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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Vu en avant-première lors du festival Télérama dans la grande salle du Balzac pleine à craquer, le dernier film de Valérie Donzelli a été longuement applaudi !

Bastien Bouillon que le cinéphile peut admirer actuellement dans "Bojarski", où il incarne l'inspecteur Mattei, le meilleur flic de France, prête son physique protéiforme à un personnage très représentatif de la moderne solitude de notre monde "ubérisé", où la société attend de chacun un comportement "conforme" à sa communauté ! 

Révélé à 38 ans dans "La nuit du 12" de Dominik Moll où il a été récompensé par le César du meilleur espoir masculin, le comédien âgé aujourd'hui de 40 ans tient à garder dans chacun de ses personnage une exigence artistique, conjuguant le cinéma grand public et les films d'auteur.

Son physique adulescent et son pouvoir de transformation lui permet de changer physiquement d'apparence jusqu'à devenir méconnaissable comme dans "Partir un jour" où il est quasiment méconnaissable dans un rôle de garagiste aux cheveux longs décolorés au charme gouailleur et authentique !

Huitième long métrage de Valérie Donzelli, le film est l'adaptation du livre du même nom de Franck Courtès, publié en 2023 : Paul Marquet (Bastien Bouillon qui a perdu 10 kg pour le rôle), interprète ici un photographe qui décide d'abandonner son métier pour se lancer dans l'écriture...

Abandonné par son épouse qui part au Canada avec leurs deux enfants, désavoué par son père et sa sœur - qui accepte quand même de lui prêter un studio glauque en sous-sol, éclairé par une grille, où il regarde le monde comme Charles Denner dans "L'homme qui aimait les femmes"...

Encouragé mais surtout houspillé par son éditrice incarnée par son éditrice Virginie Ledoyen, Paul est en panne d'écriture après le succès d'estime de ses trois premiers livres...

Pour assurer sa subsistance, il s'inscrit sur un site "Jobber", qui propose à ses abonnés des petits boulots dans une logique infernale d'enchères inversées...

Paul écrit le matin et tente de décrocher des interventions plus loufoques les unes que les autres chez des clients qui le traitent comme un esclave et n'hésitent pas à mal le noter pour la moindre attitude "ne parle pas beaucoup"...

Nous suivons avec angoisse, la descente aux enfers de cet intellectuel aux petites lunettes rondes qui met toute l'énergie qui lui reste pour tenter d'être à la hauteur de son ambition littéraire...

A voir à sa sortie en salles le 4 février pour Bastien Bouillon mais pas que !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile d'adapter au cinéma un chef d’œuvre de littérature !

Enthousiasmé par le livre, Olivier Assayas a longtemps hésité puis s'est laissé convaincre par Emmanuel Carrère de la faisabilité du projet...

Il lui a d'abord fallu trouver un interprète pour Poutine et son choix s'est arrêté sur Jude Law qu'il connaissait puisqu'ils étaient membres du jury du festival de Cannes 2011...

Toutefois pas question de le grimer : l'acteur devait s'imposer par sa présence et sa gestuelle, ce qu'il réussit à faire la plupart du temps mais difficile d'oublier la séduction naturelle de Jude Law...

Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, le propos est tellement complexe et ardu qu'il est nécessaire de résumer le livre de Giuliano da Empoli publié en 2022, composé en grande partie de confidences sous forme de dialogues... 

Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov (incarné par un Paul Dano ambigu à souhait), trace sa voie. D’abord producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, Vladimir Poutine.

Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images et les prises de position de celui qui est devenu le nouveau "Tsar". 

Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie.

Le scénario (trop long : il dure 2h30) est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille, chaque décision son envers.

Je n'ai pas regretté de voir le film car il m'a donné envie de relire le Grand Prix du roman de l'Académie ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eleonora Duse (1858-1924) fut l'égale italienne de Sarah Bernhardt en France...

Le réalisateur italien Pietro Marcello a décidé de nous raconter les dernières années de la vie de la Duse, ruinée, quand la tuberculose, qu'elle tente de dissimuler, la ronge de plus en plus...

Le jeu d’actrice d’Eleonora Duse n’est parvenu à la postérité qu’à travers des témoignages indirects et parfois contradictoires. En effet, il n’existe aucun témoignage direct de l’art de la comédienne. Pour préparer le film, les scénaristes Letizia Russo et Guido Silei se sont beaucoup documentés sur sa biographie et sur le contexte historique des années qui suivent directement la Première Guerre Mondiale, période à laquelle démarre le film...

