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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Thierry Frémaux a composé un époustouflant montage d'une centaine de films restaurés parmi les quinze mille tournés entre 1898 et 1905 par les frères Lumière et leurs opérateurs !

Le documentaire commence par l'extraordinaire Sortie d'usine, se poursuit par le non moins fameux L'Arroseur arrosé et nous ravit avec L'entrée en gare de La Ciotat qui effraya si fort les premiers spectateurs de l'époque...

Ces "courts" métrages de 50 secondes, formidables témoignages de l'époque, nous étonnent aujourd'hui par leur modernité, leur profondeur de champ, leur sens du comique et leur excellente direction d'acteurs qui s'en donnent à coeur joie...

Parmi les perles, beaucoup de films consacrés à l'enfance dont un jeune garçon qui donne à manger à sa petite soeur et à sa cousine, un défilé de voitures de bébés à la pouponnière de Paris...

Et des films tournés en France : Lyon (la ville des frères Lumière), Paris, La Ciotat et ses environs... et à l'étranger : la Cochinchine, les pyramides de Gizeh, l'Amérique du Nord avec entre autres Chicago et un Défilé de cinq mille policiers dont quatre mille neuf cent quatre vingt dix sept arborent une moustache...

Thierry Frémaux commente ces archives avec le regard ébloui d'un Candide initié ! Pour le plus grand plaisir de tous les amoureux du cinéma et pour les autres !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Des jeunes d'aujourd'hui attendent derrière la lourde grille du 6 de la rue Francoeur dans le 18e arrondissement...

  • C'est le grand jour pour ces deux cent cinquante candidats qui se présentent au concours de la prestigieuse école parisienne de cinéma...

Claire Simon filme de manière très vivante et très sensible cette journée qui va décider du sort des soixante élus qui seront sélectionnés à l'issue des épreuves écrites et orales...

La caméra de la réalisatrice s'installe dans les salles d'examen où l'on suit les épreuves orales des différentes filières (scénario, réalisation, distribution...)

Nous sourions ou nous sommes dubitatifs avec les jurés qui interrogent ces jeunes originaires de toutes les régions de France et du monde entier en tentant d'être les plus impartiaux possibles, en essayant de tenir compte du facteur trac, en s'efforçant de garder l'esprit ouvert pour ne pas passer à côté d'un futur génie qu'ils ne trouveraient pas sympathique...

Les jeunes : filles et garçons sont formidables de naturel, d'enthousiasme, de drôlerie, de créativité ou étonnants de naïveté ou de conformisme ...

Sur quels critères se baser, se décider ? Comment arbitrer pour ne pas laisser de côté ceux qui sont moins à l'aise à l'oral, ceux qui ne sortent pas d'un milieu privilégié qui les a depuis l'enfance éduqués au beau...

Le documentaire devient passionnant quand nous assistons aux débats des jurés qui doivent sélectionner leurs candidats qui attendent derrière les portes fermées que l'assistante affiche les résultats..

Ceux qui ne sont pas reçus jurent qu'ils représenteront le concours l'année suivante et on a envie de leur souhaiter bonne chance à tous...

Comme dit Télérama, un vrai film citoyen qui nous révèle les dessous du fonctionnement de cette école à nulle autre pareille, dont les jurés sont des gens du métier et où il n'y a pas de cours ni de professeurs...

Quels talents !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Gérald Sibleyras adapte la pièce de Mike Leigh créée en 1977

5 acteurs épatants nous emmènent au coeur des années 70 dans la banlieue de Londres...

Beverly (Lara Suyeux) a décidé d'inviter un jeune couple qui vient d'acheter une maison dans leur rue...

Son mari Peter (Dimitri Rataud), agent immobilier de son état, est moins enthousiaste à l'idée d'accueillir la jeune Angela (Alexie Ribes, fille de très à l'aise dans le rôle) et Tony, ex footballeur un peu limité au physique avantageux (Cédric Carlier)

Quand Susan (Séverine Vincent), mère d'une Abigail de 15 ans qui donne une party dans la villa voisine, les rejoint, la soirée commence...

L'alcool coule à flot et les vacheries percent rapidement sous le vernis social...

