
Difficile de réussir une deuxième œuvre quand la première a remporté tous les suffrages...
Xavier Legrand a brillamment dénoncé dans Jusqu'à la garde les violences faites aux femmes, avec un casting 5 étoiles : Léa Drucker et Denis Ménochet...
Le réalisateur choisit cette fois-ci de confier le rôle principal à Marc-André Grondin, un acteur québécois au regard enfantin dans une silhouette charpentée pour continuer à creuser le sillon de la dénonciation du patriarcat...
Le film démarre sur une scène d'anthologie d'un défilé de haute couture dans un labyrinthe glacé : le génie de la mode Ellias Barnès est ovationné par le Tout Paris !
Quand il apprend que son père, qu’il n'a pas revu depuis une vingtaine d'années, vient de mourir d’une crise cardiaque, il se rend au Québec pour régler la succession.
Quittant son univers privilégié, il se retrouve plongé dans la banlieue pavillonnaire de Montréal où les voisins de son père se montrent très... trop prévenants...
Assailli par les souvenirs, déphasé par le décalage horaire, reprenant bien malgré lui son accent canadien, Ellias va découvrir que son père cachait sous des dehors sympathiques, un terrible secret... qu'il ne va pas savoir gérer...
Malgré quelques scènes parodiques voire paroxystiques, le film nous interroge sur la filiation : tel père, tel fils ? et nous fait partager la descente aux enfers d'un homme qui se croyait arrivé au sommet par son seul talent...
Pour ma part, je me rangerais plutôt dans les Pour, même si j'aurais bien aimé que l'on creuse le personnage de la mère d'Ellias pour mieux comprendre l'immense fragilité du fils !