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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Majordome" enfin un bon film !

Lee Daniels nous offre le biopic d'Eugene Allen qui travailla comme majordome au service de huit présidents américains d'Eisenhower à Reagan !

Ce noir américain renommé pour le film Cecil Gaines (Forest Whitaker) est né dans les champs de coton du Sud profond en 1919

Il se retrouve à Washington avec sa femme Gloria (Oprah Winfrey) et ses deux fils où il est repéré par un vice président qui lui propose de travailler à la Maison Blanche

Le film présente un triple intérêt : revivre les principaux événements de cette longue période au sein même du bureau ovale, suivre l'évolution politique de l'opinion américaine et des quatre membres de cette famille, tous excellemment interprétés, dans la conquête des droits civiques des noirs dans le sillage de Martin Luther King et Malcom X... sans oublier la musique de l"époque !

Je ne vous en raconterai pas beaucoup plus car il faut se laisser happer par ce film qui dure quand même un peu plus de deux heures !

Un petit moment de régal à ne manquer : Jane Fonda, toujours aussi belle, s'amuse à camper une Nancy Reagan plus vraie que nature !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Caméra d'or à Cannes, "Ilo Ilo" passe à côté de l'émotion promise

Premier long métrage d'Anthony Chen, "Ilo Ilo" est le récit d'une tranche de vie d'une famille aisée de Singapour

Le papa, cadre commercial, traverse une période noire sur le plan professionnel : humilié puis licencié, il cache son état à sa famille et essaie de garder la tête haute en jouant en bourse (il perd toutes ses économies) et en se faisant engager comme vigile dans un entrepôt, duquel il se fait également remercier !

La maman qui n'arrive pas à "gérer" son petit garçon de 10 ans embauche une nounou philippine pour s'occuper du garnement (vraie tête à claques, le jeune acteur qui incarne le rôle n'est même pas craquant ?!)... et de sa maison, d'autant plus qu'elle attend un autre enfant

Le petit garçon surnommé Jiale fait tourner sa nounou en bourrique pour ensuite la préférer à sa maman qui bien évidemment le vit très mal, d'autant qu'elle a accueilli ladite nounou comme une esclave moderne (elle lui prend son passeport, la fait coucher dans la chambre de son fils, surveille ses faits et gestes et fouille dans ses maigres bagages...)

Aucune émotion entre ses êtres qui essaient de survivre :

- la maman secrétaire de direction enchaîne, à la demande de son patron qui aboie, les lettres de licenciement tout en se sentant elle-même à l'abri du fait de son ancienneté !

- on apprend vite que la nounou de 28 ans travaille pour faire vivre son fils qu'elle a laissé au pays chez sa sœur...

Les relations entre la nounou et Jiale sont convenues, aucun geste tendre dans le couple, l'environnement de l'appartement est glauque...

Seule la fin du film ouvre une fenêtre sur des relations normalisées entre père et fils... une amorce de complicité masculine dans le couloir de l'hôpital où la mère est en train d'accoucher...

Si la vie en 2013 dans le continent asiatique ressemble à cela, autant rester dans la vieille Europe !

Si la caméra d'or est un reflet de notre époque, vive le divertissement au sens pascalien du terme !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
Retrouver Ludmila Mikaël au théâtre de l'Oeuvre ?!

J'ai assisté à la première et j' ai donc essuyé les plâtres !

Et pourtant l'affiche était belle : "Et jamais nous ne serons séparés" de Jon Fosse avec dans le rôle principal une actrice merveilleuse Ludmila Mikaël !

C'est l'histoire d'une femme qui attend un homme ! "La vie est attente" ! dixit Jon Fosse

Elle soliloque et se demande s'il va venir et si oui quand va-t-il arriver ? Il se fait tard, d'habitude il prévient quand il est en retard mais le téléphone ne sonne pas ! Elle ira vérifier plusieurs fois !

Il ne viendra pas et d'ailleurs "elle est si bien toute seule avec ses objets dont elle est le lien"... Elle est forte et grande et superbe ! Elle pense, elle est très intelligente !

