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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur espagnol Fernando Trueba a décidé d'adapter le roman éponyme de l'écrivain Hector Abad Faciolince paru en 2006, best seller en Colombie et vendu à plus de 300 000 exemplaires dans le monde...

Le film comme le livre nous plonge dans l'atmosphère fiévreuse de Medellin dans les années 80...

Dans la ville gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants, le docteur Hector Abad Gomez se bat pour sortir ses concitoyens de la misère et de la maladie...

Adoré par sa femme Cécilia, son fils Hector et ses cinq filles, il ne supporte pas d'être réduit au silence quand il est licencié de l'université et continue à se battre en se présentant à la mairie... jusqu'à son assassinat en 1987 !

Fernando Trueba a confié le premier rôle à l'acteur espagnol Javier Camara (qui a joué dans de nombreux films de Pedro Almodovar et a tourné dans la série The new Pope) - et s'est entouré d'une formidable équipe d'acteurs colombiens qui, pour la plupart, connaissaient la famille Gomez...

C'est cette proximité entre les faits réels, le roman et le film qui donne toute sa profondeur et toute sa chaleur au film qui nous fait découvrir un personnage à l'engagement exceptionnel mais surtout un père de famille lumineux qui fascine ses enfants par sa gentillesse et son humanité...

Mais à ne pas vouloir choisir entre la chronique familiale et le récit d'un engagement social, le film perd de sa force politique...

A voir pour l'interprétation de Javier Camara et des autres acteurs : le fils (Nicolas Reyes Cano puis Juan Pablo Urrego), la mère (Patricia Tamayo) et les sœurs qui chacune dans son genre, sont très attachantes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques sont partagés sur le dernier film de Céline Sciamma, soi-disant trop court (1h12) pour être un long métrage ?

Pour ma part, j'ai plongé tout de suite dans l'univers de Nelly qui, venant de perdre sa grand-mère, part avec ses parents vider la maison de cette dernière...

Ce qui intéresse Nelly c'est la forêt autour de la maison, retrouver l'endroit où sa mère enfant construisait sa cabane...

Quand elle se réveille le lendemain matin, elle découvre que sa mère est partie... elle était trop triste lui dit son père...

Nelly explore la forêt et découvre une petite fille Marion qui construit une cabane... elle l'aide à décorer la cabane et lui apprend que sa mère s'appelle Marion...

Les deux petites filles qui se ressemblent subtilement (les deux actrices Joséphine et Gabrielle Sanz sont jumelles), deviennent les meilleures amies du monde et jouent dans la maison de Marion qui doit se faire opérer... La mère de Marion boîte comme la grand-mère de Nelly et ne veut pas que sa fille souffre du même mal qu'elle...  

Comme dans un kaléidoscope, le puzzle de la vie de ces trois générations de femmes se dessine sous nos yeux d'adultes : les petites filles comprennent très vite ce qui est en jeu dans leur relation et la gravité s'invite dans les confidences et les jeux...

La réalisatrice nous parle avec talent de l'intelligence enfantine, de mémoire, de transmission... et habille ses propos sous les couleurs d'un conte moderne où il n'y a pas de loup mais juste une petite fille, sa mère et sa grand mère !

 

 

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Publié le par Hlène
Publié dans : #cinéma

Le film démarre en 1939 lorsque Billie Holiday interprète Strange fruit au Café Society, premier club de jazz new-yorkais sans ségrégation...

Il s’agit à l’origine d’un poème, Bitter Fruit, écrit en 1937 par le Juif américain Abel Meeropol, dans The New York Teacher, une publication du syndicat des enseignants.
Meeropol avait écrit ce poème après avoir été bouleversé par une photo prise par le photographe Lawrence Beitler du lynchage de deux jeunes Afro-Américains, Thomas Shipp et Abram Smith. Accusés d’avoir tué un homme blanc et violé sa petite amie, ils ont été pendus par une foule blanche qui avait pénétré par effraction dans la prison pour s’emparer d’eux. Abel Meeropol et sa femme Anne ont mis le texte en musique, et la chanteuse noire américaine Laura Duncan l’a interprété sous forme de chanson.
Les paroles de la chanson rappelèrent à Billy Holiday son père, mort de s’être vu refuser l’accès à l’hôpital parce qu’il était noir.

