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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Suzanne" nous entraîne dans son histoire d'amour

Sara Forestier, interprète du rôle titre, est tout à fait magique en amoureuse farouche et fragile dans le film de Katell Quillevéré...

C'est l'histoire d'une famille qui vit dans le sud de la France, sur un quart de siècle...

Le père, Nicolas (excellent François Damiens), routier au volant d'un énorme camion, veille, malgré ses nombreuses absences, sur ses deux filles qu'il élève seul depuis le décès de leur mère, comme un matou jaloux : Suzanne et sa sœur Maria (ravissante Adèle Haenel - césarisée dans la catégorie second rôle féminin) grandissent côte à côte, inséparables...

Fille mère à 17 ans, Suzanne est une jeune femme toujours un peu "ailleurs" qui a du mal à trouver sa place dans la société... Elle saisit toutes les occasions pour s'évader et tombe raide dingue amoureuse d'un petit malfrat Julien (Paul Hamy) ... qu'elle va bientôt suivre dans sa cavale, abandonnant son fils à sa sœur cadette qui devient insensiblement le second pilier de la famille...

La caméra a l'originalité de s'attacher à ceux qui restent et dont la vie est comme suspendue à l'attente du retour de Suzanne ! Puis à sa sortie de prison... où elle suit à nouveau Julien et lui fait un enfant...

Car Suzanne et Julien s'aiment comme si chacun était pour l'autre source de vie...

Je vous recommande ce film pour sa petite musique, ses acteurs qui sont tous excellents et sa fin magnifique... où Suzanne devient enfin mère dans une scène que je vous laisse découvrir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le géant égoïste" ou le destin fracassé de deux gamins descendants des héros de Dickens

Le film de Clio Bernard nous emmène à Bradford au nord de l'Angleterre où les prairies mouillées regagnent du terrain sur les friches industrielles...

Les familles au chômage survivent misérablement grâce aux mères Courage qui ont beaucoup de mal à "tenir" leurs sauvageons de fils...

Le tableau économique et social fait froid dans le dos : nous sommes pourtant en Europe, au XXIe siècle comme l'attestent les portables !!!

"Le géant égoïste" au titre inspiré d'un ouvrage d'Oscar Wilde, c'est l'histoire de deux adolescents de 13 ans : le héros Arbor (Conner Chapman), gueule d'ange et tête malade... et le doux Swifty (Shaun Thomas), son fidèle complice et souffre douleur

Déscolarisés, les deux garçons traînent leur désœuvrement autour d'une centrale électrique désaffectée aux pylônes gigantesques qui se découpent dans le ciel noir étoilé, à la recherche de chutes de métaux qu'ils pourraient récupérer et vendre au ferrailleur du coin : Kitten (Sean Gilder) pour quelques livres...

Très débrouillard, Arbor est le cerveau du duo même si les crises dont il est victime lui font à chaque occasion commettre le geste qu'il ne faut pas, le privant ipso facto de l'affection qu'il quête maladroitement...

Séduit et lucide à la fois, Swifty accompagne Arbor dans sa quête d'affirmation tout en veillant fraternellement sur lui...

Swifty apprend à Arbor la douceur des chevaux... mais n'arrive pas à faire face à la folie d'Arbor dont chaque coup de tête le prend totalement au dépourvu...

Dans ce panorama de misère émergent toutefois de très belles images et quelques scènes poignantes ou saisissantes : Arbor réconforte et câline sa mère qui se lamente sur l'emprisonnement de son fils aîné junkie qui va jusqu'à voler les médicaments de son petit frère, une course de chevaux attelés sur l'autoroute à l'aube avant que les automobilistes ne l'empruntent...

Je ne vous dirai pas que le film est optimiste même si la fin laisse entrevoir, dans sa noirceur, un début de rédemption mais il vaut par son témoignage de notre époque qui ne cesse d'exclure la différence !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le démantèlement" : le sacrifice d'un père Goriot dans la belle province

Sébastien Pilote filme ici les petits paysans québécois rattrapés par la crise économique...

