Né en 1972 à Versailles, Gérald Engelvin est un habitué de la Galerie Portal de Saint-Jean de Luz...
Peintre français autodidacte dont le travail se caractérise par une palette de couleurs délicates, mises en valeur par une facture sobre et épurée, son thème de prédilection est l'enfance, et plus particulièrement celle de ses filles !
Sa peinture nous offre de douces images intemporelles d’enfants sages, espiègles ou boudeurs, de dos ou de profils, allongés sur un canapé, occupés avec un livre, ou jouant ensemble… se prêtant au pinceau du peintre comme à un photographe... qu'ils ne regarderaient pas...
Son œuvre s'enrichit aujourd'hui d'une série de charmants "Pierrot" aux visages enfouis dans leurs pensées...
Et pour les amoureux de la Côte Basque, d'une production toute récente de toiles magnifiant l’architecture si particulière de la ville de Biarritz !
Très intéressé par le fonctionnement de l'UE, Antoine Raimbault a découvert l'histoire de John Dalli, commissaire à la Santé en 2012, contraint de démissionner à la suite de soupçons de corruption et de trafic d'influence liés à l'industrie du tabac...
A Bruxelles, la surprise a été d'autant plus grande que cet homme politique maltais était personnellement engagé dans la lutte contre le tabac...
Des parlementaires écologistes dont José Bové flairent un coup monté et décident de monter leur contre-enquête...
C'est sur ce sujet ardu que le réalisateur parvient à nous passionner en démontant ce scandale autour du financement des institutions publiques par certains intérêts privés, en s'appuyant sur les deux formidables acteurs qui incarnent les principaux protagonistes de ce thriller : José Bové (épatant Bouli Lanners) et son fidèle compère Fabrice (Thomas VDB très crédible)...
En rajoutant un personnage fictif en la personne de Clémence (délicieuse Céleste Brunnquell), la stagiaire qui joue la mouche du coche, l'ambition d'Antoine Rimbault était de réussir à nous parler avec sérieux mais également avec humour, de l'état de droit et de nous faire réfléchir sur la notion de démocratie qu'il définit comme une recherche permanente d'équilibre pour éviter l'abus de pouvoir - en nous faisant participer durant 1h36 à l'aventure de cette bande de pieds nickelés qui n'hésitent pas à se mettre en danger pour dénoncer l'injustice...
Le réalisateur s'est inspiré pour son dernier opus, d'une histoire vraie : la découverte, au début des années 2000, d’un tableau d’Egon Schiele Les Tournesols dans le pavillon d’un jeune ouvrier chimiste de la banlieue de Mulhouse...
Dans un tout autre genre que «La femme au tableau » réalisé en 2015 par Simon Curtis avec la formidable Helen Mirren autour d’une oeuvre spoliée de Gustav Klimt, le film de Pascal Bonitzer réunit une formidable brochette de comédiens dont Alex Lutz en vedette, qui excelle dans son rôle de patron d'une grande société de ventes aux enchères...
Car non seulement tout le processus d'expertise du tableau est aussi passionnant qu'un thriller mais le scénario nous plonge dans le monde rarement exploré par le cinéma qui est celui des experts artistiques, galeristes et autres collectionneurs - et nous offre une palette de personnages rarement réunis dans une même histoire...
Tout semble en effet opposer le nanti André (Alex Lutz) qui s'impose dans ses costumes taillés sur mesure, ses montres de luxe et sa rutilante voiture et Martin Keller (Arcadi Radeff), le jeune ouvrier "nuitard" qui découvre la logique financière du monde de l'art et refuse de bénéficier de la vente d'une œuvre spoliée... et pourtant le réalisateur nous laisse entrevoir un même questionnement chez les deux hommes quant au sens qu'ils cherchent à donner à leur vie : prendre sa revanche, rester soi-même ou prendre le risque de devenir un transfuge de classe ...
A cette confrontation, vient s'ajouter une galerie de portraits humains passionnants avec Bertina (Léa Drucker), l'ex compagne et toujours collègue d'André, Aurore (Louise Chevillotte), stagiaire qui ne mâche pas ses mots et entretient une relation complexe avec son père (le sensible Alain Chamfort), Sine (Laurence Côte), la mère de Martin, l'avocate Maitre Egerman, (excellente Nora Hamzawi)...
En résumé, un très beau film, avec du rythme, de l'humour, une profondeur romanesque doublée d'une réalité tristement historique : la spoliation de milliers de juifs désireux de fuir la barbarie nazie...
La promotion du film nous promettait un western féministe ?!
L'acteur Viggo Mortensen, passé derrière la caméra pour ce nouvel opus, souhaitait (dixit la critique) corriger son image de mâle alpha et incarner un homme "sensible" à l'écoute des femmes ???
Pour nous mettre dans le bain, le film démarre sur le décès de Vivienne Le Coudy (Vicky Krieps) dont Holger Olsen (Viggo avec moustache et stetson de rigueur), recueille le dernier souffle... en promettant de s'occuper de son fils (dont il n'est pas le père) !
