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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Stéphane Demoustier souhaitait depuis longtemps faire un film sur la Corse...

Il s'est inspiré d'un fait divers : une femme surveillante pénitentiaire – en Corse depuis peu – qui s’est retrouvée impliquée dans un règlement de compte entre bandes rivales...

Melissa (Hafsia Herzi) a demandé sa mutation en Corse pour prendre un nouveau départ avec son mari Djibril (Moussa Mansaly) et leurs deux jeunes enfants...

Embauchée dans la prison de Borgo (au nord de la Corse), Melissa (32 ans) cherche à s'imposer dans l'Unité 2 de cette institution pénitentiaire qui fonctionne en régime ouvert et n'accueille que des corses qui appartiennent tous à des clans...

Mal accueillis dans la cité où ils résident car ils forment un couple mixte et atypique (Moussa peine à trouver un job de menuisier), dans une société patriarcale traditionnelle, leur quotidien s'arrange rapidement grâce à l'intervention de Saveriu (Louis Memmi, acteur corse impressionnant dans un 1er rôle), un détenu qui a le bras long...

Quand ce dernier est libéré, il reprend contact avec Melissa pour un petit service : elle lui doit bien cela et la matonne au comportement exemplaire se retrouve piégée dans un conflit qui la dépasse...

Des bons acteurs, un scénario bien ficelé, une atmosphère bien rendue... mais les scènes de prison sont beaucoup trop longues et répétitives, l'emprise de Saveriu sur Melissa est téléphonée et l'enquête policière menée par Michel Fau et l'un de ses lieutenants est laborieuse...

Le film sort le 17 avril : je ne suis pas certaine de vous le recommander !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Il s'agit du premier long-métrage de fiction qu'Ethan Coen réalise sans son frère, Joël Coen.  Pour autant, Ethan Coen a été accompagné tout au long de la production par son épouse, Tricia Cooke, qui officie sur le film en tant que scénariste, productrice et cheffe monteuse... et se définit elle-même comme queer ?!

Sur une idée de départ amusante : deux lesbiennes Jamie (amusante Margaret Qualley), totalement libérée et Marian (douce Geraldine Viswanathan), son amie pudique et réservée se lancent dans un road trip en direction de Tallahassee en Floride pour rendre visite à la grand-mère de cette dernière...

Mais comme dans beaucoup de thrillers, elles héritent par erreur d'une voiture de location dont le coffre cache un étrange butin de godemichés très spéciaux, qu'un duo de bandits crétins va tout faire pour retrouver...

Quelques trouvailles nous font sourire mais le scénario paresseux et répétitif nous fait vite bailler d'ennui...

Joël reviens !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Turquie, 1996. Ahmet (Doga Karakas),14 ans, ne comprend pas pourquoi son père récemment converti l'envoie dans un pensionnat religieux (Yurt)...

Dans la journée, il fréquente une école privée, laïque, mixte, élitiste et nationaliste où il excelle dans toutes les matières et plus particulièrement en anglais...

Le soir, il retrouve un dortoir surpeuplé, les longues heures d’études coraniques et les brimades subies pour des broutilles...

Accueilli et protégé par Hakan (passionnant Can Bartu Arslan), un pensionnaire de milieu très modeste, Ahmet trouve la force de résister au système violent qui ne vise qu’à embrigader la jeunesse...

Ballotté entre les deux mondes, soutenu par la tendresse impuissante de sa mère, fasciné et rebuté par son père affairiste, tout à la fois insensible et complice (magistral Tansu Bicer), dont il voudrait se faire aimer, l'adolescent découvre son désir pour une jeune fille de son collège et se nourrit de l'amitié de son ami en qui il voit un modèle et un grand-frère...

De tous les plans, le visage pur d'Ahmet nous appelle à nous interroger sur la construction d'une personnalité mâture dans un régime binaire qui annonce celui de la Turquie d'Erdogan, où le pouvoir religieux a malheureusement gagné sur l'ouverture laïque !

A voir absolument même si le film de Nehir Tuna n'est programmé que dans trois salles à Paris !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Roman (Esteban Bigliardi) et Moran (Daniel Elias), deux modestes quadragénaires, employés de banque à Buenos Aires, s'ennuient copieusement dans la routine qui est la leur...

