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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Il y a longtemps que l'Eglise est confrontée aux "fake news" autour de supposés : guérisons, apparitions ou phénomènes surnaturels !

Vincent Lindon est tout bonnement magnifique dans le film de Xavier Giannoli ! 

Grand reporter à Sud Ouest, Jacques est plus habitué aux champs de bataille qu'aux  bureaux feutrés du Vatican...

Quand un évêque français lui propose à Rome d'investiguer sur des apparitions de la Vierge Marie dans le Sud de la France, le journaliste qui se remet douloureusement d'un deuil, est plus que circonspect : pas pratiquant mais pas athée, peu au fait de ce sujet, il accepte pourtant de faire partie de l'équipe cléricale et médicale qui étudie le dossier...

Tout aussi sceptique la première fois qu'il rencontre Anna (lumineuse Galatea Bellugi), il se débarrasse insensiblement et progressivement de son premier mouvement distancié et tisse peu à peu une relation sensible et respectueuse avec la jeune "voyante" qui est surprotégée/exploitée ? par Borodine, le curé de la paroisse (excellent Patrick d'Assumçao) et Anton, un évangéliste américain (tout aussi excellent Anatole Taubman)

Tel un thriller, le film alterne subtilement les scènes de dévotion des pèlerins, l'enquête minutieuse menée par Jacques pour mieux comprendre Anna en rencontrant ceux qui l'ont côtoyée et de brèves séquences sur le quotidien spirituel et temporel de la novice...

Mêlant habilement le questionnement sur la foi, la quête documentaire et les manifestations du don de soi à ceux qui souffrent, le réalisateur nous emmène dans ses questionnements personnels tout en atteignant sur la durée (2h17) une dimension tout à la fois universelle et contemporaine !

En conclusion, et malgré une fin un peu tirée par les cheveux (de l'ange ?), un film original à voir pour son exceptionnelle densité humaine ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Laurent Tirard a voulu refaire une comédie à la française en costumes, genre un peu perdu depuis Philippe de Broca...

L'action se situe au XIXe siècle et oppose deux personnages que tout oppose : Elisabeth (formidable Mélanie Laurent) est une jeune fille de bonne famille honnête, droite et très moderne... Le capitaine Neuville (Jean Dujardin très à l'aise dans le rôle) est un hussard mal embouché, lâche et affabulateur !

Les décors et les costumes sont admirablement reconstitués avec un sens du détail qui évoque instantanément Jane Austen...

Le film tient sur les épaules des deux héros mais c'est Mélanie Laurent qui crève l'écran dans un registre inhabituel pour elle : la comédie dans lequel elle excelle !

Tour à tour femme de tête et ingénue mutine, machiavélique et enfantine, elle nous fait rire aux dépens du gros bêta de Dujardin !

Quelques jolies trouvailles, un faux air de western dans certains plans... l'ensemble vaut bien d'y passer un après-midi pluvieux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Encensé par la critique, le premier long métrage de Xavier Legrand colle le spectateur à son fauteuil...

Pas de musique mais les bruits du quotidien pour rythmer la tension qui monte entre l'enfant et ses parents qui se disputent sa garde

Après 15 premières minutes proches du documentaire dans le bureau du juge aux affaires familiales, le réalisateur nous fait partager le quotidien de Julien (excellent Thomas Gioria), jeune garçon de 10 ans qui est contraint par la justice à voir son père Antoine (formidablement inquiétant Denis Ménochet), un weekend sur deux...

Julien a peur pour sa mère Miriam (extraordinaire Léa Drucker figée dans l'angoisse), Julien a peur pour lui, peur de son père qui le manipule, qui le menace pour découvrir où vit sa famille...

Le film met en scène avec virtuosité et sans pathos le fléau que représente dans la société française la violence conjugale : entre la mère tétanisée et le père colosse humilié par son propre père, la peur envahit tout jusqu'à la fête d'anniversaire de la fille aînée...

Le brutal dénouement du film distille un sentiment d'impuissance face à cet échec dénoncé par Xavier Legrand : comment entendre les enfants, comment protéger les femmes de l'enfer conjugal, comment réparer les blessures psychologiques... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Merci Isabelle pour cette délicate autobiographie qui te ressemble !

Des fragments de leur vie racontés par tes parents "rêveurs", tu as rempli les pointillés de tes souvenirs pour nous faire partager ton enfance cabossée...

Fille d'une femme qui n'a pas été aimée par sa mère, tu as tentée de te construire tant bien que mal dans cette famille pas classique mais dont la démesure t'a permis de développer ta sensibilité artistique...

