Après "1925. Quand l'Art déco séduit le monde", présentée en 2013, la Cité de l'Architecture propose de continuer l'exploration de la période Art déco en faisant le récit des échanges intellectuels et artistiques transatlantiques de la fin du 19ème siècle aux années 1930.
Cette exposition montre comment le style français Art déco a influencé l'architecture, les décors, le mode de vie et le goût des Américains du Nord. Style populaire, caractérisé notamment par un travail de la ligne, de l'ornementation, des arrondis, ou encore des motifs floraux, l'Art déco va voyager de la France à l'Amérique du Nord dans un dialogue dynamique porté en particulier par les architectes.
Dès les deux dernières décennies du 19ème siècle, l'Ecole des Beaux-Arts de Paris forme une centaine d'architectes américains et canadiens. Venus trouver dans la formation française l'art de la composition et de l'ornementation, cette "Internationale des Beaux-Arts" offre les fondements des échanges à venir entre la France et l'Amérique du Nord. De retour en Amérique, ces architectes construisent et meublent des buildings Art déco dans les métropoles américaines.
Cette émulation réciproque entre la France et l'Amérique connait son point culminant en 1925 lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels. Une délégation américaine de 104 membres y est envoyée par le secrétariat d'Etat au commerce pour observer ce "nouveau style" résolument moderne. Parallèlement, la France confie une mission diplomatique à l'Art déco, en revendique la paternité et veille à sa diffusion. Les années 20 sont ainsi marquées par les aller-retours : les architectes français qui construisent sur le continent américain sont de plus en plus nombreux (Paul Cret et Jacques Greber à Philadelphie, Jacques Carlu enseigne au MIT...)
Clé de voute de tous les arts, l'architecture entraine des évolutions stylistiques dans de nombreuses professions : peintres, sculpteurs, ensembliers, ferronniers...
A leur suite, la mode, la joaillerie et les arts de la table s'inspirent de ce nouveau style dont les lignes simples et fluides contrastent avec la période précédente de l'Art nouveau.
Cette dynamique est brisée par la crise économique de 1929, les architectes français rentrent en France.
En 1934, Jacques Carlu se voit confier le projet du palais du Trocadéro et conçoit un nouveau bâtiment aux proportions américaines, autour de la création d'une esplanade et de la percée d'une perspective grandiose sur la ville et la Tour Eiffel : l'art déco a retraversé l'océan.
Alléchée par cette promesse ambitieuse, j'ai été déçue par la qualité des objets et meubles présentés, par la scénographie très livresque des différents chapitres de l'exposition (beaucoup de panneaux écrits en lettres difficilement lisibles du fait de la petitesse des caractères), beaucoup de dessins et d'esquisses de projets jamais réalisés...
Je vous recommande d'autant plus l'exposition "Le chic ! Arts décoratifs et mobilier de 1930 à 1960" à la Galerie des Gobelins (voir critique du 29/11) !
Le Petit Palais présente, pour la première fois en France, une grande rétrospective dédiée au peintre anglais Walter Sickert (1860-1942), conçue en partenariat avec la Tate Britain.
Pourquoi quatre-vingts ans après sa mort ?
Ce retard est peu explicable à moins qu’il ne soit une conséquence du fait qu'il est malaisé de le caractériser en raison de la diversité des sujets qu'il peint et des nombreux styles qu'il s'approprie au fil des années.
Sa qualité d’artiste britannique elle-même, quoique confirmée par son passeport, ne l’est pas si nettement par sa vie. Il naît à Munich, en Allemagne, d’un peintre d’origine danoise et d’une mère anglo-irlandaise qui a grandi en France, à Dieppe.
Sa première éducation artistique, après quelques années où il exerce le métier de comédien, se passe à Londres, à la Slade School of Fine Art.
