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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La loi du marché" : Cannes aime le social !

Vincent Lindon, très ému, est monté chercher son prix d'interprétation à Cannes pour le rôle d'un laissé pour compte : Thierry, un jeune quinqua au chômage depuis vingt mois !

Et c'est vrai, quoi qu'en disent les esprits jaloux, que Vincent mérite bien ce prix même si le spectateur l'a déjà vu dans ce personnage de Droopy ridé et fripé par la vie !

Mais il faut reconnaître qu'il est au sommet de son art si particulier dans le film de Jérôme Brizé dont la caméra le cadre au plus près de la moustache...

Thierry encaisse son licenciement, encaisse les échanges "irresponsables et rebattus" avec son conseiller pole emploi qui lui propose un xième stage inutile, encaisse les conseils "irresponsables et criminels" de sa banquière qui lui adjure de vendre son appartement pour en louer un plus petit, encaisse les propos "irresponsables et humiliants" d'un employeur potentiel qui, en entretien skype, ne retient pas sa candidature car il ne connait pas la dernière version de la machine outil sur laquelle il a travaillé, encaisse les reproches "irresponsables et culpabilisants" du groupe de mise en situation auquel il a participé...

Mais Thierry a beaucoup de mal à encaisser l'attitude de flic que lui demande l'emploi de vigile qu'il a fini par décrocher ! Et pourtant Thierry a besoin d'argent pour finir de payer son appartement, pour s'acheter un véhicule d'occasion à crédit, pour payer l'assistante de vie de son fils handicapé : pas de misérabilisme dans le film, juste la vraie vie de ces gens là qui luttent pied à pied tous les jours pour garder la tête haute, avec de jolis moments de petites joies partagées !

Il assiste impuissant à l'accusation des larcins ordinaires : le petit vieux qui a volé une tranche de viande, la caissière qui a détourné à son profit des bons de réduction et se défait sous les reproches répétés du patron qui lui retire sa confiance après 20 ans d'ancienneté...

Mais quand la scène se répète avec une autre employée, là Thierry ne supporte plus, n'en peut plus de toute cette misère humaine et le dos de Thierry nous dit sa colère... enfin !!!

Sans aucun conteste, un beau film avec un acteur engagé qui dénonce notre monde qui poursuit impunément sa spirale exclusive !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La tête haute" : quand l'enfance est fracassée...

Emmanuelle Bercot nous fait vivre le calvaire d'un jeune déscolarisé dès l'âge de 6 ans !

Le film démarre dans le bureau de la juge pour enfants interprétée par une Catherine Deneuve assez convaincante même si elle semble être perpétuellement étonnée de jouer ce rôle ?

Nous sommes dans la région de Dunkerque... Malony, 6 ans, orphelin de père, joue aux pieds de la juge et suit la complainte de sa mère immature (Sara Forestier qui malheureusement surjoue) n'arrivant pas à contenir les hurlements de son jeune demi-frère : son fils est ingérable, elle n'y arrive plus !

Le film enchaîne sur Malony adolescent têtu qui, sous son éternelle capuche, refuse le contact...

Rod Paradot incarne cette figure du "jeune délinquant" d'aujourd'hui : la tête basse, l'injure aux lèvres, l'agressivité à fleur de peau... Le jeune acteur a une présence étonnante qui nous fascine et nous rebute à la fois... Car Malony est intelligent, aime malgré tout sa mère, accepte la juge comme rôle pivot de sa vie, tente de construire une vraie relation avec son éducateur (excellent Benoit Magimel)... et le spectateur se prend à imaginer une possible rédemption...

Mais comme dans "Mommy" de Xavier Dolan, la rechute est plus dure...

Le scénario nous réserve quelques moments tendres entre Malony et une jeune fille qui l'initie à la sexualité, quelques parenthèses heureuses autour d'un gâteau d'anniversaire...

C'est un film coup de poing, à voir pour tenter de comprendre même si la fin optimiste au lieu de nous rassurer, nous laisse totalement perplexes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Open space" : une mise en scène ultra créative et désopilante !

Mathilda May, secondée par le scénographe Alain Lagarde, met en scène une journée dans une petite compagnie d'assurance - de l'ouverture à la fermeture, dans un bureau en open space !

La pièce créée au Théâtre Jean Vilar, qui a connu un grand succès au théâtre du Rond Point, s'installe au théâtre de Paris pour soixante représentations exceptionnelles !

Six employés, trois hommes et trois femmes se supportent et s'insupportent dans cette cohabitation forcée qui ressemble tant à ce que connaissent tous les salariés d'entreprise !

Et c'est cette ressemblance qui, au-delà des personnages types : le chefaillon, la nymphomane, le beau gosse ambitieux et cocaïnomane, la business woman avec ses problèmes d'alcool, le doyen de la boîte dont le téléphone ne sonne plus et qui essaie vainement d'attirer l'attention sur lui, l'employée modèle complexée... fait la force de cette satyre du monde du travail !

Le vocabulaire est une sorte de novlangue constituée de borborygmes hilarants, de musique et de mimes sur lesquels le spectateur peut mettre les mots des anecdotes qu'il a vécues !

