au revoir là-haut...