Jusqu'ici rien de plus normal même si les premiers instants de la pièce paraissent laborieux ! Quelle femme qui attend n'essaie pas de se persuader qu'elle n'a besoin de personne et qu'elle s'auto-suffit ?!

Le problème c'est que le dialogue intérieur de Ludmila dure tout le long de la représentation !!!

Elle répète en boucle et ad nauseam les même phrases passant de l'espoir, à la résignation, à la tristesse, au reproche...

La mise en scène introduit heureusement deux de ses fantasmes :

- "il est venu, il est là" avec l'arrivée sur scène de Patrick Catalifo qui certes n'a pas un rôle facile mais qui joue un personnage fantomatique et déjanté "genre je sors de mon lit et je ne suis pas bien réveillé mais dites moi quand même" !

- "il y a une autre femme qui l'attend" incarnée par Agathe Dronne (plus crédible !)

Bref le spectateur s'ennuie, attend lui aussi les rebondissements qui n'arrivent pas et est très content de quitter le théâtre en laissant Ludmila avec ses problèmes ! Et d'ailleurs le public en ce soir de première a beaucoup applaudi cette belle et talentueuse actrice qui fait vraiment ce qu'elle peut pour habiter le vide de l'absence de cet homme et du texte !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Très déçue par "Tirez la langue mademoiselle"

Encensé par la critique le deuxième film d'Axelle Ropert ne ressemble à rien !

Il est long, le scénario est peu crédible, les dialogues sont poussifs, le quartier chinois de Paris présenté comme un personnage à part entière du film est filmé au ras des trottoirs...

C'est l'histoire de deux frères médecins généralistes qui exercent dans le quartier chinois : Boris (interprété par Cédric Kahn qui se demande visiblement ce qu'il fait dans le film) et Dimitri (interprété par Laurent Stocker dont le jeu d'acteur est plutôt réussi).

Le film campe tout d'abord et longuement l'existence de ces deux frères quadragénaires et célibataires qui reçoivent systématiquement leurs patients ou se déplacent en consultation en binôme... et souvent avec leur chien ! Pas étonnant que leur comptable tire la sonnette d'alarme en leur expliquant que leur cabinet n'est pas rentable !

Ils habitent le même immeuble mais tout de même pas le même appartement ! Mais ils se font des coucous quand ils rentrent le soir, l'un de ses parties de ping-pong, l'autre de ses réunions d'alcoolique anonyme !?!

L'intrigue du film se met en place quand ils débarquent à deux au chevet d'Alice, une petite fille dont le diabète s'aggrave, qui a appelé le service d'urgence du quartier, en l'absence de sa mère qui travaille la nuit !

Par conscience professionnelle, Boris retourne le lendemain matin voir Alice et découvre sa maman : Judith, incarnée par Louise Bourgoin et "l'engueule" parce qu'elle était injoignable ! En fait il ne le sait pas encore mais il est tombé amoureux d'elle !

Judith qui décide de confier la prise en charge de sa fille à Boris, découvre Dimitri qui la trouve très belle ! Le spectateur aussi !

La suite est convenue : les deux frères découvrent l'amour et semblent enfin s'éveiller à la vie ! Le suspens est total !!! Lequel des deux frères Judith va-t-elle choisir ?!?

Pour compliquer l'intrigue, la réalisatrice décide de faire rentrer dans le scénario le père d'Alice qui s'est enfui lorsqu'il a appris la grossesse de Judith !

Au secours... impossible de s'attacher à ces personnages qui flottent au gré de leurs différentes rencontres programmées ou fortuites... Bref ce film est tout au plus un téléfilm médiocre qui aborde un certain nombre de sujets mais sans vraiment les traiter !

Sans parler de la fin qui arrive trop tard pour sauver la solitude des personnages !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir ou revoir "La fiancée du pirate"

la fiancée du pirate, Bernadette Laffont nous a quittés le 25 juillet dernier à 74 ans !