La caméra s'attarde sur les paysages et sur les visages, les prairies vallonnées où paissent les moutons et le bleu des yeux fatigués par le labeur sans fin...

Gaby (formidable Gabriel Arcand) s'occupe seul de la bergerie dont il a hérité...

Tour à tour ses frères ont quitté la ferme puis sa femme est partie vivre à la ville voisine et enfin ses filles ont quitté la région pour s'installer à six heures de route à Montréal !

Son chien sur les talons, les journées du sexagénaire sont cadencées par l'alimentation du troupeau, les menus travaux pour consolider les enclos et les courses au village...

Malgré les belles images, le film est tout sauf bucolique car le vrai sujet est celui d'un homme qui a longtemps cru que ce qui était le plus important pour lui, c'était la ferme... mais la ferme lui a tout pris...

Et quand sa fille aînée Marie (Lucie Laurier) vient lui annoncer son divorce et ses soucis financiers, il tergiverse un peu mais se résout rapidement à vendre la terre, la ferme, le troupeau et la maison de ses ancêtres - renonçant ainsi à une fin de vie digne mais permettant à sa fille d'élever dignement ses propres enfants...

Le film nous réserve quelques très jolies scènes comme celle entre Gaby et sa fille cadette Frédérique (ravissante Sophie Desmarais) qui s'est lancée dans une carrière théâtrale ; elle ne vient jamais le voir mais quand elle apprend par l'ami et comptable de son père Louis (Gilles Renaud) que son père a décidé de vendre, elle quitte tout pour être à ses côtés en ces moments qui signent la fin d'une époque...

Nostalgie, nostalgie ! mais aussi dévouement des nouveaux pères fragilisés par l'amour qu'ils portent à leurs filles! mais aussi solitude de ces derniers garants d'un certain équilibre écologique...

Un joli film, à la fois classique et moderne chez nos cousins de l'autre côté de l'Atlantique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"The lunchbox" : à voir de toute urgence !

Le réalisateur indien Ritesh Batra signe son premier film et c'est avec impatience que nous attendons les suivants !

Sa petite musique, loin de Bollywood, nous parle de l'Inde et de la vie à Bombay, de la solitude des êtres au sein d'une foule affairée et bigarrée, de la difficulté d'être une femme libre quand la société vous cantonne dans votre rôle de mère au foyer...

Il était une fois une très jolie jeune femme Ila (Nimrat Kaur) délaissée par son mari...

Désireuse de le reconquérir et aidée en cela par une vieille voisine avec laquelle elle échange par la fenêtre propos et ingrédients (on ne la verra jamais), décide de mettre dans la lunchbox de son mari des plats dignes du plus grand restaurant...

Accrochés au guidon d'un antique vélo, au milieu de la circulation abracadabrantesque de la ville tentaculaire, nous suivons le ballet de cette lunchbox qui bénéficie d'un système de livraison archaïque mais sans erreur qui traverse le tout Bombay (le système a été audité et a reçu l'imprimatur de Harvard !)...

Ila est désolée par la réaction de son mari qui ne lui parle de rien quand il rentre le soir et s'isole dans sa chambre avec son téléphone portable... Au bout de quelques jours, elle comprend que la boîte, malgré l'excellence du système, a dû atterrir sur le bureau d'un autre employé !

Ce quelqu'un d'autre c'est Saajan (Irrfan Khan), chef comptable proche de la retraite, qui tel Droopy traîne son ennui depuis la mort de son épouse... Il n'a plus goût à rien, mange tout seul à la cantine et fuit on jeune remplaçant Shaikh (Nawazuddin Siddiqui) qui en fait des tonnes pour lui plaire...

La scène de la première livraison de la lunchbox sur le bureau encombré de cet anonyme dans une salle à la Playtime vaut à elle seule le détour... sans parler de la première dégustation étonnée et ravie de son délicieux contenu...

La gamelle devient bientôt boîte aux lettres et les deux esseulés vont entamer une correspondance qui, à petites touches, va les transformer...

