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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Marie Amachoukeli a voulu rendre hommage à sa nounou portugaise, repartie dans son pays alors qu'elle même n'avait que 6 ans...

Dans le film, la petite fille Cléo (délicieuse Louise Mauroy Panzani),  myope comme elle et orpheline de mère, a reporté tout son amour sur Gloria (formidable Ilça Moreno), sa nounou capverdienne  qui doit retourner dans son île pour s'occuper de ses propres enfants (suite au décès de sa mère)...

Pour tenter de calmer le désespoir de Cléo, son père accepte qu'elle passe un dernier été avec Gloria, au Cap-Vert...

Ponctué de scènes d'animation qui décryptent la pensée et les rêves de Cléo, le scénario loin d'être mièvre, témoigne d'une double émancipation ;: celle d'une femme qui retrouve son indépendance et celle d'une petite fille, obligée de grandir plus vite qu'elle ne l'aurait souhaité...

Un feel good movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Avec son 4ème long métrage, Justine Triet a décroché la Palme d'Or à Cannes et une fois n'est pas coutume, j'applaudis ce choix sans réserve !

Un scénario diabolique comme dit Téléréma, un casting parfait, seconds rôles inclus, des dialogues magistralement écrits...

La réalisatrice analyse avec intelligence le naufrage d'un couple et la résilience de leur  enfant qu'un accident a rendu malvoyant... dans un film protéiforme : polar, procès, critique littéraire...

Dans une maison isolée par la neige, un homme chute d'un étage et meurt sur le coup : accident, meurtre, suicide... toutes les hypothèses sont sur la table...

Dès le départ Sandra, la "femme" (prodigieuse Sandra Hüller) est suspectée : elle était seule dans la maison, son fils Daniel 11 ans étant parti se promener avec son chien...

Aidée par un ancien ami et avocat (tout aussi formidable Swann Arlaud), cette femme à la fois froide et sensuelle, écrivain de talent dont l’œuvre se nourrit de sa vie, tente de faire face malgré les preuves qui s'accumulent...

Orchestrée autour de Daniel (fascinant Milo Machado Graner repéré dans "Thérapie" où il incarnait le fils de Frédéric Pierrot), véritable pivot du film, la trame judiciaire révèle peu à peu les facettes du couple que formait ses parents...

Dans le tribunal, l'avocat général survolté (impressionnant Antoine Reinartz) se confronte à la maîtrise de l'avocat de la défense, à l'impartialité de la présidente du tribunal, à l'enquêteur dépassé par les enjeux psychologiques de l'affaire, au psychiatre de la victime qui se révèle d'une parfaite mauvaise foi...

Un film moderne, passionnant, brillant, non conventionnel !

Une réussite, à voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pierre-Henry Mercier, un brillant candidat issu de la grande bourgeoisie brigue la présidence de la République...

Mademoiselle Pove, une impertinente journaliste reléguée à la rubrique football, est réhabilitée pour suivre la campagne de l'entre deux tours...

Albert Dupontel (qui interprète l'homme politique), a fait appel à Cécile de France pour lui donner la réplique...

Démontant la "belle histoire" de cette candidature trop parfaite, l’intervieweuse aux grosses lunettes, va faire la lumière sur le passé de Pierre-Henry (qu'elle a côtoyé au collège)...

Entre parodie et charge féroce contre le pseudo-verdissement des promesses électorales actuelles, le réalisateur réussit, malgré un scénario un peu compliqué autour d'un garde du corps roumain, une mère abusive et d'une tierce personne dont je ne vous révélerai pas l'identité, à nous faire adhérer à son propos politique...

A voir à partir du 25 octobre !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Librement inspiré du film argentin de Gaston Duprat sorti en France en 2019, le dernier opus de Rémi Bezançon réunit un excellent duo d'acteurs...

Bouli Lanners et Vincent Macaigne interprètent avec talent un peintre génial mais ingérable (Renzo Nervi) et son galeriste dévoué (Arthur Forestier)...

Pour sauver son ami Renzo qui n'arrive plus à vendre un seul tableau, Arthur invente un stratagème pour relancer la cote du peintre...

Malgré un scénario improbable, le film grâce à ses interprètes, tient ses promesses et nous fait fait sourire jusqu'à la fin...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Quatrième long métrage du réalisateur espagnol Victor Erice (83 ans), "Fermer les yeux" est une magnifique œuvre poétique...

