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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Quelques instants avant d’entrer sur scène, le pianiste Pascal Amoyel retrouve, dans une partition, une enveloppe qui lui est adressée au 16 rue Ampère par la gardienne de l'immeuble...

C’est l’adresse à laquelle Cziffra, puis Amoyel - comme un clin d’œil du destin - habitèrent.

L’interprète replonge alors dans le souvenir des premières rencontres avec le Maitre dont il devint l’un des rares élèves.

Au clavier de son piano, Pascal Amoyel nous raconte l’incroyable destinée du légendaire pianiste hongrois qui est devenu l’un des plus grands virtuoses du XXe siècle.

Né en 1921 dans les bidonvilles de Budapest,  György Cziffra, enfant virtuose dès l'âge de 5 ans, est le benjamin de trois enfants d'une famille de musiciens tziganes.

Envoyé combattre sur le front de l'Est avec l'Armée hongroise, il est fait prisonnier par des partisans soviétiques. Transféré quelques mois plus tard dans un camp de prisonniers, il est enrôlé dans la nouvelle armée hongroise qui se forme à la libération du territoire hongrois par l'Armée Rouge. Après avoir servi pendant plus d'un an comme instructeur, il est démobilisé et rejoint en 1946 sa femme et son fils qu'il n'avait pas revus depuis 1942.

Opposé au régime communiste hongrois, il est arrêté lors de sa tentative de traverser la frontière clandestinement avec sa famille. Il reste prisonnier politique de 1950 à 1953, condamné aux travaux forcés où il exécute la dure tâche de porteur de pierres. Il lui en restera des séquelles qui lui vaudront, à sa libération, de longs mois de rééducation et des douleurs persistantes aux articulations. D'où son fameux bracelet de cuir au poignet droit qu'il portera plusieurs années encore après son exil.

Il est alors enfin reconnu comme un pianiste exceptionnel par le ministère hongrois des Affaires culturelles qui lui permet entre 1953 et 1956 d'accéder à une carrière d'interprète virtuose et de donner de nombreux concerts en Hongrie, sans pouvoir encore jouer à l'étranger.

Lors de la répression qui suit l'insurrection de 1956, et la fuite de dizaines de milliers de Hongrois, il profite de la brève ouverture de la frontière pour fuir le régime communiste et s'échapper vers l'Autriche avec sa famille. Profitant de ce qu'il se produit à Vienne, il demande l'asile politique et part pour la France où il est apprécié par le public dès son arrivée à Paris.

Le spectacle d'une grande qualité (c'est une reprise) fait salle comble !

Dommage que l’acoustique du théâtre Montparnasse ne permette pas de profiter pleinement du talent de Pascal Amoyel...

 

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