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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Séance de rattrapage car je n'avais pas "trouvé le temps" d'aller voir le dernier opus de Nuri Bilge Ceylan : le film dure 3h17 ! 

Le réalisateur dit avoir voulu construire un récit basé sur les expériences d’un professeur en poste dans un village de l’Anatolie orientale pour pouvoir mettre en scène des situations invitant à une réflexion sur certains concepts fondamentaux. Parmi eux : le bien et le mal, ainsi que l’individualisme et le collectivisme qui, en Turquie, ont toujours constitué des dichotomies selon le réalisateur.

Dès les premières images, nous sommes submergés par la neige qui ne cesse de tomber sur ce village loin d'Istanbul (capitale où les professeurs rêvent tous d'enseigner)

Samet (Deniz Celiloglu, excellent), jeune professeur d'arts plastiques, rentre chez lui après quelques jours de vacances...

Accueilli par les élèves à coups de boules de neige, il tente d'imposer le silence à sa classe et trouve du "réconfort" auprès de Sevim, une élève brillante avec laquelle il a noué une relation privilégiée (prêt de livres et petits cadeaux)...

Quand il se fait convoquer, avec son colocataire et collègue Kenan, par le rectorat, il tombe des nues : Sevim et une de ses amies les accusent de gestes déplacés (bras autour des épaules, pincements de joues...)

Rien de grave pense-t-il... et pourtant...

A partir de cet instant, à l'ennui qui le détruisait à petit feu, vient s'installer le sentiment d'injustice...

Le scénario nous invite à partager le quotidien de Samet, les relations complexes avec les pairs et surtout avec le principal, le difficile dialogue avec les enfants et plus particulièrement les deux dénonciatrices...

Tantôt maladroit voire brutal, tantôt magnanime, Samet tente de retrouver un semblant d'équilibre... qu'il imagine possible avec Nuray (formidable Merve Dizdar, prix d'interprétation féminine à Cannes en 2023), une collègue d'une école voisine, professeur d'anglais, handicapée lors d'un attentat suicide...

Las, c'est un triangle amoureux qui s'installe avec Kenan, Samet n'ayant pas toujours le beau rôle tant son attitude est ambigüe...

Ce n'est que dans la toute dernière partie du film que l'on voit enfin les herbes sèches de l'été (car il n'y a que deux saisons en Anatolie orientale : l'hiver et l'été) et l'on se prend à respirer un peu mieux...

Car l'atmosphère du film comme la neige qui croule sur les toits, est lourde... lourde de mots (le film est très bavard) et lourde de sens (voir plus haut)...

Pour ma part, j'ai préféré les précédents films de Ceylan : Winter sleep (Palme d'Or 2014) et Le poirier sauvage, dont les messages me paraissaient plus lisibles et mieux construits !

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