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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Opium" un film musical réalisé par notre excentrique Arielle Dombasle

Arielle Dombasle a voulu nous raconter l'histoire d'amour fou entre Jean Cocteau et Raymond Radiguet, histoire qui n'a duré que trois ans mais dont la fin précipita Jean Cocteau dans l'opium !

Ces années là sont passionnantes et autour de ces deux là gravitent les grands noms de la littérature et du monde de l'art de cette époque ! Breton, Nijinski...

Les deux acteurs : Grégoire Colin dans le rôle de Cocteau et Samuel Mercer dans le rôle de Radiguet sont tout à fait crédibles !

Le casting est insolite et chic avec notamment une Hélène Fillières altière en Marie Laure de Noailles, les costumes sont somptueux, les fêtes au Bœuf sur le toit sont fastueuses et décadentes !

Pourtant, dans ce monde qui semble si superficiel, la torture de la jalousie est éternelle et puissamment réelle !

Le film est inclassable, potentiellement agaçant mais jamais rasoir (dixit Télérama)

A voir pour ceux qui aiment l'univers du poète et sont fascinés par la liberté de son "coup de crayon" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La vie domestique" : des femmes au foyer saisies par le vide de leur existence

Dans le film d'Isabelle Czajka, Emmanuelle Devos (Juliette) est tout à fait dans le jeu de rôle qui selon moi la caractérise dans tous ses films : elle est comme absente de son corps, à côté de la vie qu'elle n'a pas vraiment choisie !

Le film se passe dans une banlieue parisienne résidentielle, un peu sur le modèle de Desperate Housewives, même si ces dernières sont plus drôles et plus féroces !

Juliette, la quarantaine, n'est pas certaine du choix de leur couple de s'installer dans cette belle maison avec jardin, tout près du RER...

On lui a proposé un poste dans une maison d'édition et la caméra va la suivre tout au long de sa journée d'attente... du coup de fil, du rendez-vous à venir !

Vingt-quatre heures donc de la vie d'une femme au foyer d'aujourd'hui qui essaie de reprendre possession de sa vie, vie qui lui a été volée, sans qu'elle s'en aperçoive, par un mari et deux enfants au mieux indifférents à son égard...

Mais si Juliette tente de se révolter, elle ne sait plus se battre... je vous raconterai pas la fin !

Un film à voir pour se conforter d'avoir fait le bon choix en décidant d'être une femme active... si nécessaire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Blue Jasmine" un Woody Allen au sommet de son art !

Cate Blanchett est éblouissante dans le rôle de Jasmine, femme déclassée qui quitte New York et vient s'installer dans le petit appartement de sa sœur Ginger (excellente Sally Hawkins) à San Francisco

Ces deux sœurs, dont on apprendra à la mi-temps du film qu'elles sont toutes les deux adoptées, vivent dans deux mondes parallèles qui n'auraient jamais du se rejoindre !

Jasmine vivait la grand vie à New York auprès de son richissime mari Hal (Alec Baldwin) avant d'être entraînée dans sa ruine...

Ginger tire le diable par la queue : elle est caissière dans un super marché, élève comme elle le peut les deux fils qu'elle a eu avec son ex et tente de se rebâtir dans une nouvelle histoire d'amour...

La caméra filme Jasmine qui arrive seule à San Francisco, gavée d'anxiolytiques et criblée de dettes avec des bagages Vuitton et une veste Chanel qui lui permettent de tenir debout ! Les premières scènes campent formidablement son désarroi quand elle débarque dans ce quartier populaire avec ses réflexes de grande bourgeoise !

Mais on comprend vite que Jasmine ne va pas bien : elle parle toute seule et à n'importe qui ; elle a souvent les larmes aux jeux et a tout le temps envie d'une vodka-Martini, à laquelle elle se raccroche quand elle ne peut plus respirer !

Au fil des scènes entre les deux soeurs et de nombreux flash backs bien amenés, on apprend à mieux connaître cette Jasmine qui a le "blue" mais sans jamais la cerner totalement ! Car Jasmine échappe à toute classification et c'est cela qui rend son personnage de femme magnifique !

