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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
J'ose dire que je n'ai pas aimé "Black coal" !

Télérama et France Inter ne tarissent pas d'éloge sur le film de Diao Yinan qui a remporté l'ours d'or à Berlin !

Tout semble pourtant réuni pour faire un bon film...

Les codes du polar américain transposés dans une Chine en pleine mutation, un flic bourru qui a un problème avec l'alcool, une jeune veuve belle et mystérieuse, un étrange et gracieux patineur dont les accès de violence laissent sans voix le spectateur européen....

Nous sommes en 1999 dans une petite ville de la Mandchourie, dans des paysages urbains désespérants floutés par la neige et la pollution...

Des ouvriers découvrent dans des wagons à charbon, des morceaux de corps humains disséminés dans toute la région....

Le flic Zhang interprété par Fan Liao mène l'enquête et la foire en beauté, se faisant trouer la peau dans une scène de bavure assez peu probable...

Il noie sa dépression dans l'alcool et survit de petits boulots...

Cinq ans après les faits, les meurtres recommencent et l'ex flic s'attache aux pas de Wu Zhizen interprétée par Lun-mei Gwei, épouse éplorée du premier mort !

Le film est long (1h46), poisseux, confus (difficile de ne pas mélanger les personnages masculins qui se ressemblent tous dans leurs doudounes)...

L'intrigue est hachée, décousue, sinueuse, répétitive...

Quant à la fin que je ne vous raconterai pas, elle s'étire gratuitement sur un spectacle incongru, tiré par les cheveux...

Comme disait le réalisateur qui était interviewé, les spectateurs qui n'aiment pas mon film sont ceux qui n'ont pas compris ce que j'ai voulu y mettre : j'en fais partie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Palo Alto" un film élégant sur le mal-être des ados

Gia Coppola, 27 ans, prend la suite de sa tante Sofia et de son grand-père Francis... et invite dans son premier film Emma Roberts (nièce de Julia qui interprète la douce et triste April), Jack Vilmer (fils de Val qui interprète le blond et romantique Teddy)...

Nous suivons l'errance de quatre adolescents friqués livrés à eux-mêmes qui trompent leur ennui en cherchant des sensations fortes...

Du déjà vu certes mais la jeune réalisatrice a su trouver le ton et le rythme pour filmer les émois d'April, de Teddy, de Fred (Nat Wolff) et d'Emily (Zoe Levin) et nous les rendre sensibles et proches alors que notre premier réflexe serait de les sermonner...

Un casting réussi auquel s'ajoute James Franco, auteur du livre dont est tiré le film...

Ce dernier interprète un coach sportif Monsieur B, dont le sourire et le charme vont participer au trouble des jeunes filles...

Pas mal, pas mal !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les drôles de poissons-chats" un petit bijou d'humanité

Quand elle avait 22 ans, Claudia Sainte-Luce a rencontré Martha qui lui a ouvert les portes de sa maison et l'a accueillie dans sa famille...

Elle la remercie aujourd'hui en dédiant ce film à sa mémoire...

Les deux femmes se sont connues à l'hôpital où Claudia (jouée par Ximena Ayala) était hospitalisée pour une opération d'appendicite...

Martha (jouée par Lisa Owen), sa voisine de lit, mère de 4 enfants la réconforte alors qu'elle même est très malade...

Claudia qui est très seule et vit de petits boulots dans une grande surface d'une ville du Mexique, est immédiatement subjuguée par l'énergie qui émane de la tribu de Martha...

Aussi accepte-t-elle l'offre de cette dernière de vivre chez elle à la sortie de son hospitalisation...

Ce qui se joue entre ces deux femmes est très joli et difficilement racontable !

Il faut se faire inviter dans cet appartement gentiment bordélique où chaque enfant trouve sa force auprès de cette mère malade qu'ils chouchoutent à tour de rôle !

Au moment où la vie se dénoue - car le spectateur sait que Martha va mourir, des liens se nouent entre Claudia, Martha et chacun des enfants tous formidablement et pudiquement interprétés...

Le moment le plus fort est une virée au bord de la mer à bord de la coccinelle jaune sur laquelle trône le poisson rouge dans son bocal au milieu d'un océan de valises cabossées !

