
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2022, le premier long métrage de Manuela Martelli est une grande réussite...
Fascinée par le destin de sa grand-mère dont elle a appris qu'elle s'était suicidée, la réalisatrice chilienne a imaginé l'histoire de Carmen, une femme de la classe moyenne supérieure qui se trouve confrontée à la réalité de la répression organisée par Pinochet, après son accession au pouvoir en 1973, à l'encontre des militants socialistes et des syndicalistes suspectés de marxisme...
Dès le début du film, le spectateur est plongé dans la paranoïa et la violence qui ont empoisonné le quotidien de tous les chiliens au milieu des années 70 : Carmen qui a décidé d'entreprendre des grands travaux de rénovation pour sa villa au bord de la mer, demande à un droguiste de Santiago de réaliser un mélange de peinture qui lui rappelle les couleurs des maisons de Venise...
Lorsque des bruits sourds retentissent dans la rue, le commerçant se hâte d'aller fermer le rideau de sa boutique et lâche son pinceau qui constelle de tâches colorées l'escarpin de Carmen...
Lorsque Carmen reprend sa voiture, elle découvre une chaussure qui a roulé sous son véhicule...
Lorsque Carmen arrive dans sa maison, elle accepte de suivre dès le lendemain de son arrivée le Père Sanchez qui lui demande de soigner un fugitif blessé qu'il a recueilli dans le plus grand secret...
Happée par ce nouvel engagement, Carmen va tenter de concilier sa vie d'épouse de grand médecin et de jeune grand-mère avec les dangers de la clandestinité qui va désormais constituer son quotidien...
L'actrice franco-chilienne Aline Kuppenheim incarne avec un rare talent cette femme à la fois forte et fragile qui se retrouve bien malgré elle impliquée au cœur de l'Histoire du Chili, alors que la vie de ses proches ne semble pas du tout impactée par ces événements tragiques...
Un sujet intéressant, de beaux personnages secondaires dont la nounou mais quelques longueurs (le film dure deux heures)...
A voir assurément !