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Après "La nuit du 12" réalisé en 2022, film enquête sur un féminicide, qui a obtenu six César, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, Dominik Moll s'attache dans son dernier opus à décortiquer le fonctionnement peu documenté de l'IGPN, au sein duquel il a réussi à s'immiscer.
Construit autour de Léa Drucker qui nous impressionne une fois de plus par son autorité naturelle et son empathie, le scénario nous plonge dans le dossier 137 dont elle hérite dans le cadre de la crise des Gilets Jaunes fin 2018.
Entrainés par leur mère qui a du mal à vivre avec son maigre salaire d'aide soignante, toute la famille Girard quitte un matin Saint-Dizier pour participer à une manifestation sur les Champs-Élysées... et visiter Paris par la même occasion...
Un hasard malheureux voudra que son fils adolescent, se retrouve isolé avec un ami face à des policiers en civil armés de LBD : ces derniers arguant de la légitime défense, n'hésiteront pas à tirer, blessant très grièvement le jeune homme qu'ils laisseront pour mort...
Sauvé par son ami qui appelle les pompiers, le jeune homme survivra avec d'importantes séquelles neurologiques, justifiant pour sa mère un dépôt de plainte...
Le scénario très documenté nous implique dans la recherche et l'analyse de preuves (notamment de vidéos de caméras et de téléphones portables) pour tenter d'identifier les responsables et de comprendre ce qui s'est passé...
Léa Drucker incarne Stéphanie, une inspectrice de l'IGPN qui a quitté les "Stups" pour se retrouver dans ce nouveau rôle où elle doit juger ses anciens pairs, comme lui reproche son ex qui, lui, n'a pas quitté son Service...
Très professionnelle et très investie, elle consacre toute son énergie à faire émerger la vérité mais est fragilisée par le fait que la plaignante est originaire de la même ville qu'elle et qu'elle a soigné sa mère il y a quelques années...
Moins implacable que "La nuit du 12", le "Dossier 137" nous fait partager la solitude de Stéphanie dont l'objectivité est mise en doute par une hiérarchie qui soutient les policiers qui ne peuvent être qu'admirables car ils appartiennent à la BRI qui a sauvé des vies au Bataclan...
Les personnages, à part Léa Drucker, que ce soient les victimes ou les policiers sont un peu trop caricaturaux et les 3 premiers quarts du film sont trop procéduriers pour que le spectateur puisse complètement adhérer à la démonstration du cinéaste qui s'attache à rester le plus neutre possible tout en nous faisant nous ranger du côté de Stéphanie...
Un film à voir pour son sujet qui est un vrai débat et surtout pour son actrice principale qui porte magnifiquement le film et dont l'argumentation finale est magistrale !


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