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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Lucas Andrieu, l'auteur de la pièce, nous interroge par la voix de Clara, jeune diplômée en psychologie qui regrette de ne pas avoir suivi son rêve de devenir danseuse...

Clara nous conte son passé et celui de Rosina, son arrière grand-mère qui a fui le Nord de l'Italie et le fascisme de Mussolini en 1919 et survécu à celui d'Hitler, après s'être réfugiée à Besse près de Toulon...

Rosina est une employée de maison dévouée qui régale ses maîtres des recettes léguées par sa mère Domenica...

Clara, après avoir été cadenassée par les exigences de ces parents, décide en 2019 de devenir elle-même en parlant de son histoire familiale...

Dans un décor habité par des caisses en bois qu'elle déplace au fil de son récit, la jeune et talentueuse Laëtitia Strus interprète tous les rôles, en traversant un siècle d'histoire contemporaine marqué par les guerres et les tyrannies...

Et nous interroge sur l'avenir de l'Europe et du monde après avoir découvert les non-dits qui pesaient sur sa famille et l'empêchait de prendre son envol...

Un beau texte basé sur des faits réels et une interprétation inspirée à découvrir jusqu'au 25 mars !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur italien Emanuele Crialese a choisi cette immense actrice pour incarner la "mère" dans cette œuvre autobiographique - et il ne pouvait trouver meilleure interprète...

Dès les premières images, nous plongeons dans la bulle maternelle que cette resplendissante femme crée autour de ses enfants : pour les protéger,  pour éloigner la douloureuse réalité d'une vie en apparence bourgeoise et banale, pour exister dans le système patriarcal des années 70 ?

Clara, mère de trois enfants, a tout pour être heureuse : un mari, un bel appartement à Rome, une chaleureuse tribu qui se réunit lors de parenthèses ensoleillées...

Sa fille aînée Adri (pour Adriana) interprétée par Luana Giuliani  une lumineuse jeune actrice, se livre à d'étranges rituels en attendant un signe... et ne quitte pas sa mère des yeux, prête à s'interposer pour lui apporter son soutien dès que Felice le père passe le pas de la porte...

Dans une ambiance de violence sourde et souterraine, la jeune fille androgyne qui se fait appeler Andrea cherche sa place et son identité dans un monde où les femmes sont oisives, où les mères doivent être adultes, où les garçons sont nécessairement virils et où l'amour homosexuel et interracial est interdit...

Il faut aller voir ce film peu aimé par la critique pour son originalité et sa poésie et surtout pour les portraits poignants de cette mère fragile et de ses enfants pleins de vie, abîmés par la relation toxique qui lie leurs parents !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sorti en salles le 2 novembre dernier, Le serment de Pamfir du réalisateur ukrainien Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk a été encensé par la critique...

Ne l'ayant pas vu à l'époque, j'ai profité du festival Télérama pour rattraper mon retard (j'avais vu tous les autres !)

Je suis sortie perplexe... ne sachant pas si je devais me joindre au concert de louanges ou exprimer mon embarras face à ce film à nul autre semblable, tourné avant la guerre dans la région natale du réalisateur : le Tchernivsti, au carrefour des cultures roumaine, moldave et arménienne...

Leonid dit Pamfir (formidable Oleksandr Yatsentyuk), véritable force de la nature, retrouve avec bonheur sa femme Olena et son fils Nazar après de longs mois d’absence en Pologne pour tenter d'échapper au climat de corruption qui gangrène l'ouest de l'Ukraine.

Dès les premières images, nous sommes projetés dans l'étrangeté de La Malanka, une fête traditionnelle ukrainienne qui a lieu dans la nuit du 13 au 14 janvier mais qui demande une longue préparation, carnaval où les hommes se masquent et se costument en bêtes (boucs, ours, loups...)

Lorsque Nazar incendie l'église pour que son père ne reparte pas travailler au loin, Pamfir se retrouve piégé dans un conflit de loyauté : ayant fait le serment d'être un bon mari et un bon père, il se voit contraint de replonger une dernière fois dans la contrebande pour dédommager le parrain du village...