Dès 1882, il est introduit dans l’atelier de Whistler (1834-1903), lui-même de nationalité américaine et aussi présent à Paris qu’à Londres. Venu dans la capitale pour y transporter un tableau de Whistler qui doit être accroché au Salon de la Société des artistes français, il rencontre Edgar Degas, en avril 1883.
Dieppe devient à partir de 1885 et pour une vingtaine d’années le lieu de prédilection de Sickert. Il y séjourne aussi souvent que possible, avant de s’y établir à demeure, de 1898 à 1905, ce qui ne fait qu’accentuer sa proximité avec ses contemporains français impressionnistes.
Comme eux, il trouve les motifs de ses paysages dans les vieux quartiers de Dieppe et, comme eux encore, regarde longuement la mer et le ciel. Autre similitude : il se rend souvent à Venise, entre 1894 et 1904, comme Manet et Whistler avant lui et Monet après.
Il s’inscrit exactement dans l’idée de peintre de la vie moderne, telle qu’elle est énoncée par Baudelaire, en 1863 : un artiste qui tient la chronique de ses contemporains et scrute la ville, ses rues, ses immeubles et ses lieux de plaisir nocturne, comme des scènes de music-hall ou, plus tard, des nus, présentés de manière prosaïque dans des intérieurs pauvres de Camden Town.
L'artiste n'a pas beaucoup peint Paris mais à Londres le personnage solitaire perdu dans une rue la nuit et l'éclairage de la scène (Maple Street, 1916), ou bien à Dieppe les lumières d'un café vu de la rue (Nuit d'amour, 1920) font incroyablement penser aux atmosphères de l'Américain Edward Hopper (1882-1967).
Si Walter Sickert a multiplié les genres, ses choix de couleurs aussi virtuoses qu’étranges (j'ai particulièrement aimé ses "rouges") ainsi que ses cadrages originaux et déroutants caractérisent toute son œuvre.
Personnellement je n'ai pas du tout apprécié ses dernières créations : en effet à partir de 1914 l'artiste change radicalement sa façon de travailler. Il se met à peindre en grand format à partir de photographies dont il reporte les tracés agrandis sur la toile, ou bien en projetant directement l'image sur la toile avec une lanterne. Ces œuvres sont tirées de la presse, du cinéma, du monde du spectacle.
Une exposition très complète, malheureusement pas très bien éclairée de mon point de vue (le musée explique que c'est pour protéger les tableaux), à découvrir jusqu'au 29 janvier 2023.
Photo, auto-portraits, portraits de commandes et portraits de ses nombreuses maitresses
Dieppe : café, salle de baccarat, salle de spectacle et église St Jacques
Fête foraine et scènes de music hall
Londres : scènes d'extérieurs et scènes d'intérieurs (dont sa toile la plus connue "L'ennui" de la vie conjugale))
Venise, Paris rue Notre Dame des Champs, marine (Angleterre)
En collaboration avec le musée Munch d’Oslo, le musée d’Orsay consacre une exposition au célèbre peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) dont l’œuvre dans son ampleur – soixante ans de création - et sa complexité demeure pourtant en partie méconnu.
Un voyage au cœur de la carrière d’Edvard Munch, une rétrospective qui mélange l’expressionnisme, l’art moderne, l’impressionnisme, le réalisme, le symbolisme ou encore le postimpressionnisme.
L’exposition présente une centaine d’œuvres, peintures, mais aussi dessins, estampes ou encore blocs gravés, rendant compte de la diversité de la pratique de l'artiste.
Le peintre a élaboré d'une manière poétique, philosophique et structurale le cycle de la vie, de l'amour et de la mort, comme le titre de l'exposition le laisse transparaitre. Ses œuvres sont en grande partie inspirées par les philosophies vitalistes de Friedrich Nietzsche et d'Henri Bergson.
Pour la Frise de la vie, Munch organise ainsi son discours autour de l'amour, puis élargit à d'autres mouvements de l'âme tels l'angoisse, le doute existentiel et la confrontation à la mort. Pour lui l'humanité et la nature sont les éléments de ce cycle, et représentent une éternelle renaissance.
