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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ce film qui est le tout premier long-métrage de la réalisatrice indienne Shuchi Talati (après deux premiers courts-métrages qui ont reçu des prix internationaux), a reçu le prix du public au festival Sundance 2024 et s’est également vu décerner le Grand Prix lors de la deuxième édition du Biarritz Film Festival 2024.

La cinéaste de 39 ans nous raconte l'histoire de Mira (formidable Preeti Panigrahi), une lycéenne modèle qui vient d'être promue "préfète" dans un pensionnat d'élite dans le nord de l'Inde, dans lequel les jeunes femmes sont constamment surveillées pour "protéger leur vertu".

Le scénario subtil et nuancé nous fait partager les injonctions contradictoires auxquelles doit faire face Mira qui se doit d'être "parfaite", alors qu'elle tombe profondément amoureuse de Sri (séduisant Kesav Binoy Kiron), un nouvel élève, fils de diplomate récemment arrivé de Hong Kong, qui joue de son pouvoir de séduction auprès de la gente féminine...

Chaperonnée par sa mère Anila (brillante Kani Kusruti) qui adopte spontanément Sri, l'adolescente découvre "cérébralement"  la force de son désir, tandis que sa mère qui, elle-même, n'a pas renoncé à sa féminité lui impose jalousement une chasteté qui la déstabilise...

Une vision passionnante de la quête de liberté des femmes indiennes contemporaines face à la masculinité séculaire du pays !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est le second long métrage du cinéaste Takuya Katô, qui est principalement dramaturge et metteur en scène de théâtre.

A partir d'une trame minimaliste, le scénario déroule autour du personnage principal Watako, (touchante Mugi Kadowaki), une photographie mélancolique des effets de la bienséance dans la société japonaise...

De retour d'un weekend dans un camping de luxe avec son amant, la jeune femme assiste en direct et sans pouvoir réagir à la mort de ce dernier, écrasé par un chauffard...

La caméra observe de manière feutrée, les réactions de Watako qui continue à avancer dans la vie comme une somnambule,  toujours habitée par le souvenir de son amant qu'elle ne peut pas pleurer mais éteinte par la cohabitation avec son mari qu'elle n'aime plus depuis longtemps...

Un film délicat, tout en retenue, un peu trop sans doute, à voir pour les amateurs de cinéma japonais !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur espagnol Victor Iriarte a choisi pour son premier long métrage un sujet sombre et douloureux : l'enlèvement à grande échelle (de 1936 à 1975), de 300 000 enfants de militants républicains pour les confier à de "bons catholiques" acquis au régime franquiste...

Vera (formidable Lola Duena révélée par Pedro Almodovar), à qui on a arraché son fils il y a 20 ans a consacré toute se vie à le chercher...

Le début du film est un un peu long, voire inutilement complexe mais il nous fait partager le quotidien de cette femme et de cette mère courage qui ne veut rien lâcher...

La seconde partie est par contre une pure merveille de délicatesse, où les regards et les gestes parlent de ces retrouvailles "improbables", dont la sensibilité sophistiquée transcende les épreuves et les doutes éprouvés et invente un futur possible...

Cora (formidable Ana Torrent), la mère adoptive, pianiste de grand talent est bouleversante de retenue et Egoz, le fils (Manuel Egozhue) trouve par petites touches et avec une discrète élégance la bonne distance face à ses deux mères !

A voir pour ces trois acteurs exceptionnels et pour l'inventivité encore démontrée du cinéma espagnol !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Kevin Costner a misé 50 millions de ses propres dollars pour financer ce western de trois heures qui est le premier volet d'une saga de trois...

J'ai longtemps hésité avant d'aller voir ce film qui nous raconte la conquête de l'Ouest avec ses grands espaces, ses pionniers, ses indiens...

L'appétence du réalisateur pour cette période n’est pas un hasard, puisque son grand-père, natif de Noble Country dans l’Indiana était à moitié Cherokee...

Mais de là à nous infliger la progression interminable d'un convoi de roulottes sur la piste de Santé Fé avec leurs arrêts bivouacs sous la tente, émaillés d'anecdotes sans queue ni tête avec une kyrielle de personnages dont on ne comprend pas vraiment les motivations... si ce n'est pour nous montrer qu'il y a des méchants chez les blancs et des méchants chez les indiens...

Kevin Costner se dépeint en lonesome cowboy amoureux d'une jolie femme sans quasiment prononcer une seule parole ?

J'avoue m'être copieusement ennuyée tant le film est confus, long et convenu - et ce jusqu'à la fin qui est un véritable kaléidoscope de scènes annonçant, j'imagine, les deux prochains volets ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Isabelle Huppert, le visage nu, le regard perdu hante le dernier film d'André Téchiné...