En 1918, en pleine montée du fascisme, alors que l’Italie enterre son soldat inconnu, la grande actrice arrive au terme d’une carrière légendaire, mais malgré son âge et malgré les reproches de sa fille qu'elle a mal aimée (incarnée par Noémie Merlant), elle décide de remonter sur scène.

Vaniteuse, fiévreuse et naïve, elle accepte l'aide de Mussolini sans se rendre compte qu'elle est instrumentalisée...

Tourné dans des décours superbes et notamment dans les brumes de Venise, le film crépusculaire célèbre toutefois la force vitale de cette femme qui ne vit que pour son art...

Malgré un contexte historique peu linéaire, un scénario pas très lisible, l'apparition ridicule de Sarah Bernhardt (interprétée par une Noémie Lvovsky pas du tout crédible), le film vaut la peine d'être vu pour la maestria de Valeria Bruni Tedeschi qui donne toute sa mesure à ce personnage de légende ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Projeté en salles mais visible en replay sur Arte, le documentaire de  David Borenstein et Pavel Talankin nous plonge de façon poignante dans la réalité de la propagande face à "l'opération militaire spéciale" menée par l'armée russe en Ukraine !

Salarié de l'éducation dans une petite ville russe, Pavel Talankin a filmé pendant deux ans la mise en oeuvre du programme militaire et nationaliste imposé dans les écoles après l’invasion de l’Ukraine. 

À Karabach, petite cité industrielle de l’Oural victime d'une pollution très élevée, Pavel (ou “Pacha”) Talankin s’épanouit en tant que coordinateur des activités pédagogiques dans l’école qui l’a vu grandir.

A partir de février 2022, il assiste au déploiement d’un nouveau programme gouvernemental guerrier dont le menu comprend des récitation de poèmes patriotiques, la création d’un mouvement de jeunesse nationaliste, la rédaction de lettres aux soldats, les défilés militaires et un entraînement des enfants au maniement des armes...

Chargé de filmer les opérations, Pacha décide, après avoir songé à démissionner, de se servir de sa mission pour documenter cette propagande à marche forcée. Mais tandis que d’anciens élèves sont mobilisés et que la guerre endeuille peu à peu les familles des enfants comme du personnel éducatif, le jeune homme, opposant assumé à Poutine, se voit de plus en plus isolé. 

À l’été 2024, après la cérémonie annuelle de remise des diplômes, il se résout à fuir la Russie, emportant clandestinement les vidéos qui constituent la matière première de ce documentaire...

Durant 90 minutes, le téléspectateur français assiste fasciné et désespéré au lavage des jeunes cerveaux imposé par le régime russe actuel pour légitimer la soi-disant "dénazification" de l'Ukraine et remercie Pacha pour son courage et sa clairvoyance ! 
 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Jean-Paul Salomé a décidé de nous raconter l'histoire incroyable mais véridique de Jan Bojarski qui a fait trembler la Banque de France ! 

Jeune ingénieur polonais, il se réfugie en France pendant la guerre et utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande.

Après la guerre, son statut d'apatride l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions (dont la machine à café à dose), aussi est-il contraint d'occuper des petits boulots mal rémunérés pour faire vivre sa femme Suzanne (délicieuse Sara Giraudeau) dont il est très amoureux !

Lorsqu'il rencontre un gangster qui lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets, il crée dans un atelier secret toutes les machines (presse, plaques, mélangeur...), le papier et les encres pour fabriquer dès 1950 des billets de 1000 francs "Minerve et Hercule" puis à partir de 1958 contrefait des billets de 5 000 francs "Terre et mer" réputés infalsifiables...

En 1962 il abandonne la contrefaçon des billets de 5 000 francs pour celle des récents billets de 100 nouveaux francs type "Bonaparte", tellement parfaits que des caissiers habiles à repérer les faux sont incapables de les différencier des vrais...

Heureux de pouvoir faire vivre correctement sa famille, il se heurte néanmoins aux questionnements et à la perspicacité de son épouse et surtout fascine l'inspecteur Mattei (interprété par un Bastien Bouillon toujours aussi formidable), qui délaisse les honneurs de sa carrière de meilleur flic de France pour se consacrer à débusquer ce faussaire génial qui n'hésite pas à le provoquer...

Le spectateur suit avec passion durant 2 heures cette aventure incroyable dont les rebondissements nous font chavirer comme dans un polar !

Je ne vous raconterai pas la fin mais les dernières images collectées par un journaliste suisse passionné par Bojarski nous permettent de découvrir des photos et des plans de son atelier !

Surnommé le "Cézanne de la fausse monnaie", il faut aller voir ce film pour faire la connaissance de cet homme hors du commun ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Artiste aujourd’hui méconnu et mécompris, Jean-Baptiste Greuze fut pourtant en son temps acclamé par le public, adulé par la critique et recherché des plus grands collectionneurs. Il est assurément l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle français.