Ila sort du déni et comprend que son mari la trompe... Shaikh va doucement s'ouvrir à nouveau aux autres jusqu'à attendre les irruptions de son encombrant jeune collègue...

Nous suivons les personnages dans les trains surbondés dans lesquels s'asseoir est un exploit, dans leur intimité et leur nostalgie d'une Inde aujourd'hui en voie de disparition, dans les préparatifs d'un mariage tout en couleurs...

Le film est délicieux de bout en bout, un vrai régal... dommage que l'on ne puisse pas goûter les plats d'Ila !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Casse tête chinois" ou les tribulations d'une bande de quadragénaires à Chinatown

Nous retrouvons la bande de "L'auberge espagnole" au cœur de New York en plein quartier chinois... Erasmus s'exporte de l'autre côté de l'Atlantique !

Le film commence toutefois à Paris... Paris où l'histoire de Xavier (Romain Duris) et de Wendy (Kelly Reilly) se termine après dix ans de vie commune et deux enfants !

Wendy, qui a rencontré un riche géant américain, s'installe à Manhattan...

Xavier, romancier en panne, s'installe à Brooklyn chez son amie Isabelle (Cécile de France) pour se rapprocher de ses enfants... puis s'installe à Chinatown où il accueille pour une semaine son ex, Martine (Audrey Tautou) !

la caméra de Cédric Klapisch filme les jeunes quadras avec gourmandise, les précipitant dans des aventures qui les amènent à reconstituer plus ou moins l'appartement communautaire à géométrie variable de Barcelone !

Happés par la joyeuse effervescence de New York et le génie commercial des chinois, nos héros vivent pleinement leur époque, zigzaguant entre familles recomposées, homosexualité et désir d'enfant, mariage blanc et travail au noir, débrouille au ras du bitume et au sommet des gratte ciels...

Un petit film sans prétention mais à l'énergie contagieuse avec quelques jolis moments : le fils aîné de Xavier qui adopte spontanément la petite demi-sœur qu'il découvre, Audrey Tautou qui séduit les chinois dans leur langue, Hegel qui s'invite chez Xavier pour lui souffler la trame du roman de sa vie qu'il finit par écrire à la grande joie de son éditeur...

Pas étonnant que les jeunes français partent travailler ailleurs, là où demain peut encore s'inventer !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"The immigrant" : plein de tracas, plein de blablas

Désolée de ne pas être dans le ton, de ne pas être une inconditionnelle de James Gray mais son dernier opus, encensé par certains critiques, m'a laissée totalement insensible ! Le film raconte l'histoire de deux sœurs polonaises qui débarquent dans le début des années 20 à Ellis Island, fuyant les pogroms du conflit russo-polonais..

La première image un peu floutée donne le ton du film : la caméra filme la statue de la liberté de dos et dans la brume... le spectateur sait déjà que cela ne va pas être facile pour elles deux et que l'Amérique n'est sans doute pas la Terre promise aux émigrants !

En effet Magda la cadette est immédiatement mise en quarantaine car soupçonnée d'être tuberculeuse !

Sa sœur Ewa (Marion Cotillard), repêchée in extremis par Bruno Weiss (ténébreux Joaquin Phoenix), n'aura de cesse de la faire sortir !

Accueillie par cet homme sorti de nulle part qui va l'exhiber dans son "théâtre" boui-boui avant de la prostituer, Ewa va petit à petit tout accepter de lui - tout en s'en défiant, sans se départir de son air de martyr angélique !

Ewa ne va s'animer que sous le regard du cousin de Bruno, saltimbanque charmeur, alcoolique et joueur (Jeremy Renner) : le triangle amoureux classique va rebattre les cartes mais le sentiment de "faute" va précipiter les destins !

En résumé un film académique et poisseux, crépusculaire dans son classicisme, enlisé dans le sacrement de pardon et de rédemption...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Avant l'hiver" : tristes sexagénaires

Dans le dernier film de Philippe Claudel, Paul (Daniel Auteuil) et Lucie (Kristin Scott Thomas) ont tout pour être heureux...