Le gouvernement s'émeut des paroles de Strange fruit qui dénonce le lynchage des afro-américains en toute impunité et demande à Billie Holiday de cesser de chanter cette chanson, très différente de son répertoire habituel - ce qu'elle refuse !

Déterminé à la faire "tomber", le chef du bureau des narcotiques Harry Anslinger (Garrett Hedlund parfait dans le rôle), va utiliser son addiction à la drogue pour infiltrer à ses côtés l'agent Jimmy Fletcher (émouvant Trevante Rhodes) qui, après un premier succès qui se traduit par l'arrestation et l'emprisonnement de Billie Holiday, va tomber amoureux d'elle...

Le réalisateur Lee Daniels a fait appel à Andra Day  pour interpréter la grande Lady Day ; pour mieux épouser le rôle,  la chanteuse a perdu 20 kg, s'est mise à boire et à fumer et a chanté l'ensemble des titres en direct alors qu'elle devait être enregistrée en play back !

Une performance d'actrice, une voix jazzy énergisante, de magnifiques robes réalisées par Prada... mais un film un peu long (2h08) pour ne retracer qu'une infime partie de la biographie de cette femme à l'enfance sacrifiée dont les succès et les excès ont fait la une de la presse durant 20 ans ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Les chansons que mes frères m'ont apprises et The rider, la réalisatrice Chloé Zhao a décidé de témoigner sur les laissés pour compte du rêve américain en adaptant le livre éponyme Nomadland, Surviving America in the twentyfirst century de la journaliste Jessica Bruder...

Suite au décès de son mari et face à l'effondrement économique d'Empire (Nevada du Sud) où elle vécut très heureuse, Fern (formidable Frances McDormand) décide de tout quitter pour prendre la route à bord de son vieux van personnalisé...

Nous la suivons de campements en petits boulots, de galères en moments de bonheurs fugaces,  le long des routes qui se perdent à l'horizon des paysages grandioses et vides de l'Ouest américain...

Nous partageons avec Fern cette vie de petits riens illuminée par les rencontres avec d'authentiques précaires qui ont pris la route suite à la crise de 2008 et s'entraident pour survivre aux conditions météorologiques extrêmes, aux pannes et à la maladie qui s'invite sans prévenir...

Frances McDormand s'est complètement impliquée dans ce film en vivant dans une camionnette durant 4 à 5 mois, en travaillant comme ouvrière successivement dans un centre de commandes Amazon, une usine sucrière au Nebraska, une cafétéria d'un parc touristique puis comme responsable d'un camping d'un parc national...

Tous ces éléments réunis concourent à donner à Nomadland une sincérité poignante et poétique qui ne vire jamais au misérabilisme et nous embarque dans cette vie nomade qui devient à elle seule une vraie raison pour continuer à avancer malgré la dureté du contexte économique et social...

De magnifiques figures de femmes : Swankie, Linda... dont les visages et les corps racontent leurs combats, des paysages à couper le souffle, une héroïne oscarisée, du vrai cinéma sur grand écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Florian Zeller a décidé d'adapter au cinéma sa pièce à succès Le père, créée au théâtre Hébertot à Paris en 2012 avec Robert Hirsch dans le rôle titre...

La version cinématographique écrite en anglais pour Anthony Hopkins a été récompensée de deux oscars dont celui du meilleur acteur pour l'interprète de ce scénario magistral...

Le premier long métrage du dramaturge nous fait vivre l'inexorable descente dans la démence sénile d'Anthony (Anthony Hopkins bouleversant), un brillant ingénieur, père de deux filles dont Anne (formidable Olivia Colman) qui tente de l'accompagner dans ce voyage que personne ne voudrait entreprendre...

