"La mémoire délavée" de Nathacha Appanah : une magnifique réflexion sur la mémoire et les origines !
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Dans un phrasé suave et singulier, la romancière mauricienne évoque avec pudeur l'histoire de sa famille, les Pathareddy-Appanah, des engagés indiens de la fin du XIXe siècle...
Née le 24 mai 1973 à Mahébourg, elle passe les cinq premières années de son enfance dans le Nord de l'île Maurice, à Piton.
Après de premiers essais littéraires à l'île Maurice, elle vient s'installer en France fin 1998, où elle écrit son premier roman, "Les Rochers de Poudre d'Or".
Dans "La Mémoire délavée", le récit s'ouvre sur un vol d'étourneaux dont le murmure dans une langue secrète fait écho à toutes les migrations et surtout à celle d'aïeux, partis d'un village d'Inde en 1872 pour rejoindre l'île Maurice.
Ces coolies venaient remplacer les esclaves noirs et étaient affublés d'un numéro en arrivant à Port-Louis, premier signe d'une terrible déshumanisation dont l'auteur décrit avec précision chaque détail.
Pour sauver la mémoire de ses ancêtres, laboureurs analphabètes dans des domaines sucriers, pour qu'elle cesse de se délaver de génération en génération, elle interroge les vivants et tente de retisser la trame de leurs vies...
Et s'attarde sur le portrait de ses grands parents : son grand-père à la taille altière qui n'hésite pas à se battre contre l'injustice, sa grand-mère toute menue qui aurait eu 13 ou 15 enfants et dont la détermination a sauvé son fils (le père de Nathacha) de la terrible épidémie de poliomyélite qui a touché l'île en 1948...
Dans une langue française délicate et goûteuse comme une mangue cueillie sur l'arbre, Nathacha Appanah se confie et nous émeut jusqu'aux dernières lignes de son roman !