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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Déçue par "Les beaux jours" de Marion Vernoux

Je me réjouissais à l'idée de revoir Fanny Ardant et de poursuivre notre relation cinéphile après notamment "La femme d'à côté", "Vivement dimanche"... deux superbes opus de François Truffaut...

Hélas, trois fois hélas !!!

Peu tentée par le sujet : une femme chirurgien dentiste se retrouve à la retraite sans véritablement de projet... ni par le héros de l'histoire Laurent Lafitte, j'ai quand même sauté le pas...

L'histoire entre Fanny Ardant et Laurent Lafitte, animateur d'un club pour retraités auquel elle finit par se rendre pour combattre son désœuvrement, est indigente : le spectateur n'y croit pas plus que les protagonistes !

Tous les grands sujets du film ne sont que superficiellement abordés : la perte de statut social, la relation au sein d'un couple qui fête ses 35 printemps, la relation mère filles adultes, la possibilité d'être grand-mère...

Pourtant tout n'est pas à jeter dans "Les beaux jours" : Patrick Chesnais, qui incarne le mari de Fanny Ardant, est magnifique de sobriété masculine !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Aller à Giverny pour voir l'expo Signac !

Un avant-goût de vacances à 1 heure de Paris !

Une exposition lumineuse d'un de nos plus illustres pointilliste Paul Signac, ami de Claude Monet, au Musée des impressionnismes....

Dans le cadre de la seconde édition du festival Normandie Impressionniste, nous découvrons 130 œuvres de ce peintre amoureux de l'eau et des couleurs !

Depuis les premières marines peintes sur le littoral normand et de facture très nettement impressionnistes, ce marin nous emmène dans les ports qu'il a aimés : Paris et ses berges industrieuses, Saint-Cloud, Antibes, Saint-Tropez et son clocher... et sa plage de la Ponche et son sentier douanier (le peintre y a acheté une maison), Concarneau, Saint-Briac, Rotterdam et ses vapeurs et même Venise !

Il faut en profiter pour se promener dans le jardin attenant au musée et fouler le champ de coquelicots peint par Manet, s'introduire dans l'hötel Baudy où tous les impressionnistes de l'époque avaient leur rond de serviette et payaient leur repas en nature !

Et pourquoi pas faire un petit détour par Vernon, ville moyenâgeuse avec sa plage sur la Seine et ses maisons en encorbellement !

Nous avons évité la maison et les jardins de Monet devant laquelle attendaient patiemment de longues files de touristes...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Un rapport sur la banalité de l'amour" au théâtre de la Huchette

En contrepoint du film "Hannah Arendt" dont je vous parlais - film qui explorait la période où cette dernière publiait le livre qui fit scandale sur "La banalité du mal", il faut absolument aller voir cette pièce qui met magnifiquement en scène la relation entre Hannah Arendt et son mentor Martin Heidegger !

Son auteur argentin Mario Diament connait un grand succès en Amérique du Sud et du Nord. La pièce est à l'affiche depuis 3 ans à Buenos Aires et a été plusieurs fois récompensée. C'est la première fois qu'elle est jouée en France !

Le sujet qui était sous jacent dans le film et surtout trop brièvement remis en perspective, est ici analysé de manière très sensible !

Les deux interprètes, Maïa Gueritte et André Nerman, tous les deux formidables, nous replongent immédiatement dans cette période de l'avant-guerre et nous font revivre la passion amoureuse de deux êtres que tout devrait séparer : le philosophe soupçonné de complaisance avec le nazisme et sa jeune élève juive qui fuit l'Allemagne dès 1933 pour se réfugier en France puis aux USA !

Nous les accompagnons tout au long de leur vie entre rencontres secrètes (Martin Heidegger est marié et tient à sa réputation dans le milieu universitaire qui est le sien), querelles idéologiques et retrouvailles après-guerre !

Nous comprenons mieux pourquoi Hannah n'a pu totalement renier Martin malgré ses prises de position qui lui vaudront un procès en 1945 et ses attitudes souvent machistes voire parfois froidement égoïstes !