Le décor : bureaux, placards, ascenseur, signalétique, box pour fumer... et les objets : photocopieuse, machine à café, fauteuils à roulettes qui grincent, ordinateurs, tableaux blancs, pots à crayons... tout est prétexte à scènes cocasses plus vraies que nature !

Quelques personnages secondaires viennent pimenter le quotidien : la femme de ménage de couleur qui traîne les pieds, le livreur de pizza qui ne quitte pas son casque, le réparateur de la machine à café qui n'hésite pas à faire beaucoup de bruit pour signaler que lui travaille !!!

Les acteurs qui sont également danseurs et choristes sont tous formidables : Stéphanie Barreau, Agathe Cemin, Gabriel Dermidjian, Louis Denis Elion, Gil Galliot, Emmanuel Jeantet

Difficile de bouder son plaisir et de ne pas se laisser séduire par la chorégraphie endiablée qui saisit les personnages dès que le chef tourne le dos et que les rivalités et les petites histoires du quotidien reprennent le dessus !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Rupture à domicile" : une réussite !

La Comédie Bastille nous régale une fois de plus avec une pièce qui s'annonce comme du vaudeville mais qui se regarde comme un poker amoureux !

Tristan Petitgirard fait appel à trois excellents comédiens Olivier Sitruk, Hélène Seuzaret et Benoit Solès pour interpréter cette valse à trois temps...

Rompre n'est jamais un moment agréable alors pourquoi ne pas payer quelqu'un pour le faire à votre place ?

C'est ce que vend Eric fondateur de 'Rupture à domicile" à ses clients !

Mais un soir, la belle mécanique se dérègle quand il se retrouve par hasard face à son ex Gaëlle, partie il y a 7 ans sans la moindre explication...

Une fois passé le premier réflexe de fuite, Eric décide de rester mais il est loin de se douter que son client Hyppolite va changer d'avis et surtout va les rejoindre..

Les cartes vont changer de mains tout au long du spectacle et le spectateur se surprend à prendre parti pour l'un puis pour l'autre des protagonistes...

Le jeu n'est pas anodin et personne n'en sortira indemne...

Un joli spectacle enlevé et tout en finesse qu'il faut aller applaudir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert

Première rétrospective du photographe des couleurs à la maison européenne de la photographie !

Né à Avers, il est formé par son père, enseignant chez Gaevert, à la technique photographique et filmique...

Vers l'âge de 20 ans, il fuit une Belgique qu'il trouve trop étroite et voyage aux Etats Unis, en France, en Espagne, en Russie, en Egypte, en Inde et au Maroc dont il épouse la lumière...

Longtemps considérée comme "vulgaire", la photo couleurs connait ses premiers succès dans les années 60 à New York avec William Eggleston et Stephen Shore...

Harry Gruyaert s'inscrit pour sa part dans la tradition paysagiste de son pays et utilisent les couleurs comme des émotions brutes : le vert pour la Belgique, l'ocre pour le Maroc, l'orange pour la Russie et La Courneuve...

La soixantaine de photos présentées tiennent plus d'un tableau qu'un simple tirage et ne sont pas sans rappeler quelques œuvres emblématiques des maîtres de la peinture : Magritte, Tanguy, Cézanne, Renoir...

Les photos de Harry Gruyaert refusent la symétrie classique mais les scènes de rues reprennent des éléments de verticalité qui structurent hypnotiquement l'espace à l'instar de Edward Hopper !

A voir absolument, c'est magistral !

Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert

Première rétrospective du photographe des couleurs à la maison européenne de la photographie !

Né à Anvers, il est formé par son père, enseignant chez Gaevert, à la technique photographique et filmique...

Vers l'âge de 20 ans, il fuit une Belgique qu'il trouve trop étroite et voyage aux Etats Unis, en France, en Espagne, en Russie, en Egypte, en Inde et au Maroc dont il épouse la lumière...

Longtemps considérée comme "vulgaire", la photo couleurs connait ses premiers succès dans les années 60 à New York avec William Eggleston et Stephen Shore...

Dès les années 70, Harry Gruyaert s'inscrit pour sa part dans la tradition paysagiste de son pays et utilise les couleurs comme des émotions brutes : le vert pour la Belgique, l'ocre pour le Maroc, l'orange pour la Russie et La Courneuve...

La soixantaine de photos présentées tiennent plus de tableaux que de simples tirages et ne sont pas sans rappeler quelques œuvres emblématiques des maîtres de la peinture : Magritte, Tanguy, Cézanne, Renoir...

Les photos de Harry Gruyaert refusent la symétrie classique mais les scènes de rues reprennent des éléments de verticalité qui structurent hypnotiquement l'espace à l'instar de Edward Hopper !

A voir absolument, c'est magistral !

Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert
Superbe exposition du photographe Harry Gruyaert

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
"De Giotto à Caravage" : une exposition décevante

Le musée Jacquemart André présente une petite partie de la collection de Roberto Longhi (1889-1970), historien de l'art qui a offert à des artistes comme Giotto, Piero della Francesca et surtout Caravage une renommée qui ne s'est pas démentie depuis !

