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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Love & Mercy" : un biopic à la gloire de Brian Wilson, cerveau des Beach Boys

Bill Pohlad nous raconte la vie de Brian Wilson, génial compositeur des Beach Boys...

Bercé par la musique planante des Beach Boys, le spectateur assiste émerveillé à la naissance de la mélodie et à la mise en place façon puzzle de l'orchestration de chacun des standards du groupe mythique des années 60...

A l'instar de Brian Wilson qui oublie temporairement ses tourments quand il a trouvé l'accord parfait qui fait le tube, l'émotion doublée de nostalgie enveloppe l'amoureux de ces plages intemporelles...

Le réalisateur alterne en finesse deux périodes de la vie du compositeur / chanteur : Paul Dano interprète brillamment Brian jeune prodige, qui chante avec ses frères et ses cousins pour oublier la violence de son père... John Cusack interprète tout aussi brillamment le Brian vieilli prématurément qui vit sous la coupe du Docteur Eugène Landy (excellent Paul Giamatti), médecin marron qui le maintient dans une camisole chimique...

Melinda (poignante Elisabeth Banks), partagée entre sa passion pour cet homme hors du commun et son impuissance face aux démons qui habitent l'éternel enfant dans un corps d'adulte... saura-t-elle trouver les mots et la bonne distance pour sauver Brian...?

Le film est splendide, la bande son est fabuleuse et les acteurs sont bouleversants...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Un moment d'égarement" : un film beauf malgré deux jeunes actrices prometteuses

Jean François Richet se prend pour Claude Berri à qui il rend "hommage" en tournant le remake d'une comédie tournée en 1977 avec Victor Lanoux et Jean Pierre Marielle !

Antoine (François Cluzet une fois de plus décevant) et Laurent (nonchalant Vincent Cassel) ont décidé de passer leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna (Lola Le Lann) et Marie (Alice Isaaz)...

L'arrivée du quatuor dans une ancienne bergerie de la Corse intérieure restée "dans son jus" est assez savoureuse !

Les deux demoiselles qui s'ennuient ferme, retrouvent grâce à Facebook des copains dans la région... mais Louna est mineure et il incombe donc aux pères de surveiller ses fréquentations...

Laurent se dévoue... et se laisse séduire lors d'une soirée arrosée par la fille de son ami...

Louna se croit amoureuse, Marie déteste son père.. Quant à Antoine, il promet de tuer celui qui a déshonoré sa fille... tout en flirtant de son côté avec la crêpière (sic) en profitant de l'absence de sa femme partie se changer les idées à Ibiza...

Le propos est mince, le scénario délibérément misogyne et les personnages masculins parfaitement caricaturaux et de ce fait ridicules...
Un bon point pour les actrices qui sont fraîches et agréables à regarder...

Et heureusement que les paysages corses sont splendides !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Une seconde mère" ; un hommage à la maternité !

Anna Muylaert confie à Regina Casé un rôle à son image : douce, tendre, modeste et pourtant si forte !

La réalisatrice nous entraîne au Brésil dans une famille aisée où Val s'occupe de Fahbino (Michel Joelsas), fils d'un couple qui parait mal assorti... mais n'a plus aucun contact avec Jessica, sa fille unique, qu'elle a confiée à son ex mari...

Quand Jessica (intense Camila Mardila) s'invite à Sao Paulo pour faire des études d'architecture et s'installe dans la riche demeure avec piscine, les cartes sociales et affectives sont rebattues...

Après un accueil bienveillant, Barbara, la mère de Fahbino (formidable Karine Teles), prend peur devant la jeune femme qui lui tient tête alors que sa mère est si docile, réussit son examen alors que son fils n'est que dolence, séduit intellectuellement son mari qu'elle tenait sous sa coupe de superwoman depuis des années...

Quant à Val, si elle s'insurge au départ, elle va, au contact de cette étrange fille qui est la sienne, petit à petit s'interroger sur elle même, sur son investissement exclusif dans cette famille tout en gardant bien ancrée cette formidable bienveillance qui la fait aimer de tous !

A voir pour cette actrice qui est une star en son pays et parce que l'histoire du film est universelle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les mille et une nuits, volume 1 : l'inquiet" : nous sommes tous portugais !

Miguel Gomes propose dans un film fleuve en 3 volumes, dont l'un vient de sortir, un objet volant non identifié sur le Portugal en crise !

Mêlant adroitement fiction, reportages et fable, le réalisateur nous émeut et nous fait nous interroger avec le sourire sur la réalité économique de la zone euro !

Quand le dernier bateau sort des chantiers navals qui vont fermer, nous sommes dans la foule des badauds ébahis par le gigantisme du vaisseau et attristés parce que décidément rien ne va plus au XXIe siècle : le monstre des mers n'a pas été baptisé, l'équipage qui salue le peuple bâtisseur a le regard inquiet ?!

Quand les chômeurs viennent de leur voix douce et désabusée nous raconter leur vécu de prolétaires du RSA, nous aimerions les réconforter et leur dire que cela ira mieux demain...

