Le parcours de l'exposition rassemble plus de 40 sculptures d’artistes internationaux de premier plan dont : George Segal, Ron Mueck, Maurizio Cattelan, Berlinde De Bruyckere, Duane Hanson, Carole A. Feuerman, John DeAndrea,…
Réalité, art ou copie ?
Le sous-titre de l’exposition fait référence à la célèbre œuvre de René Magritte « Ceci n’est pas une pipe », qui questionnait le rapport de l’art à la réalité.
L’artiste hyperréaliste tourne le dos à l’abstraction et cherche à atteindre une représentation minutieuse de la nature au point que les visiteurs se demandent parfois si la sculpture est vivante.
D’autres, au contraire, questionnent la notion de réalité : nouvelles technologies, représentations populaires détournées, déformations….
Des interviews passionnantes de certains artistes projetées en vidéo, permettent de mieux comprendre leurs démarches et surtout de découvrir leurs secrets de fabrication !
A voir jusqu'au 5 mars 2023 pour plonger dans l’univers troublant de l’hyperréalisme, un courant artistique qui transporte aux frontières du réel !
Difficile comme chaque année de se livrer à cet exercice périlleux !
L’année 2022 a été marquée par la sortie d’un grand nombre de films en salles : 280 !
Inutile de dire que je ne les ai pas tous vus mais il est vrai que j’évite en règle générale les blockbusters et que je ne me précipite pas pour regarder les films d’animation...
Parmi les 95 films (soit environ 8 films par mois) qui ont retenu mon attention en 2022, j’en ai sélectionné 28 dont 16 français et 12 étrangers.
Contrairement à l’année 2021, j’ai plus apprécié la production française que l’an dernier puisque dans ma liste des 10 favoris, vous trouverez 5 films français et 5 films étrangers (Egypte, Bhoutan, Etats-Unis, Espagne et Pakistan).
La sélection de Cannes ne m’a visiblement pas inspirée puisque j’ai boudé « Sans filtre » la palme d’or, « Huit montagnes » le prix du jury ex aequo, « Tori et Lolita », le prix du 75e et « Les nuits de Mashad », prix d’interprétation féminine.
J’ai donné la 1ère place de mon palmarès à « La Conspiration du Caire », prix du scénario et n’ai pas retenu dans ma short list « Eo », ni « Close » ni « Les bonnes étoiles ».
Sur la base des 95 films visionnés, je vous propose donc le classement suivant, reflet de ma propre subjectivité :
1. La conspiration du Caire : le réalisateur égyptien Tarik Saleh retrouve son acteur fétiche, le génial Fares Fares, pour nous plonger dans un somptueux thriller politico-religieux et mieux dénoncer les dérives du pouvoir autoritaire du maréchal al-Sissi.
2. L’innocent : pour son troisième long métrage, Louis Garrel renouvelle le thème rebattu « du dernier casse avant la retraite » en nous offrant un scénario pétillant d’humour interprété par des acteurs en état de grâce : Roschdy Zem, Noémie Merlant, Anouk Grinberg et lui-même en fils débordé par le comportement de sa mère et englué dans le deuil de son épouse
3. La nuit du 12 : film féministe qui fait la part belle aux portraits d'hommes, film noir encastré dans la montagne, film hanté par la violence masculine, La nuit du 12 révèle le talent de Dominik Moll qui s'empare avec réalisme et distance du thème très actuel de la violence faite aux femmes et nous livre les clés de son univers personnel.
4. L’école du bout du monde : le réalisateur Pawo Choyning Dorji nous propose un malicieux voyage initiatique aux confins du Bhoutan pour mieux nous parler de la spiritualité des habitants de son pays aux traditions ancestrales.
5. Le sixième enfant : le film de Léopold Legrand nous émeut et nous attache aux questionnements les plus intimes de deux couples, jusqu'à nous faire totalement épouser le désir d'enfant d'Anna (interprétée avec talent par une Sara Giraudeau dont le jeu d’actrice ne cesse de se déployer).
6. Armageddon Time : dans son dernier opus, James Gray revient sur son enfance juive à New York au début des années 80, en nous faisant partager ses prises de conscience adolescentes.
7. El buon patron: Javier Bardem crève l’écran dans le rôle du patron de PME que lui a confiéle réalisateur espagnol Fernando Leon de Aranoa, qui nous offre une critique toute en finesse des faux semblants du paternalisme.
8. Les passagers de la nuit : début des années 80 dans le Paris de Beaugrenelle, Charlotte Gainsbourg, dirigée par Mickaël Hers, est exceptionnelle et délicieuse dans ce rôle de maman poule / grande sœur de ses deux enfants désormais adolescents qui lui échappent.
9. Joyland : le fascinant premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq dénonce les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan en nous faisant partager les questionnements d’une famille traditionnelle où chacun tente de trouver la place qui lui correspond.
10. Reste un peu : entouré d’excellents acteurs non professionnels dont ses propres parents et sa sœur, Gad Elmaleh trouve le ton juste pour nous raconter avec humour et une grande sensibilité, sa conversion au catholicisme.