De flash back en flash forward, nous découvrons sans bien réussir à rétablir la chronologie de l'histoire, la rencontre amoureuse improbable d'un immigrant danois (Viggo donc) et d'une luxembourgeoise (Vicky) vaguement fiancée à un bellâtre, qu'elle abandonne pour suivre son lonesome cowboy dans une fermette perdue au fin fond d'un aride canyon du Nevada...
Découragée par le travail de Titan qui l'attend pour faire de cette bicoque un home sweet home, Vivienne doit également rapidement accepter de laisser partir son "homme" pris du désir irrépressible de participer à la guerre de Sécession - alors qu'il lui avait promis de la protéger contre les nombreux dangers du Far West... que cette jeune femme solitaire et courageuse devra affronter jusqu'au retour hypothétique de son valeureux chevalier (en armure qui peuplait ses rêves d'enfant sage) ???
Vicky Krieps s'essaie visiblement à ce rôle très différent de ceux qu'elle interprétait dans ses précédents films comme "Les trois mousquetaires" ou "Le Corsage", en ayant l'air de se poser la question à chaque prise de vue : qu'attend-t-on de mon personnage ?
Quant à Viggo Mortensen, il tente de déconstruire son image "virile", ne sachant pas non plus, de mon point de vue, quelle attitude adopter pour chacun de ses dialogues ?
J'oubliais : il y a également des méchants, un violeur, un patron de saloon où l'on rencontre des prostituées, des buveurs, des joueurs de cartes et un malheureux pianiste qui se fait tabasser s'il joue certains morceaux qui ne plaisent pas au fils dégénéré du potentat local...
A l'arrivée un boulgi boulga qui dure plus de deux heures et n'apporte aucune réflexion ni historique (puisque ce ne sont que des clichés), ni prospective (puisque tout sonne faux) !
Le film a été tourné bien avant le 7 octobre et la guerre à Gaza.
Le réalisateur israélien Dani Rosenberg a voulu témoigner de l'énergie vitale de de la jeunesse israélienne, désireuse de profiter des plaisirs de la vie (les relations amoureuses, les discussions amicales autour d'un café, un plongeon dans la mer toute proche...) - contrariée par la nécessité de faire un service militaire obligatoire et l'exigence induite de s'inscrire dans la réalité refoulée de l’occupation et celle du fanatisme religieux qui ne cesse de gagner du terrain en Israël et en Palestine...
Quand Shlomi (charismatique Ido Tako) décide de déserter son unité sur un coup de tête pour retrouver sa fiancée à Tel Aviv, sa cavale s'enferre dans une histoire tragi-comique où les épisodes tendres et joyeusement burlesques sont rapidement effacés par la menace permanente qui plane sur la région : sirènes d'alertes, maisons désertées, paranoïa d'une prise en otage par un commando palestinien...
A l'origine du film, il y a la volonté de Claus Drexel d’écouter ces personnes âgées que la société occidentale, centrée sur le productivisme et le jeunisme : "la start-up nation", ne considèrent souvent plus que comme un problème, voire un "boulet" comme ose l'exprimer la doyenne des personnes interrogées (décédée après le tournage) !
Être vieux en 2024, c'est avoir quel âge ?
Parti de l'idée d'interroger les centenaires (plus de 20 000 en France), le réalisateur allemand a préféré élargir son panel sur les français nés avant la seconde guerre mondiale et qui ont aujourd'hui entre 80 et 102 ans...
Documentaire pluriel car les personnes rencontrées sont de milieu social très différent, sont ruraux ou citadins, se revendiquent tous français qu'ils soient bretons, béarnais ou corses ou encore marocains, antillais ou fils de déportés juifs, parlent de l'impact de la guerre et de la libération sur leur destin, vivent encore chez eux ou combattent l'isolement dans des EHPAD, ont peur de la mort ou l'attendent avec résignation ou même avec impatience, parlent de leur jeunesse et de transmission, de leur couple quand ils ont encore la chance d'être l'un auprès de l'autre après soixante et plus de vie commune... et c'est passionnant...
Le plus souvent drôles, parfois amers, encore rebelles... ils nous émeuvent chacun à leur façon et on a envie de leur dire : oui vous êtes encore utiles, oui la société a toujours besoin de vous, de votre expérience et de vos mémoires plurielles !
Après les Grandes espérances de Sylvain Desclous et La voie royale de Frédéric Mermoud, Victoria Musiedlak s'attaque à son tour à un thème très actuel : l'histoire d'une étudiante/future diplômée , transfuge de classe, qui pleine de naïveté, découvre la lâcheté des hommes et les chausse trappes de la vie professionnelle...
Ce premier long métrage très maîtrisé, nous propulse dans le quotidien de Noa, une jeune avocate parisienne de 25 ans, vivant encore chez sa mère, confrontée bien malgré elle à une sordide affaire de meurtre dans une ville de province où elle ne connait personne... et que personne ne prend au sérieux, ni son patron parisien (François Morel machiavélique), ni le flic local (excellent Anders Danielsen Lie), ni son client (Alexis Neises)...
Mais la frêle Nora (formidable Noée Abita découverte dans Les passagers de la nuit), dont les yeux immenses trahissent son intelligence et sa sensibilité, va réussir à trouver son style et à s'affirmer face au cynisme ambiant !
Ivan Calbérac, réalisateur de La dégustation et de L'étudiante et Monsieur Henri, nous offre une comédie amusante, enchantée par un casting 5 étoiles...
Mariés depuis 50 ans, François Marsault (André Dussollier légèrement ridicule dans le rôle d'un général en retraite coincé dans ses principes) est toujours fou amoureux de sa femme Annie (délicieuse Sabine Azéma)...
Lorsque François décide de ranger le grenier afin d'en faire une salle de jeu pour les 4 filles de son fils aîné (militaire comme lui, qu'il admire beaucoup), qu'elle n'est pas sa surprise de trouver des lettres d'amour cachées dans un livre...
Mise devant le fait accompli, Annie finit par reconnaître une courte infidélité (François était souvent absent) et avoue le nom de son amant qui faisait partie de leur groupe d'amis...
Bouleversé par "cette atteinte à son honneur", François décide de se venger trente ans après les faits... et se retrouve face à un fringant sexagénaire (Thierry Lhermitte), professeur de judo bénévole, qui ne semble pas du tout affecté par ces "retrouvailles"...
Présentée comme cela, la comédie pourrait paraitre légère et surtout convenue... mais le scénario habile nous permet de recomposer peu à peu, sous les dehors d'une famille parfaite, les failles, les non-dits et les faiblesses des parents et des trois enfants Marsault, qui se sont construits tant bien que mal en se protégeant de la "dictature" de leur père...
Si l'on y ajoute quelques très jolies scènes (dont celles de la fin) et le décor enchanteur de la ville de Nice, pourquoi bouder son plaisir !
Le réalisateur italien Luca Guadagnino qui s'était fait remarquer en 2017 dans Call me by your name avec Thimothée Chalamet dans le rôle star (oscar du meilleur acteur), continue à explorer le passage de l'adolescence à l'âge adulte en nous racontant l'histoire de 2 collégiens, rivaux sur les courts de tennis et amoureux de la même jeune joueuse Zendaya (merveilleuse Tashi Duncan, star féminine de Dune)...
Aucun doute, la jeune championne est exceptionnelle : un physique parfait, une maturité précoce mais encore teintée de l'insensibilité féroce à l'enfance et surtout un jeu de raquette ravageur...
Le scénario nous fait voyager habilement à coups de flash backs entre la première rencontre, le duel amoureux entre l’exubérant Patrick (fiévreux Josh O'Connor révélé dans le rôle du jeune prince Charles dans The Crown) et l'introverti Art (Mike Faist touchant) - et le nouveau face à face dix années plus tard, des deux hommes dans un match de finale, sous les yeux de la même femme, devenue entretemps l'épouse et le coach de Art...
Filmés comme des conflits où chaque échange est un enjeu personnel, les matchs nous scotchent à nos fauteuils de spectateurs tant la tension physique mais également sensuelle entre les trois protagonistes fait durer le suspens jusqu'aux toutes dernières images !
Récompensée par 5 nominations aux Molières 2023, la dernière création de Mélody Mourey nous immerge dans un thriller journalistique sur la manipulation de masse à l'heure du big data...
Six comédiens survitaminés interprètent une dizaine de rôles pour nous raconter une histoire pleine de bruits et de coups fourrés : sur fond de campagne électorale américaine, nous sommes "unboarded" dans la rédaction du New York Investigation, un quotidien américain à la recherche de scoops comme ses concurrents mais dont Owen Green (David Marchal très british), le rédacteur en chef charismatique, est soucieux de conserver une certaine éthique...
Entouré d'une équipe de trois journalistes : l'ambitieuse Julia Robinson (délicieuse Laetitia Vercken) transfuge de classe, Alex Cook (Benoit Cauden), le fils du patron et Kate Blackwell (Karin Marimon), rédactrice adjointe qui est amoureuse de lui, Owen Green hésite à dénoncer un scandale impliquant un candidat à sa réélection... et s'inquiète des dérives possibles des prises de position du directeur débridé (Guillaume Ducreux) de la société de communication dans laquelle sa fille Rose travaille...
Quant à Julia, bouleversée par la réapparition de son amant disparu depuis 4 ans, elle bouscule toutes les règles de déontologie pour découvrir qui est qui et qui fait quoi dans le parti "Démocratie totale" qui explose dans les sondages et dont la porte-parole est découverte assassinée...
Fake news, lanceurs d'alerte, faux prophètes, manipulation des internautes... tous les ingrédients sont réunis dans une mise en scène trépidante, qui ne nous laisse pas un moment pour reprendre nos esprits et tenter de démêler le vrai du faux...
Le spectacle fait salle comble et les jeunes générations sont au premier rang pour applaudir cette réflexion alerte mais implacable sur les dangers qui guettent les démocraties occidentales !