À l’occasion du 300e anniversaire de sa naissance, le Petit Palais rend hommage à ce peintre de portraits et de scènes de genre qui sut traduire plus que tout autre l’âme humaine. Cette exposition propose de redécouvrir l’œuvre de Greuze au prisme d’un thème central dans sa peinture : l’enfance.

En écho aux préoccupations des philosophes Diderot, Rousseau ou Condorcet, l’artiste invite à méditer la place de l’enfant au sein de la famille, la responsabilité des parents dans son développement et l’importance de l’éducation pour la construction de sa personnalité.

Avec empathie, l’artiste questionne la place de l’enfant au sein de la société du XVIIIe siècle, son devenir, son émancipation. Il se fait le miroir des grands enjeux de son époque. Il interroge aussi le basculement dans l’âge adulte et la naissance du sentiment amoureux.

Avec les codes de son temps, il aborde le thème du consentement, d’une saisissante actualité aujourd’hui.

Cette exposition, qui réunit une centaine de peintures, dessins et estampes provenant du monde entier, offre l’opportunité de redécouvrir l’œuvre singulière de cet artiste majeur du siècle des Lumières.

L'exposition se termine dimanche 25 janvier mais il faut aller admirer ses portraits d'enfants et ses sanguines saisissants de modernité - J'avoue avoir moins apprécié les "scènes de genre" qui, comparativement, paraissent datées

Portrait du couple Greuze et de leurs deux filles
Portrait du couple Greuze et de leurs deux filles
Portrait du couple Greuze et de leurs deux filles
Portrait du couple Greuze et de leurs deux filles

Portrait du couple Greuze et de leurs deux filles

Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants
Portraits d'enfants

Portraits d'enfants

Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines
Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines

Portraits d'un jeune berger et de jeunes filles - et sanguines

Thème du consentement avec pour symbôles la cruche cassée et l'oiseau mort
Thème du consentement avec pour symbôles la cruche cassée et l'oiseau mort
Thème du consentement avec pour symbôles la cruche cassée et l'oiseau mort

Thème du consentement avec pour symbôles la cruche cassée et l'oiseau mort

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Projeté en première mondiale au festival d'Angoulême fin août, le second long métrage d'Abd al Malik a réuni un public très nombreux au festival international du film de Saint Jean de Luz en octobre dernier où il a longtemps été applaudi pour la force de son message......

Passionné d'écriture et de littérature, le réalisateur français,  fils d’un haut fonctionnaire congolais, a étudié la philosophie et les lettres classiques. Sur les bancs de l’université, il a formé le collectif N.A.P (New African Poets), avec lequel il signe trois albums puis se sépare du groupe en 2004, pour lancer sa carrière solo. Son second disque Gibraltar (2007) lui a permis de décrocher avec mérite une Victoire de la musique.

Musicien mais également écrivain engagé, Abd al Malik a publié plusieurs ouvrages. Le premier, Qu'Allah bénisse la France, manifeste d’une France cosmopolite et tolérante, mêlant autobiographie et fiction, est adapté au cinéma en 2014 par le rappeur lui-même...

Âgé aujourd'hui de 50 ans, Abd al Malik est un amoureux de la France en ce qu'elle est pour lui un pays de "Droit" : il reconnait que la situation est loin d'être parfaite mais il suggère d'oublier les ratés de l'intégration à la française et de se concentrer sur l'esprit des Lumières qui a fait de la France un modèle de référence...

Maniant avec dextérité la langue française, il nous offre un film fort dans lequel on parle pour la première fois des heures sombres de l'esclavagisme pratiqué par la France dans ses colonies et plus particulièrement dans l'île Bourbon (rebaptisée aujourd'hui île de La Réunion)...

Il dénonce la souffrance abominable que ce système d'exploitation d'êtres humains a produit (certaines images sont à la limite du supportable, d'autant qu'il a demandé au héros du film et à ses malheureux compagnons d'infortune de porter de vrais fers)... mais surtout il nous rappelle avec talent que des hommes courageux, blancs et noirs, ont lutté ensemble dans les prétoires pour abolir l'esclavage rétabli par Napoléon ! 

Durant 1h40, nous suivons la destinée, inspirée d'une histoire vraie, de Furcy, qui à la mort de sa mère en 1817, découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Rare esclave à savoir lire et écrire, il se lance, avec l’aide d’un procureur abolitionniste dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.

Le scénario est incarné par de talentueux acteurs : Makita Samba dans le rôle de Furcy, Romain Duris dans le rôle du procureur/avocat de Forcy, Vincent Macaigne dans le rôle de Lory, "gentil" colon "propriétaire" de Forcy, André Marcon dans le rôle de l'avocat de Lory...

Un film à voir absolument ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Le film de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski a été récompensé par le Prix du Jury au festival de Cannes 2025 (ex aequo avec Sirat d’Oliver Laxe)
Il s’agit du deuxième long-métrage de la cinéaste après Dark Blue Girl, sorti en 2017 mais inédit en France. 
L'objectif très ambitieux du scénario est de nous faire partager en 2h30,  100 ans de la vie d'une ferme et de ses habitants successifs dans l'Allemagne du nord (côté RDA).
Le parti pris original est de nous présenter l'histoire du point de vue de 4 fillettes ou adolescentes.
Les vies d'Alma, Erika, Angelika et Lenka qui ont vécu dans cette maison au fil du siècle semblent étrangement se répondre à travers les expériences qu'elles ont vécues...
Peu de dialogues, des bruits inquiétants, des récits crus, des portraits cruels... 
Tous, adultes, enfants et servantes sont cernés par la violence physique et psychique, la mutilation, la mort par accident ou suicide, réelle ou fantasmée...
Malgré quelques scènes plus légères de promenade dans les champs ou de baignades dans la rivière, qui généralement se terminent mal, le spectateur perdu entre les différentes périodes qui s'entremêlent, cherche à retenir qui est qui et ressort de la projection avec un sentiment de mal être poisseux...
Je ne recommande pas ce film malgré le prix qu'il a remporté et la critique dithyrambique de Télérama, même s'il est certainement représentatif de l'époque qu'il décrit, tant il est traumatique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sous-estimé par la critique, le film du réalisateur allemand Fatih Akin, émeut par son sujet : les soubresauts de la fin de la guerre en Allemagne et la justesse de jeu de son héros de 12 ans qui se débat dans un douloureux conflit de loyauté...

Nous sommes au printemps 1945, sur l’île d’Amrum, au large de l'Allemagne où s'est réfugiée la famille de Nanning, qui pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir ses frères et sœurs. 

Les paysages sauvages de l’île apportent une authenticité brute et poétique qui sert de toile de fond parfaite pour mieux nous faire comprendre les tourments de Nanning qui a suivi les pas de son père théoricien du nazisme et engagé sur le front, en adhérant aux Jeunesses hitlériennes...

Depuis la maison où règne sa mère qui repeuple l'Allemagne d'enfants d'aryens, le préadolescent découvre au fil des jours que les habitants de l'île se réjouissent de la capitulation de l'Allemagne, que les enfants réfugiés qui ont fui les villes bombardées ne sont pas méprisables et que l'histoire du conflit que l'Europe vient de traverser est beaucoup plus complexe que celle qu'on lui a enseignée...

Malgré une image un peu trop sage et une description du village et de ses habitants un peu trop sommaire, le film vaut vraiment la peine d'être vu pour se mettre à la hauteur d'un jeune garçon allemand dont l'intelligence s'est développée grâce à la justesse de son regard ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le Funambule Montmartre ne cesse de nous étonner par la qualité de sa programmation...

Au diner, ce soir, deux couples que tout sépare ont rendez-vous avec leurs enfants respectifs qui souhaitent qu'ils fassent connaissance...

Maureen et Richard, les parents de la jeune femme, respectivement femme au foyer et chirurgien dentiste attendent Laura et Paulo, les parents du jeune homme qui finissent par arriver en accusant les embouteillages...

Dès les premiers gestes quand Paulo se verse un verre de vin avant d'en proposer, dès les premières paroles où chacun se présente en attendant les enfants, la tension s'installe entre un couple "bourgeois" et un couple "bohême" qui se découvrent, se chamaillent à celui qui connaît mieux les personnages des Schtroumpfs...  Le ton se fait vite plus railleur d'un côté, plus condescendant de l'autre... et les enfants n'arrivent toujours pas...

Derrière les propos de comédie et l'apparente fable sociale, apparaissent les fêlures de chacun, les dissensions au sein de chaque couple...

Tout devient enjeu : qui est le parent qui connait le mieux son enfant, que désire-t-il vraiment pour elle / pour lui, de quelle nature sont les relations nouées entre les deux couples et leur enfant...

Les répliques fusent, les blessures apparaissent, les échecs se dessinent...

Quatre comédiens de grand talent nous renvoient à notre propre vécu de parents...

La salle rit beaucoup et la comédie aigre douce se termine par la célèbre chanson d'Adamo : "Vous permettez Monsieur que j'emprunte votre fille..."

A voir jusqu'au 1er février ! 

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