Le processus créatif singulier de Munch le conduit à réaliser de nombreuses déclinaisons d'un même motif, mais aussi plusieurs versions du même sujet.
L'autoportrait qu'il pratique tout au long de sa carrière souligne ses traumatismes d'enfance (Munch avait 5 ans lors du décès de sa mère et 15 ans lors du décès de sa sœur ainée) - et ses doutes intérieurs qui l'amèneront à de graves épisodes dépressifs, comme une de ses sœurs qui demeurera internée durant presque toute sa vie.
A voir jusqu'au 22 janvier !
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En profiter pour voir ou revoir Rosa Bonheur (1822-1899) : 200 ans après sa naissance, le musée d'Orsay présente 200 œuvres de la peintre animalière (peintures, arts graphiques, sculptures, photographies), issues des plus prestigieuses collections publiques et privées d'Europe et des États-Unis, et pour certaines, récemment découvertes.
Frise de la vie : Angoisse, Désespoir, Jalousie, Le cri, Mélancolie, La lutte contre la mort (2), Puberté, Femme en pleurs
Autoportraits
Arbres au bord de la plage, Couples s'embrassant dans le parc, Enfants dans un paysage d'hiver, Jeunes filles arrosant des fleurs, Jeunes gens au bord de la plage, L'été au parc, Dames sur le pont, Nuit étoilée, Soirée sur l'avenue Karl Johan
Déclinaisons d'un même sujet : Le baiser, Jeunes filles sur le pont, Séparation
Rosa Bonheur : portraits de la peintre et portraits d'animaux
Rassemblées pour la première fois dans le cadre d’une exposition, près de 200 œuvres issues des collections du Mobilier national font revivre l’essence du « Chic » à la française.
De 1930 à la fin des années 1950, la majeure partie des décorateurs qui feront l’histoire de ces trois décennies du XXe siècle est appelée à collaborer avec le Mobilier national : André Arbus, Marc du Plantier ou Raphaël Raffel...
La figure du décorateur joue alors un rôle capital : véritable ensemblier, il conçoit la décoration comme un tout harmonieux et orchestre les métiers d’arts au service d’un projet global. L’art du raffinement s’appuie alors tant sur la préciosité des matériaux (parchemin, bronze doré, cristal, laque, etc.) que sur la recherche de la ligne, jusqu’à l’épure du design.
D’une qualité et d’une diversité remarquables, la collection du Mobilier national comprend aussi bien des meubles d’apparat, héritiers d’une longue tradition de luxe, que des pièces fonctionnalistes qui marquent la transition vers le design contemporain.
Le Mobilier national a confié la scénographie de l'exposition à Vincent Darré qui, pour convaincre les conservateurs et les équipes en place de soutenir son projet, l'a intégralement représentée à l'aquarelle en peignant tous les meubles dans ses décors.
Vincent Darré a conçu un parcours où le visiteur ne se contente pas de voir des pièces emblématiques des années 1930 à 1960, mais où il est invité à cheminer dans trois décennies de création à travers l'exposition universelle de 1937, la reconstitution de grands ensembles mobiliers tels que l’aménagement de l’hôtel Kinsky, l’appartement des souverains au château de Rambouillet et surtout les pièces d'apparat représentatives des mutations esthétiques impulsées par le président Auriol et son épouse, grands amateurs d'art...
Les années 1950, aux sources de la vague pop sont illustrées par le salon de Marc du Plantier et la chambre de Janette Laverrière !
Cette exposition est également l’occasion de mettre en valeur les savoir-faire d’une cinquantaine d’artisans et maîtres d’art qui ont contribué à la restauration des pièces exposées, révélant ainsi ces ensembles sous un jour nouveau. En effet, entre 2021 et 2022, le Mobilier national a engagé un programme de restauration d’une ampleur inédite d’une centaine de pièces de la collection de meubles et de luminaires des années 1930 à 1950. Ce programme a ainsi permis de soutenir une filière fragilisée pendant la crise et d’encourager l’activité de femmes et d’hommes qui font vivre un patrimoine immatériel inestimable.
