Après son exposition d'il y a deux ans "Vue sur mer", l'aquarelliste Sophie Rechsteiner se décentre de l'architecture (son premier métier), pour se concentrer sur les marines...
Inspirée par la côte basque, elle propose dans sa nouvelle exposition "Rivages" une série de vues des rivages locaux, de l’estran à l’océan...
Et succombe également à la magie des couleurs méditerranéennes !
A voir à la Galerie Bleu à Saint Jean de Luz jusqu'au 17 août !
Au départ, un pitch improbable : Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit...
A l'arrivée une comédie familiale originale et sensible sur le difficile travail de deuil... avec des personnages profondément humains : la mère (toujours formidable Ariane Ascaride), en plein déni qui s'appuie sur la complicité fortuite de son petit-fils, la fille Sylvie (Bérénice Bejo) qui recherche désespérément l'amour de sa mère, le fils Lucas (Thomas Scimeca) qui semble découvrir la vie avec son amoureuse Clara (délicieuse Marilou Aussilloux), une jeune fille pleine de vie et ouverte à toutes les spiritualités...
Un scénario plein de jolies surprises avec un twist à la toute fin qui donne toute sa profondeur au film...
Le premier long-métrage de l'actrice Camille Japy pourrait bien être la comédie de l'été !
Christopher Nolan s'est inspiré de la biographie : American Prometheus : The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrite par Kai Bird et Martin J. Sherwin et récompensée d’un prix Pulitzer, pour écrire son scénario.
Trois heures pour nous décrire par le menu le destin du "père de la bombe atomique", J. Robert Oppenheimer, le génial physicien appelé par le gouvernement des Etats-Unis en 1942 pour contrecarrer le présupposé projet d'armement nucléaire de l'Allemagne nazie...
Un projet fou, qui a réuni des milliers de personnes à Los Alamos dans une ville laboratoire construite ex nihilo dans le désert du Nouveau Mexique, et qui s'est traduit par le lancement les 6 août et 9 août 1945 de la bombe atomique sur les villes martyres d'Hiroshima et de Nagasaki (103 000 à 220 000 morts selon les calculs, sans compter les cas ultérieurs de cancers ou autres pathologies secondaires).
Les moments les plus passionnants du film sont les périodes de doute de J. Robert Oppenheimer qui, contrairement au président Truman qui autorisa le largage des bombes, en avait intuité les conséquences mondiales en termes d'équilibre de la terreur...
Par contre, les scènes de l'enquête diligentée par le FBI en 1954 à l'encontre d'Oppenheimer puisque soupçonné d'intelligence avec l'URSS du fait de sa sympathie pour le parti communiste, sont de mon point de vue trop techniques et trop denses, provoquant un effet de "gavage" du spectateur qui aimerait pouvoir reprendre son souffle entre deux épisodes tragiques...
Cillian Murphy excelle dans ce rôle complexe d'un scientifique juif surdoué, amateur d'art et et de conquêtes féminines, polyglotte capable de déchiffrer le sanskrit et d'apprendre le néerlandais en un semestre...
Et Matt Damon est très à l'aise dans l'uniforme du colonel qui dirigea le projet ultra-secret baptisé Manhattan...
Sans oublier une brochette d'acteurs et de figurants (scientifiques dans la vraie vie) qui donnent à ce film tout son contenu humain et historique...
Le film de Pierre Jolivet est adapté de la bande dessinée d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, Algues vertes, l'histoire interdite, tirée de l'enquête menée par Inès Léraud sur le scandale des algues vertes.
Selon Inès Léraud : "L’enquête sur les algues vertes met en lumière de façon éloquente le conflit entre les intérêts économiques qui nous gouvernent, et les intérêts réels des populations. Il révèle les mensonges d’État qui peuvent être diffusés pour semer le trouble dans nos esprits et nous freiner dans nos mobilisations… Ce film résonne avec beaucoup d’autres sujets d’actualité."
C'est Céline Sallette qui incarne avec son habituel talent, le personnage de cette courageuse journaliste devenue lanceuse d'alerte après le décès d'un deuxième jogger dans la baie de Saint Brieuc...
Décidée à aller jusqu'au bout de son enquête, Inès Léraud qui s'est installée en Bretagne avec sa compagne, sillonne les routes pour interviewer les différents protagonistes de ce drame...
S'appuyant sur les militants écologistes locaux et les familles des victimes, elle n'hésite pas à affronter les agriculteurs, les éleveurs et la FNSEA leur puissant syndicat - ainsi que les élus locaux ou les députés européens en charge de la politique agricole de la France...
Très habilement construit, le scénario nous offre un cinéma vérité qui a le mérite de dévoiler une tragédie à l'échelle d'une région et offre quelques très jolis moments de partage entre la journaliste et les témoins qui ont décidé de lui faire confiance...