Vingt-deux après le tournage inachevé de son film "Le regard de l'adieu", Miguel Garay  (Manolo Solo) est sollicité pour venir parler à une émission de télévision de la disparition de son acteur vedette Julio Arenas (toujours aussi formidable José Coronado)...

Le cinéaste écrivain, aujourd'hui réfugié dans une caravane au bord de la mer, se retrouve à Madrid propulsé dans ses souvenirs...

Miguel et Julio, amis de toujours, partageaient la passion du cinéma et celle des femmes...

Miguel recontacte les témoins de leur passé commun et mène l'enquête à l'instar du rôle joué par Julio, chargé dans le scénario de retrouver à Shangaï la fille d'un vieil homme retiré à Triste-le-Roi en région parisienne...

Un voyage nostalgique entre passé et présent, ponctué de rencontres précieuses avec des personnages délicieux, nous embarque durant 2h46 dans cette ode à la puissance du cinéma comme objet mémoriel !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur espagnol Jaime Rosales voulait un titre évocateur et poétique, qui ne soit pas explicite : "Il y a une dimension contradictoire dans le titre car les tournesols ne sont pas sauvages mais le personnage de Julia, auxquels ils font écho, l’est. Elle se révolte contre sa destinée. Le tournesol cherche la lumière et est dépendant du soleil. Il bouge en fonction de lui. Julia, de la même manière, est dépendante des hommes et se déplace en fonction d’eux."

Julia (délicieuse et émouvante Anna Castillo), jeune mère célibataire, élève seule, avec infiniment de tendresse et d'attention, ses deux enfants tout en poursuivant des études d'infirmière...

Très soutenue par son père et sa sœur, elle envisage toutefois difficilement sa vie sans un homme à ses côtés...

Le scénario découpé en 3 chapitres nous fait vivre l'itinéraire amoureux de la jeune femme qui tente de concilier sa vie personnelle, ses enfants et sa vie professionnelle aux côtés de trois hommes successifs : Oscar (Oriol Pla) à la masculinité toxique, Marcos (Quim Avila) son ex mari militaire de carrière et Alex (Lluis Marques) qui pourrait être le bon...

Anna Castillo, une actrice contemporaine solaire au corps adulescent et au visage boudeur et expressif, crève l'écran et nous séduit pas sa détermination ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur japonais Daigo Matsui, dont c'est le premier film diffusé en France, nous raconte l'histoire anti-chronologique d'un jeune couple en sept séquences qui se déroulent toutes un 26 juillet (et le film est sorti le 26 juillet sur les écrans...)...

Pourquoi pas ? mais pourquoi ?

Le 26 juillet c'est la date anniversaire de Tuero (mélancolique Sosuke Ikematsu), un ancien danseur professionnel qui a du renoncer à son métier après un grave accident... La première scène du film nous le montre à son réveil dans son appartement avec son chat : il fait quelques mouvements de taï chi avant de se rendre à son nouveau travail d'éclairagiste...

La caméra nous entraîne ensuite dans le taxi de Yo (Sairi Itô), très sérieuse avec ses gants blancs et son masque anti Covid...

De 26 juillet en 26 juillet, le spectateur un peu perdu tente de suivre les aller-retour de leur histoire, somme toute banale, entremêlée avec des moments plus oniriques : un vieil homme qui attend sa femme sur un banc ou plus convenus : discussions entre Yo et ses clients ...

La première heure ne se comprend qu'au fil de la seconde et l'on aimerait bien rembobiner pour mieux les suivre mais on est fatigué de n'avoir pas tout compris... et on se surprend à se dire que le scénario est bien mince...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Tourné en six jours, ce "court long métrage" de Quentin Dupieux se veut plus profond que ses autres films ?

Parce qu'il parle des travers et/ou de la colère de notre société actuelle ?

Parce qu'il nous raconte une prise d'otages dans une salle de théâtre (la fin rappelant de façon indécente une page tragique de notre récente histoire parisienne) ?

Yannick (très bonne interprétation de Raphael Quenard), c'est un banlieusard gardien de nuit, qui a pris sa "journée" pour se changer les idées en allant voir une pièce de "boulevard" intitulée "Le cocu", interprétée par Blanche Gardin, Pio Marmaï et Sébastien Chassagne...