L'Isabelle que tu nous décris, celle de l'enfance et celle de l'adolescence qui est passée près de la mort et de la folie te ressemble si fort, qu'elle nous replonge dans tes rôles au parfum de jeunesse éternelle...

J'espère que tu as trouvé le bonheur d'aimer et d'être aimée par ton mari et tes enfants et que tu profites pleinement de ta belle maison à Saint Jean de Luz dont les boiseries rouges te rappellent les couleurs du grand appartement de tes jeunes années !

Merci Isabelle de t'être confiée à nous, merci de nous avoir fait revivre tes années 70, merci d'être l'actrice "lumineuse et discrète" que nous retrouvons avec tant de plaisir sur l'écran ou sur les planches !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun s'est inspiré d'un fait divers pour nous raconter une histoire triste aux accents contemporains...

Abbas (formidable Eriq Ebouaney) a fui les guerres civiles en Centrafrique où sa femme a trouvé la mort, avec ses deux enfants et son frère Etienne (tout aussi formidable Bibi Tanga)...

Abbas, professeur de français dans son pays, est installé dans l'appartement d'un ami... Il a un petit boulot dans un marché, ses enfants sont scolarisés, et Carole la marchande de fleurs (poignante Sandrine Bonnaire) est tombée amoureuse de lui... Quant à Etienne, ancien professeur de philosophie, il gagne sa vie comme vigile et s'est construit une bicoque de fortune le long du périphérique...

Le film démarre sur une très jolie scène de tendresse entre le père et sa fille qui n'arrive pas à s'endormir sans la comptine que lui chantait sa mère... Nous suivons les personnages dans leur vie de tous les jours et nous les accompagnons à la Cour Nationale du droit d'asile, véritable cour des miracles où les demandeurs d'asile obtiennent ou non leur statut de réfugié...

Quand Abbas et Etienne sont déboutés (pour une raison que le réalisateur ne nous dévoile pas), ils décident de ne plus se battre et leur vie dévisse au rythme des délais légaux d'expulsion du territoire français...

Intégrés autant que faire se peut, protégés par la tendresse de leurs compagnes respectives, les deux hommes s'effacent pourtant tour à tour et chacun à leur façon...

Comme le dit Abbas, l'Afrique francophone est une fiction puisqu'elle a été "fabriquée" par les ex colons... A l'instar des juifs que l'Occident a refusé d'accueillir alors qu'ils fuyaient la barbarie nazie, la même histoire se répète aujourd'hui pour ces milliers de réfugiés politiques...

On ressort de ce film bouleversé... mais pas plus avancé en réflexion sur ce qu'il conviendrait de faire après des décennies d'errance géopolitique... en suivant avec intérêt les déclarations d'Emmanuel Macron en Afrique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Adaptée au théâtre par Terry Johnson, la pièce a connu un triomphe à New York, Londres et Sydney...

Elle arrive en France avec Anne Parillaud dans le rôle de Mrs Robinson, Arthur Fenwick dans le rôle de Benjamin Braddock et Adèle Bernier dans celui d'Hélène Robinson...

Une mise en scène astucieuse, une bande son très "Simon and Garkunkel", de bons acteurs qui font tous de leur mieux... mais pour ma part je n'ai pas retrouvé la "magie" du film...

Anne Parillaud, qui n'avait pas rejoué sur les planches depuis 1980, est toujours aussi ravissante mais pas aussi sulfureuse qu'Anne Bancroft

Quant à Arthur Fenwick, il n'a pas l'épaisseur d'un Dustin Hoffman, qui certes avait 30 ans lorsqu'il interpréta "The graduate" !

Un bon moment de théâtre mais le film est à revoir de toute urgence ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Entre 1789 et 1914, plus d'un millier d'artistes néerlandais séjournent à Paris !

Le Petit Palais explore en 115 oeuvres les fructueux échanges que ces peintres ont tissé avec les artistes installés sur place

L'exposition est organisée en collaboration avec le Van Gogh Museum d'Amsterdam et l'Institut néerlandais d'histoire de l'art de La Haye

Le parcours de l'exposition est organisé autour de neuf artistes : Vincent Van Gogh, Kees Van Dongen, Johan Barthold Jongkind et Piet Mondrian mais également des peintres moins connus en France tels que Jacob Maris qui a peint à Barbizon, George Henrik Breitner, une icone aux Pays Bas et Frederik Hendrik Kaemmerer qui est une re-découverte puisqu'il a été complètement oublié après sa mort !