A voir jusqu'au 29 janvier 2023
Esquisses projets de scénographie de Vincent Darré
Années 1930 : André Arbus...
Années 1940 : bureau de dame, antichambre de l'Elysée, Chateau de Rambouillet, salle de bains présidentielle, fumoir de l'Elysée, grand salon doré de l'Elysée, pavillon de chasse de Marly
Années 1950 : Marc du Plantier, Janette Laverrière, Jacques Quinet
Le musée des Arts décoratifs met à l’honneur l’œuvre audacieuse et inspirante d’Elsa Schiaparelli, créatrice italienne, dont l’inspiration s’est nourrie d’une relation privilégiée avec les artistes du milieu de l’avant-garde parisienne des années 1920 et 1930.
L'exposition réunit 520 œuvres dont 272 costumes et accessoires de mode, mis en regard de 248 peintures, sculptures, bijoux, flacons de parfum, céramiques, affiches et photographies signées des plus grands noms de l’époque.
Novatrice, moderne, guidée par son goût du spectacle, Elsa Schiaparelli conçoit la mode comme un art et Paris comme une fête !
Liberté de créer, de dialoguer, d'être soi-même que l'on découvre dans les 6387 dessins de collection que la créatrice légua à la fin de sa vie à l'Union Française des Arts du Costume (UFAC), dessins que l'on peut découvrir dans la 1ère salle de l'exposition...
A son arrivée à Paris en 1922, Elsa Schiaparelli rencontre le grand couturier Paul Poiret qui l'encourage à se lancer dans la mode.
Très vite, la couturière tisse des liens privilégiés avec des artistes tels que Jean Cocteau, Salvador Dali, Van Dongen... et des photographes tels que Cecil Beaton et Man Ray...
Dès 1935, Elsa Schiaparelli installe ses salons de couture au 21 place Vendôme, ouvre une boutique au rez-de-chaussée dénommée "Schiap" et inscrit chacune de ses collections couture dans une thématique forte : "le papillon", "la musique", "le cirque", "les signes du zodiaque"...
Dès 1936, la couturière sollicite Albert Lesage, fondateur d'un atelier de broderie pour embellir ses créations...
Cette grande rétrospective met également en lumière l’héritage du style Schiaparelli avec des silhouettes interprétées par de célèbres couturiers lui rendant hommage : Yves Saint Laurent, Azzedine Alaïa, John Galliano, Christian Lacroix...
A découvrir : les créations contemporaines de Daniel Roseberry (directeur artistique de la maison Schiaparelli depuis 2019), qui mêlent les codes historiques du surréalisme et la technicité expérimentale de la couture !
Une magnifique exposition (très fréquentée) à voir jusqu'au 22 janvier 2023 !
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A voir également dans la grande nef du musée, l'exposition "Années 80. Mode, design et graphisme en France" : 700 œuvres – objets, mobilier, silhouettes de mode, affiches, photographies, clips, pochettes de disques et fanzines – retracent cette époque frénétique synonyme d’éclectisme, où le postmodernisme ouvre tous les possibles artistiques.
Le clou de l'exposition est un audiovisuel des plus emblématiques films publicitaires de l'époque (Pliz avec Marie Pierre Casey, Jex Four avec Alice Sapritch, RATP T'as le ticket chic, Citroën Les chevrons sauvages...)
Loin des clichés qui entourent sa personnalité, l’exposition Frida Kahlo, au-delà des apparences propose aux visiteurs d’entrer dans l’intimité de l’artiste, et de comprendre comment elle s’est construite une identité à travers la manière de se présenter et de se représenter.
