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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Valeria Bruni Tedeschi replonge dans ses souvenirs : élève à la prestigieuse école de théâtre fondée par Patrice Chéreau et Pierre Romans, elle avait 22 ans et comme ses camarades Agnès Jaoui, Vincent Perez, Marianne Denicourt... une furieuse envie de vivre.
Jouer pour vivre, vivre pour jouer, vivre vite et à tout prix, quitte à se perdre dans l’histoire d’amour toxique qui l’a passionnément attachée à Thierry Ravel, un acteur à fleur de peau, décédé à 28 ans d’une overdose. 
Dans son dernier film qu’elle a co-scénarisé avec Noémie Lvosky et Agnès de Sacy, la réalisatrice franco-italienne aujourd’hui âgée de 58 ans se rappelle avec une certaine nostalgie de l'insouciance de la seconde moitié des années 80 et de cette fascinante aventure théâtrale qu'elle a vécu aux Amandiers de Nanterre. 
Dès les premières images du film, nous sommes plongés dans une scène d’amour qui oppose deux jeunes acteurs talentueux : la première sélection des élèves comédiens sera féroce, seuls 40 seront retenus, parmi lesquels 15 seront élus pour monter Platonov de Tchekov. 
Face à l’exigence des deux maîtres et à l’émulation de leur méthode, les jeunes étudiants se jettent à corps perdu dans un jeu qui s’apparente à la fameuse école d’art dramatique Actors Studio, dirigée par Lee Strasberg 
Valeria Bruni Tedeschi a choisi l'incandescente Nadia Tereszkiewicz pour jouer son double et a confié à Sofiane Bennacer, dont c’est le premier grand rôle, la figure d’Étienne, l’amant au jeu intense, bientôt rongé par la drogue qu’il pense savoir maintenir à distance…
Louis Garrel compose avec talent un Chéreau manipulateur, sûr de son talent et de son charisme aux côtés de Micha Lescot excellent dans la peau d'un Pierre Romans légèrement dépressif et cocaïnomane. 
La réalisatrice s’est inspirée de Panique à Needle Park pour montrer le lien entre amour et drogue, si caractéristique de ces années-là dont la vitalité et la joyeuse légèreté allaient bientôt se fracasser sur les ravages du sida. 
Une brillante direction d’acteurs, un scénario inventif, une tension dramatique maintenue tout le long du film, que demander de plus à un bon film ?
On peut regretter un peu trop de pathos dans certaines scènes et certainement quelques partis pris… mais on ressort de la projection dynamisés par l’énergie vitale de cette jeunesse à laquelle tout semblait sourire !
A mon avis, un des meilleurs films de Valeria Bruni Tedeschi !
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