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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après des courts métrages et des documentaires engagés, l'actrice marocaine Maryam Touzani principale interprète de Razzia co-écrit avec son mari, se lance dans la réalisation !

Elle s'est inspirée d'une histoire réelle vécue par sa famille pour nous raconter l'histoire de Samia (Nisrin Erradi, intense), une jeune femme enceinte de 8 mois recueillie par Abla (formidable Lubna Azabal), une veuve vivant seule avec Warda sa petite fille de 8 ans...

Dans le décor authentique de la Médina de Casablanca, la ravissante et lumineuse petite fille (une inconnue castée par la réalisatrice dans la Médina), va rapprocher ces deux femmes enfermées dans leur douleur : Samia vit le destin dramatique des grossesses hors mariage au Maroc et Abla ne se remet pas de la disparition de son mari dont on lui a volé la mort...

Avec douceur et fermeté Samia va faire entrer à nouveau la vie dans la triste maison dont la devanture ouverte sur la rue permet à Abla de vendre ses pâtisseries...

Les scènes d'intérieur et les foulards des femmes aux couleurs délicates évoquent la douceur et la quiétude en clair obscur des tableaux de Vermeer...

La sensualité du travail de la pâte nous fait presque sentir l'odeur des recettes traditionnelles partagées par les deux femmes...

C'est la musique imposée par Samia qui aide Abla à sortir de son deuil dans une scène magnifique où elle ose ouvrir à nouveau son corps à la sensualité...

Un film sensible et délicat qui magnifie la profonde humanité des femmes "courage" !

A voir absolument !

"Adam" : une ode à la sensualité et à la complicité féminines

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Très intéressée par la démarche de la réalisatrice tunisienne Manele Labidi qui a souhaité utiliser le registre comique pour témoigner de son pays tiraillé, au lendemain de la Révolution, entre traditions religieuses et besoin de parler pour se reconstruire... je suis allée voir son film avec beaucoup d'attentes...

Elle nous raconte l'histoire de Selma (formidable Golshifteh Farahani) qui revient à Tunis pour ouvrir un cabinet de psychanalyste sur le toit d'une maison...

S'ensuivent toute une série de déconvenues où la jeune femme prend conscience de la difficulté à exercer son métier dans un pays régi par des règles et des interdits arabo-musulmans....

Cela aurait pu être drôle et les premières images le sont mais la cohorte de ses patients tous plus foutraques les uns que les autres et les représentants des autorités administratives sont tellement caricaturaux que le film dégage, de scène en scène, un ressenti légèrement raciste à l'encontre du peuple tunisien... ou du moins c'est ainsi que je l'ai perçu...

Dommage ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mariana Otero nous offre un magnifique voyage en images dans l'univers du photographe Gilles Caron, disparu mystérieusement en 1970 au Cambodge à tout juste 30 ans...

En l'espace de 6 ans, Gilles Caron a connu une carrière de photojournaliste fulgurante chez Gamma et c'est le regard affûté et sensible de témoin de son époque que la documentariste tente de nous faire partager...

Quand Marina Otero découvre le travail du photographe, un cliché fait écho à son propre vécu de disparition d'un être cher...

Elle décide alors de rencontrer la femme et les filles de Gilles Caron et se plonge dans son oeuvre foisonnante (100 000 clichés)... 

C'est tout bonnement passionnant de suivre le photographe dans son chemin créatif à partir des planches contacts...

La guerre des 6 jours où il a la chance de capturer Moshe Dayan dans son objectif, mai 68 où il réussit à immortaliser Cohn Bendit face à un CRS devant la Sorbonne dans un cliché narquois, le conflit nord-irlandais où la photo d'une jeune fille aux cheveux blonds incarne les "troubles" catholiques et bien évidemment la guerre du Vietnam où il participera à l'une des batailles les plus dures du conflit (colline 875)...

Un montage fascinant nous montre l'humanité de ce photo-reporter si jeune mais déjà père et le regard respectueux de celle qui célèbre son parcours !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guy Ritchie a fait appel à un casting de luxe pour nous raconter cette histoire de baron de la drogue anglais qui souhaite se retirer des affaires fortune faite...

Matthew McConaughey  incarne avec son talent habituel le dit baron Michael Pearson et Hugh Grant campe avec délectation Fletcher, un journaliste véreux qui cherche à tirer son épingle dans ce jeu de massacre de successeurs potentiels...