Pour la première fois en France et en étroite collaboration avec le Museo Frida Kahlo, l’exposition rassemble plus de 200 objets provenant de la Casa Azul, la maison où Frida est née en 1907 et a grandi : vêtements, correspondances, accessoires, cosmétiques, médicaments, prothèses médicales..
Ces effets personnels ont été mis sous scellés au décès de l’artiste, en 1954, par son mari le peintre muraliste mexicain Diego Rivera, et ont été redécouverts cinquante ans plus tard, en 2004. Cette précieuse collection - comprenant des robes traditionnelles Tehuana, des colliers précolombiens que Frida collectionnait, des exemplaires de corsets et de prothèses peints à la main... - est présentée, avec des films et photographies de l’artiste, pour constituer un récit visuel de sa vie hors-normes.
L’exposition retrace la manière dont l’artiste a façonné, tel un manifeste, son image nourrie par son héritage culturel et par son expérience du genre et du handicap : c’est, en effet, à la suite d’un grave accident, survenu à l’âge de 18 ans, que Frida se consacre à la peinture et adopte le vêtement traditionnel qui lui permet d’affirmer sa mexicanité.
La visite se prolonge avec une exposition, présentée du 15 septembre au 31 décembre 2022, qui aborde l’influence de l’artiste sur la mode contemporaine et la façon dont elle demeure, encore de nos jours, une icône et une source d’inspiration pour les designers, parmi lesquels Alexander McQueen, Jean Paul Gaultier, Karl Lagerfeld...
A voir jusqu'au 5 janvier : je vous conseille de retenir un créneau plutôt matinal car l'exposition est très (presque trop) fréquentée !
Robes de Tehuana constituées de huipiles (tunique traditionnelle brodée), de rebozos (châles), jupes et volants
Frida, 19 ans, photographiée par son père Guillermo Kahlo (photographe de profession), Frida 22 ans, Frida 32 ans photographiée par Nickolas Muray, Frida 39 ans à New York
Par ordre chronologique de 1931 à 1953 : Le faiseur de fruits, Fuasse couche à Détroit, Naissance, Ma robe était pendue là, Passionnément amoureux, Habillée pour le paradis, Le coeur, Moi et ma nourrice, Ce que l'eau m'a donné, Elle joue seule, Ils demandent des avions et n'ont que des ailes, Le cadre, Le square est à eux, Pitahayas, Survivant, Frida Kahlo peignant les deux Frida, Suicide, Portrait fille de Tehuacan, Colonne brisée, L'arbre de l'espérance, Autoportrait, Pourquoi voudrais-je des pieds alors que j'ai des ailes
Peintures votives, Corset peint, Lunettes des années 50
Gérard Garouste réinvente la peinture et nous transporte dans son univers peuplé de mythes qui nous questionnement !
Le Centre Pompidou expose durant quatre mois 120 tableaux majeurs de l'artiste en grand format, pour la plupart inconnus du grand public car détenus dans des collections particulières...
L'exposition suit pas à pas le parcours de l'un des plus importants peintres français né en 1946, adepte d'une figuration sans concession...
Dès sa première période, au début des années 1980, l'artiste met en scène deux figures opposées et complémentaires qu'il a inventées la décennie précédente : le "Classique" et l'"Indien" - l'apollinien et le dionysiaque - à l’œuvre selon lui chez chaque individu...
Il revisite l'histoire de l'art de façon magistrale à travers la mythologie grecque et les genres de la peinture. La figure, le portrait, la nature morte sont explorés tour à tour dans d'immenses tableaux aux couleurs fabuleuses, dont la manière rappelle les peintres que Garouste a étudié : Tintoret, Le Greco...
La découverte d'un grand récit poétique La divine comédie de Dante, vient donner naissance à un nouveau corpus qui est pour l'artiste une introduction aux différents niveaux de lecture biblique. La série des Indiennes prolonge sur des supports de toile libre cette thématique...
