
Le réalisateur Guillaume Senez a été ému en 2018 lorsqu'il a découvert le phénomène des gardes exclusives au Japon et a voulu témoigner de cette extravagante législation à nos yeux d'occidentaux... même si elle a évolué depuis mai 2024 sous la pression internationale...
Depuis plusieurs années, la pression internationale n’a cessé de croître sur le Japon pour qu’il modernise son droit de la famille, notamment en matière de garde des enfants après divorce. Initialement, le Japon n’autorisait qu’une garde exclusive souvent accordée à la mère, laissant de nombreux pères sans aucun contact avec leurs enfants.
Depuis le 17 mai 2024, une modification du Code civil japonais, établit la possibilité d’une autorité parentale conjointe sur les enfants en cas de divorce, visant ainsi à garantir que les deux parents restent impliqués dans l'éducation de leurs enfants, même après la séparation. Cette réforme permet aux parents divorcés de choisir entre l’autorité exclusive et l’autorité conjointe.
L'histoire qui nous est racontée est celle d'un français Jay (formidable Romain Duris qui gagne en maturité de film en film), qui a "perdu" sa fille Lily alors qu'elle avait trois ans lorsqu'il a divorcé de sa mère Keiko ; égaré par la tristesse, il décide de rester à Tokyo et de devenir chauffeur de taxi pour la retrouver dans cette mégalopole mais sans vraiment y croire... Il vit tout seul, comme Alain Delon dans "Le samouraï", et ne refuse aucune course, y compris dans la journée alors qu'il travaille la nuit...
Et bien évidemment miracle des miracles, il tombe sur elle, un jour où s'étant fait une entorse, elle bénéficie d'un abonnement taxi pour se rendre au collège...
La mise en place du film est un peu laborieuse mais le scénario prend toute sa dimension dès que les deux personnages principaux se retrouvent.... sans le savoir et se revoient tous les matins...
Lui comprend vite mais ne sait pas comment aborder sa fille de peur de l'effaroucher...
Un joli film sur la paternité qui donne le mauvais rôle à la mère, même si elle est "dans son droit" et surtout à la grand-mère qui est intraitable...
A voir pour les acteurs et pour Tokyo, personnage à part entière !