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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Jimmy P." : un joli film d'amitié entre deux hommes

Arnaud Desplechin nous raconte l'histoire vraie de l'amitié entre un indien d'Amérique (Benicio del Toro) et un psychanalyste d'Europe centrale : Georges Devereux (Mathieu Amalric)

A la fin de la seconde guerre mondiale, Georges Devereux est appelé par le directeur de l'hôpital militaire de Topeka (Kansas) pour soigner un indien blackfoot, Jimmy Picard, qui est victime de migraines épouvantables suite à une blessure au crâne apparemment guérie

Pour Georges Devereux, anthropologue et pionnier de la psychanalyse, c'est une aubaine car il a beaucoup de mal à trouver sa place dans le monde de la psychanalyse naissante

Entre ces deux hommes que tout oppose : leur taille (Benicio del Toro est un colosse à côté du malingre Amalric, souvent souffrant de surcroît dans le film), leur religion (Devereux est juif, Jimmy P. catholique)... la parole se délie, l'un aidant l'autre et réciproquement...

C'est ce qui fait toute la beauté de ce dialogue... en effet pas de relation maître élève, mais deux hommes qui se trouvent et essaient de soigner leurs bleus à l'âme en s'écoutant !

Les personnages secondaires sont également très bien interprétés ; la sœur de Jimmy P., femme forte qui prend en charge la douleur de son frère, l'amie de Devereux, Madeleine, interprétée par Gina McKee délicieusement décalée...et le directeur de l'hôpital qui fait preuve d'une rare ouverture d'esprit en faisant appel à ce ludion vibrionnant qui n'est même pas médecin !

La complicité entre les deux hommes se construit petit à petit et les conduit par la main jusqu'à la guérison ! Un film qui vous réconcilierait presque avec la psychanalyse, du moins celle de l'époque, qui balbutiait et ne se prenait pas trop au sérieux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Majordome" enfin un bon film !

Lee Daniels nous offre le biopic d'Eugene Allen qui travailla comme majordome au service de huit présidents américains d'Eisenhower à Reagan !

Ce noir américain renommé pour le film Cecil Gaines (Forest Whitaker) est né dans les champs de coton du Sud profond en 1919

Il se retrouve à Washington avec sa femme Gloria (Oprah Winfrey) et ses deux fils où il est repéré par un vice président qui lui propose de travailler à la Maison Blanche

Le film présente un triple intérêt : revivre les principaux événements de cette longue période au sein même du bureau ovale, suivre l'évolution politique de l'opinion américaine et des quatre membres de cette famille, tous excellemment interprétés, dans la conquête des droits civiques des noirs dans le sillage de Martin Luther King et Malcom X... sans oublier la musique de l"époque !

Je ne vous en raconterai pas beaucoup plus car il faut se laisser happer par ce film qui dure quand même un peu plus de deux heures !

Un petit moment de régal à ne manquer : Jane Fonda, toujours aussi belle, s'amuse à camper une Nancy Reagan plus vraie que nature !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Caméra d'or à Cannes, "Ilo Ilo" passe à côté de l'émotion promise

Premier long métrage d'Anthony Chen, "Ilo Ilo" est le récit d'une tranche de vie d'une famille aisée de Singapour

Le papa, cadre commercial, traverse une période noire sur le plan professionnel : humilié puis licencié, il cache son état à sa famille et essaie de garder la tête haute en jouant en bourse (il perd toutes ses économies) et en se faisant engager comme vigile dans un entrepôt, duquel il se fait également remercier !

La maman qui n'arrive pas à "gérer" son petit garçon de 10 ans embauche une nounou philippine pour s'occuper du garnement (vraie tête à claques, le jeune acteur qui incarne le rôle n'est même pas craquant ?!)... et de sa maison, d'autant plus qu'elle attend un autre enfant

Le petit garçon surnommé Jiale fait tourner sa nounou en bourrique pour ensuite la préférer à sa maman qui bien évidemment le vit très mal, d'autant qu'elle a accueilli ladite nounou comme une esclave moderne (elle lui prend son passeport, la fait coucher dans la chambre de son fils, surveille ses faits et gestes et fouille dans ses maigres bagages...)