Michelle Dockery est époustouflante en Madame Pearson au tempérament bien trempé et Colin Farrell est excellent dans un rôle à contre emploi d'entraîneur de boxe vertueux à la tête d'une équipe de jeunes en survêtements...

Les dialogues fusent, l'humour so british souligne les multiples rebondissements d'un scénario à tiroirs, bref on ne s'ennuie pas une minute à suivre les aventures de ces dangereux gangsters londoniens en tweed !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Olivier Assayas a entrepris d'adapter The last soldiers of the cold war, le livre touffu de Fernando Morais,  journaliste et homme politique brésilien...

Durant 2 heures, le réalisateur hésite entre thriller géopolitique et documentaire pour nous raconter un épisode passionnant mais méconnu de la guerre froide entre Cuba et les Etats Unis...

Nous sommes dans les années 90 ; des cubains exilés en Floride tentent de noyauter des groupes anti-castristes qui fomentent des attentats depuis le sol américain...

Le récit est centré sur un instructeur de vol René Gonzalez (formidable Edgar Ramirez) qui quitte Cuba à bord de son petit avion, sans prévenir personne, pas même sa famille...

A son arrivée à Miami, René propose ses services à la diaspora cubaine et nous suivons ses tribulations sans toujours bien comprendre de quel côté il se situe...

Les trop nombreux personnages du film ne sont pas assez fouillés pour nous les rendre attachants et Penelope Cruz à contre emploi dans un rôle d'ouvrière cubaine, épouse de René Gonzalez, ne nous convainc pas totalement même si la figure qu'elle interprète est la plus incarnée...

Dommage que le scénario ne prenne pas parti car il aurait pu gagner en clarté et en puissance !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un éditeur psychorigide (Lambert Wilson survolté) enferme les 9 traducteurs de son best seller dans une superbe "maison prison" pour éviter les fuites sur internet...

Mais à peine traduites, les 10 premières pages se retrouvent sur le net avec une demande de rançon...

Régis Roinsard s'essaie aux 10 petits nègres mais avec beaucoup moins de talent qu'Agatha Christie !

Chaque traducteur est une caricature calquée sur les stéréotypes liés à son pays, les femmes sont évidemment de mauvaises mères, Sara Giraudeau l'assistante de l'éditeur, joue les nunuches avec talent mais elle nous a trop habitués à être plutôt surdouée, et les relations entre les différents protagonistes virent vite au jeu de massacre !

C'est pourtant un fait réel qui sert de point de départ à l'histoire du film : en effet pour assurer la sortie mondiale d'Inferno de Dan Brown, son éditeur avait confiné 12 traducteurs dans un lieu sûr pour œuvrer simultanément sur le manuscrit...

De fausses pistes en retournements de situation, le scénario assez machiavélique va se révéler bancal voire improbable dans sa réalisation !

Dommage !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Arnaud Viard adapte librement la nouvelle "best seller" d'Anna Gavalda...

Il nous raconte l'histoire d'une famille confrontée à ses névroses ordinaires !

Aurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans entourée de ses quatre enfants...

A la mort du père, c'est l'aîné Jean Pierre (formidable et émouvant Jean Paul Rouve) qui a pris tout naturellement la tête de la famille...

Juliette 40 ans (délicieuse Alice Taglioni) est centrée sur la naissance à venir de son premier enfant, Margaux (Camille Rowe), l'artiste de la famille tente de percer comme photographe grâce à l'aide financière de son frère, et Mathieu 30 ans le petit dernier (intrigant Benjamin Lavernhe) se cherche sur le plan sentimental...

Chacun vit sa vie et compte sur Jean Pierre dont la réussite professionnelle "classique" (il est directeur commercial) est facilement l'objet de moqueries...

Quand Jean Pierre accepte de revoir Hélèna son ex, atteinte d'un cancer, (mystérieuse Elsa Zylberstein), il est happé par son passé et a de plus en plus de mal à se raccrocher à son présent si éloigné de ses rêves de jeune homme...

A voir pour Jean Paul Rouve dont le jeu se bonifie au fil des années ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Cette comédie originale avait échappé à ma sélection... merci Nicolas de me l'avoir signalée !

Le duo Max Boublil-Anthony Marciano nous font partager dans un montage de vraies fausses vidéos amateurs, la vie d'une bande de copains nés en 1979...