A voir sans tarder !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le promeneur d'oiseau" un petit film à voir absolument avant qu'il ne quitte les écrans

Conseillée par des amis, je suis allée voir le film de Philippe Muyl (Cuisine et dépendances), à l'affiche depuis le 10 mai sur nos écrans et passé plus ou moins inaperçu dans le flot des sorties...

C'est l'histoire d'une famille d'aujourd'hui en Chine...

Le grand-père ne se remet pas de la mort de sa femme restée au village alors qu'il allait gagner leur vie à Pékin... Il vit seul avec son oiseau que sa femme lui a offert et le promène dans les jardins de la ville où il rencontre un vieil ami très sage qui lui conseille d'exaucer le dernier vœu de sa femme... car l'oiseau se fait vieux...

Le père est un architecte de talent qui construit des tours de verre audacieuses comme celle dans laquelle il vit avec sa ravissante épouse qui travaille dans une multinationale...

Il est fâché contre son père depuis le jour où ce dernier a laissé échappé sa petite fille dont il avait la garde...

La petite fille en question a maintenant une dizaine d'années...

Pourrie gâtée par ses parents qui l'élèvent à l'occidentale (leçons de piano et de danse classiques), elle ne lâche pas son IPad dernier modèle...

La jeune femme qui doit se rendre à Paris pour un voyage éclair, est contrainte de confier sa fille à son beau père à l'insu de son mari...

Le film nous emmène au cœur de la Chine rurale et traditionnelle sur les pas du grand- père qui emmène sa petite fille et son oiseau dans son village natal...

Les paysages sont à couper le souffle, le scénario est inventif et le film ne manque pas de rebondissements...

La petite fille et son grand-père vont apprendre à se connaître et à s'aimer et leur toute nouvelle connivence va amener le père et la mère à reconsidérer leurs choix de vie !

Un petit bijou d'humanité dans ce pays écartelé entre son passé et son hypermodernité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Les frères Dardenne et Marion Cotillard nous émeuvent dans "Deux jours, une nuit"

Le sujet n'était pas facile à traiter et pourtant le dernier film de Jean-Pierre et Luc Dardenne est une vraie réussite !

Sandra, jeune ouvrière (formidable Marion Cotillard) tente de convaincre ses collègues de renoncer à leur prime de mille euros pour qu'elle puisse retrouver sa place...

Encouragée par son mari Manu (délicieux Fabrizio Rongione), elle va à la rencontre de chacun, essuie des rebuffades mais continue tel un vaillant petit soldat malgré la dépression qui la rattrape....

La caméra ne lâche pas Marion Cotillard, troublante de naturel, le visage nu sans aucun maquillage... Elle la suit dans le bus, dans la voiture avec son mari, sur le seuil des portes auxquelles elle frappe, dans les arrière cours où elle découvre que ses collègues bricolent pour arrondir les fins de mois...

Nous sommes dans le Nord industrieux où tous les salariés ont besoin de leur prime pour vivre ou survivre... pourtant ils vont, pour certains d'entre eux, accepter d'oublier leur quotidien pour écouter l'histoire de Sandra...

De très jolies scènes, des personnages plus vrais que nature qui incarnent la France beur, black, blanche d'aujourd'hui...

Je ne vous raconte pas la fin du film mais je peux vous dire que l'amour de Manu pour Sandra sera le plus fort !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Une recommandation négative pour "Bird People"

Télérama est bien évidemment enthousiaste à propos du dernier opus de Pascale Ferran que la critique attendait depuis son dernier succès "Lady Chatterley" il y a huit ans...

Les deux excellents acteurs Anaïs Demoustier (Audrey) et Josh Charles (Gary) n'arrivent pas à sauver un scénario qui se veut lent mais qui se révèle laborieux !

Le film se passe dans un hôtel de luxe à Roissy où Gary, américain à qui tout semble sourire (femme, enfants, boulot...) fait une escale entre deux rendez-vous...

Audrey travaille dans le même hôtel comme femme de chambre pour payer ses études...