S'inscrivant dans l'air du temps, le cinéaste met face à face Lucie, une agente de la police technique en fin de carrière qui reprend ses fonctions après un séjour en HP suite au suicide de son mari policier... et Yann (émouvant Nahuel Perez Biscayart) son voisin de pavillon de banlieue, un activiste anti-flics au lourd casier judiciaire...

Engluée dans sa solitude, Isabelle Huppert retrouve un semblant de vie sociale avec ce couple d'à coté qui vit également en vase clos avec leur fille Rose... qui ne va pas à l'école et à qui elle consacre du temps pour l'aider dans sa scolarité par correspondance...

Très proche de Julia (Hafsia Herzi) et à l'écoute de Yann, Julie se retrouve vite confrontée à un conflit de loyauté entre ses nouveaux amis et son métier...

Tricoté un point à l'endroit, un point à l'envers, le film ne réussit pas bizarrement à trouver son fil rouge et le spectateur reste à l'extérieur... jusqu'à la scène finale qui n'en est pas vraiment une ?

Trois excellents interprètes malheureusement sous-utilisés dans un scénario trop inconsistant pour nous séduire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage du documentariste Jonathan Millet, le film nous saisit dès les premières images et ne nous lâche plus jusqu'à la fin implacable...

A l'instar des chasseurs de nazis après la seconde guerre mondiale, Hamid (extraordinaire Adam Bessa), échappé miraculeusement de la prison syrienne de Saidnaya, appartient à une cellule secrète chargée de traquer les bourreaux de la garde rapprochée de Bachar Al Assad infiltrés dans les pays européens sous couverture de citoyens parfaitement intégrés...

Après une vaine quête en Allemagne, Hamir débarque à Paris et croit identifier son bourreau dont il n'a qu'une photographie floue...

Obnubilé par son désir de vengeance, le jeune rescapé s'introduit dans le milieu syrien pour confirmer son intuition... mais à qui se fier dans cette nébuleuse où personne n'arrive plus à distinguer les partisans du dictateur de ses adversaires...

Littéralement collé à la peau d'Hamir qui arpente la ville comme un fantôme, le spectateur partage ses doutes, ses émotions, son espoir et se sent solidaire de cet homme meurtri et solitaire qui, malgré son deuil (sa femme et ses enfants ont été tués), garde le lien avec sa mère réfugiée dans un campement de la Bekaa pour mieux la soutenir...

Poignant et magnifique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Cinq ans après son formidable premier opus : l'Ecole du bout du monde, le cinéaste bhoutanais Pawo Choyning Dorji nous raconte avec humour et tendresse l'avènement de la démocratie dans son pays au début des années 2000...

Le roi, à la grande surprise de son peuple qui découvre la télévision et internet, décide d'organiser des élections "blanches" pour préparer celles qui auront vraiment lieu en 2008, instaurant pour la première fois un régime de monarchie constitutionnelle...

Dans le petit village rural de Ura, le quotidien ancestral des habitants est bouleversé par cet événement qui divise les opinions jusqu'à l'intérieur des familles... et mobilise le lama qui demande à son disciple de lui trouver un fusil ?!

Dans de majestueux décors montagneux, le cinéaste oppose le profond humanisme de son peuple face à la convoitise consumériste du monde occidental, incarné par un américain totalement désarçonné par la culture bouddhiste...

Dans ce petit pays où le BNP (bonheur national brut) est une aspiration sérieuse, le film nous livre un traité de sagesse qui nous émeut, nous questionne, nous apaise et nous fait sourire !

A voir absolument avant que le film ne disparaisse des écrans !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pierre Niney crève l'écran dans ce rôle où il incarne Edmond Dantès, un homme emprisonné pour un "crime de haute trahison"  qu'il n'a pas commis et qui a réussi à s'évader du château d'If après 14 années de détention dans des conditions inhumaines...

Devenu immensément riche grâce à la découverte du trésor des Templiers dont l'abbé Faria, un compagnon de captivité,  lui en a révélé l'existence et l'emplacement, il "revient" pour se venger des trois hommes qui l'ont trahi...

Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte, scénaristes à succès du  diptyque Les Trois Mousquetaires : d'Artagnan puis Milady, ont décidé d'adapter un troisième  best-seller d'Alexandre Dumas : Le comte de Monte Cristo...
Le film nous replonge au début du règne de Louis XVIII en 1815, alors que Napoléon s'apprête à quitter l'île d'Elbe pour les Cents Jours ...
Durant près de trois heures, nous partageons la destinée d'Edmond Dantès (Pierre Niney) et de sa fiancée Mercédès (délicieuse Anaïs Demoustier) ainsi que le parcours de ses trois dénonciateurs : Fernand de Morcerf (Bertrand Bouillon), le cousin secrètement amoureux de Mercédès, le capitaine Danglars (Patrick Mille), rival de son second Edmond Dantès et Gérard de Villefort (Laurent Lafitte), procureur à la solde de la famille Morcerf...
Tout le monde a lu ou connaît le roman, les scénaristes l'ont adapté en tentant de "résumer" ce pavé de 1300 pages et le spectateur est entraîné dans cette fresque tragique où se mêlent l'Histoire, l'amour, l'aventure et la comédie humaine et politique... dans des paysages superbes et des demeures splendides...
Difficile de bouder son plaisir même si personnellement j'ai trouvé le film un peu long et le duel de la fin ridicule... mais Pierre Niney a su créer un personnage à la fois encore juvénile mais désespérément  mature dont le regard acéré et fermé trahit toute l'amertume d'une vie gâchée...
 
 
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme dans toutes les familles, il y a des non-dits, des jalousies, des frustrations, des moments de bonheur et des secrets qui pèsent sur l'équilibre des plus fragiles mais également sur ceux qui ont la réputation d'être "forts" !

La réalisatrice Blandine Lenoir a adapté le roman graphique de Camille Jourdy : Juliette, les fantômes reviennent au printemps, pour nous parler d'amour, de maternité et de paternité, de pudeur mais également de dépression et de deuil...

Juliette (formidable Izia Higelin), jeune illustratrice de livres pour enfants, quitte la ville pour retrouver sa famille quelques jours : elle leur avoue à mi-mots sa dépression, habite chez Léonard (toujours aussi merveilleux Jean-Pierre Darroussin), son père pudique, retrouve Nathalie (Noémie Lvovsky), sa mère excentrique, Marylou (Sophie Guillemin), sa soeur qui ne sait plus très bien où elle en est de son couple et de sa famille et Simone (Lilane Rovère), sa grand-mère chérie qui vient de quitter "sa" maison pour entrer en Ehpad...

De scène en scène, nous faisons connaissance avec la famille, tentons de comprendre les liens qu'ils ont ou non tissés entre eux et découvrons le "secret" de famille dont les uns et les autres vont enfin s'autoriser à parler...

Autour d'eux, beaucoup de personnages secondaires touchants, chacun dans leur singularité, composent la mosaïque de ce film pas vraiment construit mais qui nous parle tant il est universel !

A voir avant qu'il ne quitte les écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Par son travail de compositrice, Margherita Vicario a été confrontée à la question de la place des femmes dans la musique d'hier et d'aujourd’hui...

La réalisatrice s'est lancée dans des recherches : "En retraçant l’histoire des compositrices italiennes et européennes, la découverte qui m’a le plus intriguée a été le monde fascinant des quatre Ospedali de Venise et des Figlie di Choro, les filles de chœur."

"Les orphelinats étaient des institutions d’aide aux femmes qui leur dispensaient une formation musicale d'excellence et de ce fait, les seules personnes qui pouvaient se permettre d’étudier la musique au plus haut niveau, à l’apogée de la splendeur de la Venise baroque du XVIIIème siècle, étaient les nobles et les orphelins !"

"Mais, malgré leur excellente formation, les jeunes femmes des orphelinats vénitiens ne pouvaient aspirer qu’à un bon mariage ou à jouer toute leur vie pour la gloire de Dieu".

Poursuivant sa réflexion, Margherita Vicario s'est dit ; "qu'il devait sûrement y avoir des auteures et des compositrices extraordinaires" dont le talent est resté méconnu.

Elle a donc inventé l'histoire de Teresa, une jeune domestique silencieuse et solitaire, dotée d'une oreille absolue alors que tout son entourage la croyait muette, qui a su fédérer les instrumentistes et les chanteuses autour d'elle pour composer un concert digne de la venue du Pape annoncée dans l'humble Institut Sant'Ignazio, où régnait sans partage un maestro dont l'imagination créatrice s'était envolée depuis fort longtemps...

Film d'inspiration historique, film musical, film de femmes, film dénonçant le patriarcat des puissants avec humour... "Gloria" est un feel good movie dont on ressort avec le sourire aux lèvres...

Avec deux interprètes principales formidables : Teresa (Galatea Bellugi) et Lucia (Carlotta Gamba), le 1er violon - et de nombreux seconds rôles bien campés, le film vaut vraiment la peine d'être découvert !

 

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