Paul, neurochirurgien de renom passe de sa clinique à son cabinet qui ne désemplit pas...

Lucie soigne le jardin de sa magnifique maison aux portes de Paris...

Paul rencontre par hasard dans un café une jolie jeune femme (Lou / Leïla Bekhti) avec laquelle il échange quelques propos anodins... En fait pas si anodins que cela car Lou lui rappelle ?! qu'il l'a opérée enfant de l'appendicite ?!

Coïncidence ou non ? Paul reçoit d'innombrables bouquets de roses rouges à son cabinet et à son domicile...

A partir de ce moment, les routes de Paul et de Lou ne cessent de se croiser..

Paul irrésistiblement attiré par Lou qui manie le chaud et le froid à son égard, perd peu à peu pied au point de devoir arrêter d'opérer...

Il se retrouve alors avec Lucie dans la belle et grande demeure moderne aux immenses baies vitrées et les deux époux partent chacun de leur côté vers les blessures non refermées de l'enfance ou de l'adolescence...

Le père de Paul a quitté sa mère et son fils quand il avait deux ans... Lucie a abandonné sa carrière de médecin pour se consacrer à son foyer... Ils ont un fils qui ne s'entend pas du tout avec son père... Lucie trouve une oreille compatissante chez Gérard (Richard Berry), collègue psychiatre et meilleur ami de Paul...

L'histoire de Lou mène Paul au bord de la chute mais ne le réveille pas pour autant... c'est certain il va entrer dans son hiver sans avoir pleinement vécu son printemps ni son été !

Dommage pour ce film que les personnages soient si statiques et comme figés dans leur détresse : aucune vraie communication entre les personnages alors qu'ils auraient tant de choses à se dire comme l'apprend le spectateur également impuissant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Allez voir "Les garçons et Guillaume à table !"  4 Césars !!!

Le premier film de Guillaume Gallienne, acteur de la comédie française, est un spectacle drôle et intelligent, très construit et émouvant... une réussite !

Le film est mieux que la bande annonce un peu racoleuse qui met en avant des moments grand guignolesques directement inspirés de la saga de sa vie...

Car Guillaume Gallienne nous parle de lui et de sa famille et surtout de sa mère qu'il adore et vénère au point d'endosser dans son enfance le rôle de la fille qu'elle aurait bien aimé avoir !

Guillaume qui aime les femmes, est conscient de sa différence avec ses frères et son père qui ont tous les attributs de la virilité ; il s'autorise donc à exprimer sa féminité en adoptant les comportements des femmes qui l'entourent !

Dans le film, Guillaume Gallienne interprète son propre rôle et celui de sa mère, passant subtilement du maniérisme du fils à la virilité maternelle au point que l'on oublie la performance du jeu au profit du troublant tête à tête de ces deux personnages qui inconsciemment incarnent le fantasme de l'autre ...

Le spectateur, invité à la première du one man show de Guillaume Gallienne où il a fait son coming out d'hétéro, le suit dans le grand appartement parisien et bourgeois où fille manquée, Guillaume nous entraîne dans des délires difficiles à raconter tellement ils sont visuels !

Une autobiographie courageuse et optimiste d'un grand acteur qui a su se mettre à la portée d'un public populaire tout en régalant les amateurs de récits d'apprentissage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le médecin de famille" : un film fascinant

La caméra de Lucia Puenzo cadre en gros plan le visage d'un homme qui se fait appeler Helmut Gregor (inquiétant Alex Brendemühl) et d'une adolescente : Lilith (délicieuse Florencia Bado)

Il la regarde, elle le remarque... et ils semblent immédiatement fascinés l'un par l'autre...

Il lui demande quel âge elle a... Mutine, elle lui fait deviner et devant son erreur, elle lui explique avec sérieux que tout le monde pense qu'elle a 9/10 ans alors qu'elle en a 12 !