Le scénario nous raconte une histoire de transmission aux accents tragiques en nous immergeant de force dans un bain de violence bestiale et de masculinité exacerbées par l'usage de drogues, dans un milieu rural où Dieu et ses prêtres cohabitent avec les rites païens et où les vaches doivent vêler dans l'obscurité...

Comment ne pas admirer ce premier long métrage pour sa maîtrise, son authenticité et son originalité ?

J'ai vu le film mais je suis restée en dehors : trop éloigné de la culture occidentale, pas aimable ?

Je ne sais toujours pas ?

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Publié le par Adeline
Publié dans : #expos

L’exposition a été initialement conçue en 2020 par le Victoria and Albert Museum de Londres. C'est une splendeur et il n'est pas nécessaire d'être un expert du Japon pour l'apprécier. Il suffit de regarder et d'admirer notamment les ceintures que l'on appelle Obi.

Le kimono symbolise le Japon à lui tout seul. Au détour d’une ruelle à Tokyo, à Kyoto , il n'est pas rare de croiser encore aujourd'hui des hommes, mais aussi et surtout des femmes vêtues dans ces tenues traditionnelles et magnifiques. C'est  l’ouverture du Japon au commerce extérieur, et notamment les années 1850, qui va lui permettre de s’exporter en Occident. Bien qu’il soit resté emblématique et caractéristique de l’identité du Japon, le kimono a su évoluer et il est aujourd’hui devenu une pièce incontournable de la mode. Vous en verrez de très beaux témoignages . Des écoles de samouraïs aux podiums, des acteurs de kabuki aux stars de la pop internationale, c’est désormais un vêtement qui transcende les catégories et les frontières. Il a inspiré un certain nombre de grands stylistes comme John Galliano ou Alexander McQueen, fascinés par la forme et les tissus de ce vêtement et des grands designers comme Yves Saint Laurent, Karl Lagerfeld ou Issey Miyake.

Les kimonos ont su évoluer dans le temps et continuent à inspirer de nombreux créateurs , une exposition à ne rater sous aucun prétexte.
Les kimonos ont su évoluer dans le temps et continuent à inspirer de nombreux créateurs , une exposition à ne rater sous aucun prétexte.
Les kimonos ont su évoluer dans le temps et continuent à inspirer de nombreux créateurs , une exposition à ne rater sous aucun prétexte.
Les kimonos ont su évoluer dans le temps et continuent à inspirer de nombreux créateurs , une exposition à ne rater sous aucun prétexte.
Les kimonos ont su évoluer dans le temps et continuent à inspirer de nombreux créateurs , une exposition à ne rater sous aucun prétexte.

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'affiche était tentante !

Un film réalisé par Marc Fitoussi (auteur de la série 10%), un trio d'actrices épatantes : Laure Calamy, Olivia Côte et Kristin Scott Thomas, un décor de rêve : les Cyclades...

Hélas, trois fois hélas, la comédie promue par l'ensemble de la critique est à la fois poussive et boursouflée !

Les tempéraments des deux amies d'enfance (Laure Calamy et Olivia Côte), sont caricaturaux : la première est ultra extravertie et en fait des tonnes (alors qu'elle est capable d'un jeu très subtil comme dans Annie Colère, la seconde est super déprimée au point de plomber toute l'ambiance du film...

Heureusement que le personnage plus subtil de Kristin Scott Thomas sauve la dernière partie du film...

Seuls les paysages sont sublimes et donnent envie de lever l'ancre...

Vous me direz si vous avez aimé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Eva en août que je n'ai pas vu, le réalisateur madrilène Jonas Trueba continue à nous parler des questionnements des trentenaires...

Le film démarre sur une longue scène le temps d'un concert de jazz : la caméra suit les émotions sur les visages de deux couples qui écoutent religieusement la dernière création d'un pianiste de jazz, composée durant le confinement...

Elena (Itsaso Arana) et Guillermo (Vito Sanz) renouent avec Susana (irene Escolar) et Dani (Francesco Carril) qui leur parlent avec enthousiasme de leur récente installation à  la campagne... et surtout de la naissance attendue de leur enfant...

