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Fan inconditionnelle de Robert Guédiguian, je me suis précipitée pour voir son dernier film où il introduit Juliette (Marilou Aussilloux), une femme d'aujourd'hui dans sa bande acteurs fétiches et amis de toujours : Ariane Ascaride (toujours aussi formidable), Gérard Meylan (toujours aussi subtil), Jean-Pierre Darroussin (excellent dans un rôle inquiétant) et Grégoire Leprince-Ringuet (figure à la fois moderne et classique)...
L'héroïne, 30 ans, semble avoir tout pour elle : un poste prestigieux dans la finance, une belle maison, une vie rythmée par les voyages et les amours de passage. Lorsqu’elle est agressée par son responsable hiérarchique, son monde bâti sur la complexité du vécu d'une transfuge de classe s’effondre.
L'idée originale du film provient d'un événement insolite : un cahier manuscrit découvert par hasard dans un carton jeté sur le trottoir. C'est Serge Valetti, le coscénariste et ami du réalisateur, qui est tombé dessus. Le carnet racontait l'histoire d'une femme élevant l'enfant née d'une relation adultère de son mari avec une servante en Algérie. Ce récit a servi de point de départ pour façonner les thèmes de la filiation et l'histoire de Juliette.
Dans ce film choral, Robert Guédiguian est toujours le militant qui défend avec objectivité la classe ouvrière mais il prend une nouvelle dimension en épousant la cause des femmes violentées...
Passionnée par l'évolution que vit Juliette qui sort de sa bulle de golden girl et renoue avec des vraies valeurs telles que la sororité et la solidarité familiale, je suis ressortie de la projection avec le sourire aux lèvres : heureusement que Robert Guédiguian existe dans ce monde de brutes !