Pour réaliser son premier film, Laurent Lafitte s'est inspiré d'une pièce de Sébastien Thiéry et a réuni autour de lui des acteurs prestigieux : Karin Viard (Valérie), Vincent Macaigne (Michel), Hélène Vincent (Brigitte), Nicole Garcia (gourou) et lui-même dans le rôle principal de Jean Louis...
Le résumé du film est le suivant : Jean Louis avocat de renom s'ennuie aux côtés de sa femme Valérie qu'il a épousé contre l'avis de sa mère - quand il découvre, grâce à son ami Michel qui est vétérinaire, que son cœur s'est arrêté de battre, il accepte de rencontrer la gourou de sa femme qui lui prescrit de photographier le sexe de sa mère (l'origine du monde) pour recouvrer les battements de son cœur ???
Jean Louis va non seulement accepter de le faire, en se déchargeant sur son "ami" Michel, mais il va s'acharner...
S'ensuit une série de scènes toutes plus graveleuses les unes que les autres qui, sous prétexte de dénoncer la beauté factice du luxe et la laideur crue de la jalousie sociale, n'en sont pas moins consternantes !
Le réalisateur russe Andrey Konchalovsky (84 ans) nous raconte à travers le magnifique portrait de Lioudmila (formidable Yuliya Vysotskaya), la révolte d'ouvriers d'une usine de construction ferroviaire en juin 1962 dans une petite ville du Caucase...
Stalinienne pure et dure, Lioudmila, qui appartient au parti communiste, est fonctionnaire dans le comité municipal de Novotcherkassk...
Quand la grève éclate suite à une baisse des salaires, Lioudmila est le première à réclamer une riposte dure , en regrettant que Kroutchtchev ne soit pas Staline !
Mais quand elle apprend que sa fille étudiante Svetka s'est jointe à la révolte et surtout quand elle découvre que sa fille n'est pas rentrée à la maison alors que l'armée ou le KGB ? a fait tirer sur la foule, sa foi vacille...
Elle se lance alors à la recherche de Svetka, seule d'abord puis avec l'aide d'un membre dirigeant du KGB, secrètement amoureux de cette belle femme qui ne pense qu'à sa fille...
Dans un noir et blanc somptueux, le film nous fait vivre cette page d'histoire terrible (il y a eu 26 morts et 87 blessés) qui est un résumé à elle seule de toutes les dérives du communisme : violence du pouvoir, manipulation, propagande, corruption, goût du secret (le massacre ne sera révélé que dans les années 90)... avec un sommet du genre qui est le bal organisé par la municipalité pour que le peuple s'amuse et oublie très vite les corps dont le sang a imprégné les rues qui ont dû être ré asphaltées !
Les acteurs sont tous formidables, bien que pour la plupart non professionnels - et on a vraiment l'impression de regarder un documentaire tant la fiction sonne vraie !
La caméra de la réalisatrice Charline Bourgeois Tacquet est visiblement amoureuse d'Anaïs (Anaïs Demoustier) !
Ce premier long métrage est un portrait d'une trentenaire d'aujourd'hui qui se cherche, ne veut pas choisir et refuse l'idée d'être mère, du moins dans l'immédiat...
Centrée sur elle-même, cette doctorante fauchée n'hésite pas à séduire un éditeur en âge d'être son père (Denis Podalydès dans un rôle trop convenu), pour finalement tomber amoureuse de la compagne de ce dernier : Emilie (fascinante Valeria Bruni Tedeschi) qu'elle poursuit de ses assiduités !
A la première partie du film qui est une succession de saynètes virevoltantes, succède une seconde partie plus rohmérienne, resserrée sur la valse hésitation de ces deux femmes qui se piquent l'une et l'autre de littérature...
Les amours d'Anaïs se regardent sans déplaisir mais le personnage d'Anaïs en jeune femme pressée à la poursuite de son seul bonheur n'est pas suffisamment attachant pour complètement nous séduire...
Dans le Paris des années 30, dans le monde des petites fripouilles, nous faisons connaissance avec Loulou dont le mec Tintin est à l'ombre pour quelques années...
Pour sortir de la mouise et pour rembourser la bande à Pierrot à qui Tintin doit un paquet de pognon, Loulou fait croire à Paul qui travaille dans une bijouterie qu'elle a le béguin pour lui...
L'ancien comparse de Tintin Jo, un gaffeur qui n'a pas inventé la poudre et Madame Mercandieux, la propriétaire de la bijouterie secrètement puis ouvertement (depuis la mort de son père tyrannique) amoureuse de Paul - complètent ce quatuor improbable...
Le rythme est époustouflant, les acteurs sont formidables, on ne s'ennuie pas une seconde dans cette histoire de fric frac de pacotille dont les rebondissements nous amusent et nous surprennent !