Tout y passe : les relations de couple, le désir ou le refus d'enfant, la solitude du divorce, l'absence de culture, les faiblesses physiques...

Beverly a la dent dure, très dure et personne n'échappe à son humour vachard...

Le texte est un peu daté mais l'énergie des comédiens fait sourire et rire jaune !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Décidément je n'apprécie pas du tout le réalisateur Pablo Larrain qui après avoir caricaturé Neruda s'attaque au mythe Jackie Kennedy en la réduisant à une couverture de magazine people...

Le cinéaste choisit de nous montrer la brève période charnière que Jackie a connu entre l'assassinat de son mari et son départ de la Maison Blanche avec des flash backs ridicules sur les années "heureuses" où la first Lady portait les tailleurs Chanel comme une parfaite poupée Barbie et redécorait la Maison Blanche pour éblouir son mari...

Nathalie Portman qui incarne Jackie ne nous fait grâce d'aucune mimique : tristesse, pleurs, questionnement personnel et prises de position à la limite du caprice... tout nous est montré en gros plans !

Le parti pris par Larrain est d'une misogynie à la fois ordinaire et datée : Jackie est toujours accompagnée d'un homme dans ses déambulations : un Bobby à la fois amical et protecteur, un prêtre confident et donneur de leçons qui ose lui dire : On se couche désespéré, on reprend courage le matin après un bon café ???, un journaliste goguenard au début qui se laisse envoûter jusqu'à devenir idolâtre...

Les acteurs qui interprètent John, Bobby, Johnson sont de vraies caricatures et les images sont du niveau de Paris Match !

A fuir ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

la réalisatrice Elite Zexer a eu l'idée de réaliser ce film après avoir accompagné sa mère qui a photographié des femmes bédouines dans le désert israélien de Néguev aux confins de la Jordanie

Le scénario passionnant a su saisir chacun des 3 personnages de l'histoire dans ses contradictions...

Le père Suliman (Hitham Oman formidable de justesse) est si fier de sa fille aînée qu'il l'autorise à faire des études et lui apprend à conduire... mais pour satisfaire à la tradition il se remarie, interdit à sa fille d'épouser le jeune homme qu'elle aime et répudie sa femme quand elle lui tient tête et soutient leur fille...

La mère Jalila (Ruba Blal à la fois résignée et en colère) fait tout pour garder son rang malgré le remariage de son mari et n'en finit plus de se chercher dans son rôle de mère de 4 filles...

La fille Layla (Lamis Ammar à fleur de peau) veut s'émanciper mais est freinée dans sa quête de liberté par le poids des traditions et la nécessaire solidarité féminine...

Il nous reste à espérer à la fin du film que la petite soeur Tasnim, qui ne quitte pas son jean et refuse de se voiler, saura s'imposer dans une société patriarcale et immuable où les filles doivent épouser l'homme choisi par leurs pères !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dominique Cabrera adapte le roman de Maylis de Kérangal avec une vraie sensibilité de méditerranéenne !

Ils sont formidables ces jeunes issus de la diversité qui risquent leur vie à chaque plongeon dans la mer depuis la corniche Kennedy...

Marco (épatant Kamel Kadri),, Mehdi (irrésistible Alain Demaria), Melissa, Franck, Hamza, Mamaa et Julie ont pris possession de ce bout de territoire entre la ville, la muraille de rochers et l'eau miroitante qui les appelle irrésistiblement...

Ils s'y retrouvent tous les jours pour oublier la vie dans les cités et apprivoiser leur peur en sautant dans le vide...

Suzanne (étonnante Lola Créton), lycéenne aisée, les observe fascinée et décide de les approcher pour se faire accepter...

Le scénario très habile nous invite au coeur de cette bande de jeunes qui tentent de s'inventer un avenir qui n'est pas celui de leurs parents !

A voir pour les excellents acteurs non professionnels et les splendides photos qui donnent le frisson !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Le musée d'Art Moderne de la vile de Paris consacre une rétrospective à Bernard Buffet (1928-1999).

Bernard Buffet est l'un des peintres les plus connus du XXe siècle mais également l'un des plus discutés !

A travers une collection d'une centaine de peintures, l'exposition propose une lecture approfondie de l'ensemble de son oeuvre des années 40 (l'invention d'un style) à ses dernières années (mythologies).