Mêlant habilement le présent et le passé récent, le scénario nous trompe en nous enfermant dans l'esprit de cet homme qui se veut toujours séduisant mais qui peu à peu oublie, mélange, confond, se défend, fait une dernière pirouette... puis s'abandonne...

Le film est une exercice sans faute sur la perte : la perte de soi que l'on veut retarder par tous les artifices, la perte d'un enfant que l'on veut oublier pour mieux la supporter, la perte d'un amour raté entre un père et sa fille...

The father est à voir absolument : pour le jeu des deux acteurs qui sont aussi fabuleux l'un que l'autre, pour la mise en scène dans l'appartement, en fait dans deux appartements qui se ressemblent dans leur style so british mais dont les légères différences nous désorientent, pour l'exercice de magie autour de la montre dont Anthony dit ne jamais se séparer mais qui disparait toujours...

Dommage que la fin ne soit pas plus resserrée pour mieux capter notre empathie face à cet homme qui se perd et se raccroche à son enfance !    

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hospitalité est un long métrage inédit de 2010 réalisé par le japonais Köji Fukadan , le premier d'une série de quatre films dont les sorties sont prévues en juin et juillet...

A travers cette comédie  déjantée, le cinéaste nous parle du problème de l'immigration dans son pays : le Japon est en effet le quatrième pays du monde à accueillir le plus de travailleurs étrangers (2,5 millions de personnes) ; pourtant, le gouvernement du pays affirme catégoriquement ne pas vouloir accueillir d'immigrants. En ce qui concerne les réfugiés, leur taux d’acceptation est inférieur à 1%, un chiffre extrêmement bas comparé à celui des autres pays développés.

L'intrigue se déroule en plein Tokyo, non loin d'une friche surplombée par un échangeur autoroutier et squattée par des sans abris et des clandestins...

La maison de Mikio (Kenji Yamauchi) qui abrite sa petite entreprise d'imprimerie et sa famille composée de sa petite fille, sa jeune compagne et sa sœur récemment divorcée... est le personnage central du film...

Le spectateur y est invité à partager le quotidien de cette famille ordinaire dont la vie va se trouver bouleversée par l'irruption de Kagawa (Kanji Furutachi), une ancienne relation de Mikio, à qui ce dernier va offrir le vivre et le couvert !

De scène en scène, Kagawa se révèle être un séduisant mais dangereux parasite doublé d'un passeur de migrants... qui va transformer la modeste maison traditionnelle en un joyeux et pagailleux phalanstère !

Une fable loufoque et insolite pour dénoncer la méfiance envers tout ce qui est étranger !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Guillaume Brac, sorti directement sur le petit écran et visible sur Arte.tv,  sera diffusé en salles vers la mi-juillet !

Le réalisateur nous fait partager les émois amoureux d'un groupe de vingtenaires  qui se retrouvent par le plus grand des hasards, à partager une semaine de vacances dans la Drôme provençale...

L'histoire commence à Paris lorsque Félix (formidable Eric Nantchouang) rencontre Alma (Asma Messaoudene) lors d'un bal sur les quais de Seine...

Quand Alma s'enfuit au petit matin pour rejoindre ses parents dans la Drôme, Félix décide de la suivre et entraîne son meilleur ami Chérif (tout aussi formidable Salif Cissé) dans l'aventure... qui démarre dans la blablacar conduite par Edouard (Edouard Sulpice)...

Rien ne se passe évidemment comme prévu et Guillaume Brac nous séduit en peignant à petites touches sensibles le portrait de cette jeunesse black et blanche où le milieu social sépare plus que la couleur de la peau...

Totalement immergés dans la magie de l'été et le miroitement de la rivière, nous sourions devant les tentatives de séduction de Félix, la gentillesse de Chérif qui "adopte" un bébé pour être plus proche de sa jolie maman délaissée par un mari absorbé par son travail et la transformation d'Edouard qui ose s'affirmer loin du regard despote de sa riche mère !

Un film solaire à voir pour un avant-goût d'été !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'acteur Viggo Mortensen cherche à nous émouvoir à travers un scénario inspiré de son histoire personnelle, en nous racontant les difficiles relations entre un père atteint de démence sénile et un fils qui n'a pas suivi l'exemple paternel...