Chaque peintre est associé à un thème tel Gérard Van Spaendonck spécialiste de la peinture florale ou Ary Scheffer dont le style mêle classicisme et romantisme...

Quelques toiles d'autres artistes contemporains français ou néerlandais sont présentées en contrepoint pour illustrer les influences croisées entre les différentes nationalités et le parcours s'achève sur les premières toiles cubistes de Mondrian qui marquent un tournant vers la modernité

La salle la plus remarquable est consacrée à Van Gogh dont la courte période parisienne (1886-1888) est déterminante au sein de sa carrière tant elle oriente profondément le développement de son oeuvre, d'une peinture paysanne frustre et sombre à un style résolument moderne caractérisé par une palette claire et une intensité chromatique sans égale !

Les photos sont interdites mais j'ai quand même pu en voler quelques unes...

Kaemmerer (3), Breitner (2), Sluijters, Van Dongen (6), Cézanne, Picasso, Van der Hem, Van Gogh (3), Jongkind, Van Dael
Kaemmerer (3), Breitner (2), Sluijters, Van Dongen (6), Cézanne, Picasso, Van der Hem, Van Gogh (3), Jongkind, Van Dael
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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Antony Cordier a installé ses caméras dans le parc animalier du Reynou dans le Limousin pour nous raconter cette jolie histoire de zoo, de fratrie et de passage à l'âge adulte...

Gaspard 25 ans (excellent Félix Moati)  convainc Laura (délicieuse Laetitia Dosch), une fille fantasque rencontrée par le plus grand des hasards de passer pour sa compagne auprès de sa famille, à l'occasion du remariage de son père Max (Johan Heldenbergh) avec Peggy (Marina Foïs)...

Gaspard, le fils prometteur a pris le large alors que son frère Virgil et sa jeune soeur Coline ont continué à aider leur père à entretenir le zoo dont la fréquentation décline...

L'habile scénario nous montre en caméra familiale tremblée l'enfance de ces trois-là aux côtés d'un père flamboyant et d'une mère trop tôt disparue... 

Le film traite avec tendresse et sensualité le rapport aux animaux, les relations entre frères et soeurs, la difficulté à grandir et à abandonner une enfance féerique, la nécessité d'inventer sa propre vie en quittant le creuset familial...

Un petit bijou frais et acidulé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Primé à Venise, le film de Ziad Doueiri est interdit en Palestine et en Jordanie ; à son retour de la Mostra, le réalisateur libanais a été arrêté à Beyrouth ; Pentagon Papers vient d'être retiré de l'affiche à Beyrouth parce que Spielberg est juif...

Dans L'insulte, le réalisateur ne prend pas parti entre Toni, le chrétien libanais et Yasser, le réfugié palestinien mais dénonce le massacre étouffé de Damour en 1976, où plus de 500 civils chrétiens ont été assassinés par des milices palestiniennes...

Le réalisateur s'est inspiré d'une altercation entre lui et son plombier pour imaginer le scénario de son film...

Parti d'un simple différend entre Toni et Yasser au sujet d'une gouttière, le conflit s'installe, se durcit sous les péroraisons des avocats et tourne à l'affaire d'Etat au grand dam des femmes des deux protagonistes...

Face au sanguin Toni (extraordinaire Adel Karam), le réservé Yasser (tout aussi extraordinaire Kamel El Basha) tente de ne pas perdre la face... mais l'orgueil des deux hommes les entraîne dans un procès dont les enjeux les dépassent...

Le film commence comme une farce mais prend rapidement toute sa dimension universelle lorsque la mémoire nationale refoulée remonte à la surface !

A voir pour saluer le courage de Ziad Doueiri !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Xavier Lemaire a voulu dans ce spectacle offrir au public une réflexion sur la mise en scène en proposant trois lectures différentes de la première scène du Médecin malgré lui de Molière...

Accompagné de deux acteurs absolument fabuleux : Isabelle Andréani et Franck Jouglas, l'auteur, metteur en scène et acteur nous parle de son amour du théâtre à travers trois désopilantes versions inspirées des courants du théâtre que sont le réalisme, le symbolisme et la stylisation ! 

Un peu didactique dans ses parenthèses de conférencier, Xavier Lemaire sait toutefois révéler à merveille le génie des deux comédiens qui interprètent tour à tour Martine et Sganarelle aux trois époques de théâtre choisies (le siècle de Molière, les années 70 et le XXIe siècle) -  mais également deux régisseurs de plateaux complètement fêlés et deux acteurs d'aujourd'hui venant auditionner pour les rôles...

Un spectacle à voir pour applaudir deux comédiens au talent fou ! 

 

 

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