Un vrai bon moment de théâtre pimenté par une langue savoureuse (pas de souci si vous ne vous souvenez pas de l'argot titi parisien, la salle vous remet en début de spectacle un mini dictionnaire des mots les plus couramment employés) !
Le comédien américain Justin Chong passe derrière la caméra pour rendre compte d'une réalité tragique qui concerne de nombreux enfants de Corée du Sud adoptés, qui une fois devenus adultes sont expulsés des États-Unis et doivent retourner vers leur pays natal qu’ils ne connaissent pas !
Le réalisateur incarne lui-même Antonio LeBlanc, un trentenaire d'origine coréenne, employé dans un salon de tatouage à la Nouvelle-Orléans, adopté très jeune par un couple d'américains qui risque l'expulsion après avoir été dénoncé par l'ex conjoint de sa femme Kathy (formidable Alicia Vikander) pour essayer de récupérer sa fille...
Le scénario nous fait partager le drame de cet homme qui tente de se battre contre l'injustice qui le frappe lui et sa famille mais le système administratif américain et la bêtise crasse de certains policiers semblent malheureusement être les plus forts dans ce bras de fer inégal...
Le sujet mérite qu'on en parle, le personnage d'Antonio est très attachant, la fiction nous offre de très jolies scènes entre Antonio et son adorable belle-fille Jessie dont il a choisi d'être le père... mais le film est trop long, trop démonstratif et plus particulièrement autour de la symbolique appuyée des bayous en Louisiane et en Corée (on a compris) , trop tire-larmes et perd en force de conviction lorsqu'il s'égare dans des histoires parallèles...
Quel plaisir de se retrouver au théâtre du Rond Point dans cette ruche du "non politiquement correct" !
La salle était comble ce soir pour rire de notre société, de ses travers, de ses outrances, de ses déraillements, de ses éléments de langage... pour rire de nous en réalité...
Dix acteurs de grand talent interprètent 50 personnages qui habitent dans un immeuble régenté par Madame Janine, la gardienne au grand coeur (formidable Annie Grégorio) qui conseille les uns, console les autres, questionne, écoute et fait sa pelote de toutes les confidences qu'elle rapporte à sa soeur qui s'ennuie dans le Jura... mais qui ne comprend rien aux références de la ville...
Un mention spéciale pour Alice de Lencquesaing qui est aussi talentueuse sur scène qu'au cinéma !
L'auteur se moque allégrement des fonctionnaires, des vegans, des élus, des bourgeois, des écolos, des beaufs, des racistes, des policiers... et même d'une critique de théâtre (qui a besoin du bel alexandrin pour combattre son infection urinaire)...
La charge est tellement "hénaurme" que l'on applaudit avec plaisir les pitreries de ces énergumènes marqueurs de notre époque !
Après Barbara, Mathieu Amalric nous invite dans la vie de Clarisse (lumineuse Vicky Krieps), dans la tête de cette femme bercée par la musique que joue sa fille et envahie par ses émotions, ses souvenirs, ses rêves, ses projections...
Dès les premières minutes du générique, les notes de piano hésitantes et précises nous enveloppent de douceur et de tendresse, échos de l'amour que cette épouse et mère voue à sa famille...
Et pourtant un matin comme tous les matins, Clarisse quitte les siens encore endormis, emprunte une curiosité américaine (l'AMC Pacer Break de 1979) et part au volant de sa voiture rouge (comme la Saab de Drive my car !) pour aller voir la mer...
Impossible de ne pas remarquer que Clarisse est à la dérive mais si la vie de sa famille continue sans elle, elle-même semble attendre quelque chose qui pourrait relancer sa vie...
L'habile scénario sème des petits cailloux pour que nous puissions rétablir l'histoire que le réalisateur se plait à distendre entre le présent, le passé et le futur qui s'invente pour supporter le présent...
Un très beau film habité par deux magnifiques interprètes : la luxembourgeoise Vicky Krieps qui crevait l'écran dans Bergman Island et le belge Arieh Worthalter (déjà admiré dans Girl), qui interprète son mari, nouveau père touchant de sollicitude envers sa fille et son fils !
Fasciné par le monde de l'aviation civile et ses mystérieuses boîtes noires, le réalisateur Yann Gozlan s'est inspiré de cas réels mais nous propose une fiction (rattrapée depuis par la réalité) !
En se documentant, il a découvert l’existence du BEA (le bureau d’enquêtes et d’analyses), organisme chargé d’enquêter sur les incidents et accidents d’avions.
Le cinéaste a rencontré différents acteurs de ce milieu (pilotes, ingénieurs, enquêteurs...) dont il s'est inspiré pour camper ses héros : André Dussolier incarne Philippe Rénier patron du BEA et Pierre Niney incarne Mathieu Vasseur un technicien propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent : le crash d'un avion de ligne Dubaï Paris dans le massif alpin qui a fait 300 morts !