Et comme la pièce ne lui plaît pas, il interrompt la représentation (ce qui est contraire à tous les usages qu'il ne connait pas), pour présenter ses revendications, d'abord fermement et courtoisement (à sa façon) puis un pistolet à la main...

Un scénario paresseux avec des longueurs paradoxales pour une durée si courte, dénonce la médiocrité, la  lâcheté et la violence ordinaires de nos contemporains : comédiens et spectateurs en prennent pour leur grade...

Pour ma part, je n'ai pas trouvé cela drôle, ni fin... mais plutôt consternant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Octobre 2010. John Earle McLaren – " Whitey " – a soixante-sept ans. Homme blanc et puissant, père d'une famille de cinq enfants, il est connu comme l'ancien maire respecté de la petite ville de Hammond, dans l'État de New York. Alors quand il aperçoit un matin sur le bord de la chaussée un individu à la peau foncée brutalisé par des officiers de police, il fait de son intervention un devoir moral. Il tente de ramener les policiers à la raison, mais des coups de Taser l'envoient au sol, de violentes impulsions électriques auxquelles il ne survivra pas. Selon la version officielle, Whitey est décédé dans un accident de la route, des suites d'une crise cardiaque.

C'est le point de départ du récit du roman de Joyce Carol Oates (paru en 2020) : page après page, elle nous fait partager le deuil d'une famille anéantie par la mort du "pater familias"...

Le lecteur, fasciné par ce récit de 900 pages qui se lit comme un page turner, entre tour à tour dans la psyché de la femme de Whitey, la douce et dévouée Jessalyn, de son fils aîné Thom qui présente tous les signes de la réussite personnelle et professionnelle, de sa fille aînée Beverly dite Bev qui n'en peut plus d'être une desperate housewoman, de Lorene, la fille du milieu de la fratrie qui trouve son épanouissement dans ses responsabilités de proviseur de collège, de la petite dernière Sophia, la plus intelligente, qui hésite à entrer dans l'âge adulte et du petit dernier Virgil, le préféré de sa mère, qui a tourné le dos au modèle paternel en devenant hippie dans une communauté écolo...

Le texte brillamment construit nous donne à entendre ce que chacun pense, dit ou souhaiterait dire, fait ou souhaitait faire ; il nous parle du présent des membres de cette famille mais également de leur passé et nous suggère leur futur ; chacun est détruit par la mort du mari et du père et continue à s'"estimer" en fonction de ce qu'il aurait souhaité pour eux ; chacun imagine que l'autre ne peut pas réagir comme il le fait car leur père n'aurait pas encouragé cette attitude...

En filigrane mais sans complaisance l'auteur nous parle également des maux de la société américaine : son racisme, son puritanisme, son patriarcat assumé, son hypocrisie bien pensante, ses diktats de réussite, son capitalisme libéral ouvertement affiché et la violence de ses forces de l'ordre...

Au-delà de cette fascinante analyse, Joyce Carol Oates imagine un dénouement brillant qui rebat les cartes des caractères présupposés de chacun et révèle les forces cachées et les fissures de cette famille en apparence parfaite !

NB : le titre du livre fait référence à un poème de Walt Whitman

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les amateurs de séries sur Canal + la connaissent : Daphné Patakia interprétait la charmante et fantasque assistante de Didier Mathure (Melvil Poupaud) responsable du GEPAN (Groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés) dans "Ovnis".

Dans le film de Marie Garel-Weiss, elle interprète Mimi, une attachante trentenaire bipolaire qui souhaite, malgré les conseils de sa thérapeute, devenir avocat pour défendre la veuve et l'orphelin...

En l'occurrence dans le scénario présent, un jeune homme injustement accusé... dont elle s'éprend dans tous les sens du terme... et pour la défense duquel elle réussit à remotiver un ancien avocat menacé de radiation (Benoît Poelvoorde qui n'est jamais meilleur que quand il apparait fragile)...

Un film joyeusement loufoque dans lequel Agnès Jaoui (excellente comme à son habitude), qui dirige le cabinet d'avocat dans lequel Mimi effectue sa "mission", est la seule figure "adulte" de l'histoire... quoique...

Un éloge de la différence, de la complémentarité des profils, de la pensée hors cadre, de la "folie" douce pour réenchanter le quotidien !

A voir pour sourire !

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