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Difficile comme chaque année de se livrer à cet exercice périlleux !
L’année 2022 a été marquée par la sortie d’un grand nombre de films en salles : 280 !
Inutile de dire que je ne les ai pas tous vus mais il est vrai que j’évite en règle générale les blockbusters et que je ne me précipite pas pour regarder les films d’animation...
Parmi les 95 films (soit environ 8 films par mois) qui ont retenu mon attention en 2022, j’en ai sélectionné 28 dont 16 français et 12 étrangers.
Contrairement à l’année 2021, j’ai plus apprécié la production française que l’an dernier puisque dans ma liste des 10 favoris, vous trouverez 5 films français et 5 films étrangers (Egypte, Bhoutan, Etats-Unis, Espagne et Pakistan).
La sélection de Cannes ne m’a visiblement pas inspirée puisque j’ai boudé « Sans filtre » la palme d’or, « Huit montagnes » le prix du jury ex aequo, « Tori et Lolita », le prix du 75e et « Les nuits de Mashad », prix d’interprétation féminine.
J’ai donné la 1ère place de mon palmarès à « La Conspiration du Caire », prix du scénario et n’ai pas retenu dans ma short list « Eo », ni « Close » ni « Les bonnes étoiles ».
Sur la base des 95 films visionnés, je vous propose donc le classement suivant, reflet de ma propre subjectivité :
1. La conspiration du Caire : le réalisateur égyptien Tarik Saleh retrouve son acteur fétiche, le génial Fares Fares, pour nous plonger dans un somptueux thriller politico-religieux et mieux dénoncer les dérives du pouvoir autoritaire du maréchal al-Sissi.
2. L’innocent : pour son troisième long métrage, Louis Garrel renouvelle le thème rebattu « du dernier casse avant la retraite » en nous offrant un scénario pétillant d’humour interprété par des acteurs en état de grâce : Roschdy Zem, Noémie Merlant, Anouk Grinberg et lui-même en fils débordé par le comportement de sa mère et englué dans le deuil de son épouse
3. La nuit du 12 : film féministe qui fait la part belle aux portraits d'hommes, film noir encastré dans la montagne, film hanté par la violence masculine, La nuit du 12 révèle le talent de Dominik Moll qui s'empare avec réalisme et distance du thème très actuel de la violence faite aux femmes et nous livre les clés de son univers personnel.
4. L’école du bout du monde : le réalisateur Pawo Choyning Dorji nous propose un malicieux voyage initiatique aux confins du Bhoutan pour mieux nous parler de la spiritualité des habitants de son pays aux traditions ancestrales.
5. Le sixième enfant : le film de Léopold Legrand nous émeut et nous attache aux questionnements les plus intimes de deux couples, jusqu'à nous faire totalement épouser le désir d'enfant d'Anna (interprétée avec talent par une Sara Giraudeau dont le jeu d’actrice ne cesse de se déployer).
6. Armageddon Time : dans son dernier opus, James Gray revient sur son enfance juive à New York au début des années 80, en nous faisant partager ses prises de conscience adolescentes.
7. El buon patron : Javier Bardem crève l’écran dans le rôle du patron de PME que lui a confié le réalisateur espagnol Fernando Leon de Aranoa, qui nous offre une critique toute en finesse des faux semblants du paternalisme.
8. Les passagers de la nuit : début des années 80 dans le Paris de Beaugrenelle, Charlotte Gainsbourg, dirigée par Mickaël Hers, est exceptionnelle et délicieuse dans ce rôle de maman poule / grande sœur de ses deux enfants désormais adolescents qui lui échappent.
9. Joyland : le fascinant premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq dénonce les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan en nous faisant partager les questionnements d’une famille traditionnelle où chacun tente de trouver la place qui lui correspond.
10. Reste un peu : entouré d’excellents acteurs non professionnels dont ses propres parents et sa sœur, Gad Elmaleh trouve le ton juste pour nous raconter avec humour et une grande sensibilité, sa conversion au catholicisme.
Et aussi
Deux films roumains très puissants : R.M.N.et Dédales,
Deux films très réussis sur le thème de la précarité de l’emploi des métiers de service : Les femmes du square et Ouistreham,
Un beau film coréen habité par le thème du suicide : Decision to leave,
Un film sensible sur la difficile reconstruction des victimes de l’attentat du Bataclan, avec Virginie Efira : Revoir Paris,
Un film délicieusement primesautier avec Sara Giraudeau : La page blanche,
Un film politique « intelligent » avec Reda Kateb et Isabelle Huppert : Les promesses,
Un film émouvant sur le désir d’enfant avec Virginie Efira : Les enfants des autres,
Et encore Nightmare Alley, L’étau de Munich, L’affaire Collini, De nos frères blessés, Pacifiction pour Benoit Magimel, En corps, La panthère des neiges, Downtown Abbey 2, Les Amandiers…
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2022 fut, de mon point de vue, une grande année pour le cinéma même si la fréquentation des salles n’a pas retrouvé son niveau d’avant Covid (sauf pour Top Gun et Avatar 2)
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