Pour partager l'intimité intellectuelle et amoureuse de deux figures symboliques de la première moitié du XXe siècle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Contractions" au théâtre des Abbesses

La pièce du jeune anglais Mike Bartlett ne se joue malheureusement plus mais il faut que je vous en parle car ce fut un grand moment de théâtre et l'auteur mérite d'être suivi !

A 33 ans, il a écrit une douzaine de pièces pour la scène mais également pour la radio : "Love contractions" a été adapté pour le Royal Court en 2008...

Le décor sobre nous propulse immédiatement dans l'entreprise avec ses codes : immense table de réunion, fontaine à eau, plante verte !

Deux personnages, deux femmes vont s'affronter au fil de leurs rencontres et mettre en lumière les techniques qui font de l'être humain un esclave à la merci de son employeur !

La jeune directrice des ventes à l'avenir professionnel prometteur est convoquée par la directrice qui l'accueille aimablement et s'enquerre de ses relations avec ses collègues...

Elle lui rappelle que toutes les relations sentimentales et a fortiori sexuelles sont interdites dans l'Entreprise et que d'ailleurs cela figure dans son contrat...

La jeune femme, bien dans sa peau, qui poste les films de ses soirées sur facebook, s'étonne : elle ne connait rien de semblable !

Pourtant elle va être trahie par un de ses collègues qui dit avoir subi une forme d'harcèlement sexuel de sa part...

De convocation en convocation, la directrice n'aura de cesse que de détruire cette jeune femme tout en gardant ses précieuses compétences : en lui demandant de renoncer à son amour, puis à son enfant... la poussant au suicide, à la folie... jusqu'à la rédemption glaçante de la fin de l'histoire...

La pièce fait froid dans le dos tant les mécanismes de l'oppression qui se mettent en place désarment la jeune femme, qui se retrouve dans un corner sans autre issue que la soumission !

Les deux actrices (Marie Denamaud et Elina Löwensohn) jouent superbement bien, la mise en scène de Mélanie Leray est réellement inventive et le texte traduit de l'anglais garde tout son impact !

Une réussite par rapport à la pièce "En réunion" dont je vous parlais précédemment !

Un auteur à aller écouter à Londres ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La grande bellezza" : un film réservé aux inconditionnels de Rome

L'Ulysse de Télérama aime passionnément.le film.. je ne suis pas totalement d'accord avec Ulysse !

Paolo Sorrentino (à l'exception de son film sur Giulio Andreotti) ne filme que des lâches et des las d'une vie de vains et vides loisirs !

Nous sommes invités par Jap Gambardella (Toni Servillo) qui fête ses 65 ans sur la terrasse de son superbe appartement avec vue sur le Colisée... Les invités dansent, dansent, extatiques, exténués, souriants, grotesques et le spectateur se dit qu'il ne va pas pouvoir supporter les 2h20 du film...

Et pourtant la magie du cinéma opère peu à peu et l'ombre de Fellini plane sur cette Rome décadente mais si belle au soleil levant !

Les déambulations dans la ville nous hypnotisent peu à peu et le film se transforme ; sans perdre de son ironie il évolue de la démesure à la retenue, du profane au spirituel...

Car l'Eglise, ses sœurs et ses cardinaux s'invitent à chaque détour du scénario et tous les fantoches proches du néant qui l'entourent (quelques portraits savoureux d'anges déchus de leur beauté), semblent s'effacer devant une vieille religieuse sans âge qu'il est chargé d'interviewer !

Le film est difficilement racontable... il faut s'immerger et se laisser gagner par la langueur d'une ville qui a su garder sa beauté classique dans ses perspectives architecturales !

Et s'émerveiller d'une rencontre nocturne incongrue mais délicieuse avec Fanny Ardant que le héros salue et à qui il souhaite une bonne nuit !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir "Joli Mai" pour le charme de Paris en 1962

Le documentaire de Chris Marker a été remastérisé pour le plus grand bonheur des amoureux de Paris !