Erreur de pilotage ? Défaillance technique ? Acte terroriste ? L’analyse minutieuse des boîtes noires va pousser Mathieu à mener en secret sa propre investigation au risque de contrarier une fois encore son patron et de se mettre à dos tout l'écosystème concerné par les circonstances de l'accident...
En effet l'ambitionde Yann Gozlan est de nous faire toucher du doigt les nouvelles problématiques qui sont sur le point de bouleverser l’aviation civile : à savoir l’assistance au pilotage généralisée et l’automatisation progressive des cockpits grâce à l’intelligence artificielle.
Acousticien de génie un tantinet asocial, Mathieu est marié à une ravissante femme d'affaires en la personne de Noémie (Lou de Laâge) qui travaille dans le même environnement et va donc se trouver impliquée également dans l'enquête...
Les acteurs sont excellents, le cadre du Bourget sied à merveille à l'intrigue, le suspens s'intensifie au fur et à mesure de l'avancement du film jusqu'à nous scotcher à notre fauteuil... et surtout à nous faire redouter que les découvertes de Mathieu soient moins fictives que prédictives d'une réalité à venir... d'autant que Yann Gozlan a appris, une fois son scénario bouclé, que la plupart des pays ont décidé d’interdire leurs espaces aériens à tous les Boeing 737 Max : le système d’assistance au pilotage de cet appareil aurait pris le pas sur l’action des pilotes et serait la cause de deux crashs à six mois d'intervalle (en Indonésie et en Ethiopie)...
D'après les critiques, le film de Emmanuel Courcol s'inscrit dans la veine du Grand bain...
Personnellement, j'avoue avoir été très heureusement surprise par le scénario qui se dessine tout en subtilité et les acteurs qui sont tous excellents !
C'est l'histoire d'un acteur désœuvré qui décide de monter un atelier théâtre avec des prisonniers...
Le film a été tourné dans une vraie prison à Meaux et s'inspire de l'histoire vraie d'un acteur suédois Jan Jönson qui, en 1985, monta le chef d'oeuvre de Samuel Beckett avec des détenus d'une prison de haute sécurité et les emmena en tournée !
Attendre c'est ce que font tous les prisonniers et Etienne (formidable Kad Merad) propose à la directrice pénitentiaire incarnée par Marina Hands de monter En attendant Godot plutôt que de leur faire apprendre et réciter des fables de La Fontaine...
A sa grande surprise, le petit groupe de 7 prisonniers se pique au jeu et Etienne aidé par son ami directeur de théâtre (Laurent Stocker très bon également), réussit à leur faire trouver une dynamique de groupe qui les mènera au succès d'une représentation unique... puis au triomphe d'une tournée dans toute la France !
La réalisation très élégante alterne les scènes à l'intérieur et à l'extérieur de la prison et nous fait partager les réalités de l'univers carcéral, les répétitions, les conflits inévitables et la solidarité naissante entre Kamel, Moussa, Dylan, Alex et les autres ainsi que les mésaventures d'une tournée en régions où les apprentis comédiens retrouvent sur scène un sentiment de liberté, vite gâché par les fouilles avant de retrouver leurs cellules !
Si les prisonniers redécouvrent la fierté en réussissant à apprendre et déclamer leur texte et surtout en se faisant applaudir dans des salles de plus en plus grandes, Etienne de son côté, reprend confiance en lui grâce à ce défi théâtral et fait bouger les lignes de l'administration pénitentiaire pour obtenir toujours plus pour sa troupe...
Je ne vous raconterai pas la scène finale au théâtre de l'Odéon qui est absolument magnifique et nous fait toucher du doigt la magie du spectacle vivant tant pour les acteurs que pour les spectateurs !
Nicolas Bedos prend la suite de Michel Hazanavicius pour ce troisième film de la série qui a cartonné à plus de 2 millions d'entrées...
Nous sommes en 1981, OSS 117 a vieilli, sa hiérarchie est sous le charme du jeune OSS 1001 en la personne de Pierre Niney...
Hubert Bonisseur de la Bath est prié de numériser les archives tandis que son jeune collègue est envoyé en Afrique pour une dangereuse mission... dont il ne revient pas...
OSS 117 reprend du service pour sauver OSS 1001 et boucler la mission...
Le scénario est mince, l'humour est facile, l'opposition entre les deux générations d'agents fonctionne bien "dans la caricature"... mais j'avoue n'avoir pas beaucoup ri tant le machisme et le racisme d'Hubert Bonisseur de la Bath, pourtant dénoncés, sont "énaurmes"...
Jean Dujardin est très bon comme à son habitude mais Pierre Niney ne convainc pas...