A voir pour tenter de comprendre la complexité politique qui se cache derrière cet enjeu environnemental !
Le réalisateur Thomas Lilti, médecin généraliste de formation, quitte l'univers de l'hôpital et de la médecine où il excellé avec Hippocrate, Médecin de campagne et Première année, pour nous plonger dans un collège de Meudon où nous retrouvons ses interprètes favoris : Vincent Lacoste, François Cluzet, William Lebghil (respectivement professeurs de mathématiques, de français et d'anglais).
Benjamin (Vincent Lacoste) dont c'est le premier remplacement se retrouve tout de suite confronté à un chahut pour une fenêtre qui ne ferme pas...
Très vite François Cluzet, Adèle Exarchopoulos et Lise Bourgoin (excellents tous les trois), viennent à son secours et le ton est donné...
Face à des classes surchargées et à des adolescents "à problèmes", le corps professoral s'entraide et se donne des tuyaux pour mieux exercer son métier de transmission...
Thomas Lilti, dont quasiment toute la famille est dans l'Enseignement, a réalisé un film que l'on pourrait qualifier "d'utilité publique", tant il sonne juste et s'emploie à dénoncer les idées toutes faites...
En effet "Un métier sérieux" n'est pas un xième film sur les collèges avec son lot de blagues potaches : c'est un film "sérieux" qui nous confronte au quotidien de ces jeunes ou moins jeunes professeurs qui doivent jongler avec les contraintes d'une administration qui leur en demande beaucoup et n'est pas toujours bienveillante, l'agressivité de certains élèves soutenus inconditionnellement par des parents "dépassés", les galères de leur vie privée... et leur questionnement personnel sur leurs compétences...
Des scènes dures comme l'inspection du professeur de SVT, le conseil de discipline qui oppose Vincent Lacoste à un "sauvageon", la relation conflictuelle entre Lise Bourgoin et son "ado en crise" de fils... alternent avec des moments d'amitié partagée dans des trajets en voiture ou autour d'un repas, de complicités qui se tissent (notamment entre Vincent Lacoste et Adèle Exarchopoulos)... et la parenthèse d'une journée en Normandie où François Cluzet initie les élèves au surf...
Un film à voir dès sa sortie sur les écrans nationaux le 13 septembre (c'est à Saint Jean de Luz que l'équipe a présenté pour la première fois le film au public !)
La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, fascinée par l'histoire d'Olfa qui a fait grand bruit en 2016, a décidé d'en faire un objet cinématographique unique...
Mi-documentaire, mi-fiction, le récit nous permet d'entrer dans l'intimité de cette mère et de ses 4 filles : Olfa, femme de ménage, a élevé seule ses enfants après avoir quitté l'homme violent que sa famille lui a imposé...
Le départ des deux ainées pour Daech via la Libye a traumatisé Olfa et ses deux petites dernières Eya et Tayssir...
Kaouther Ben Hania a choisi de doubler Olfa dans les scènes les plus difficiles par Hend Sabri, une comédienne très connue en Tunisie et de confier les rôles des deux sœurs ainées aujourd'hui emprisonnées, à des actrices professionnelles ; seules Eva et Tayssir jouent leurs propres personnages...
La caméra au plus près des visages et des émotions filme le film en train de se faire avec des scènes d'une spontanéité magnifique durant lesquelles Olfa, Eya et Tayssir se racontent et se confient pour mieux nourrir le scénario...
La violence alterne avec la tendresse, l'anecdotique avec l'universel, le drame avec l'humour : l'exercice permet-il de mieux comprendre la fascination de l'islam radical pour ces jeunes en quête de repères ?
Chacun y trouvera un début de réponse à ses questions !
Le duo d'artistes plasticiens et muralistes se plait décidément à Saint Jean de Luz : après une exposition à la galerie Portal et la fresque du garage Renault l'été dernier, ils investissent trois lieux de la cité des corsaires pour un événement artistique...
La ville, la mer et leurs légendes ont inspiré une quinzaine de toiles dans des dominantes bleu, rouge et jaune...
Si vous regardez attentivement les oeuvres, vous pourrez trouver des indices pour résoudre l'énigme posée par l'affiche : mais où est le trident de Poséidon, le roi des océans ?!
Titomulk nous interpellent à travers l'accumulation de leurs dessins, les références à la pop culture et les "punchlines" typographiques pour compléter l'immersion !
Baleine, Danseuse de flamenco, Reine des Kaskarot, Sirène, Tenancière, Voleuse, Capitaine pirate, Chasseur de blaine, Chateau, Mousse, Poulpe, Prisonnier, Requi, Hippocampe, Poséidon,
Un joli moment de cinéma, à la fois contemporain et intemporel avec deux formidables acteurs dont le sourire nous fait craquer !
Karin Viard (Nathalie) et Alex Lutz (Aymeric) se rencontrent, plus précisément se bousculent dans une rame de métro bondée... Les remarques et les injures volent bas, au grand amusement de quelques voyageurs...
