Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Première rétrospective en France consacrée au peintre américain Mark Rothko (1903-1970) depuis celle du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1999, l’exposition présentée à la Fondation réunit quelque 115 œuvres provenant des plus grandes collections institutionnelles, notamment de la National Gallery of Art de Washington, de la Tate de Londres et de la Phillips Collection de Washington, et de collections privées internationales dont celle de la famille de l’artiste.

Se déployant selon un parcours chronologique, l'exposition de la Fondation Louis Vuitton retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste depuis ses premières peintures figuratives jusqu’à l’abstraction qui définit aujourd’hui son œuvre. 

Le parcours s’ouvre sur des scènes intimistes dont son seul autoportrait (1936) et des paysages urbains (telles les scènes du métro new-yorkais peintes dans les années 30), avant de céder la place à un répertoire inspiré des mythes antiques et du surréalisme.

À partir de 1946, traumatisé par la guerre, Rothko, comme d’autres de ses confrères de l'école de New York, abandonne le figuratif et opère un tournant décisif vers l’abstraction dont la première phase est celle où des masses chromatiques en suspension. Il ne donne plus de titres mais des numéros à ses toiles. Celles-ci deviennent verticales et se composent de rectangles superposés de couleurs chaudes (rouge, brun, blanc, rose, jaune, orange), traversés de lumière. A partir de la décennie suivante, il se limite à deux ou trois formes rectangulaires dont les bords vibrent et touchent les limites de la toile comme un halo diaphane. Malgré leur apparente sérénité, Rothko assure : « J’ai emprisonné la violence absolue dans chaque centimètre carré de leur surface »...

Si depuis la fin des années 1950, Rothko privilégie des tonalités plus sombres, des contrastes sourds, l’artiste n’a pourtant jamais complètement abandonné sa palette de couleurs vives, comme en témoignent plusieurs toiles de 1967. Même la série des Black and Grey de 1969-1970 ne peut mener à une interprétation simpliste de l’œuvre associant le gris et le noir à la dépression et au suicide.

Ces œuvres sont réunies aux côtés des grandes figures d’Alberto Giacometti, créant un environnement proche de ce que Rothko avait imaginé pour répondre à une commande de l’UNESCO restée sans lendemain.

A voir jusqu'au 2 avril 2024

 

Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme
Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme

Rothko : oeuvres figuratives (8) - oeuvres inspirées du surréalisme

Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"
Rothko : oeuvres "classiques"

Rothko : oeuvres "classiques"

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le toujours aussi formidable Franck Desmedt nous fait partager en 1h30 les principaux épisodes de la vie de Kessel, l'écrivain aventurier témoin de son temps...

Ecrit et mis en scène par Mathieu Rannou, le texte est ciselé, enlevé, brillant et donne envie de relire l’œuvre de Kessel...

Dans un décor aussi simple qu'ingénieux (voir la bande annonce),  le comédien conteur endosse les rôles de Kessel, de sa mère, de son père, de de Gaulle, de Robert Salmon (patron de France Soir) et  de Pierre Lazareff (rédacteur en chef de France Soir), de Francis Huster...

La salle était comble, le public conquis, l'interprète ému...

A voir jusqu'au 7 janvier !

 

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Sébastien Thiéry a eu l'idée de réunir Noémie Lvovsky et Yvan Attal dans sa dernière pièce et le duo fonctionne...

Mariés depuis 25 ans, Justine et Jean-Marc font face à l'usure de leur couple depuis le départ de leur fils qui ne donne pas trop de nouvelles à ses parents...

Installés dans leur grande cuisine moderne, ils se disputent pour un oui, pour un non, pour un mot prononcé maladroitement et chacun fait assaut de la mauvaise foi la plus éhontée...

Quand Justine reçoit un e-mail d'une adresse inconnue composée du lieu et la date de leur mariage, elle ne peut s'empêcher de cliquer sur la vidéo jointe...

Stupéfaits, Justine et Jean-Marc découvrent qu'une webcam a été installée sur une étagère de leur cuisine et qu'ils sont filmés à leur insu...

Qui l’a installée : ils vont bien sûr s'accuser mutuellement... Pourquoi : ils évoquent tour à tour des possibles jalousies de leurs entourages respectifs (elle est éditrice de bandes dessinées, lui dirige une agence de pub)...