Le couple citadin rentre dans son appartement, visiblement chamboulé par les décisions de leurs amis... et lorsqu'ils décident 6 mois après de leur rendre visite dans leur jolie maison, ils confrontent leurs expériences respectives à la lumière d'un livre philosophique dont Elena et Guillermo se partagent la lecture...

Fait de petits riens, le film minimaliste (1h04) interroge, sans s'appesantir, les choix de vie de cette génération qui doit composer avec la distanciation sociale de la pandémie et les craintes liées aux risques climatiques...

Un étrange objet traversé par la luminosité estivale !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Isabelle Carré retrouve le plateau du théâtre du Rond Point dans La Campagne, une pièce de Martin Crimp écrite en 2000, qui n'est pas sans évoquer l'actualité post pandémie qui s'est traduite par l'installation à la campagne de nombreux jeunes citadins...

Sur la scène au décor minimaliste (une longue table éclairée par deux luminaires industriels), un couple Corinne (Isabelle Carré) et Richard (Yannick Choirat) se cherchent querelle au sujet d'une jeune femme que Richard, médecin, a ramenée chez eux après l'avoir, d'après ses dires, trouvée inconsciente au bord de la route...

Richard et Corinne ont quitté la ville tout particulièrement pour Richard, visiblement trop sollicité par de multiples tentations citadines, et également pour reconstruire leur couple...

Il apparaîtra au fil des duos entre les trois protagonistes, que cette "accidentée" dénommée Rebecca n'était pas une inconnue pour Richard, était à l'origine de leur exil campagnard et que Richard n'était pas étranger à son inconscience...

Triangle amoureux ?, polar ?, fiction fantastique ?, critique sociétale ?, le texte de la pièce le plus souvent faible mais par moments fulgurant et ce, notamment lors des interventions de Rebecca (excellente Manon Clavel), hésite jusqu'à nous perdre...

La salle était comble alors que la pièce n'a débuté que le 5 janvier mais les applaudissements furent polis... pour saluer le jeu d'Isabelle Carré, délicieusement naturelle comme à son habitude...

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce film adapté du roman éponyme de Ermanno Rea, le réalisateur napolitain Mario Martone nous plonge dans le dédale des rues du quartier populaire de la Sanita, où règne sans partage la Camorra...

Enfin pas tout à fait car Don Luigi (formidable Francesco Di Leva), un prêtre héroïque (inspiré d'une figure bien réelle), ose encore défier l'organisation en fédérant par des activités récréatives une partie de la population dont la jeunesse désœuvrée...

Le héros du film Felice Lasco (Pierfrancesco Favino excellent) revient à Naples, ville qu'il a quitté mystérieusement à l'âge de 15 ans... pour une raison que l'on découvre au fur et à mesure du déroulement de l'histoire...

Felice qui a refait sa vie dans son pays adoptif l'Egypte, où l'attendent son épouse et son entreprise florissante, revient dans sa ville natale et dans son quartier pour retrouver sa mère, une ancienne couturière,  qu'il n'a pas vue depuis quarante ans...

On se doute que cette raison "filiale" n'est pas la seule car dès les mots échanges avec sa mère, l'ombre de son ami d'enfance Oreste (Tommaso Ragno) plombe leur dialogue...

Felice, qui découvre très vite que celui avec qui il a partagé ses jeunes années est devenu un puissant chef mafieux,  ne pense plus qu'à une chose : le retrouver pour lui parler...

Hanté par son passé, le quinquagénaire qui a brillamment "réussi" sa vie, n'écoute pas les mises en garde et reconstruit son tissu relationnel, grâce à l'aide de Don Luigi, pour mieux pénétrer la mafia locale...

Qu'attend Felice de ses retrouvailles avec Oreste : une aspiration au pardon, un fantasme d'amitié retrouvée, une envie de revivre la fièvre de l'adolescence, un attrait délétère pour les causes perdues ? c'est le questionnement sans réponse évidente que nous propose le film !

