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Le premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq a été récompensé du Prix du Jury Un certain regard au festival de Cannes 2022 !
L'auteur s'est largement inspiré de son contexte familial pour dénoncer les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan...
Les premières images du film nous transportent dans un labyrinthique appartement lumineux où Haider, un beau jeune homme brun, joue à cache cache avec des enfants...
La voix autoritaire d'un patriarche en chaise roulante vient suspendre la magie de l'instant : Haider est réquisitionné pour tuer une chèvre... et trouver du travail... et faire un enfant à sa femme.... un fils de préférence contrairement à son frère aîné dont la femme ne donne vie qu'à des filles...
Dans cette maison où cohabitent plusieurs générations, chacun est sensé occuper la place que lui réserve la tradition pakistanaise : les femmes à la maison et les hommes au travail pour faire vivre la famille...
Quand Haider finit par dénicher un emploi de danseur dans un petit cabaret du nom de Joyland, son destin croise celui de Biba, une danseuse trans sensuelle et charismatique...
Écartelé entre des injonctions contradictoires : être l'époux de sa femme qu'il aime sincèrement ou se faire aspirer par cette rencontre magnétique, Haider se laisse piéger par les mensonges qu'il tisse jour après jour...
Un duo d'acteurs incandescents, des personnages secondaires magnifiques, une fascinante immersion dans la ville surpeuplée de Lahore, un questionnement universel sur la place respective de la femme et de l'homme dans un couple, une prise de conscience de l'importance des trans dans la société pakistanaise (dont le statut social était encore plus important avant la colonisation britannique puisqu'elles étaient associées à la poésie et aux bonnes manières), un scénario inventif , un tourbillon de couleurs... vous comprendrez en me lisant que j'ai adoré "Joyland" !