Le cinéma lui rend hommage en rediffusant ses principaux films : "Le beau Serge", "Paulette", "L'effrontée" avec Charlotte Gainsbourg (le film est une réussite et célèbre les deux actrices !) et "La fiancée du pirate"

Réalisé en 1969 par Nelly Kaplan, le film fut interdit à sa sortie aux moins de 18 ans !

Bernadette Laffont dans ce film a 30 ans ; elle incarne Marie, une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux et va bientôt être au centre du scandale qui agite ce petit lieu-dit du Lubéron !

Le film est toujours moderne mais en même temps, délicieusement suranné !

Et ce n'est pas uniquement parce que les principaux acteurs ont aujourd'hui quitté la scène : Georges Géret le facteur et garde champêtre, Michel Constantin l'animateur du cinéma ambulant, Julien Guiomar le hobereau du coin, Jean Parédès l'herboriste...

La France rurale ne se ressemble plus et la trogne truculente des personnages semble définitivement appartenir au XXe siècle ! Tout est tellement lisse aujourd'hui et politiquement correct ! Cf ma critique de "Jeune et jolie" !

Mais Bernadette "Marie" est tellement vivante, tellement actuelle dans sa quête : comment exister malgré les carcans de la société, comment trouver sa place quitte à déranger toute l'organisation sociale confite et hypocrite d'une petite collectivité où tout le monde se connait !

Le film parait un peu déjanté pour nos esprits formatés de 2013 mais justement, il faut se laisser bousculer par l'étrange liberté de cette héroïne du combat des femmes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Rentrée cinématographique avec "Jeune et jolie"

Dernier film de François Ozon encensé par la critique et notamment par Télérama !

Je rentre de vacances et déjà je ne suis pas d'accord avec Télérama !

"Jeune et jolie", c'est le récit de 4 trimestres de la vie d'une jeune fille de 17 ans, Isabelle, incarnée par Marine Vatch !

Les premières images du film donnent le ton décalé de la suite : Isabelle en maillot de bain sur une plage du sud de la France est espionnée par son frère pré-pubère, Victor !

Victor s'intéresse de très près aux premiers émois de sa sœur aînée qui n'hésite pas à se confier à lui...

Toute la famille, très bobo parisienne, la mère (Géraldine Pailhas), le beau-père (Frédéric Pierrot) et le frère sont des ardents promoteurs du petit ami allemand d'Isabelle !

Et ce qui devait arriver, arrive ! Et c'est un flop total !

Isabelle rentre à Paris où elle est lycéenne à Henri IV : avec ses copines, elle traîne son ennui de vivre... et décide de répondre positivement aux sollicitations d'un homme qui l'arrête dans la rue !

La suite est convenue, gratuite, décousue et sans passion !

Isabelle se prostitue pour de l'argent alors qu'elle ne manque de rien, n'éprouve aucun désir ni plaisir !

C'est la mort d'un de ses clients qui mettra la police sur les traces de la jeune fille !

La mère découvre toute l'histoire, s'émeut... mais les scènes entre la mère et la file ne sont pas crédibles... le beau-père s'en mêle peu... mais semble s'intéresser, le temps d'une soirée, au physique très avantageux de sa belle-fille !

La caméra est amoureuse d'Isabelle mais Isabelle ne ressent rien et les spectateurs non plus !

Le film ne fait qu'effleurer le sujet de la prostitution qui est assimilée à une sortie "banale" d'adolescence ! Pouah !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Pour une femme" : Diane Kurys continue à nous inviter dans son roman familial

Une dernière critique avant les vacances !

Après "Diabolo menthe" (1977) et "Coup de foudre" (1983), Diane Kurys évoque à nouveau le souvenir de ses parents...

Anne (Sylvie Testud) découvre à la mort de sa mère dans les années 80 une ancienne photo de cette dernière en compagnie de sa sœur enfant et d'un bel inconnu...

Flash back à Lyon en 1945, ville dans laquelle Lena (Mélanie Thierry) et Michel (Benoit Magimel), un jeune couple de juifs russes rescapé des camps de la mort réapprend à vivre...

