
Le réalisateur japonais Koji Fukada dit avoir voulu filmer la distance entre les êtres et sur ce plan, son film est une grande réussite !
Les personnages du film sont comme absents à eux-mêmes et aux autres...
Un jeune couple Taeko (Fumino Kimura) et Jiro (Kento Nagayama) fêtent, avec les parents de Jiro, la réussite de leur fils Keita (6 ans) à un concours de jeu de go...
Taeko installe les guirlandes et les ballons et accueille ses beaux-parents qui n'ont pas l'air ravis d'être là : en réalité ils n'ont jamais accepté que leur fils se marie avec une femme qui avait eu un enfant (Keita) d'un autre homme...
Comme le veut la tradition, les parents ont laissé leur appartement au jeune couple mais attendent en retour un petit-fils qui soit le leur...
La mort accidentelle de Keita agit comme une balle dans un jeu de quilles, pulvérisant les liens du couple, radicalisant la posture des parents et faisant apparaitre d'autres protagonistes à l'instar de Park le père biologique de Keita et l'ex petite amie de Jiro...
Le vide du décor autour des tours dans lesquelles vivent les deux couples renforce l'impression de faille existentielle : le spectateur occidental essaie de comprendre la nature des sentiments qui lient ces différentes personnes dont le visage, le plus souvent impassible, ne laisse rien paraître... mais n'y arrive pas toujours...
Certaines réactions peuvent sembler étranges voire ridicules... mais il faut se laisser porter par la petite musique du film et le désespoir tranquille qu'il distille...
Le film nous dit que vivre sa solitude aux côtés de l'autre est une forme d'acceptation de la condition humaine !