Au fur et à mesure des envois qui vont s'intensifier (malgré le débranchement de la caméra), ils comprennent qu'ils sont enregistrés dans leur intimité depuis de longs mois...

Chaque vidéo met à jour les mesquineries et les mensonges de ce couple de quinquagénaires qui, au fil du temps, a renié le pacte qui les avait unis lors de leur mariage...

Le dialogue remarquablement construit nous tient en haleine tout au long de la représentation et nous embarque à leurs côtés...

Tour à tour amusés, consternés mais toujours empathiques, nous ne les quittons pas des yeux jusqu'à la toute fin qui... je ne vous en dirais pas plus...

A voir absolument !!!

 

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est l'année Sandra Hüller : après avoir brillamment incarné l'héroïne de "Anatomie d'une chute", l'actrice allemande interprète ici le "moi" du film, c'est-à-dire la comtesse Irma Sztáray que l'impératrice Sissi (ravissante Susanne Wolff), choisit comme dame d'honneur pour l'accompagner dans son séjour à Corfou...

Rejetée par sa mère Maria, qui désespère que sa grande godiche de fille ne soit pas encore mariée à près de 40 ans, Irma s'épanouit auprès de la fantasque impératrice qui la libère de ses robes engoncées et l'initie au sport et au jeûne...

Après l'autrichienne Marie Kreutzer et son film "Corsage" sorti fin 2022, c'est au tour de l'allemande Frauke Finsterwalder de revisiter le mythe de l'impératrice d'Autriche loin de l'image traditionnelle qui a marqué les débuts de Romy Schneider...

Car dans "Sissi et moi" comme dans "Corsage", Sissi est dépeinte comme une femme moderne, intelligente, qui s'entoure d'une cour de femmes et fuit les hommes qui "s'accrochent"...

Entre les deux femmes nait une certaine amitié qui se transforme rapidement en un amour exclusif et jaloux pour Irma...

Inspiré par la réalité historique, le film n'en est pas moins une fiction dans ses partis pris, mais une fiction réjouissante et résolument féministe... bien qu'un peu longuette (2h12)

Dommage que les hommes soient tous ridiculisés...

Personnellement j'avais préféré "Corsage" et l'interprétation  de Vicky Krieps, même si je n'avais pas été complètement convaincue (voir ma critique en décembre 2022)...

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les mathématiques ont la cote !

Après "Voie royale" de Frédéric Mermoud  qui nous racontait la réussite d'une jeune femme en classe prépa scientifique (voir ma critique du 31 août dernier), la réalisatrice Anna Nouvion nous invite à partager la passion de Marguerite pour les mathématiques...

Elève en dernière année de doctorat à l'ENS (Ecole Normale Supérieure), Marguerite (formidable Ella Rumpf), qui prépare sa thèse avec Laurent Werner, un maître terriblement exigeant (excellent Jean Pierre Daroussin dans un rôle à contremploi pour lui), a pour ambition de démontrer la conjecture de Goldbach, sur laquelle tous les mathématiciens se sont cassés les dents...

Doublement désavouée par Laurent Werner qui a décidé de superviser en parallèle et sur le même sujet qu'elle, Lucas (séduisant Julien Frison)  un thésard diplômé d'Oxford - et qui la lâche brutalement lors d'une démonstration, Marguerite décide de tout abandonner...

Colocataire d'une jeune danseuse rencontrée par hasard, elle s'installe dans un appartement du quartier chinois du XIIIe arrondissement où elle découvre rapidement que son don pour les chiffres va lui permettre de gagner sa vie dans des parties de mah-jong clandestines...

Obsédée toutefois par ses recherches, elle va replonger dans ses équations, seule puis avec l'aide de Lucas, qu'elle réussit à associer à son travail...

Le film, si l'on oublie son côté romance qui n'est toutefois pas sans charme, présente un double intérêt : dans le portrait de cette jeune femme, fille d'une professeur de mathématiques, corticale obsessionnelle jusqu'à tutoyer la folie, qui va peu à peu s'ouvrir aux autres - et dans la description du milieu quasiment exclusivement masculin de la recherche en mathématiques, pour lequel Marguerite, en tant que femme, représente une menace...