Michel est tailleur et membre du parti communiste... Lena met au monde une jolie petite fille blonde prénommée Tania...

Jean, le jeune frère de Michel que ce dernier croyait mort, s'installe chez eux et la vie prend un tout autre tournant, révélant les failles et les manques de chacun...

Tout sonne juste dans ce film : les acteurs, les époques...

Nous ne quittons pas des yeux Mélanie Thierry dont la belle présence illumine le film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
"Lorna Simpson" : une belle expo photos au Jeu de Paume

Lorna Simpson ou la séduction en noir et blanc !

La photographe explore son identité afro-américaine à travers un travail d'images mises en perspective, de textes et d'un ensemble de vidéos !

Née à Brooklyn en 1960, c'est sa première grande rétrospective européenne !

Dans ses derniers travaux, Lorna Simpson se positionne en tant que sujet dans des images d'archives très fifties qui nous captivent au-delà du simple effet vintage !

A aller voir avant ou après un déjeuner dans le jardin des Tuileries pour profiter de l'été qui s'annonce enfin !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La fille publique" un film autobiographique de Cheyenne Caron

Ce film constitue une curiosité dans le paysage audiovisuel français, même s'il est un peu long comme beaucoup de films récents : 2h12 minutes !

Un "petit" film, un sujet difficile : les enfants de l'Assistance publique, des acteurs inconnus tous parfaits : Doria Achour interprète Yasmeen, Anne Lambert la mère et Joël Mavon le père...

C'est l'histoire de Yasmeen qui a été recueillie à 3 mois avec sa sœur - par un couple qui héberge, nourrit et accompagne l'épanouissement de tous ces "oiseaux à la patte cassée" que sont les enfants de l'Assistance publique...

Aujourd'hui Yasmeen a 17 ans et bientôt elle pourra être officiellement adoptée par le couple... quand elle est rattrapée par son passé... Une femme qui prétend être sa mère la poursuit dans la rue en lui demandant de l'écouter !

Mais Yasmeen ne veut rien entendre... sa mère c'est Agnès, celle qui l'a élevée...

Yasmeen est en colère contre l'administration qui est trop lente, contre sa sœur qui ne veut plus être adoptée, contre l'école où elle s'ennuie... Et Yasmeen commence à faire les 400 coups....

Nous suivons Yasmeen dans sa révolte adolescente mais surtout identitaire, nous souffrons avec les parents qui ne savent plus très bien comment la suivre entre fugues et demande de câlins, nous essayons de comprendre cette mère qui essaie de reconquérir l'amour de ses filles en jouant la victime...

Un petit bijou d'authenticité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"La Vénus au phacochère" à voir à l'Atelier pour Alexandra Lamy

Alexandra Lamy incarne tour à tour Misia Sert, égérie du tout Paris de la Belle Epoque, son mari Thadée Natanson, fondateur de la Revue blanche, Alfred Edwards richissime fondateur du Matin... et son amie G.

La mise en scène est inventive, l'actrice est époustouflante de vérité et de charme...

Dès les premiers instants, nous nous retrouvons dans l'atmosphère fin XIXe avec Misia Sert qui a pris ses quartiers d'été à Villeneuve, entourée de "ses"peintres : Lautrec, Vuillard et Renoir...

Misia Sert est furieuse contre Thadée qui a publié dans sa Revue un article de Strinberg intitulé "De l'infériorité des femmes" ... Leur échange épistolaire est d'autant plus vif que Thadée veut qu'elle rentre à Paris pour jouer son rôle d'hôtesse dans les fameux dîners que le couple organise !

Misia invite son amie G. à la première d'Ubu Roi où elle rencontre, à la demande de son mari, Alfred Edwards le richissime fondateur du Matin qui lui fait une cour effrénée...

Le ping pong épistolaire se poursuit entre les différents personnages, éclairant les rapports qui se tissent entre les protagonistes de cette valse à trois avec confidente !

Dommage que le texte de Christian Siméon soit pauvre !

Quant à cette tranche de vie, elle m'a laissée perplexe sur les motivations croisées de ces people de la Belle Epoque !

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