Vers la fin des années 1990, Garouste conçois La dive Babuc, inspirée de Rabelais,, une œuvre circulaire monumentale peinte sur les deux faces,dont on ne découvre l'intérieur qu'à l'aide d’œilletons : au visiteur de réinventer le hiatus entre deux visions !
C'est également à cette période que l'artiste apprend l'hébreu et s'intéresse à la tradition exégétique juive à travers l'étude du Talmud et du Midrach : il se passionne pour les textes sacrés et la figure devient lettre !
Il revisite les textes bibliques et redécouvre Don Quichotte à la lumière de la thèse selon laquelle l'auteur aurait pu être un marrane, un juif d'Espagne converti de force au christianisme et pratiquant sa religion en secret...
A partir des années 2000, Garouste réalise plusieurs portraits familiaux (sa femme Elisabeth et ses deux enfants), ainsi qu'un autoportrait au masque de chien, symbole de l'intuition...
En 2005, le peintre réalise une série d’œuvres sur le thème de "l’Ânesse et la figue", les deux mots en hébreu ayant une proximité consonantique !
En 2007 il commence une nouvelle série introspective : "La Bourgogne, la famille et l'eau tiède" où il illustre ses difficiles relations avec son père dont il a découvert tardivement les activités troubles durant la guerre...
A la fin des années 2000, Garouste s'approprie le Faust de Goethe dont les personnages font l'objet d'une nouvelle série...
Dans la dernière salle (il y en a 18), le peintre conçoit en étroite complicité avec le philosophe et rabbin Marc Alain Ouaknin, une série intitulée Correspondances autour de la figure de Kafka : il invente le concept d'art ancien-nouveau (ou Alt-Neu-Kunst) qui selon lui réunit son oeuvre et celle de l'écrivain tchèque...
Le Banquet, monumental triptyque réalisé en 2021, renvoie à de multiples clés de lecture : la fête de Pourim, qui célèbre le festin d'Esther, la figure de Kafka, le tableau La récolte de la manne du Tintoret...
Foisonnante, puissante, inspirante, torturée l’œuvre de Gérard Garouste a quelque chose à nous dire, d'où que nous nous situions !
Années 80 : Le Classique, Orthros et le Classique, Le déjeuner sur l'herbe, Adhara, Colomba, La chambre rouge, Sainte Thérèse d'Avila, Le Commandeur et la règle du jeu, Le Commandeur et le vase bleu, La barque et le pêcheur, L'Enfer, La visitation ,
1987 : Indiennes
1995-2000 : Les Pieux,, Don Quichotte, Adam et les trois lumières, Il établira, L'Eve à la fontaine, Le Berger, L'Alliance, La croisée des sources, Le vieillard et la prostituée, L'Antipode
Années 2000, portraits familiaux : Le mat et le fou, Portrait d'Elisabeth, Le masque de chien, La Mouche, Portrait de Stéphanie - L'Anesse et la figue, Alma, Dina, L'Etudiant et l'autre lui-même, Isaïe d'Issenheim, Caved, Autoportrait Véronique, Le joueur de flûte, Marguerite-Elisabeth,
Années 2010 : Le Pacte, le Rabbin et le nid d'oiseaux, Don Quichotte, Don Quichotte et les livres brulés, Pinocchio et la partie de dés, Le clown blanc et l'Auguste, La martre et l'écureuil (Kafka et Chouchani)
2021 : La martre et la toupie, Aboulafia, Le Banquet,
Le musée Picasso présente une double exposition consacrée à Maya Ruiz-Picasso, articulée en deux volets : « Nouveaux chefs-d’œuvre. La Dation Maya Ruiz-Picasso » et « Maya Ruiz-Picasso, fille de Pablo ».