Nous sommes en 1960 dans le Sud de l'Argentine, en Patagonie...

La famille de Lilith se rend à Bariloche au bord du lac Nahuel Huapi (somptueux paysage) pour réouvrir un hôtel qui appartient aux parents de la mère : Eva (lumineuse Natalia Oreiro...

Helmut Gregor qui doit s'y rendre également demande au père : Enzo (méfiant Diego Peretti) l'autorisation de les suivre car la route est longue et dangereuse...

Enzo accepte du bout des lèvres et surveille dans son rétroviseur la voiture bleue de cet homme sorti de nulle part... qui parle allemand avec son épouse (langue qu'il se refuse à apprendre)... Il cède de nouveau quand l'homme qui leur détaille ses recherches de "vétérinaire", lui demande d'être leur premier hôte...

Nous découvrons que ce médecin inquiétant est très attendu dans cette ville du bout du monde, régentée par une communauté allemande rigide qui promeut les valeurs des Sonnenmenschen... école, dont Lilith fait bientôt les frais car tous les élèves se moquent de son nanisme...

L'adolescente subjuguée par le charisme d'Helmut, le suit dans son laboratoire et lui permet de la mesurer, de la radiographier... Elle voudrait prendre les hormones de croissance dont il lui parle avec enthousiasme... Traitement auquel sa mère finit par dire oui car elle voit bien que sa fille souffre d'être rejetée...

Doucereux et envahissant, le médecin s'intéresse peu à peu à toute la famille qu'il dessine dans ses petits carnets anxiogènes : il propose à la mère de suivre sa grossesse, il permet au père de développer son atelier artisanal de poupées... en en profitant pour viser la perfection des traits de ces baigneurs aux cheveux blonds et aux yeux bleus...

Le docteur Josef Mengele répète ce qu'il sait faire !!!

Bientôt tout se dérègle : Lilith ne supporte pas son traitement, Eva accouche de jumeaux souffreteux, le père se débat entre sa loyauté pour sa famille et son aversion pour cet homme qui leur vole leur vie... et surtout le Mossad veille !

Lucia Penzo dénonce dans ce film la collusion entre le gouvernement argentin qui a accueilli ces réfugiés si particuliers, coachés par la Croix Rouge et le Vatican !!! Il est temps qu'en en parle !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La Vénus à la fourrure" : une déclaration d'amour

Roman Polanski aime les femmes... et plus particulièrement la sienne Emmanuelle Seigner !

Somptueuse mise en lumière pour ce huis clos théâtral qui oppose Thomas, un metteur en scène fat et misogyne (troublant Mathieu Amalric) à Vanda, une créature surgie du brouillard parisien !!!

Thomas est furieux, il a auditionné toute la journée des actrices pour l'interprétation du roman de Sacher Masoch qu'il vient d'adapter pour le théâtre... Elles sont toutes plus nulles les unes que les autres et Thomas s'apprête à rentrer chez lui pour manger des sushis avec sa compagne quand la porte du théâtre s'ouvre...

Sa première réaction est de repousser la retardataire qui s'impose... fardée jusqu'à la vulgarité, munie d'un grand sac à la Mary Poppins... dont elle extrait une robe d'époque qu'elle enfile sur des sous-vêtements de cuir noir... et peu après une superbe veste d'intérieur matelassée bleue à laquelle il ne peut résister !

La répétition va démarrer sans même que Thomas ne s'en rende compte et Vanda se transforme sous ses yeux et pour notre plus grand plaisir en prenant la direction de la mise en scène : la créature vulgaire se métamorphose en héroïne lettrée, en femme mystérieuse et racée, en créature machiavélique à la séduction de laquelle il va succomber !!!

Thomas se dépouille de sa supériorité intellectuelle et masculine pour devenir l'esclave consentant de cette femme aux multiples visages qui sait tout de lui... et Mathieu Amalric devient le double troublant de Roman Polanski dans cette mise en abîme délicieusement cérébrale et érotique !

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