Mai 1962 : Chris Marker et Pierre Lhomme baladent leur caméra dans les rues de Paris et de sa proche banlieue et confient le micro à Yves Montand qui nous berce de sa voix !

Mai 1962 : les accords d'Evian marquent la fin de la guerre d'Algérie, au cinéma on joue L'année dernière à Marienbad et Cléo de 5 à 7...

Au fil des rencontres, les réalisateurs abordent tous les sujets des plus légers aux plus graves ; on parle de politique et d'amour, de bonheur, de misère et de progrès...

On parle également de la météo, déjà pas fameuse, du prix des pommes de terre et des premières divagations de la Bourse !

Paris est beau en noir et blanc et même si la vie est dure, les personnes interviewées nous séduisent par leur authenticité et la lumière si particulière que l'on voit dans les yeux des titis natifs et immigrés...

Le ton est gouailleur, les trognes natures et les propos éloignés de la langue de bois du XXI siècle !

J'ai souri en écoutant les amoureux qui veulent se marier pour la vie...j'ai admiré cette femme qui se réjouit d'être relogée dans une tour moderne, elle qui tentait de faire vivre ses cinq enfants et la petite cousine adoptée dans une pièce d'un taudis à Aubervilliers... j'ai admiré ce prêtre ouvrier qui a choisi de rester parmi ses frères d'usine... j'ai entendu ce jeune algérien qui raconte le début de sa vie professionnelle et dans quelles circonstances il a failli devenir raciste... j'ai frémi devant les images d'archives du métro Charonne....

On sort de ce documentaire (un peu long : 2h15 très denses), ragaillardis par l'énergie de tous ces humbles qui croient en l'avenir et font des rêves pour leurs enfants !

Le film n'est pas nostalgique car il est tourné vers des lendemains qui seront meilleurs... Nos politiques seraient bien avisés d'écouter la parole des commerçants, des ouvriers, des architectes... des femmes et des hommes qui font que Paris sera toujours Paris !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Ginger & Rosa" : le passage à l'âge adulte dans les early sixties

Un joli film de Sally Potter avec deux adolescentes Ginger incarnée par Elle Fanning, la rousse boudeuse et Rosa la brune délurée interprétée par Alice Englert (fille de Jane Campion)

Nous sommes dans le Londres conservateur des années 1960 secoué par la libre pensée et les jeunes gens en colère de Carnaby Street... en pleine crise des missiles de Cuba...

Les deux inséparables sèchent l'école pour manifester contre le nucléaire... et oui déjà !

Entre premières cigarettes et baisers volés, elles entrent en rébellion contre leurs mères qu'elles accusent pour l'une de ne pas avoir su garder son homme, pour l'autre de mal vivre mal sa relation avec un compagnon volage...

Ginger et Rosa, c'est l'histoire de la perte de l'innocence de l'enfance lorsque l'irruption de la réalité des trajectoires adultes va progressivement séparer les deux amies !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
"Marie Laurencin" : une expo à aller voir au Musée Marmottan avant le 30 juin

La place des artistes peintres femmes est encore aujourd'hui marginale... Seule Berthe Morisot a bénéficié il y a deux ans d'une exposition à Marmottan .. et on attend toujours une exposition sur Suzanne Valadon...

Aujourd'hui le musée a réuni 90 œuvres de Marie Laurencin à découvrir car la plupart viennent de Tokyo... ou à redécouvrir !

Rien ne prédestinait cette enfant naturelle née à Paris en 1883 à devenir une figure des Années Folles...

Encouragée par Braque dont elle fait la connaissance à l'académie Humbert, elle expose pour la première fois en 1907 au salon des indépendants...

C'est cette même année que Picasso l'amène au Bateau Lavoir et lui présente Apollinaire, avec lequel elle vivra une histoire d'amour passionnée jusqu'en 1913

Durant sa première période, elle hésite entre cubisme et fauvisme et multiplie portraits et autoportraits...