Les oeuvres choisies sont pour la plupart très noires : au sortir de la guerre le peintre exprime les angoisses d'une génération et et tout le monde salue un génie ! 

A 19 ans il remporte le prix de la critique !

Ce succès lui a permis de peindre librement, de pratiquer une peinture déroutante, souvent agressive (cf les Ecorchés ou La mort), monochrome (cf les Ateliers) ou brillante et pâteuse (cf Les oiseaux)... et surtout très misogyne (cf Les femmes déshabillées ou Les folles) qui peut plaire ou déplaire selon les sensibilités de chacun.

Artiste fou de peinture, réaliste abstrait, peintre commercial, mondain solitaire... Difficile de catégoriser l'artiste dont le trait est immédiatement reconnaissable à l'image de sa signature griffée !

J'ai retenu quelques oeuvres parmi les moins noires !

Portrait Pierre Bergé, portrait Annabelle, autoportraits, Clown au trombone, Kabuki, Le buveur, Petit duc, Eglise de Pontoise, Tête de clown
Portrait Pierre Bergé, portrait Annabelle, autoportraits, Clown au trombone, Kabuki, Le buveur, Petit duc, Eglise de Pontoise, Tête de clown
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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Tomboy qui racontait l'histoire d'une fillette qui cherchait sa place dans le monde, la réalisatrice Céline Sciamma a adapté le livre de Gilles Paris pour nous plonger à la hauteur de gosses de 10 ans cabossés par la vie...

Courgette surnommé ainsi par sa maman qui est victime d'un accident domestique mortel, atterrit dans un foyer pour enfants où il fait la connaissance de Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice...

Dans un décor très réaliste, les marionnettes aux yeux rigolos et si expressifs tentent de se reconstruire, aidés en cela par des adultes bienveillants...

Quand la jolie Camille arrive au foyer, Courgette en tombe amoureux  et les rôles sont joliment redistribués dans la petite bande quand le petit dur devient tendre et que la blondinette traumatisée ose enfin écarter la mèche qui lui cache la moitié du visage...

De très délicieuses séquences où les objets tels un cerf volant ou une assiette de frites illustrent très habilement l'imagination des enfants, leur état d'esprit au quotidien  ou leurs rapports de force...

Un film pour les adultes et pour les enfants à partir de 6 voire 8 ans pour certaines séquences au questionnement préadolescent !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fanny Ardant, actrice que j'adore, s'est complètement fourvoyée avec cette page d'histoire de Staline...

Fascinée par la culture russe, elle a voulu adapter le roman éponyme de Jean Daniel Baltassat en confiant le rôle titre à un acteur "hénaurme" : Gérard Depardieu ?

Mais tout sonne faux dans ce film, le décor en carton pâte, les couleurs maronnasses, la psychanalyse sauvage de ses rêves qu'un Staline vieillissant aurait demandé à sa maîtresse Lidia, interprétée par une Emmanuelle Seignier momifiée en poupée au visage de cire ???

Je ne pourrai pas vous raconter la fin car je suis partie au bout d'une demi heure, exaspérée par le gâchis des talents réunis et la caricature de scénario !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficle de faire une critique de ce film réalisé et interprété par Edouard Baer !

Télérama adore et j'avoue m'être laissée porter par la petite musique du film et ses interprètes :

- Edouard Baer dans le rôle d'un directeur de théâtre qui a une nuit avant la première pour boucler le financement de sa pièce... et trouver un singe pour plaire à l'irascible metteur en scène japonais ???

- Audrey Toutou très convaincante dans son rôle de mère poule / assistante à tout faire / vaguement amoureuse de son feu follet de patron...

- Sabrina Ouazani, stagiaire de Sciences Po, employée en fait comme barmaid, qu'Edouard emmène dans sa folle traversée de Paris et qu'il réussit à "humaniser" en la confrontant à la faune qu'ils rencontrent dans les bars et les troquets ouverts la nuit...

Chaque scène prise isolément est effectivement complètement gratuite voire foutraque mais l'ensemble constitue un moment léger de cinéma comme on n'en rencontre plus guère !

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