Difficile de raconter ce film plein de poésie, de cocasserie dans l'analyse du monde de la finance, de tendresse à l'égard des communautés créées autour du travail...

Si vous avez le temps, allez voir ce premier volume pour son ton à nul autre pareil en attendant Le désolé (29 juillet) et L'enchanté (26 août) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Valley of love" : deux grands acteurs émouvants de fragilité

Guillaume Nicloux signe un scénario pour le moins fantastique ?!

Dans une lettre posthume, le fils mal aimé et suicidé de deux monstres sacrés leur donne rendez-vous dans la vallée de la mort ?!

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu interprètent ce couple divorcé, forcé de se retrouver dans un motel au milieu du désert torride aux portes de Las Vegas !

Lui Gérard ne voulait pas venir, elle Isabelle mère coupable voulait se racheter ?!

Leur fils leur a envoyé un programme de visites d'une semaine au cours duquel il est censé leur apparaître ?

Les paysages sont grandioses, le film est lent comme il se doit... quand la canicule ne désempare pas...

Gérard traîne sa carcasse comme un cachalot échoué en plein désert : l'acteur au naturel est magnifique malgré l'enveloppe de corpulence qui le freine...

Isabelle passe de la colère à la tendresse, éperdue à l'idée du miracle promis qui lui permettrait peut-être de recoller les morceaux de sa vie...

Le film est à voir pour ces deux monuments du cinéma français réunis dans cette histoire qui pourrait être autobiographique ?!

On regrette la mièvrerie des stigmates qui témoignent de la présence ? de leur fils mais on est bouleversés par le chemin parcouru par le duo dans leur traversée de la vallée de l'amour retrouvé ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Un amour qui ne finit pas" : un bon moment de théâtre

La pièce jamais montée jusqu'à aujourd'hui, nous permet de (re)découvrir un André Roussin étonnamment moderne !

Michel Fau signe la mise en scène et incarne excellemment Jean, homme mûr un peu lunaire, revenu de l'amour "consommé" auprès de son épouse et de ses maîtresses successives !

En cure à Divonne, il rencontre Juliette (Pascale Ardillot) dont il tombe éperdument amoureux !

Il lui fait part de son intention : il ne veut pas la prendre car il veut la garder ! Il lui enverra des lettres auxquelles il ne lui demande pas de répondre, il vivra avec elle des aventures auxquelles elle ne participera pas !

D'abord abasourdie par cette proposition, Juliette accepte de lui révéler son nom et son adresse !

De retour chez elle, elle en parle à Roger, son mari (Pierre Cassignard) et lui fait lire les lettres très joliment écrites par un Jean qui tient ses promesses !

Roger se transforme immédiatement en mari jaloux devant l'étonnement et bientôt le rejet de Juliette : il ne croit pas à cette histoire loufoque, il lui demande d'arrêter toute relation avec cet homme qu'elle décrit comme ni beau ni laid mais bavard, de renvoyer les lettres à l'expéditeur...

La pièce bascule à ce moment là dans les codes du théâtre de boulevard avec l'amant qui n'en est pas un, le mari qui s'estime trompé, la femme pas si innocente que cela car très vite, et encouragée par l'interdit, elle ne pense plus qu'à cet homme qui l'aime et n'exige rien en retour...

Entre en scène également Germaine (Léa Drucker), épouse un peu hystérique de Jean qui ne croit pas non plus à la nouvelle fable qu'il lui sert en se disant serein...

Les quatre vont se croiser dans les deux appartements installés sur la scène : d'un côté un décor bourgeois avec un couple classique et blasé, de l'autre côté décor années 80 et couple branché amoureux... ou du moins au départ !

Le texte est savoureux, les répliques fusent, les comédiens s'en donnent à cœur joie, la salle rit, que demander de plus ?

La pièce aurait certainement encore gagné en finesse avec d'autres acteurs et on ne peut s'empêcher de rêver à Luchini dans le rôle de Roger...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Mustang" : un film magnifique qui célèbre la féminité

Si vous n'avez l'opportunité de ne voir qu'un film, allez voir la première réalisation d'une toute jeune cinéaste franco turque Deniz Gamze Ergüven, présentée à la quinzaine des réalisateurs à Cannes !

Le film dénonce avec humour et gravité le sort réservé aux filles un peu trop libres, ou du moins perçues comme telles, dans la Turquie contemporaine !

Le film commence le dernier jour de classe dans un petit village turc au bord de la mer...

Les jeunes filles en uniforme disent au revoir à leur enseignante et s'élancent à pied sur le chemin du retour qui les mène à la plage où elles vont se livrer avec une bande de garçons de leur âge à des jeux innocents...

A peine rentrées chez elles, les cinq sœurs sont accueillies par leur grand mère qui a informé leur oncle du scandale provoqué par leur conduite indigne...

La maison va bientôt se transformer en prison les jeunes filles sont reprises en mains et les cours d'éducation ménagère remplissent très vite leur emploi du temps...