Aucune émotion entre ses êtres qui essaient de survivre :

- la maman secrétaire de direction enchaîne, à la demande de son patron qui aboie, les lettres de licenciement tout en se sentant elle-même à l'abri du fait de son ancienneté !

- on apprend vite que la nounou de 28 ans travaille pour faire vivre son fils qu'elle a laissé au pays chez sa sœur...

Les relations entre la nounou et Jiale sont convenues, aucun geste tendre dans le couple, l'environnement de l'appartement est glauque...

Seule la fin du film ouvre une fenêtre sur des relations normalisées entre père et fils... une amorce de complicité masculine dans le couloir de l'hôpital où la mère est en train d'accoucher...

Si la vie en 2013 dans le continent asiatique ressemble à cela, autant rester dans la vieille Europe !

Si la caméra d'or est un reflet de notre époque, vive le divertissement au sens pascalien du terme !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Très déçue par "Tirez la langue mademoiselle"

Encensé par la critique le deuxième film d'Axelle Ropert ne ressemble à rien !

Il est long, le scénario est peu crédible, les dialogues sont poussifs, le quartier chinois de Paris présenté comme un personnage à part entière du film est filmé au ras des trottoirs...

C'est l'histoire de deux frères médecins généralistes qui exercent dans le quartier chinois : Boris (interprété par Cédric Kahn qui se demande visiblement ce qu'il fait dans le film) et Dimitri (interprété par Laurent Stocker dont le jeu d'acteur est plutôt réussi).

Le film campe tout d'abord et longuement l'existence de ces deux frères quadragénaires et célibataires qui reçoivent systématiquement leurs patients ou se déplacent en consultation en binôme... et souvent avec leur chien ! Pas étonnant que leur comptable tire la sonnette d'alarme en leur expliquant que leur cabinet n'est pas rentable !

Ils habitent le même immeuble mais tout de même pas le même appartement ! Mais ils se font des coucous quand ils rentrent le soir, l'un de ses parties de ping-pong, l'autre de ses réunions d'alcoolique anonyme !?!

L'intrigue du film se met en place quand ils débarquent à deux au chevet d'Alice, une petite fille dont le diabète s'aggrave, qui a appelé le service d'urgence du quartier, en l'absence de sa mère qui travaille la nuit !

Par conscience professionnelle, Boris retourne le lendemain matin voir Alice et découvre sa maman : Judith, incarnée par Louise Bourgoin et "l'engueule" parce qu'elle était injoignable ! En fait il ne le sait pas encore mais il est tombé amoureux d'elle !

Judith qui décide de confier la prise en charge de sa fille à Boris, découvre Dimitri qui la trouve très belle ! Le spectateur aussi !

La suite est convenue : les deux frères découvrent l'amour et semblent enfin s'éveiller à la vie ! Le suspens est total !!! Lequel des deux frères Judith va-t-elle choisir ?!?

Pour compliquer l'intrigue, la réalisatrice décide de faire rentrer dans le scénario le père d'Alice qui s'est enfui lorsqu'il a appris la grossesse de Judith !

Au secours... impossible de s'attacher à ces personnages qui flottent au gré de leurs différentes rencontres programmées ou fortuites... Bref ce film est tout au plus un téléfilm médiocre qui aborde un certain nombre de sujets mais sans vraiment les traiter !

Sans parler de la fin qui arrive trop tard pour sauver la solitude des personnages !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir ou revoir "La fiancée du pirate"

la fiancée du pirate, Bernadette Laffont nous a quittés le 25 juillet dernier à 74 ans !

Le cinéma lui rend hommage en rediffusant ses principaux films : "Le beau Serge", "Paulette", "L'effrontée" avec Charlotte Gainsbourg (le film est une réussite et célèbre les deux actrices !) et "La fiancée du pirate"

Réalisé en 1969 par Nelly Kaplan, le film fut interdit à sa sortie aux moins de 18 ans !

Bernadette Laffont dans ce film a 30 ans ; elle incarne Marie, une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux et va bientôt être au centre du scandale qui agite ce petit lieu-dit du Lubéron !

