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Le titre original du premier long métrage d'Ilya Povolotsky est Blazh, qui, selon le réalisateur russe, est un mot complexe qui n'a pas d'équivalent en français.
Difficile en tout cas de qualifier de gracieux ce road movie de 5000 km désenchanté, entre les steppes arides du Caucase et la froideur métallique de la mer de Barents...
Un père et sa fille à bord d'un van déglingué qui contient toute leur vie... et l'urne enfermant les cendres de la mère... sillonnent des routes défoncées et des pistes poussiéreuses dans des paysages désertiques et des friches industrielles, n'échangeant que quelques rares mots...
Après de longs plans panoramiques, nous découvrons la raison de leur itinérance : père et fille tiennent un cinéma ambulant et projettent des films en plein air aux habitants des villages traversés...
Le père est taciturne, la fille boude (elle a quinze ans) et les rares personnes qu'ils rencontrent sont au mieux bourrus quand ils ne sont pas agressifs...
La grâce est dans le visage de la jeune fille, magnifiquement interprétée par Maria Lukyanova : orpheline de figure féminine, l'adolescente dessine peu à peu la femme qu'elle veut être et sa lente métamorphose est passionnante !
A voir pour les amoureux du cinéma russe !