Ginger est également fascinante : elle n'est pas jalouse de sa sœur, quoique, elle ne lui en veut pas quand l'ex mari de Jasmine leur a fait perdre le gain inouï au loto qu'ils avaient eu le tort de lui confier, quoique !

Les personnages secondaires sont également très justes et le film nous fait vivre au présent la vie aux Etats-Unis comme si nous faisions partie du scénario !

Car la force de ce film tient dans la légère caricature des névroses bien partagées aujourd'hui - qui nous permet de rester spectateur tout en étant complètement concerné !

Jasmine qui finit par se reprendre petit à petit se fait finalement piéger par la tendance actuelle à se "survendre" et à affirmer un lieu commun dans l'air du temps "on a bien le droit de se réinventer" !

La fin du film redistribue les cartes entre les deux sœurs de façon très subtile !

Un film à voir absolument !

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Publié le par Nicolas
Publié dans : #cinéma
Blue Jasmine - du woody sans woody

Cate Blanchett joue merveilleusement dans ce Woody sans Woody ! Seule depuis que son escroc de mari s'est suicidé en prison, ruinée et n'ayant plus de quoi payer son loyer exorbitant, l'ex-femme de cet espèce de Madoff débarque chez sa soeur à San Francisco pour tenter d'y reconstruire sa vie.

C'est un peu le choc entre les deux soeurs (adoptées) qui ne sont pas tout à fait du même monde...

Il y a à la fois du rythme, des personnages savoureux, des dialogues (ou des monologues) mordants, des rebondissements et une atmosphère de tragédie grecque que l'on retrouve parfois dans ses films.

Bref je suis enthousiaste !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"The Guitry's", les années folles au théâtre rive gauche

Eric Emmanuel Schmitt s'est amusé à écrire l'histoire de Sacha Guitry et d'Yvonne Printemps !

Durant les 15 années que dura leur amour, ces deux-là sont tombés amoureux, se sont mariés, ont joué dans le monde entier, ont fait rayonner "l'esprit" français, puis se sont déchirés pour finalement se séparer !

La mise en scène est très inventive, Claire Keim qui incarne la fille des faubourgs à la voix de rossignol est jolie comme un coeur et a un très joli brin de voix...

Martin Lamotte est un peu plus laborieux ! Mais qui raisonnablement peut prétendre rivaliser avec le maître des mots qu'était Sacha Guitry !

Comme la France était gaie dans ces années-là !

Pour une rentrée théâtrale tout en sourire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Sur le chemin de l'école" à voir sans attendre pour réconcilier les enfants avec l'école

Ce documentaire réalisé par Pascal Plisson raconte l'épopée de quatre "héros" d'une dizaine d'années, vivant aux quatre coins du monde, pour aller à l'école !

Jackson (11 ans) traverse la savane du Kenya et parcourt 15 kms par jour au péril de sa vie et de celle de sa petite sœur pour rejoindre leur école : Jackson veut être professeur plus tard !

Zahira (12 ans) entreprend une journée de marche dans l'Atlas marocain pour rejoindre son internat où l'attendent ses amies !

Samuel (13 ans), privé de ses jambes, est poussé par ses petits frères dans un fauteuil roulant bricolé le long de 4 kms de routes indiennes défoncées ! Il est accueilli dans la cour de récréation comme un vainqueur !

Carlos (11ans) parcourt 18 kms à cheval 2 fois par jour dans le décor quasi désertique de la Patagonie, veillant sur sa petite sœur qui veut prendre les rênes de leur monture !

Ses enfants courageux ont le sourire accroché à leur soif d'apprendre !

Les images de ce documentaire sont magnifiques et le scénario entremêle joliment les 4 histoires ! Nous suivons les périples de ces enfants, nous avons peur avec eux, nous les encourageons, nous les trouvons déjà trop adultes et pourtant leurs bouilles sont aussi craquantes que celles de nos gosses européens blasés de tout !

On ressort de la projection gonflés à bloc !

Vive l'école !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les amants du Texas" un très joli film dans la veine de "Mud"

Décidément les américains savent raconter des histoires et nous entraîner dans leur imaginaire intemporel !