Et aussi
Deux films roumains très puissants : R.M.N.et Dédales,
Deux films très réussis sur le thème de la précarité de l’emploi des métiers de service : Les femmes du square et Ouistreham,
Un beau film coréen habité par le thème du suicide : Decision to leave,
Un film sensible sur la difficile reconstruction des victimes de l’attentat du Bataclan, avec Virginie Efira: Revoir Paris,
Un film délicieusement primesautier avec Sara Giraudeau : La page blanche,
Un film politique « intelligent » avec Reda Kateb et Isabelle Huppert : Les promesses,
Un film émouvant sur le désir d’enfant avec Virginie Efira : Les enfants des autres,
Et encore Nightmare Alley, L’étau de Munich, L’affaire Collini, De nos frères blessés, Pacifiction pour Benoit Magimel, En corps, La panthère des neiges, Downtown Abbey 2, Les Amandiers…
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2022 fut, de mon point de vue, une grande année pour le cinéma même si la fréquentation des salles n’a pas retrouvé son niveau d’avant Covid (sauf pour Top Gun et Avatar 2)
Le premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq a été récompensé du Prix du Jury Un certain regard au festival de Cannes 2022 !
L'auteur s'est largement inspiré de son contexte familial pour dénoncer les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan...
Les premières images du film nous transportent dans un labyrinthique appartement lumineux où Haider, un beau jeune homme brun, joue à cache cache avec des enfants...
La voix autoritaire d'un patriarche en chaise roulante vient suspendre la magie de l'instant : Haider est réquisitionné pour tuer une chèvre... et trouver du travail... et faire un enfant à sa femme.... un fils de préférence contrairement à son frère aîné dont la femme ne donne vie qu'à des filles...
Dans cette maison où cohabitent plusieurs générations, chacun est sensé occuper la place que lui réserve la tradition pakistanaise : les femmes à la maison et les hommes au travail pour faire vivre la famille...
Quand Haider finit par dénicher un emploi de danseur dans un petit cabaret du nom de Joyland, son destin croise celui de Biba, une danseuse trans sensuelle et charismatique...
Écartelé entre des injonctions contradictoires : être l'époux de sa femme qu'il aime sincèrement ou se faire aspirer par cette rencontre magnétique, Haider se laisse piéger par les mensonges qu'il tisse jour après jour...
Un duo d'acteurs incandescents, des personnages secondaires magnifiques, une fascinante immersion dans la ville surpeuplée de Lahore, un questionnement universel sur la place respective de la femme et de l'homme dans un couple, une prise de conscience de l'importance des trans dans la société pakistanaise (dont le statut social était encore plus important avant la colonisation britannique puisqu'elles étaient associées à la poésie et aux bonnes manières), un scénario inventif , un tourbillon de couleurs... vous comprendrez en me lisant que j'ai adoré "Joyland" !
Le film de Martin McDonagh nous parle d'amitié entre deux hommes... ou plutôt de "désamitié", thème rarement abordé au cinéma...
Padraic (Colin Farell) et Colm (Brendan Gleeson) sont amis depuis toujours : l'amitié qui les lie n'a pas grand chose à voir avec celle de Montaigne et La Boétie immortalisée par l'exclamation « parce que c’était lui, parce que c’était moi ».
Nous sommes en 1920, la guerre civile fait rage en Irlande...
Padraic et Colm qui habitent l'île fictive d'Inisherin, à l'ouest de l'Irlande, passent leurs après-midi à boire des pintes au pub et à refaire le monde...
Quand Padraic, qui habite avec sa sœur Siobhan (formidable Kerry Condon), vient chercher Colm dans sa maison isolée au bord de l'eau, comme tous les jours, il ne comprend pas que son ami lui batte froid et refuse de le suivre...
Dérouté par la tentative d'explication de Colm qui déclare à Padraic qu'il veut désormais se consacrer à l'écriture de ballades qu'il interprète au violon, ce dernier, malgré la menace exposée par Colm de se couper les doigts si Padraic lui adresse encore la parole, ne peut pas se résoudre à accepter l'inéluctable...
Car cette amitié pour Padraic, c'est toute sa vie : il aime beaucoup sa sœur, son ânesse Jenny et son troupeau de vaches... et même le chien de Colm, mais il ne peut pas accepter que ce dernier le rejette parce qu'il le trouve soudain "creux"...
Il interroge sa sœur, le patron du pub, se rapproche de Dominic, l'idiot du village et tel un chien repoussé injustement par son maître, il repart sans cesse au front de cette amitié qui se dérobe...
Tourné dans le splendide décor naturel des îles d'Aran (Inishmore et Achill), le film magnifiquement interprété par les deux acteurs principaux, nous interroge sur la complexité des liens humains, au-delà de la différence d'âge...
Un voyage dans un paysage de pierres sur lequel ne pousse aucun arbre, une plongée dans une société "primitive" profondément formatée par le catholicisme, une ode au féminisme : les deux figures fortes du film sont la soeur de Padraic et Madame McCormick (Sheila Flitton), l'incarnation physique de la banshee, annonciatrice de la mort dans la mythologie irlandaise...
A voir malgré quelques longueurs (le film dure 1h58) et certaines images d'automutilation, d'une violence à la limite du supportable (et de mon point de vue inutiles) !