Doté d'une mémoire visuelle incomparable, Longhi a posé un œil nouveau sur la peinture italienne du XIV au XVIIe siècle et tissé des liens inédits entre primitifs et lignée caravagesque !

Le féru de Caravage ne peut hélas admirer que trois de ses toiles dont une des plus connues qui est l'affiche de l'exposition : " Le garçon mordu par un lézard" !

Quant aux artistes estampillés caravagesque tels les émules Carlo Saraceni et Bartolomeo Manfredi, ils me sont apparus comme de faibles copistes face au génie du clair obscur !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Les faux british" : immersion désopilante en Absurdie

Après une tournée triomphale au Royaume Uni à guichet fermé, "Les faux British" débarquent à Paris au théâtre Tristan Bernard !

Une troupe amateur de sept comédiens amoureux du roman noir, décident de monter une oeuvre qu'ils attribuent au Conan Doyle en fin de vie qui voulait se débarrasser de la figure obsédante de Sherlock Holmes : "Meurtre au manoir Aversham" !

Les trois auteurs Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Schields, tout comme le metteur en scène Gwen Aduh n'ont pas lésiné sur le burlesque !

Les catastrophes succèdent aux improbabilités comme le suggère l'affiche pour le plus grand plaisir des spectateurs dont les zygomatiques sont stimulés durant 1 heure 1/2 !

impossible de tout vous raconter car il faut courir voir cette pièce au risque de passer une excellente soirée entre amis !

Quelques gags pour titiller votre envie : un majordome flegmatique et très stylé qui s'essaye aux mots difficiles et lit ses répliques les plus longues au revers de sa redingote, une héroïne parodiant la voix de Fanny Ardant qui doit combattre physiquement sa doublure venue la remplacer après un xième évanouissement, un mort qui retire sa main pour que l'on ne lui marche pas dessus, des portes fermées qui sont en réalité ouvertes, un brancard troué en son milieu qui transporte vaillamment les cadavres, un détective qui marche sur des traces qu'il vient de découvrir avec sa loupe, un décor "acteur principal" qui fout le camp, un téléphone au fil torsadé improbable, une laisse sans chien, une musique thriller qui fige les acteurs dans des poses de bande dessinée...

Des acteurs jubilatoires, un scénario impossible à raconter tant il est inventif, des effets comiques visuels qui se télescopent de façon stroboscopique, un rythme endiablé, du suspens...

Un vrai régal pour les amateurs de polars et les fans d'humour anglais !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"My old Lady" : so british, so delicious !

Israel Horowitz a fait appel à d'excellents acteurs pour nous raconter une histoire de viager dans un Paris de carte postale !

Mathias (formidable Kevin Kline), quinquagénaire américain sans le sou débarque à Paris pour hériter d'un magnifique et branlant hôtel particulier du Marais qui lui a été légué par un père indifférent...

A sa grande surprise, il découvre qu'une nonagénaire en pleine santé (malicieuse Maggie Smith) y vit en compagnie de sa fille Chloé (excellente Kristin Scott Thomas)...

La comédie légère et primesautière se teinte vite de profondeur et de sérieux lorsque le scénariste nous fait découvrir le dessous des cartes de cet étrange arrangement... où les enfants sont victimes de la légèreté inconsciente des parents...

Le film nous parle d'amour et d'argent, de souvenir et de souffrance, de rédemption et de pardon tout en nous amusant... que demander de mieux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le labyrinthe du silence" : une page d'histoire fascinante

Giulio Ricciarelli, jeune réalisateur italien, signe ici un premier film parfaitement maîtrisé !

Il nous emmène en 1958 en Allemagne aux côtés d'un jeune procureur Johann Radmann interprété par un excellent Alexander Fehling, personnage "fabriqué" à partir de trois procureurs allemands de l'époque qui menèrent l'enquête sur les anciens cadres d'Auschwitz...

Respectueuse des faits historiques, cette fiction mêle habilement personnage recomposé et protagonistes réels tels le procureur général Fritz Bauer (Gert Voss) et le journaliste Thomas Grielka (André Szymanski)... qui jouèrent un rôle prépondérant dans cette chasse à l'homme ...

Les acteurs sont tous excellents, l'atmosphère de l'époque est élégamment restituée et le spectateur épouse le chemin de vie de ce jeune procureur, si naïf à ses débuts, si déterminé par la suite à faire juger pour la première fois sur le sol allemand d'anciens bourreaux SS... au risque d'y perdre son équilibre personnel...

Johann Radmann va passer des heures à éplucher des archives jalousement gardées par l'armée américaine, à entendre des témoignages de rescapés tous plus poignants les uns que les autres...

Le film se termine en 1963 devant les portes de la salle d'audience du procès de Francfort où vont comparaître pendant vingt mois devant un jury populaire, vingt deux exécutants du plus grand des camps de la mort engendré par la folie hitlérienne..

A voir absolument !

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