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Le réalisateur catalan Albert Serra s'est inspiré des souvenirs de l'épouse polynésienne de Marlon Brando pour écrire son premier film contemporain dont l'action se déroule à Tahiti...
De Roller (Benoit Magimel magistral), Haut Commissaire de la République est le représentant de l'Etat français dans cette île paradisiaque corrompue par les effets nocifs des occidentaux...
Toujours tiré à quatre épingles dans un somptueux costume blanc, le haut fonctionnaire est très proche de la population locale dont il prend le pouls dans les réunions officielles et dont il partage les nuits fiévreuses et alcoolisées...
Quand un amiral débarque dans l'île avec une dizaine de marins en uniforme, les rumeurs vont bon train : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait la reprise des essais nucléaires ; or depuis la signature en 1996 du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, la France s'est engagée à ne plus jamais en réaliser...
La caméra s'attache aux pas de Benoit Magimel dont elle suit la réflexion paranoïaque dans ses échanges avec les différents protagonistes de ses errances diurnes et nocturnes...
Difficile de transcrire l'atmosphère planante et poisseuse de ce film qui, durant 2h45, nous montre la beauté de la nature luxuriante de l'ile et nous égare dans de fausses pistes à la recherche d'une explication plausible à cet écheveau de complicités improbables...
De Roller n'arrive pas plus à gérer la situation que le spectateur à percevoir les tenants et aboutissants de ce tourment imaginaire qui saisit l'île de Tahiti...
A voir pour Benoit Magimel à qui le réalisateur a laissé toute liberté pour improviser... et si vous avez le temps...