Organisé chronologiquement, le premier volet s’articule autour des neuf chefs-d’œuvre (six peintures, deux sculptures et un carnet de dessins) conservés par la fille de l’artiste depuis la succession, ayant rejoint les collections nationales par dation en 2021. Il propose un dialogue fécond entre art extra-occidental, art ancien et art moderne à travers un ensemble d’œuvres de Picasso, de pièces issues de sa collection et une sélection de prêts remarquables.
Le second volet de l'exposition explore les témoignages précieux d’une relation entre un père et sa fille, propose de relire une partie de la production de l’artiste sous le prisme de ce rapport filial et souligne la manière dont la présence de Maya a nourri et amplifié l’intérêt de l’artiste pour le thème de l’enfance.
María de la Concepción, surnommée Maya, naît le 5 septembre 1935. Elle est la première fille de Pablo Picasso et de Marie-Thérèse Walter. L’arrivée de cette enfant est un bouleversement dans la vie de Picasso. Le visiteur découvre un ensemble exceptionnel de portraits peints consacrés à la fillette, mais aussi une importante sélection de sculptures, d’œuvres graphiques, de photographies et de documents d’archives.
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié la seconde partie de l'exposition qui est enrichi de nombreux petits films de souvenirs familiaux... même si le portrait de l'artiste m'a paru légèrement hagiographique ?!
A voir jusqu'au 31 décembre dans ce très beau musée au cœur du Marais
Maya et sa mère
Paulo, Claude et Paloma
Père de l'artiste peint à 14 ans, Tête de femme, Le déjeuner sur l'herbe
Cette exposition met en lumière le miracle qu'est l'invention de Venise. Miracle d’ingénierie et d’architecture, mais également miracle artistique. Une ville, construite sur la boue instable d’une lagune, qui lutte depuis plusieurs siècles contre la mer ; une menace impitoyable qui fut aussi la source de son immense richesse.
Immergé dans la ville et longeant ses canaux, transporté sur les toits et traversant les murs, le visiteur réalise une promenade virtuelle à couper le souffle !
L'exposition s'appuie sur une banque de données de 300 000 images de synthèse de Venise, souvent prises par des drones en 2021, qui permettent de voir ce que l’œil ne peut pas voir comme le détail de certaines peintures du Palais des Doges installées à 12 mètres du sol..
Plus scientifique et pédagogique que les expositions du type Atelier des Lumières, le projet vise à raconter l’histoire de la cité des Doges, du petit — des écrans tactiles pour la pénétrer — au très grand, comme ces salles de cathédrales d’images de la place Saint-Marc.
L’exposition s’articule en quatre chapitres, conjuguant chronologie historique et déambulation au travers des sites majeurs de la ville :
La lagune : naissance de Venise dans les méandres d’une lagune ;
Le grand canal : l'âge d’or, Venise puissance commerciale et navale ;
La place Saint-Marc et le Palais des Doges, lieux d'incarnation du pouvoir ;
Une ville qui se transforme, toujours en devenir.
Enfin des promenades interactives dans la Venise du XVe siècle, réalisées par Ubisoft à partir des modèles du jeu vidéo Assassin’s Creed II, amplifient l’immersion du visiteur en le projetant virtuellement dans les quartiers les plus emblématiques de la cité.
A voir jusqu'au 19 février dans un lieu éphémère abrité dans une aile de l'Opéra Bastille !
L'artiste né à Versailles et père de 7 enfants, a trouvé son style depuis quelques années : il peint ses enfants et surtout ses 6 filles dans des écrins de grandes pièces vides, lovés sur des canapés ou des fauteuils, allongés par terre avec un livre, ou plein cadre de dos ou de face sur de subtils fonds ocres ou gris...
Enfants sages, enfants intemporels, enfants calmes, enfants figés dans des peintures léchées, enfants des années 50 bien peignés, jolies têtes blondes nattées, jeunes filles aux robes d'ange...
Un univers très personnel que nous fait partager ce peintre de l'intime !
A voir jusqu'au 11 septembre à Saint Jean de Luz !