Le film de David Lowery n'est pas un grand film mais on sort de la projection la tête pleine de rêverie... les yeux remplis de grandes étendues et le cœur rempli de douceur et de tendresse même si le sujet a priori ne s'y prête pas... et justement c'est ce qui en fait toute la magie de ce film difficilement racontable !

Bob (Casey Alleck) et Ruth (Rooney Mara) sont très amoureux et font des casses... on ne sait pas pourquoi et le sujet n'est pas là où le spectateur pourrait l'attendre !

Encerclés dans une vieille maison; leur complice se fait tuer ; Ruth réplique et blesse un policier... Bob décide de se rendre et de se déclarer coupable à la place de Ruth qui vient juste de lui apprendre qu'elle est enceinte...

Il est incarcéré pendant de longues années et ceci même si le policier ne meurt pas de ses blessures : au Texas tout le monde a une arme mais celui qui tire sur les forces de l'ordre est sévèrement puni !

Ruth, qui accouche d'une petite fille, réussit à s'inventer une nouvelle vie grâce à l'aide de son père adoptif Skerritt (excellent Keith Carradine), dont le rôle est particulièrement réussi dans son ambiguïté !

Et c'est ce qui fait le charme de ce film : les héros ne sont pas vraiment méchants mais pas gentils non plus, ils ont leur part d'ombre et elle ne nous est pas complètement dévoilée !

Bob va s'évader et chercher à rejoindre Ruth et leur petite fille... Mais Ruth qui n'a pas envie d'une vie de cavale hésite... Elle protège Bob en déclarant à tous ses interlocuteurs qu'il ne va pas venir la rejoindre et se laisse protéger par le policier Patrick Wheeler (excellent Ben Foster)...

La cavale est très réussie avec ses différents protagonistes Bob et son ex meilleur ami, la police, les tueurs à gage lancés à ses trousses....

Un film à voir pour partager l'histoire de Ruth et Bob qui pourraient être des amants français d'aujourd'hui !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Elle s'en va" ... Télérama tu m'énerves !

Une fois de plus, je ne suis pas du tout d'accord avec Télérama qui porte aux nues le film d'Emmanuelle Bercot et qui trouve Catherine Deneuve sublime !

Le film n'a ni queue ni tête et si la caméra est amoureuse de Catherine Deneuve, le spectateur essaie de suivre et de s'intéresser au road movie de Bettie, sexagénaire qui quitte tout sur un coup de tête !

Bettie est divorcée et est revenue vivre à Concarneau chez sa mère où elle tient un restaurant qu'elle n'arrive pas à rentabiliser...

Sa mère lui apprend un soir que son amant a pris une nouvelle maîtresse plus jeune qu'elle et qui est enceinte !

Sans même chercher à le joindre, Bettie s'enfuit du restaurant le lendemain au volant de sa voiture... elle roule droit devant elle et va suivre la route sans but apparent !

En manque de cigarette et décidée à tout faire pour en trouver une, elle va faire des rencontres aussi improbables que ridicules : un vieux monsieur qui va lui proposer de rouler de ses mains arthritiques du petit gris... un groupe de femmes buveuses de bière, un jeune homme qui va la draguer et dans le lit duquel elle va se retrouver, un gardien de nuit à qui elle va confier l'histoire de sa vie... le tout dans un décor sinistre d'aires d'autoroutes et de départementales sans grâce !

Et pourtant elle traverse la Bretagne pour rejoindre l'Ain car Emmanuelle Bercot invente un "vrai" sujet pour la deuxième partie du film !

Bettie est appelée par sa fille Muriel (interprétée par la chanteuse Camille) avec laquelle elle n'a plus de contact depuis des années ! Muriel, jeune divorcée trentenaire qui a un entretien d'embauche lui demande d'accompagner son fils chez son grand père paternel...

Bettie découvre donc son petit fils de 10 ans avec lequel les relations vont être difficiles au début d'autant que sa mère l'a mis en garde contre sa grand mère... Mais rassurez-vous, ils vont très vite très bien s'entendre !

Bettie qui est partie sans argent accepte de se joindre à une réunion d'ex miss régionales (elle est une ancienne miss Bretagne)... qu'elle avait pourtant décidé de snober !