Sa deuxième période est celle de l'exil car ayant épousé un baron allemand en 1914, elle doit très vite se réfugier en Espagne où elle réalise ses premiers tableaux à sa manière si personnelle : femmes lianes au visage blanc et yeux de chatte très noirs, touche de rose sur la bouche reprise dans les drapés des thèmes raffinés qu'elle adopte... femmes à leur toilette, femmes au balcon, portraits de femme avec chien...

Les couleurs pastel sont poudrées de gris, de rose, de bleu et de jaune, la facture délicate presque maniérée évoque la Renaissance... Adeline et moi aurions bien pris quelques toiles ou aquarelles pour décorer les murs d'une salle de bain / boudoir à réinventer...

Revenue à Paris en 1919, elle fréquente des salons très en vue comme celui de Misia Sert ainsi que des cercles lesbiens... et fait la connaissance de Gertrude Stein sa première commanditaire et de la princesse de Polignac...

Elle connut de nombreuses amitiés amoureuses avec des femmes dont la plus longue avec Nicole Groult, sœur du couturier Paul Poiret et mère de la romancière Flora...

Issue d'un milieu très simple, Marie se tient à l'écart des mondanités et préfère aux ego des artistes peintres la compagnie des écrivains et des livres... Beaucoup de poètes et d'écrivains ont d'ailleurs écrit sur elle : André Breton, Philippe Soupault, Paul Morand, Jean Cocteau, Marcel Jouhandeau, Somerset Maugham, Jean Paulhan...

Témoin de son époque, Marie Laurencin a su traduire à sa façon bien particulière et très féminine l'art de vivre de son époque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Gatsby le magnifique" revoir le film de 1974 avec Robert Redford !

Baz Luhrmann s'est largement inspiré de la mise en scène de 1974 avec Robert Redford et Mia Farrow mais y a introduit la 3D et une surenchère au niveau des fêtes réalisées dans la superbe résidence de Jay Gatsby... au point de nous donner mal au cœur tant les images et le son nous agressent !

Certains pourraient préférer Leonardo di Caprio à Robert Redford mais le premier en fait des tonnes alors que Robert Redford traduisait par son élégance toute la dualité du personnage !

Quant à Carey Mulligan qui incarne Daisy Buchanan l'ex petite amie de Gatsby que celui-ci souhaite séduire à nouveau, son jeu équivaut à celui de Mia Farrow, la nostalgie en moins ?!

Les deux versions sont aussi longues l'une que l'autre : 2h20 minutes, alors n'hésitez plus !

"Gatsby le magnifique" revoir le film de 1974 avec Robert Redford !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Song for Marion" : so deliciously british !

Le film de Paul Andrew Williams nous plonge dès les premières images dans l'Angleterre de nos étés adolescents : une rue de coquettes petites maisons en brique précédées de leurs jardinets verdoyants avec quelques marches qui incitent à entrer...

Nous voici dans le cottage de deux retraités londoniens Daisy (Vanessa Redgrave) et Arthur (Terence Stamp) qui ont une vie bien réglée autour de la chorale pour elle, du pub entre copains pour lui... Ils sont très unis même s'ils ne sont pas d'accord sur tout...

En effet si Daisy est très entourée par ses amis, son fils James (Christopher Eccleston) et sa pétillante petite fille Jennyfer... Arthur quant à lui ne vit que pour Daisy et a du mal à comprendre son engouement pour la chorale et la jolie jeune Elizabeth (Gemma Asterton) qui l'anime...

Les acteurs sont tous très justes et le film tout en délicatesse...

Nous admirons la force tranquille de Daisy, nous sourions devant la jeunesse d'Elizabeth, nous nous inquiétons avec James de savoir si son père va enfin lui faire confiance et surtout nous accompagnons pas à pas Arthur dans son ouverture aux autres...

Un bonbon anglais à sucer pour oublier la pluie de Paris et retrouver celle de Londres !

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