En effet, les anciens ont décidé de les marier au plus vite !

Le film raconte cet été lumineux où le sort de ces cinq jeunes filles va se décider, où l'on va décider pour elles !

Les plus âgées sont comme résignées mais la cadette, formidable Lale (Gunes Nezihe Sensoy), va se battre et les motiver pour échapper au sort qui les attend !

Sur son initiative, elles arrivent à s'enfuir de la maison pour un match de football de filles, avec la jolie complicité des femmes de la maison mais le retour est douloureux...

Le piège se referme peu à peu sur les jeunes femmes pleines de vie, contraintes à l'immobilité passive qui leur est imposée...

Le spectateur suit cette tranche de vie comme un roman, s'attachant tour à tour à chacune des futures mariées à leur corps défendant !

Les actrices, toutes amateurs, ont le beauté de la jeunesse et les personnages sont merveilleusement campés !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Comme un avion" ou l'éloge des petits bonheurs simples

Il faut vous dépêcher d'aller voir le dernier film de Bruno Podalydès, si ce n'est déjà fait, car c'est un pur moment de poésie !

Le réalisateur incarne Michel, graphiste au bord de la crise de la cinquantaine !

Michel, bien que très heureux avec Rachel - qui ne le serait pas avec la lumineuse Sandrine Kiberlain, rêve d'aéropostale depuis son plus jeune âge !

Une devinette pédante d'un de ses collègues (incarné par son frère Denis Podalydès himself) le lance à la recherche de palindromes ?!

Kayak s'écrie-t-il entre deux absences, se lançant soudainement dans une recherche internet effrénée !

A la grande surprise de sa femme, il achète d'abord des rames... puis se fait livrer un superbe kayak (délirant moment avec le livreur et la voisine Noémie Lvosky dans l'ascenseur !), qu'il assemble comme un meuble Ikéa et trans porte sur son toit !

Le film s'élance paresseusement comme Michel qui, sur l'impulsion bienveillante de Rachel, se lance dans une mini odyssée qui doit le mener jusqu'à la mer ?!

Comme Ulysse, le voyage s'interrompt en jolis impromptus, le premier havre étant une guinguette où il rencontre Laetitia, une veuve au grand cœur (formidable Agnès Jaoui), Mila (délicieuse Vimala Pons) qui pleure chaque fois que la pluie tombe et deux foutraques qui carburent à l'absinthe (excellents Michel Vuillermoz et Jean Noël Brouté)...

Le spectateur complice sourit devant tant de douceur, de gentillesse si si, de cocasserie et se régale à l'écoute de la bande son, personnage à part entière de ce fleuve movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Les heures souterraines" : quand le théâtre s'attaque au harcèlement moral

Anne Loiret adapte avec talent le roman de Delphine de Vigan au théâtre de Paris...

Elle interprète l'héroïne, Mathilde qui travaille comme adjointe marketing dans un grand groupe et dont le quotidien est émaillé d'humiliations répétées !

Thibault (Thierry Frémont), médecin urgentiste vient de rompre avec sa compagne qui le traite en homme objet...

La mise en scène inventive d'Anne Kessler nous fait partager la journée du 20 mai de ces deux-là !

Pourquoi le 20 mai... parce que Mathilde, à bout de forces, est allée consulter une voyante qui lui a dit que sa vie allait basculer le 20 mai...

Le récit les cueille à leur réveil et les accompagne jusqu'au soir...

Les deux acteurs sont excellents, chacun dans son registre...

Anne Loiret, tout en délicatesse avec sa voix si pure qu'elle nous donne envie de la prendre dans nos bras ou de devenir amis avec elle...

Thierry Frémont, tout intériorisé sur sa difficulté à trouver son équilibre tant personnel que professionnel...

Le texte entremêle savamment leurs deux questionnements et fait écho à nos propres vécus !

Un vrai moment de théâtre au ton juste même si le sujet n'est pas des plus légers !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"L'ombre des femmes" : un film macho !

Philippe Garrel signe un film sur l'éternel triangle amoureux qui soit disant rend hommage au courage des femmes ???

Faux et faux !

Dans ce Paris populaire en noir et blanc aux rues sales et aux murs tagués, Pierre (Stanislas Merhar) traîne sa mélancolie d'épagneul !

Il vit avec Manon (Clotilde Courau) qui a abandonné tous ses projets pour l'aider dans son métier de documentariste...

Pierre et Manon forment déjà un vieux couple même si Manon défend avec panache son amour face à une mère dubitative...

Pierre trompe Manon avec Elisabeth (excellente Lena Paugam), une jeune stagiaire rencontrée dans la rue... qui découvre par hasard que Manon trompe également Pierre...

Pierre s'insurge ! Comment sa femme ose-t-elle le tromper alors qu'il l'aime ? C'est grave pour une femme ! L'adultère est le propre de l'homme, il n'y peut rien, c'est sa nature !

Au secours !

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