Construit autour de ces trois hommes : l'exilé, le prêtre et le ragazzo, enrichi par des personnages secondaires bien campés, le scénario nous tient en haleine jusqu'à la fin, malheureusement un peu téléphonée...

Une belle réflexion autour de la force du passé, du poids de l'amitié et du sentiment d'appartenance !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Catherine Shaub met en scène, au théâtre de Poche Montparnasse,  le livre éponyme de Nicolas Bouvier qui fait le récit du voyage de six mois qu'il a effectué en 1953 à travers les Balkans, l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan, avec son ami Thierry Vernet (qui documentera l'expédition en dessins et croquis).

Samuel Labarthe, seul en scène, reprend les paroles de Nicolas Bouvier, un jeune homme de vingt-quatre ans, fils de bonne famille calviniste, qui a suivi des cours de sanscrit, d'histoire médiévale et de droit... et nous fait partager ce classique de la littérature helvète...

L'acteur, visiblement inspiré par le livre, résume ainsi le voyage dans le dossier de presse : "C'est un voyage qui donne des clefs, qui fait apparaître les remèdes aux maladies de nos sociétés"...

Sans doute devrais-je lire L'usage du monde avant de faire la critique de la pièce mais je n'ai malheureusement pas ressenti cette dimension, malgré le grand talent de Samuel Labarthe...

Le récit est concret, pragmatique avec un morceau de bravoure très drôle sur les mouches asiatiques, mais n'a pas la dimension humaniste promise qui m'avait initialement séduite...

Pas facile sans doute d'adapter un récit de voyage à une scène de théâtre sans un minimum de décor : derrière l'acteur, quelques images en noir et blanc et quelques sons pour illustrer le texte ne suffisent pas à nous faire voyager...

Dommage !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier bataillon de tirailleurs a été créé par décret impérial en juillet 1857. Ce corps de militaires a été constitué au sein de l’Empire colonial français et composé de soldats africains, du Maghreb à l’Afrique subsaharienne. Ils ont participé à des moments de gloire – la défense de Reims en 1918 ou la bataille de Bir Hakeim en 1940 – comme à des tragédies telles que les terribles massacres commis par la Wehrmacht à leur encontre lors de la campagne de France.
Quant aux tirailleurs dits « sénégalais » (venus du Sénégal mais aussi de toute l’Afrique), ils sont montés au front, aux côtés des poilus de métropole. Ils étaient près de 200 000 à combattre, 30 000 sont morts sur les champs de bataille de la Grande Guerre, beaucoup sont revenus blessés ou invalides. Près de 150 000 ont été mobilisés durant la Seconde Guerre mondiale (les chiffres varient selon les sources). Ce corps militaire a été dissous en 1960.
L'histoire des tirailleurs reste encore méconnue et souvent oubliée des manuels scolaires.

L’idée du film est née en 1998 chez le réalisateur Mathieu Vadepied, lors de la mort du dernier tirailleur sénégalais Abdoulaye Ndiaye, à l’âge de 104 ans : enrôlé de force en 1914, il est mort la veille du jour où il devait recevoir la légion d’honneur promise par le président de la République, Jacques Chirac.

Le comédien Omar Sy, qui a rencontré en 2011 Vadepied, alors directeur de la photographie sur le tournage d'Intouchables, n'a eu de cesse d'accompagner l'écriture de Tirailleurs tout au long de ses dix années de développement.

Si l'idée de dénoncer les "rafles" opérées par l'Armée française en Afrique en 1917 est belle et généreuse, on ne peut que regretter que le film ne soit pas à la hauteur : trop simplificateur et surtout trop long...

Les rôles des différents protagonistes sont caricaturaux : le général est  veule et vieillissant, le lieutenant (son fils) est exalté et "trompe la mort" pour impressionner son père, les tirailleurs sont soit "tire au flanc" soit très volontaristes à l'instar du fils d'Omar Sy, que ce dernier a volontairement suivi dans les tranchées pour le "protéger"...

Quant à Omar Sy, que je me réjouissais de revoir, il est tout simplement mauvais dans un jeu répétitif et prévisible...

Une recommandation négative !

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