J'attendais une belle histoire entre les deux héros comme dans "Lost in translation" mais la cinéaste nous entraîne dans l'histoire de l'un qui décide, sur un coup de tête de tout envoyer balader... puis de l'autre qui cherche tous les moyens de s'évader de son travail ingrat... jusqu'à devenir un bird people ?!

Et la caméra suit l'un qui déambule dans sa chambre entouré de ses appareils électroniques qui le relient encore au monde qu'il veut pourtant quitter ... puis l'autre qui survole les pistes de Roissy !

C'est long (2h07), le spectateur s'ennuie et voudrait que quelque chose arrive enfin !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir ou ne pas voir "La chambre bleue" : ma réponse est non

Les critiques sont divisés sur le dernier film de Mathieu Amalric qui adapte un roman éponyme de Georges Simenon...

C'est l'histoire d'un homme Julien (Mathieu Amalric) qui coule des jours heureux dans une petite ville de province auprès de son épouse (Léa Drucker) et de ses enfants...

Quand Julien de retour dans sa ville natale croise son amour de jeunesse Esther (Stéphanie Cléau - sa compagne dans la vie), la passion renaît entre les deux amants qui se retrouvent dans la chambre bleue d'un hôtel...

Malheureusement la liaison est filmée avec une distanciation esthétique qui la rend presque totalement asexuée...

Aussi quand aux détours d'une ellipse, Julien se trouve interrogé par un juge tatillon (Laurent Poitrenaux) qui ne cesse d'éplucher son emploi du temps, le spectateur se demande un moment qui a été tué... puis s'ennuie vite à suivre l'intrigue qui alterne interrogatoires, flash backs et plongée dans le mental d'un Mathieu Amalric comme absent de l'histoire et du film... au point de se moquer du nom du coupable...

Zéro émotion, zéro trouble dans ces courts plans séquences qui sont censés suggérer l'enfermement des personnages dans la folie ordinaire (pour Esther et sa mère) et dans la résignation pour Julien et son épouse...

Par contre revoir "La femme d'à côté" avec Fanny Ardant et Gérard Depardieu, cent fois oui !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"D'une vie à l'autre" : une plongée dans l'histoire des Lebensborn

Ce fut un projet terrifiant, invraisemblable, inédit dans l'histoire de l'humanité.

Nom de code : Lebensborn. Entre 1935 et 1945, les nazis ont tenté de créer une "race supérieure de germains nordiques". Pour cela, la SS avait ouvert des maternités très particulières. Après avoir subi une "sélection raciale", des femmes, enceintes d'un SS ou d'un soldat allemand, y donnaient le jour à des enfants "parfaits", blonds, aux yeux bleus. Les bébés pouvaient être abandonnés au Lebensborn, pour être ensuite adoptés par des familles dites "modèles". Environ 20 000 enfants sont nés dans ces maternités SS. Certains d'entre eux ont réussi à percer le mystère de leurs origines, sans avoir été reconnus officiellement comme des victimes - vivantes - du régime nazi...

Dans le film de Georg Maas, Katrine (Juliane Köhler) est la fille d'une norvégienne Ase (Liv Ullmann) et d'un soldat allemand - qui réussit miraculeusement à échapper à son orphelinat et à sa famille d'adoption pour rejoindre sa mère en Norvège...

Elle y vit dans une belle maison au bord de la mer (magnifiques paysages aux jolies maisons de bois rouges) avec son mari Bjarte (Sven Nordin), officier de marine - sa fille et sa petite fille...

Quand après la chute du mur, elle est approchée par un avocat qui lui demande de témoigner contre l'état norvégien complice - au nom de ces "enfants de la honte", Katrine étrangement refuse... et la spirale infernale, qui va broyer la famille, se met en place sur fond d'espionnage... car la Stasi n'est jamais loin de ses victimes...

Le film est passionnant dans sa description de la chute des personnages broyés par la résurgence de la vérité... tous les faux fuyants explosent et chacun se retrouve seul face à son désarroi...

Katrine essaie de se raccrocher à l'amour des siens qui tour à tour, la questionnent, l'accusent, s'en détournent, la plaignent puis envisagent une possibilité de pardon...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"May in the summer" : un charmant petit film de femmes

Cherien Dabis réalise son deuxième film en se mettant en scène dans le rôle d'une jeune femme new-yorkaise May, qui, pour préparer son mariage avec un universitaire palestinien, revient à Ammam, sa ville natale !