Pour pouvoir profiter d'une vie de loisirs, Moran fomente un projet complètement loufoque : voler à la banque l'équivalent du double salaire que leur employeur leur aurait versé jusqu'à l'âge de la retraite, confier l'argent à Roman, se dénoncer à la police, écoper de 6 ans d'emprisonnement (ramenés à 3 pour bonne conduite), et retrouver la liberté...

S'inspirant d'une histoire un peu similaire, le réalisateur argentin Rodrigo Moreno nous offre, par tranches de vie successives mais non chronologiques, les aventures de ses deux héros entre lieu de travail pour l'un, incarcération pour l'autre et évasion dans les paysages verdoyants de Cordoba où ils vont tour à tour croiser deux femmes Morna et Norma  dont ils partagent l'aspiration au bonheur simple que procure la vie en plein air...

Le scénario habilement construit sur cette idée de départ cocasse, s'étire malheureusement en longueur (le film dure 3h09), au risque de lasser le spectateur qui finit par se désintéresser de l'issue de l'aventure tant la description des deux univers ville/campagne et des deux modes de vie travail/loisirs est caricaturale...

En multipliant les plus ou moins bonnes idées (tel le patron de la banque joué par le même acteur que le caïd en prison), le film perd en force et en subtilité dans sa dénonciation de l'aliénation du monde du travail...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

De retour à Paris de son séjour au Japon, où elle a été invitée durant une semaine par le distributeur local  de son film "Belleville-Tokyo", la réalisatrice Elise Girard a ressenti le besoin de partager sa découverte du Japon et plus particulièrement des villes d'Osaka et de Kyoto - où elle a été frappée par l'étrangeté du pays du Soleil Levant pour un profil occidental...

Désireuse de transposer son ressenti, elle a décidé de réaliser "Sidonie au Japon" en jouant à fond sur l'aspect fantasmatique que procurent la sérénité des temples et la beauté aérienne des cerisiers en fleurs...

Elle nous raconte l'histoire de Sidonie (interprétée magnifiquement par Isabelle Huppert), une femme écrivain en panne d'écriture, qui se rend au Japon à l’occasion de la ressortie de son best-seller. Accueillie par son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses repères… jusqu'à revoir le fantôme de son mari disparu dans un accident de voiture...

Seule française parmi les personnages du film,  Sidonie semble se perdre et se diluer dans des décors d'aéroports et d'hôtels luxueusement vides, où elle est saluée par un personnel obséquieux et célébrée par des admirateurs, silhouette gracile face aux mystères des souvenirs qui refusent de s'effacer...

Seul son éditeur Kenzo Mizoguchi (sensible Tsuyoshi Ihara) la rattache à la vie, même si de son côté, il semble également submergé par une mélancolie ancestrale...

A voir pour le jeu des acteurs mais également et surtout pour les magnifiques paysages de l'île de Naoshima et la magie des jardins des temples Hönen-In à Kyoto et Tödai-Ji à Nara !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Cinéaste iranien en exil depuis 2004, Alireza Khatami est revenu à Téhéran en 2022 dans l'espoir de pouvoir y réaliser un long métrage... dont le permis lui a été refusé par le Ministère de la Culture et de l'Orientation islamique...

Les courts métrages n'étant pas soumis à l'autorisation préalable, le quadragénaire a décidé avec son ami Ali Asgari, d'auto-financer un film de fiction composé de neuf histoires, neuf dialogues entre deux acteurs ou actrices, l'un(e) cadré(e) en plan moyen, l'autre hors champ, avec à chaque fois des interprètes différents, persuadés pour leur propre sécurité de tourner un court métrage...

Un homme déclare la naissance de son fils. Une mère habille sa fille pour la rentrée. Une élève est convoquée par la directrice. Une jeune femme conteste une contravention. Une jeune fille se présente à un entretien d’embauche. Un jeune homme vient retirer son permis de conduire. Un homme au chômage répond à une annonce. Un réalisateur demande une autorisation de tournage. Une femme cherche à retrouver son chien...

Le régime des mollahs traque tout ce qui n'est pas "normal" : porter un tee-shirt de Mickey, avoir les cheveux longs pour un homme, être tatoué, posséder un chien (réputé impur), appeler son enfant d'un prénom à consonance occidentale, ne pas connaître par cœur telle sourate du Coran... etc

Autant d'instantanés tout à la fois drôles et tragiques qui illustrent le pouvoir totalitaire qui soumet la population à d'infinies et absurdes obligations administratives, dans tous les actes de leur vie personnelle et professionnelle !

A voir absolument !

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