 A voir pour ses acteurs et pour encourager l'excellence française en mathématiques !

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce dernier opus présenté au festival de Cannes 2023 mais non récompensé, Marco Bellocchio, 83 ans, traumatisé par l'éducation rigide de parents aux opinions conservatrices voire réactionnaires, poursuit son œuvre de dénonciation des "forfaits" de L'Eglise catholique...

Il nous raconte l'histoire vraie du petit Edgardo Mortara qui, en 1857, fut, sur mandat du Saint-Office de l’Inquisition, arraché à l'âge de 6 ans, à sa famille juive par les brigades du pape-roi Pie IX...

Ondoyé en secret à l'âge d'un an par Anna Morisi, une jeune servante catholique au service de la famille qui, l'estimant en danger de mort, s'inquiétait du salut de son âme, l'enfant est devenu à l'insu des siens "chrétien pour l'éternité"...

C’est ainsi qu’Edgardo est élevé dans la “Maison des catéchumènes et des néophytes” (“Domus Catecumenorum”), un séminaire créé pour la conversion, entre autres, des Juifs et des Musulmans où il reçoit une éducation catholique rigoureuse. Brisés par cet enlèvement, les époux Mortara n’hésiteront pas à employer toutes leurs ressources, y compris financières, pour obtenir justice. Les diverses communautés juives, en Italie et à l’étranger, se mobiliseront pour les soutenir dans ce qui deviendra rapidement un véritable scandale international.

Ne quittant pas le visage de cet enfant au regard angélique, la caméra nous fait partager son quotidien studieux au milieu de ses camarades, choyé par ce pape puissant (dont le pontificat de 31 ans est le plus long de l'histoire de la papauté), habité par des cauchemars de circoncision forcée...

Car, après quelques mois difficiles où il réclame de retourner dans sa famille, Edgardo, victime dirait-on aujourd'hui du syndrome de Stockholm, non seulement accepte sa conversion forcée mais s'engage sur le chemin de la prêtrise, ne désespérant jamais de faire renoncer sa mère et ses frères et sœurs à la religion juive...

Souligné par des envolées musicales et tourné dans de magnifiques décors magnifiés par la pourpre romaine, le film nous replonge dans le contexte historique de cette époque où le pape à la tête des Etats Pontificaux (jusqu'en 1870), pouvait décider du sort d'un enfant mineur (il y en eut plusieurs) et le kidnapper pour l'élever dans la religion catholique contre l'avis de ses parents...

Personnellement je trouve que le film aurait été encore plus puissant s'il s'était inscrit dans notre monde contemporain car, si le souvenir de ces "crimes" mérite d'être rappelé, ces enlèvements n'en paraissent pas moins anecdotiques voire archaïques au regard du scandale enfin dénoncé de la pédocriminalité de certains membres de l'Eglise catholique...

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Quelques instants avant d’entrer sur scène, le pianiste Pascal Amoyel retrouve, dans une partition, une enveloppe qui lui est adressée au 16 rue Ampère par la gardienne de l'immeuble...

C’est l’adresse à laquelle Cziffra, puis Amoyel - comme un clin d’œil du destin - habitèrent.

L’interprète replonge alors dans le souvenir des premières rencontres avec le Maitre dont il devint l’un des rares élèves.

Au clavier de son piano, Pascal Amoyel nous raconte l’incroyable destinée du légendaire pianiste hongrois qui est devenu l’un des plus grands virtuoses du XXe siècle.

Né en 1921 dans les bidonvilles de Budapest,  György Cziffra, enfant virtuose dès l'âge de 5 ans, est le benjamin de trois enfants d'une famille de musiciens tziganes.

Envoyé combattre sur le front de l'Est avec l'Armée hongroise, il est fait prisonnier par des partisans soviétiques. Transféré quelques mois plus tard dans un camp de prisonniers, il est enrôlé dans la nouvelle armée hongroise qui se forme à la libération du territoire hongrois par l'Armée Rouge. Après avoir servi pendant plus d'un an comme instructeur, il est démobilisé et rejoint en 1946 sa femme et son fils qu'il n'avait pas revus depuis 1942.