La ravissante jeune femme est accueillie à l'aéroport par ses deux sœurs ; Dalia (Alia Shawkat) et Yasmine (Nadine Malouf)...

May est venue sans son fiancé resté à New York....

Sa mère, Nadine (touchante Hiam Abbas) ne vient pas l'accueillir à l'aéroport... elle lui a préparé son plat préféré pour le repas du soir où toute la famille est conviée...

Les 4 femmes s'étreignent dans le bonheur de se retrouver... mais les fêlures de chacune apparaissent très vite...

Nadine ne veut pas aller au mariage car leur famille est chrétienne alors que le fiancé est de religion musulmane (même s'il n'est pas pratiquant)...

May veut revoir son père (diplomate américain)... mais ses parents sont divorcés depuis 8 ans et Nadine désapprouve...

May se plie aux desiderata de sa future belle mère qui veut organiser un grand mariage traditionnel....

Et très vite May semble habitée par le doute, d'autant que son fiancé tarde à répondre à ses appels angoissés et que leurs communications sont toujours interrompues par l'une des femmes de la famille pour le motif le plus futile...

Les 3 sœurs décident d'aller enterrer la vie de jeune fille de May sur la Mer Morte... où l'oisiveté forcée de ces vacances de riches les jettent dans le désarroi...

Les vieux désaccords et les incompréhensions liés aux modes de vie de chacune resurgissent...

May ne sait plus du tout où elle en est quand le fiancé s'annonce enfin... d'autant qu'elle découvre que ses parents ne se détestent pas tant que cela...

Film à voir pour les très beaux personnages universels de femmes, de filles, de sœurs, de mère ! Et pour les magnifiques images de désert aux portes de la capitale jordanienne !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"The best offer" A voir absolument avant la déferlante cannoise

Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso), de retour au cinéma après une longue absence signe un film magique : un polar au classicisme esthétique et aux dialogues érudits à rapprocher du "Limier" de Joseph Mankiewicz ...!

Commissaire priseur de renom, Virgil Oldman (magistralement interprété par Geoffrey Rush le professeur du "Discours d'un roi"), est une véritable institution dans le domaine de l'art puisqu'il n'a pas son pareil pour traquer les faussaires et découvrir des chefs d'œuvres oubliés sous la patine du temps !

Très sollicité dans sa vie professionnelle, Virgil vit reclus dans une superbe maison où il se laisse distraitement servir par quelques serviteurs priés de disparaître dès que la nuit tombe !

Virgil porte des gants en toutes circonstances et ne fréquente les femmes "qu'en peinture", à travers la superbe collection de tableaux acquise plus ou moins légalement grâce à Billy son complice de toujours (génial Donald Sutherland) - collection enfermée dans une pièce coffre fort de sa demeure où il se réfugie à l'abri des regards

La vie de Virgil bascule le jour où il reçoit un mystérieux coup de téléphone d'une femme Claire Ibbetson (déroutante Sylvia Hoeks), qui lui donne rendez-vous pour qu'il estime les meubles et les objets d'art légués par ses parents récemment décédés

Le jeu de piste et le suspense se met alors en route car cette mystérieuse Claire se refuse à son regard ! Pour des raisons que l'on apprendra par la suite : fausse raison bien évidemment car dans ce film tout n'est qu'apparence et mise en scène !

Chaque personnage en cache un autre ! Y compris l'automate qu'un de ses jeunes amis Robert (séduisant Jim Sturgess) reconstitue patiemment pour lui !

Accueilli par le gardien de l'immense demeure délabrée où Claire se terre, Virgil découvre une caverne d'Ali Baba qu'il s'efforce de mettre en pages dans un luxueux livret...

Quand par ruse, il finit par apercevoir la belle recluse, il en tombe éperdument amoureux et le piège se referme sur lui !

Car Virgil, tout puissant qu'il est dans le monde de l'art, est un naïf total dans le domaine de l'amour où il écoute les conseils à double tranchant d'un jeune Robert qui se révèle Janus au fil du scénario !

Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir du vertige et de la découverte jusqu'au dénouement !

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