L'épisode est assez consternant : Catherine Deneuve fidèle à sa réputation se fait dire par ses anciennes copines qu'elle était "très belle" (on nous montre d'ailleurs les photos de l'époque qui nous mettent d'autant plus mal à l'aise face au physique actuel de la star que la caméra n'épargne pas) mais "froide" !

Je ne vous raconterai pas la fin que je trouve ridicule puisque Bettie à peine sortie des bras de son amant régulier et de son amant de passage trouve l'amour en la personne de ... je vous laisse deviner !

La morale de cette histoire : une sexagénaire est toujours sexy surtout si elle s'appelle Catherine Deneuve !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Alabama Monroe" un film qui ne peut pas laisser indiférent

Je serai moins positive que Nicolas au sujet du film de Felix von Groeningen mais il faut reconnaître qu'il a sa petite musique, sans jeu de mots !

"Alabama Monroe" raconte la passion assez improbable entre Didier (Johan Heldenbergh), joueur de banjo dans un groupe de bluegrass country en pays flamand et Elise (Veerle Baetens) qui tient un magasin de tatouage...

Ils vont s'aimer dans la vie et dans la musique puisque Elise, qui a une très jolie voix va être acceptée comme chanteuse par les potes de Didier !

De cette union naît une ravissante petite fille Maybelle (Nell Cattrysse) qui sera le ciment de ce couple... et dont le décès entraînera leur naufrage...

Car Maybelle comme le petit garçon de "La guerre est déclarée" est atteinte de leucémie mais elle ne guérira pas et le cinéaste ne nous épargne pas grand chose de son calvaire ni de celui de ses parents...

Mais le vrai sujet de ce film "ovni" est la déception de Didier face à l'Amérique qu'il vénère et célèbre en jouant du banjo ! Le monde de Didier s'écroule quand il apprend que Georges Bush junior décide de ne pas soutenir la recherche sur les greffes...

Décision qui lui parait archaïque pour ce pays qui incarne pour lui la modernité et la possibilité de se réinventer ! Pour lui, c'est comme si le phare américain cessait de briller pour sa fille !

Didier va dévisser et entraîner Elise dans sa chute !

Inutile en tout cas d'aller voir "Alabama Monroe" si vous n'aimez pas la musique country car les nombreux morceaux interprétés par le couple constituent les principaux moments de grâce du film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Jimmy P." : un joli film d'amitié entre deux hommes

Arnaud Desplechin nous raconte l'histoire vraie de l'amitié entre un indien d'Amérique (Benicio del Toro) et un psychanalyste d'Europe centrale : Georges Devereux (Mathieu Amalric)

A la fin de la seconde guerre mondiale, Georges Devereux est appelé par le directeur de l'hôpital militaire de Topeka (Kansas) pour soigner un indien blackfoot, Jimmy Picard, qui est victime de migraines épouvantables suite à une blessure au crâne apparemment guérie

Pour Georges Devereux, anthropologue et pionnier de la psychanalyse, c'est une aubaine car il a beaucoup de mal à trouver sa place dans le monde de la psychanalyse naissante

Entre ces deux hommes que tout oppose : leur taille (Benicio del Toro est un colosse à côté du malingre Amalric, souvent souffrant de surcroît dans le film), leur religion (Devereux est juif, Jimmy P. catholique)... la parole se délie, l'un aidant l'autre et réciproquement...

C'est ce qui fait toute la beauté de ce dialogue... en effet pas de relation maître élève, mais deux hommes qui se trouvent et essaient de soigner leurs bleus à l'âme en s'écoutant !

Les personnages secondaires sont également très bien interprétés ; la sœur de Jimmy P., femme forte qui prend en charge la douleur de son frère, l'amie de Devereux, Madeleine, interprétée par Gina McKee délicieusement décalée...et le directeur de l'hôpital qui fait preuve d'une rare ouverture d'esprit en faisant appel à ce ludion vibrionnant qui n'est même pas médecin !

La complicité entre les deux hommes se construit petit à petit et les conduit par la main jusqu'à la guérison ! Un film qui vous réconcilierait presque avec la psychanalyse, du moins celle de l'époque, qui balbutiait et ne se prenait pas trop au sérieux !

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