Nous les suivons depuis l'enfance et les accompagnons dans leurs tribulations adolescentes...

Pour ma part, je ne suis vraiment entrée dans le film  que quand les héros atteignent l'âge des choix de vie et des engagements sentimentaux, sont confrontés à la maladie de leurs proches et aux premières ruptures amoureuses...

Max, interprété par Max Boublil, se voit offrir pour ses 13 ans un caméscope... Désormais et pour les 25 ans à venir, il filmera tous les instants de sa vie...

Arrivé à l'âge adulte, il décide d'en faire un film pour se souvenir mais surtout pour décider de son avenir...

Le film est un peu long (1h48) mais le charme de ses interprètes dont celui de Alice Isaaz qui interprète Emma, l'amie de toujours de Max, fait passer un très agréable moment !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Jay Roach adopte le style trépidant des media pour nous raconter l'affaire de harcèlement sexuel qui secoua la chaîne conservatrice et populaire Fox News (avant l'affaire Weinstein)...

L'été 2016 voit le limogeage brutal de Roger Ailes (John Lithgow), le tout puissant patron de la chaîne accusé d'harcèlement par Gretchen Carlson (Nicole Kidman), une ancienne présentatrice vedette récemment limogée...

Au-delà des affaires de harcèlement sexuel, c'est tout un système patriarcal que dénonce le film... 

Les trois générations de femmes incarnées par Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie (dont le personnage est inventé pour la démonstration), ont toutes subi un entretien d'embauche équivoque et menaçant pour être embauchées là où elles sont, ont du adopter le dress code imposé pour réussir (silhouette longiligne, jupe courte étroite pour dévoiler les jambes, maquillage parfait et chevelure blonde) et subissent tous les jours les remarques déplacées sur leur physique et leur habillement...

Le personnage pivot de l'histoire est Megyn Kelly incarnée par Charlize Theron, journaliste star de Fox News : d'abord réticente, Megyn qui est reconnaissante à Roger Ailes de la place qu'elle occupe aujourd'hui, ouvre les yeux sur le sort réservé aux jeunes recrues telle la jeune Kayla piégée à son tour dans son souhait de travailler à tout prix chez Fox...

Le sujet est plus que "tendance",  les positions et les questionnements des protagonistes sont très bien vus... mais le rythme effréné de la mise en scène "à l'américaine" et les performances des actrices vedettes couvertes de prothèses invisibles pour mieux ressembler à leurs personnages, éloigne le propos de l'essentiel qui est de dénoncer un système et de rendre justice aux victimes des prédateurs sexuels cachés sous leurs costumes de super managers ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

De retour en Inde après The lunch Box, le réalisateur Ritesh Batra nous conte une jolie histoire d'amour impossible entre Rafi (formidable Nawazuddin Siddiqui), un photographe des rues de Mumbai et Miloni (ravissante Sanya Malhotra), une étudiante de bonne famille qu'il rencontre par hasard...

Parce qu'il a pris une photo d'elle, il a l'idée de la faire passer pour sa petite amie auprès de sa grand mère Dadi (formidable Farrukh Jaffar) qui se désespère de ne pas le voir marié...

Lorsque cette dernière débarque de son village, Rafi prend son courage à deux mains et retrouve Miloni - dont la photo s'affiche dans un immense placard publicitaire qui vante les cours de son professeur de comptabilité, pour lui proposer de jouer le rôle de sa fiancée auprès de Dadi...

D'abord réticente, la jeune fille finit par accepter et nous assistons à une savoureuse première rencontre entre la dite fiancée et l'intraitable grand-mère... qui sera suivie d'autres rencontres...

Ce qui fascine dans ce film c'est que les personnages sont amenés à changer au contact de l'autre...

Miloni voit désormais différemment sa vie, ses parents et même la femme à leur service qui vient également d'un village...

Rafi va se laisser envoûter par cette jeune fille délicate qui ne supporte pas les glaces à l'eau et s'enfuit devant les rats...

Tous deux savent que l'amour est impossible mais les sentiments s'expriment non par les mots mais par les gestes, les regards, les sourires et le temps s'écoule délicieusement, servi par la bande originale du compositeur Peter Raeburn !

Le film est tout simplement magnifique et l'on en ressort le sourire aux lèvres devant tant de délicatesse ! 

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