Les deux protagonistes se retrouvent dans une cabine de Photomaton pour une scène savoureuse, ponctuée par les directives de la machine... et poursuivent leurs échanges en déambulant dans un Paris nocturne, tantôt très peuplé, tantôt désert...
Impossible de se quitter sans avoir parlé du couple et de son usure, des premières fois et du temps qui passe... : écrit à quatre mains avec Karin Viard, le texte d'Alex Lutz pétille d'intelligence et de sensibilité...
Le spectateur, appelé à partager cette nuit, sourit de leur bonheur à se découvrir, à tenter de se comprendre, à partager leurs expériences, à expérimenter de nouvelles façons de se divertir au sens pascalien du terme...
Très habilement amené, le twist de la dernière partie du film donne une dimension existentielle à cette jolie histoire d'alchimie !
Le film du réalisateur tchèque Petr Vaclav a obtenu 11 nominations aux Lions Tchèques 2023 (l'équivalent des Oscars et des César) et a remporté 6 prix : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Son, Meilleur Décor, Meilleurs Costumes et Meilleur Maquillage...
Tombé dans l'oubli depuis sa mort en 1781 à 43 ans, Josef Myslivecek était destiné à marcher sur les traces de son père, un riche minotier praguois.
À 27 ans, Il fuit l'Empire austro-hongrois, ravagé par la Guerre de Sept Ans, pour Venise où il étudie la composition avec Giovanni Battista Pescetti. Sa renommée grandit au point qu'il est surnommé Il divino Boemo, notamment grâce au succès de son premier opéra Semiramide en 1766.
Sa liaison avec une femme importante de la cour accélère sa carrière et lui attire une commande de Ferdinand IV, roi de Naples. Cet opéra, Il Bellerofonte, remporte un tel succès en 1767 que sa carrière s’envole. Pendant les années 1770, il est l’auteur le plus prolifique de l’opéra italien et fréquente toutes les cours européennes et de nombreux théâtres publics de la Péninsule.
Mêlant habilement les épisodes de la vie du compositeur et la musique de ses opéras chantées par les plus grandes voix de son temps, le scénario rend hommage à cet artiste qui a écrit trente opéras et que Mozart admirait !
Tourné dans de magnifiques décors intérieurs, nous faisant voyager dans de sublimes paysages (Venise, Prague...), le film nous enveloppe de ses arias magnifiquement interprétés par des cantatrices de talent dont la Gabrielli...
Quant à l'acteur tchèque Voitech Dyk, il est fabuleux dans le rôle de ce compositeur, travailleur acharné et bourreau des cœurs, qui sut séduire les femmes puissantes et les mécènes amateurs d'opéra...
"Il Boemo" est plus classique dans sa forme qu'"Amadeus" de Milos Forman mais tout autant séduisant pour les férus d'opéra et surtout pour tous les cinéphiles !
Wes Anderson a choisi de nous offrir une plongée dans tous les mythes américains : le Grand Ouest sillonné par les longs trains de marchandises, l'art dramatique époque Actors Studio et ses actrices reconverties dans les séries télévisuelles et les productions hollywoodiennes, les essais nucléaires dans les grandes étendues désertiques, les soucoupes volantes et leurs aliens, la science et les jeunes surdoués, l'armée et son goût du secret, les stations d'essence et les diners comme dans Bagdad Café, les centres d'attraction foraine, les motels et leurs bungalows proprets...
Alternant les scènes en noir et blanc qui retracent la genèse de la pièce qui aurait dû être montée dans ce décor et les scènes en couleurs saturées du site d'Android City, le réalisateur américain nous raconte l'histoire improbable d'un weekend durant lequel un groupe de militaires et d'astronomes accueillent cinq enfants surdoués, distingués pour leurs créations scientifiques, afin qu’ils présentent leurs inventions...
Si on y ajoute la panne de voiture du père photographe d'un jeune surdoué et son hésitation à avouer à ses enfants que leur mère est morte et qu'il transporte ses cendres dans un tupperware, une star de cinéma dépressive qui répète son texte en s'assurant auprès de son voisin qu'elle est photogénique... nous arrivons à un scénario aussi emberlificoté que boursouflé...
Un casting de luxe : Tom Hanks, Jason Schwartzman, Scarlett Johansson, Tilda Swinton, Adrien Brody..., beaucoup de questions existentielles sur le deuil, la mort, les croyances... mais aucun personnage attachant, aucun moment de réelle émotion : le spectateur regarde le film sans entrer dedans et tente de suivre les vignettes successives d'une bande dessinée vintage qui n'offre aucune voie de réflexion sur les problématiques actuelles de notre monde contemporain...
Wes Anderson s'est certainement fait plaisir mais personnellement je me suis beaucoup ennuyée !