Opposé au régime communiste hongrois, il est arrêté lors de sa tentative de traverser la frontière clandestinement avec sa famille. Il reste prisonnier politique de 1950 à 1953, condamné aux travaux forcés où il exécute la dure tâche de porteur de pierres. Il lui en restera des séquelles qui lui vaudront, à sa libération, de longs mois de rééducation et des douleurs persistantes aux articulations. D'où son fameux bracelet de cuir au poignet droit qu'il portera plusieurs années encore après son exil.

Il est alors enfin reconnu comme un pianiste exceptionnel par le ministère hongrois des Affaires culturelles qui lui permet entre 1953 et 1956 d'accéder à une carrière d'interprète virtuose et de donner de nombreux concerts en Hongrie, sans pouvoir encore jouer à l'étranger.

Lors de la répression qui suit l'insurrection de 1956, et la fuite de dizaines de milliers de Hongrois, il profite de la brève ouverture de la frontière pour fuir le régime communiste et s'échapper vers l'Autriche avec sa famille. Profitant de ce qu'il se produit à Vienne, il demande l'asile politique et part pour la France où il est apprécié par le public dès son arrivée à Paris.

Le spectacle d'une grande qualité (c'est une reprise) fait salle comble !

Dommage que l’acoustique du théâtre Montparnasse ne permette pas de profiter pleinement du talent de Pascal Amoyel...

 

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les deux réalisateurs Karine Blanc et Michel Tavares, tous deux issus de milieux ruraux, ont voulu dans ce film dénoncer les problèmes de  désertification des campagnes...

Partant de l'initiative du maire de L'Hospitalet près d'Andorre qui a revivifié son village en ouvrant un foyer pour femmes en difficulté, ils ont transposé l'histoire à Cordon en Haute Savoie et confié le rôle principal à Clovis Cornillac...

Désespéré par la menace de fermeture de l'école du village, Paul Barral qui a passé une annonce pour louer des logements municipaux créés dans l'ancienne gendarmerie, se voit contraint, faute d'autres candidatures, d'accepter la demande de Joe-Lynn (formidable Eye Haïdara), une chanteuse de country black qui vit du RSA, seule avec ses deux enfants...

La population, tout d'abord opposée à cette venue, finit par tomber sous le charme de l'énergie déployée par Joe-Lynn pour s'intégrer et faire revivre le village en ouvrant une école de danse...

Toujours sur la réserve, Monsieur le Maire finit par comprendre que l'arrivée de cette femme chassée du foyer pour femmes battues du fait de l'âge trop avancé de ses enfants, était une chance pour son village...

Encouragé et soutenu par sa fidèle secrétaire Véronique (Laurence Côte), il décide de transformer le bâtiment municipal en CHRS (Centre d'hébergement et de réinsertion sociale), mais se heurte à l'opposition de son adjoint et surtout au dédale administratif...

C'est passionnant de voir cet homme très engagé, sollicité de toutes parts mais désabusé depuis la mort de son fils et le départ de sa femme, se reconnecter à la vie et déplacer des montagnes (sans jeu de mots !), pour donner un toit à ces femmes malmenées par la vie et à leurs enfants !

Malgré le sérieux du sujet, le film est drôle, émouvant, vrai : à voir sur les écrans dès le 1er novembre !

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après avoir tourné deux films (Moi, Daniel Blake en 2016 et Sorry We Missed You en 2019), dans le nord-est de l’Angleterre qui parlaient de gens pris au piège d’une société fragmentée et qui se terminaient tragiquement, le réalisateur de 87 ans a voulu témoigner de la générosité des gens rencontrés lors de ses précédents tournages...

Ken Loach s'explique : "Il nous semblait que nous devions tourner un troisième film qui s’en ferait l’écho, sans pour autant minimiser les difficultés auxquelles les habitants font face et les épreuves traversées par la région au cours des dernières décennies"

Le film se déroule dans le comté de Durham :  "Une région qui a été abandonnée où l’activité industrielle – construction navale, sidérurgie, industrie minière – a disparu et rien ou presque ne l’a remplacée. La plupart des villages miniers, autrefois prospères et fiers de leurs traditions de solidarité, ont été laissés à l’abandon par les politiques."

"Des communes de régions plus riches y ont transféré des habitants vulnérables et défavorisés – considérés comme « personnes à problèmes » et tributaires d’allocations de logement – vers des villages où le logement était bon marché."