Le film est toujours moderne mais en même temps, délicieusement suranné !

Et ce n'est pas uniquement parce que les principaux acteurs ont aujourd'hui quitté la scène : Georges Géret le facteur et garde champêtre, Michel Constantin l'animateur du cinéma ambulant, Julien Guiomar le hobereau du coin, Jean Parédès l'herboriste...

La France rurale ne se ressemble plus et la trogne truculente des personnages semble définitivement appartenir au XXe siècle ! Tout est tellement lisse aujourd'hui et politiquement correct ! Cf ma critique de "Jeune et jolie" !

Mais Bernadette "Marie" est tellement vivante, tellement actuelle dans sa quête : comment exister malgré les carcans de la société, comment trouver sa place quitte à déranger toute l'organisation sociale confite et hypocrite d'une petite collectivité où tout le monde se connait !

Le film parait un peu déjanté pour nos esprits formatés de 2013 mais justement, il faut se laisser bousculer par l'étrange liberté de cette héroïne du combat des femmes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Rentrée cinématographique avec "Jeune et jolie"

Dernier film de François Ozon encensé par la critique et notamment par Télérama !

Je rentre de vacances et déjà je ne suis pas d'accord avec Télérama !

"Jeune et jolie", c'est le récit de 4 trimestres de la vie d'une jeune fille de 17 ans, Isabelle, incarnée par Marine Vatch !

Les premières images du film donnent le ton décalé de la suite : Isabelle en maillot de bain sur une plage du sud de la France est espionnée par son frère pré-pubère, Victor !

Victor s'intéresse de très près aux premiers émois de sa sœur aînée qui n'hésite pas à se confier à lui...

Toute la famille, très bobo parisienne, la mère (Géraldine Pailhas), le beau-père (Frédéric Pierrot) et le frère sont des ardents promoteurs du petit ami allemand d'Isabelle !

Et ce qui devait arriver, arrive ! Et c'est un flop total !

Isabelle rentre à Paris où elle est lycéenne à Henri IV : avec ses copines, elle traîne son ennui de vivre... et décide de répondre positivement aux sollicitations d'un homme qui l'arrête dans la rue !

La suite est convenue, gratuite, décousue et sans passion !

Isabelle se prostitue pour de l'argent alors qu'elle ne manque de rien, n'éprouve aucun désir ni plaisir !

C'est la mort d'un de ses clients qui mettra la police sur les traces de la jeune fille !

La mère découvre toute l'histoire, s'émeut... mais les scènes entre la mère et la file ne sont pas crédibles... le beau-père s'en mêle peu... mais semble s'intéresser, le temps d'une soirée, au physique très avantageux de sa belle-fille !

La caméra est amoureuse d'Isabelle mais Isabelle ne ressent rien et les spectateurs non plus !

Le film ne fait qu'effleurer le sujet de la prostitution qui est assimilée à une sortie "banale" d'adolescence ! Pouah !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Pour une femme" : Diane Kurys continue à nous inviter dans son roman familial

Une dernière critique avant les vacances !

Après "Diabolo menthe" (1977) et "Coup de foudre" (1983), Diane Kurys évoque à nouveau le souvenir de ses parents...

Anne (Sylvie Testud) découvre à la mort de sa mère dans les années 80 une ancienne photo de cette dernière en compagnie de sa sœur enfant et d'un bel inconnu...

Flash back à Lyon en 1945, ville dans laquelle Lena (Mélanie Thierry) et Michel (Benoit Magimel), un jeune couple de juifs russes rescapé des camps de la mort réapprend à vivre...

Michel est tailleur et membre du parti communiste... Lena met au monde une jolie petite fille blonde prénommée Tania...

Jean, le jeune frère de Michel que ce dernier croyait mort, s'installe chez eux et la vie prend un tout autre tournant, révélant les failles et les manques de chacun...

Tout sonne juste dans ce film : les acteurs, les époques...

Nous ne quittons pas des yeux Mélanie Thierry dont la belle présence illumine le film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La fille publique" un film autobiographique de Cheyenne Caron

Ce film constitue une curiosité dans le paysage audiovisuel français, même s'il est un peu long comme beaucoup de films récents : 2h12 minutes !