Le père Willis est odieux, misogyne, homophobe, scatologique... et Lance Henriksen qui incarne le rôle, se complait visiblement dans cette figure de vieillard atrabilaire au point de rarement moduler son jeu...

Le fils John incarné par Viggo Mortensen, subit avec fatalité les rebuffades, les reproches permanents, les injures et le comportement inadmissible de ce père qu'il a autrefois admiré puis haï quand ses parents se sont séparés...

On comprend petit à petit, au rythme des flashbacks, comment s'est tissé le lien entre ces deux hommes si diamétralement opposés mais le film est long (1h53) et toutes les scènes convenues : le méchant vieil homme n'en fait qu'à sa tête et se met toute la famille à dos !

Dommage qu'il faille attendre la fin du film pour que le fils se rebelle enfin et qu'une lueur d'intérêt s'allume dans le regard du père...

Une recommandation négative !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je me suis bien évidemment précipitée au cinéma le jour de la réouverture le 19 mai !

Pour voir ADN le dernier film de Maïwenn qui n'avait eu droit qu'à trois jours de diffusion lors de sa sortie !

La réalisatrice signe ici un film très personnel qui interroge sur les origines : qui sommes nous ? L'enfant de nos parents ? L'enfant d'une famille ? L'enfant d'une tradition partagée ou fantasmée ?

Emir (formidable Omar Marwan), émigré algérien très bien intégré en France, est le pilier d'une famille aux bords de la crise de nerfs composée de deux filles dont Caroline (Fanny Ardant), de nombreux petits enfants dont Neige (Maïwenn) et arrière petits enfants dont Kevin (Dylan Robert)...

Maïwenn nous fait partager les derniers jours d'Emir en maison de retraite, les visites de la famille, le cadeau d'un livre souvenir pour tenter de lui faire retrouver la mémoire des jours heureux...

A la mort d'Emir, Neige va plonger dans une profonde crise identitaire qui va l'amener à prendre ses distances avec ses parents qu'elle juge toxiques,  à commander une étude ADN pour se raccrocher à son grand père et surtout à demander sa nationalité algérienne !

Filmée à fleur de peau, Maïwenn est de tous les plans !

Un film à voir pour célébrer la réouverture des cinémas et partager les émotions de la réalisatrice !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Le premier roman de Alex Michaelides, scénariste britannique, est un coup de maître...

Né d'un père grec et d'une mère anglaise, Alex Michaelides a étudié la littérature anglaise à l'Université de Cambridge et est titulaire d'un M.A. en scénarisation à l'American Film Institute à Los Angeles.

"Dans son silence", l'auteur qui a également étudié la psychanalyse et a travaillé deux ans dans une clinique psychiatrique pour jeunes, nous plonge dans l'univers de Grove, un établissement menacé de fermeture...

Son héroïne Alice est une jeune peintre anglaise en vogue, vivant dans une superbe maison près de Londres avec son mari Gabriel, photographe de mode...

Quand elle est retrouvée chez elle hagarde et recouverte de sang devant le cadavre de son mari, la machine judiciaro-policière s'emballe...

Aussitôt arrêtée, Alicia ne dira plus un mot ;  jugée mentalement irresponsable, elle est internée à Grove où six ans plus tard, le jeune et ambitieux psychothérapeute Theo Faber, fascinée par cette femme qui se mure dans son silence,  réussit à se faire embaucher...

Mêlant habilement les flash backs pour nous faire découvrir peu à peu le parcours et la personnalité des différents personnages du roman, l'auteur nous invite dans les méandres d'une fascinante analyse psychanalytique et réussit à nous tenir en haleine jusqu'aux toutes dernières pages où s'esquisse sous nos yeux ce que nous n'avions pas voulu ou su voir !

"Dans son silence" nous parle d'enfance meurtrie, d'émotions non exprimées, de maladie mentale, mais également d'art, de philosophie et bien évidemment de psychanalyse !

Un vrai page turner !

 

 

 

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