Quand le gouvernement anglais a fini par accepter d’accueillir dans cet environnement paupérisé des réfugiés fuyant la guerre en Syrie, les tensions se sont accrues entre les déshérités et les déracinés...

Le film nous raconte l'arrivée d'un car de migrants, principalement des femmes et des enfants, dans un village où ne subsiste qu'un pub à l'enseigne bancale The old oak, tenu par TJ Ballantyne (formidable Dave Turner), un ancien mineur dépressif abandonné par sa femme et son fils, dont le père est mort dans un accident minier...

Et pourtant une petite flamme d'humanité subsiste chez cet homme qui adore la petite chienne qui l'a sauvé du désespoir et va se ranger aux côtés de Yara (touchante Ebla Mari), une jeune photographe syrienne qu'un ivrogne a agressé parce qu'elle le prenait en photo...

Entre ces deux-là, nait une complicité rare qui va faire bouger les lignes entre les différentes communautés et faire renaître la solidarité entre les "laissés-pour-compte", quelque soit leur origine...

Certainement "un peu trop joli pour être vrai", le film n'en distille pas moins une raison d'espérer qu'une fraternité puisse à nouveau se dessiner entre les "damnés" de notre monde contemporain, à l'instar de celle qui existait dans le secteur minier... 

A voir pour rester en éveil sur une réalité politique qui touche tous les pays occidentaux !

Voir les commentaires

…
Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Katell Quillévéré a pris comme point de départ de son dernier film, le secret de famille de sa grand-mère paternelle pour s'interroger sur l'alchimie du couple... et c'est passionnant !

Aux premières images d'archive d'après-guerre sur l'arrivée triomphale des GI distribuant bonbons, baisers et chewing-gums, succède un collage presque insupportable à regarder aujourd'hui, sur la violence de la tonte faite aux femmes qui avaient "fauté" avec un allemand...

La réalisatrice s'interroge : comment une jeune fille de 17 ans comme sa grand-mère peut-elle rentrer chez elle avec le crane rasé et une croix gammée dessinée sur son ventre arrondi...

La caméra nous projette en 1947 sur une plage de Bretagne où Madeleine, une jeune mère (interprétée par Anaïs Demoustier) court après son enfant qui joue dangereusement dans les vagues...

François, un grand et frêle jeune homme au regard embué par des lunettes (Vincent Lacoste), intercepte l'enfant et le rend à sa mère qui le rudoie...

Entre Madeleine la serveuse à la coiffe bretonne dans une auberge locale et François, l'étudiant en archéologie, héritier d'une grande famille d'industriels, un lien se tisse qui s'apparente à l'urgence...

Après un mariage rondement mené, ils vont tenter de vivre dans un équilibre désargenté précaire...

Pour répondre au désir de Madeleine qui lui a avoué que son rêve était de travailler dans un dancing, François décide de déménager à Châteauroux (qui accueille à l'époque une base américaine), pour prendre la gérance du Rodéo Club : François tente de concilier la rédaction de sa thèse avec leur travail de nuit, tandis que l'enfant attend d'être enfin aimé par sa mère faute de pouvoir tout savoir sur son père biologique dont il a trouvé la photo dans le sac de sa mère...

Au secret de Madeleine s'ajoute la faille de François que cette dernière entrevoit, subit et finit par plus ou moins accepter...

La réalisatrice part de l'histoire de sa grand-mère, qu'elle n'a découvert qu'à la fin de la vie de cette dernière, pour fictionner son récit et nous poser des questions sociétales très actuelles : les couples qui durent ont-ils conclu un pacte implicite ?, une femme peut-elle ne pas être une bonne mère ?, un homme peut-il aimer un enfant dont il n'est pas le père biologique ?, comment un enfant peut-il se construire dans le secret de ses origines ?...

Les deux acteurs principaux sont parfaits dans leurs rôles un peu datés mais surtout décalés par rapport à leur image contemporaine : la solaire Anaïs Demoustier compose un personnage que sa dureté rend antipathique, tandis que l'éternel adulescent Vincent Lacoste qui a perdu 10 kgs pour le rôle,  endosse avec talent un comportement d'adulte blessé...

Un film à voir à sa sortie le 29 novembre !

Voir les commentaires

…

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog