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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #jazz
Le Palais des Glaces qui a été rénové, accueille pour quelques représentations un pianiste de jazz,  compositeur et arrangeur exceptionnel !
 
Il commence l'étude du piano à l'âge de 16 ans et cultive rapidement une passion pour le jazz. En 2010, il rencontre le pianiste Omri Mor, qui lui enseigne durant deux années les bases du piano jazz. 

En juillet 2014, Jeremy accède à la finale du concours international de Piano du Montreux Jazz Festival. En 2015, il s’installe en France où il écume les clubs de jazz de la capitale et participe à plusieurs festivals.

Son premier album "Run Away" sorti le 20 mai 2016 est reconnu "Révélation!" par Jazz Magazine. 

La même année, André Manoukian révèle la musique de Jeremy au grand public en la diffusant sur les ondes de France Inter. 

Parallèlement, Jeremy interprète et compose pour le cinéma et le théâtre. Il participe entre autres à la bande son de "Django", "La promesse de l'aube", "Eiffel", "Eugénie Grandet"...

Dans son spectacle entre jazz, musique classique, inspirations d’Orient et variétés françaises et belges (Brassens, Brel, Stromae...), Jeremy Hababou nous invite à vivre une expérience sonore hors du commun.
Dans un dialogue intimiste avec le public, il nous fait redécouvrir à travers des anecdotes les "grands" compositeurs : Mozart, Brahms, Debussy, Beethoven, Ravel, Satie, Wagner, Gerschwin... en nous initiant à leur personnalité musicale...
N'hésitant pas à chanter lui-même quelques mélodies ou à parodier les commentaires de France Musique, il nous raconte également sa découverte personnelle du piano à travers le jazz...
Le public qui réunit toutes les générations, conquis par sa présence à la fois humaniste, humoristique et talentueuse, s'invite dans le spectacle, marque le rythme en applaudissant et le rappelle pour un ultime morceau "Que je t'aime" de Johnny Halliday avant de lui offrir une standing ovation ! 
Un spectacle à ne pas rater : il reste quelques dates en fin d'année (12 et 26 novembre, 3, 10, 17 et 31 décembre, 7 et 14 janvier !  
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Récompensée par le Prix d'interprétation féminine lors du festival de Cannes 2025, la dernière réalisation de Hafsia Herzi a beaucoup d'atouts pour nous séduire et en premier l'originalité de son sujet : comment Fatima, une jeune femme d'origine algérienne peut-elle concilier sa pratique musulmane et son attirance pour les femmes ?

Nadia Melliti, dont c'est le premier rôle s'impose par sa présence douce et déterminée au sein d'une famille de femmes où tout se passe dans la cuisine de sa mère : le père est certes présent mais son rôle n'est quasiment pas développé...

Petite dernière d'une fratrie de trois filles, Fatima travaille bien en classe et attire tous les regards masculins et féminins : éternellement coiffée de sa casquette bleue foncé, elle arpente les rues de la capitale avec aplomb et détermination...

Le film adapté du roman autobiographique de Fatima Daas, prend un peu de temps à se mettre en place et ne s'installe que lorsque Fatima décide d'écouter ses désirs à travers une série de rendez-vous plus ou moins réussis sur des plateformes de rencontre...

Il est intéressant de suivre son cheminement d'une "date" à l'autre, d'un questionnement à un autre... mais le film qui dure 1h47 insiste trop, de mon point de vue sur les scènes de "baisers" qui n'en finissent plus...

Un sujet courageux, une actrice magique mais le film aurait mérité d'être un peu moins long et plus elliptique ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur japonais Kei Ishikawa nous offre une adaptation toute en ellipses du premier roman éponyme paru en 1962 de Kazuo Ishiguro (né en 1954 à Nagasaki, l'écrivain a émigré en Angleterre en 1960 ; surtout connu pour son plus grand succès "Les vestiges du jour", l'ensemble de son œuvre a été récompensé du prix Nobel de littérature en 2017). 

Royaume-Uni, 1982, Niki (Camilla Aiko), une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko (délicieuse Suzu Hirose), survivante du bombardement du 9 août 1945 à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée Keiko, qu'elle a eu au Japon avant d'émigrer en Angleterre.

Le film démarre en 1952 dans la lumière pâle et nacrée des collines de Nagasaki où nous découvrons le quotidien de la jeune Etsuko, jeune femme dévouée à un mari distant et enceinte de son premier enfant...

Solitaire, elle fait la connaissance de Sachiko (ravissante Fumi Nikaido), une de ses voisines qui vit seule dans une maison traditionnelle restée miraculeusement debout avec Marieko, sa petite fille sauvageonne : fascinée par la liberté affichée de Sachiko qui envisage de partir s'installer aux Etats-Unis en suivant un soldat américain qu'elle fréquente, les deux femmes que tout sépare deviennent amies...

Quand Etsuko (interprétée trente ans plus tard par la délicate Yoh Yoshida)  accepte de raconter ses souvenirs à sa fille, cette dernière note très vite des discordances dans le récit de sa mère...

Le spectateur s'associe à Niki pour tenter de démêler les souvenirs d'Etsuko dont le passé ressurgit par phases successives et contradictoires où l'on parle de maternité, de sororité, de noyade, de déracinement et de résilience...

Il nous faut très vite abandonner notre rationalité européenne pour se laisser fasciner par la beauté des paysages et le nacré des visages asiatiques qui nous font voyager entre 1952 et 1982, entre la nature japonaise qui a retrouvé toute sa beauté malgré la tragédie et le charme infini d'un jardin japonais reconstitué autour d'une maison anglaise...

Le film ne raconte pas le départ d'Etsuko en Angleterre où elle suit son deuxième mari anglais (que nous ne voyons pas), mais prend le temps de nous faire partager le défi des femmes japonaises pour tenter de se libérer du patriarcat, à travers les personnages du mari japonais (qui ne vit que pour son travail) et du père de ce dernier, militariste autrefois très engagé qui comprend en voyant sa belle fille que le monde doit changer...

A voir absolument par les admirateurs du cinéma japonais mais aussi et surtout par les cinéphiles, lassés de la pauvreté des sujets abordés dans le cinéma contemporain qui, faute d'inspiration, nous offre le plus souvent des biopics minimalistes ou des adaptations orientées de faits divers ! 

  

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film du réalisateur russe Kirill Serebrennikov est une adaptation du roman éponyme d’Olivier Guez, qui a reçu le Prix Renaudot pour cet ouvrage en 2017.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Josef Mengele, le "médecin" nazi du camp d’Auschwitz, parvient à s’enfuir en Amérique du Sud pour refaire sa vie dans la clandestinité. De Buenos Aires au Paraguay, en passant par le Brésil, celui qu’on a baptisé « L’Ange de la Mort » va organiser sa méthodique disparition pour échapper à toute forme de procès.

Les premières images du film démarrent sur un leçon d'anatomie autour d'un squelette : celui de Josef Mengele... 

Le ton est donné...

Au fil du scénario nous le suivons d'une planque à l'autre, de plus en plus miséreuse mais les images en noir et blanc nous soulèvent le cœur tant ce personnage est abject ; aucun remords ne semble l'habiter : seule compte sa misérable survie...

Le pire est atteint quand des images en couleurs surviennent pour nous décrire les jours de "gloire" du sinistre boucher, alors qu'il découpait les corps encore vivants pour mieux les ausculter...

Images d'autant plus malvenues que, malgré la légende, les nazis ne filmaient pas leurs exactions et que si par hasard, quelques photos ont été prises, elles dont du être détruites quand ils ont déserté les camps de la mort puisqu'ils déterraient les cadavres pour les brûler afin de tenter d'effacer les traces de l'abomination de l'Holocauste !

Je ne sais pas ce que cherchait exactement le cinéaste dans la présentation de ce personnage, à part nous le faire détester, mais c'est déjà le cas !

Je vous conseille de voir ou revoir le film de Lucia Puenzo : "Le médecin de famille" réalisé en novembre 2013 (voir ma critique), qui était infiniment plus complexe et plus réussi ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Thierry Klifa s'est inspiré librement de l'histoire de Liliane Bettencourt et du photographe François Marie Banier pour nous proposer ce film... qui m'a franchement déplu !

Je ne sais pas si c'est l'affaire tristement célèbre Banier Bettencourt qui m’écœure ou si c'est l'adaptation et surtout la direction d'acteurs de Thierry Klifa qui me dégoûtent...

Isabelle Huppert fait de l'Isabelle Huppert, Marina Foïs qui interprète sa fille Françoise Meyers est caricaturale dans ce rôle de pauvre petite fille riche à la triste figure, André Marcon campe un André Bettencourt sinistre...

A côté de Raphaël Personnaz qui joue avec talent et dignité le majordome, Laurent Lafitte est carrément ignoble et vulgaire dans le personnage de François Marie Banier...

Je ne sais pas comment se comportait François Marie Banier dans la vraie vie mais trop c'est trop : Laurent Lafitte s'amuse visiblement beaucoup en en faisant des tonnes mais le subir pendant 2 heures est à la limite du supportable !

Vous comprendrez que je n'ai pas du tout aimé ce film qui sort le 29 octobre mais vous serez peut-être d'un avis différent ?!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le festival du film international de Saint Jean de Luz, dont c'est la douzième édition cette année (avec 10 000 entrées), nous permet de découvrir de jeunes réalisateurs qui viennent présenter leur premier ou second film !

Nicolas Keitel, dont c'est c'est le premier long métrage, a réuni un formidable casting de femmes  pour nous raconter un thriller familial à la fois douloureux et beau !

Il a écrit son script en pensant à Emilie Dequenne dont le décès brutal nous a tous peinés... N'osant trop y croire, il a approché la grande Cécile de France pour lui proposer de jouer la mère et elle a accepté immédiatement !

A ses côtés Diane Rouxel qui interprète la fille ainée Marion et Salomé Dewaels qui interprète la sœur cadette... dans un duo tendre...

Le film démarre sur une scène très dure : les deux petites filles assistent au tabassage de leur mère qui s'est séparé de leur père incapable de sortir de son addiction, par son nouvel amant : Marion intervient, frappe la brute et enfourche son vélo pour aller se réfugier chez son père... et ne revient pas...

Marion part avec son père et sa compagne à Bruxelles où elle adopte le prénom de Louise pour mieux se cacher...

Cécile de France et la petite soeur atterrissent à leur tour à Bruxelles pour la rechercher mais sans succès...

Les deux soeurs grandissent loin l'une de l'autre dans des univers complètement différents et ne vont pas se revoir avant de nombreuses années...

Avec un infini talent, le réalisateur, qui visiblement aime les femmes, nous parle de résilience, d'amour maternel, de sororité et tout le scénario sonne vrai jusqu'aux toutes dernières images magiques...

La caméra suit les visages et les regards et nous ne les quittons pas des yeux pendant 1h48 !

Le film a remporté le prix du public des films en compétition et j'ai été ravie de voir que deux des films que j'avais le plus aimés : "La petite cuisine de Mehdi" et "Louise" avaient été récompensés... 

A voir absolument lors de sa sortie en salles le 10 décembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Gaya Jiji, syrienne émigrée en France, diplômée d'un master de cinéma s'est fait connaître par ses courts métrages : "L'étrangère" est son second long métrage...

Présenté en avant-première française au festival international de Saint Jean de Luz, le film nous parle avec sensibilité de la difficulté à reconstruire sa vie en France quand on a fuit un pays en guerre...

Selma (magnétique Zar Amir, actrice iranienne, qui a remporté le prix d'interprétation à Cannes pour "Les nuits de Mashhad" aujourd'hui réfugiée en France et qui a appris ses répliques en arabe pour les besoins du film), est arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime.

Contrairement au magnifique "Souleymane" qui nous racontait le terrible quotidien d'un émigré sans papiers, l’œuvre de Gaya Jiji s'attache à la personnalité de Selma qui parle couramment français puisqu'elle enseignait notre langue dans son pays et à ses tourments intérieurs face au triangle amoureux dans lequel elle se trouve prise...

En effet, tombée sous le charme de Jérôme, un avocat (excellent Alexis Manenti) qui l'aide gratuitement à régulariser ses papiers, elle ne pense plus qu'à retrouver une vie normale et à faire venir son fils en France... quand son mari, censé être mort, réapparait soudainement dans sa vie...

Le dernier tiers du film qui nous montre cette femme écartelée entre son nouvel amour, son fils et le père de son fils est formidable d'émotions contenues : tout se lit sur le visage des deux hommes qui tour à tour espèrent, pleurent secrètement, doutent... mais c'est Selma qui a la clé de son avenir...

Un film à voir absolument quand sa date de sortie sur les écrans sera connue ! 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Projeté en avant-première française au festival international du film de Saint Jean de Luz, le second long métrage de David Roux ne tient pas ses promesses... 

On ressort du film avec une impression de déjà vu : la dénonciation du patriarcat et de la riche bourgeoisie catholique est un thème qui a été très souvent abordé et avec beaucoup plus de talent...

L'accent est mis par le réalisateur sur l'enfermement de Marianne (Mélanie Thierry), l'épouse de l'héritier d'une riche famille industrielle de province (Eric Caravaca), où les hommes meurent vieux mais sans passer par la case EPHAD et les femmes, si tant est qu'elles manifestent un peu de personnalité, sont traitées d'hystériques et abruties de médicaments... 

Au décès de sa mère, le fils ainé décide pour toute sa famille : il rachète la grande maison familiale, dédommage ses soeurs et frère et décrète que sa femme Marianne s'occupera du patriarche aigri...

Marianne dit non mais très rapidement accepte de continuer à jouer les faire-valoir (elle est très belle) de cette famille, mais son mari ne la respecte pas car elle est issue d'un milieu modeste, ne lui a donné un fils qu'après de longues années de vie conjugale et présente, de son point de vue, des failles émotionnelles.

Écartelée entre ses devoirs de mère et d'épouse et ses désirs, Marianne perd peu à peu pied dans cette maison qui devient son tombeau...

Quand un homme issu de son passé (Jérémie Renier) refait surface, Marianne semble se réveiller pour oser interroger sa vie...

Dommage que Mélanie Thierry semble devoir se cantonner à des personnages de femmes "mélancoliques" comme dans le récent "Connemara" et dommage surtout que toutes les autres figures du film soient aussi caricaturales !

La date de sortie du film n'est pas encore fixée  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le festival international du film de Saint Jean de Luz salue les premières ou secondes réalisations de jeunes talents...

Et nous a présenté en avant première mondiale, le premier long métrage de Marie Rémond, grande comédienne et réalisatrice de théâtre, formée au cours Florent...

"Elise sous emprise" est son premier film où elle incarne son héroïne Elise qui n'arrive pas à se sauver d'une relation avec un homme incarné par José Garcia... relation qui la fait souffrir mais dont elle ne comprend pas qu'elle est toxique...

Assistante d'un célèbre metteur en scène, elle se voit, malgré ses réticences, propulsée à sa place lorsqu'il décède brutalement... 

Envahie par le stress, elle commence à avoir d'étranges visions et surtout elle ne supporte plus d'être enfermée dans une pièce close ou dans le métro... 

Sa vie lui échappe petit à petit, elle n'arrive pas à s'imposer comme metteuse en scène de la troupe qui la rejette et elle est de plus en plus habitée par une peur panique qui lui fait perdre tous ses moyens...

Elle ne trouve de répit qu'auprès de sa meilleure amie interprétée par Olivia Côte et sa petite fille dont elle assure de temps en temps la garde...

Le film commence par l'écoute d'un groupe de paroles à l'APHP d'individus de tous âges qui viennent partager leur mal-être et leur sensation d'étouffement...

La jeune réalisatrice a entrepris une vraie démarche documentaire pour nous parler de l'emprise masculine, ce mal terrible qui détruit les femmes qui en sont victimes...

Faisant passer toutes ses émotions par l'expressivité de son visage et le questionnement de son regard, Marie Rémond illustre avec finesse l'état d'esprit dans lequel se trouve plongée une femme sous emprise et c'est tristement fascinant...

José Garcia, visiblement très heureux de sortir de ses rôles habituels de comique, se réjouit que le cinéma fasse appel à lui pour des rôles plus sensibles : il est effectivement redoutable de férocité et d'égoïsme tant dans sa vie professionnelle que personnelle - même si, de mon point de vue, il en fait un peu trop... son jeu aurait gagné à être plus subtil !

Un très joli film sur un sujet d'une triste actualité, à voir en salles le 18 mars 2026 ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Projeté en première mondiale au festival d'Angoulême fin août, le second long métrage d'Abd al Malik a réuni un public très nombreux au festival international du film de Saint Jean de Luz...

Le film présenté par le réalisateur en personne a réuni hier le public des deux plus grandes salles du cinéma Le Sélect et a longtemps été applaudi pour la force de son message...

Passionné d'écriture et de

littérature, le réalisateur français,  fils d’un haut fonctionnaire congolais, a étudié la philosophie et les lettres classiques. Sur les bancs de l’université, il a formé le collectif N.A.P (New African Poets), avec lequel il signe trois albums puis se sépare du groupe en 2004, pour lancer sa carrière solo. Son second disque Gibraltar (2007) lui a permis de décrocher avec mérite une Victoire de la musique.

Musicien mais également écrivain engagé, Abd al Malik a publié plusieurs ouvrages. Le premier, Qu'Allah bénisse la France, manifeste d’une France cosmopolite et tolérante, mêlant autobiographie et fiction, est adapté au cinéma en 2014 par le rappeur lui-même...

Âgé aujourd'hui de 50 ans, Abd al Malik est un amoureux de la France en ce qu'elle est pour lui un pays de "Droit" : il reconnait que la situation est loin d'être parfaite mais il suggère d'oublier les ratés de l'intégration à la française et de se concentrer sur l'esprit des Lumières qui a fait de la France un modèle de référence...

Maniant avec dextérité la langue française, il nous offre un film fort dans lequel on parle pour la première fois des heures sombres de l'esclavagisme pratiqué par la France dans ses colonies et plus particulièrement dans l'île Bourbon (rebaptisée aujourd'hui île de La Réunion)...

Il dénonce la souffrance abominable que ce système d'exploitation d'êtres humains a produit (certaines images sont à la limite du supportable, d'autant qu'il a demandé au héros du film et à ses malheureux compagnons d'infortune de porter de vrais fers)... mais surtout il nous rappelle avec talent que des hommes courageux, blancs et noirs, ont lutté ensemble dans les prétoires pour abolir l'esclavage rétabli par Napoléon ! 

Durant 1h40, nous suivons la destinée, inspirée d'une histoire vraie, de Furcy, qui à la mort de sa mère en 1817, découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Rare esclave à savoir lire et écrire, il se lance, avec l’aide d’un procureur abolitionniste dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.

Le scénario est incarné par de talentueux acteurs : Makita Samba dans le rôle de Furcy, Romain Duris dans le rôle du procureur/avocat de Forcy, Vincent Macaigne dans le rôle de Lory, "gentil" colon "propriétaire" de Forcy, André Marcon dans le rôle de l'avocat de Lory...

Un film à voir absolument lors de sa sortie en salles prévue le 14 janvier 2026 ! 

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