Un "petit" film, un sujet difficile : les enfants de l'Assistance publique, des acteurs inconnus tous parfaits : Doria Achour interprète Yasmeen, Anne Lambert la mère et Joël Mavon le père...

C'est l'histoire de Yasmeen qui a été recueillie à 3 mois avec sa sœur - par un couple qui héberge, nourrit et accompagne l'épanouissement de tous ces "oiseaux à la patte cassée" que sont les enfants de l'Assistance publique...

Aujourd'hui Yasmeen a 17 ans et bientôt elle pourra être officiellement adoptée par le couple... quand elle est rattrapée par son passé... Une femme qui prétend être sa mère la poursuit dans la rue en lui demandant de l'écouter !

Mais Yasmeen ne veut rien entendre... sa mère c'est Agnès, celle qui l'a élevée...

Yasmeen est en colère contre l'administration qui est trop lente, contre sa sœur qui ne veut plus être adoptée, contre l'école où elle s'ennuie... Et Yasmeen commence à faire les 400 coups....

Nous suivons Yasmeen dans sa révolte adolescente mais surtout identitaire, nous souffrons avec les parents qui ne savent plus très bien comment la suivre entre fugues et demande de câlins, nous essayons de comprendre cette mère qui essaie de reconquérir l'amour de ses filles en jouant la victime...

Un petit bijou d'authenticité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Déçue par "Les beaux jours" de Marion Vernoux

Je me réjouissais à l'idée de revoir Fanny Ardant et de poursuivre notre relation cinéphile après notamment "La femme d'à côté", "Vivement dimanche"... deux superbes opus de François Truffaut...

Hélas, trois fois hélas !!!

Peu tentée par le sujet : une femme chirurgien dentiste se retrouve à la retraite sans véritablement de projet... ni par le héros de l'histoire Laurent Lafitte, j'ai quand même sauté le pas...

L'histoire entre Fanny Ardant et Laurent Lafitte, animateur d'un club pour retraités auquel elle finit par se rendre pour combattre son désœuvrement, est indigente : le spectateur n'y croit pas plus que les protagonistes !

Tous les grands sujets du film ne sont que superficiellement abordés : la perte de statut social, la relation au sein d'un couple qui fête ses 35 printemps, la relation mère filles adultes, la possibilité d'être grand-mère...

Pourtant tout n'est pas à jeter dans "Les beaux jours" : Patrick Chesnais, qui incarne le mari de Fanny Ardant, est magnifique de sobriété masculine !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La grande bellezza" : un film réservé aux inconditionnels de Rome

L'Ulysse de Télérama aime passionnément.le film.. je ne suis pas totalement d'accord avec Ulysse !

Paolo Sorrentino (à l'exception de son film sur Giulio Andreotti) ne filme que des lâches et des las d'une vie de vains et vides loisirs !

Nous sommes invités par Jap Gambardella (Toni Servillo) qui fête ses 65 ans sur la terrasse de son superbe appartement avec vue sur le Colisée... Les invités dansent, dansent, extatiques, exténués, souriants, grotesques et le spectateur se dit qu'il ne va pas pouvoir supporter les 2h20 du film...

Et pourtant la magie du cinéma opère peu à peu et l'ombre de Fellini plane sur cette Rome décadente mais si belle au soleil levant !

Les déambulations dans la ville nous hypnotisent peu à peu et le film se transforme ; sans perdre de son ironie il évolue de la démesure à la retenue, du profane au spirituel...

Car l'Eglise, ses sœurs et ses cardinaux s'invitent à chaque détour du scénario et tous les fantoches proches du néant qui l'entourent (quelques portraits savoureux d'anges déchus de leur beauté), semblent s'effacer devant une vieille religieuse sans âge qu'il est chargé d'interviewer !

Le film est difficilement racontable... il faut s'immerger et se laisser gagner par la langueur d'une ville qui a su garder sa beauté classique dans ses perspectives architecturales !

Et s'émerveiller d'une rencontre nocturne incongrue mais délicieuse avec Fanny Ardant que le héros salue et à qui il souhaite une bonne nuit !

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